28 février 2009

Changer de blogue II

Quand je me suis mis à penser à un nouveau blogue, je me suis rapidement retrouvé devant un dilemme. Est-ce que je veux un carnet totalement anonyme, où je pourrai écrire sans aucune censure ? Ou est-ce que je veux me mettre de l’avant en tant qu’auteur, en signant les textes de mon propre nom ? Je voudrais que l’écriture prenne plus de place dans ma vie. Je sais désormais que le blogging me permet d’avancer dans cette direction. J’aurais tout avantage à signer mes textes et même à me servir du blogue comme d’une carte de visite. Mais en même temps, toute vérité n’est pas bonne à dire. Et l’écriture de ces carnets m’a causé quelques problèmes au cours des dernières années.

Lorsque j’écris ici, je raconte des faits réels. Mais il m’arrive d’exagérer pour mieux illustrer mes réactions, ou de changer l’ordre des évènements pour améliorer la montée dramatique, ou encore de choisir ce que je raconte. Bref, je fais du montage sur ma propre vie pour la rendre plus intéressante. On ne peut faire autrement dès que l’on raconte quoi que ce soit. Je transforme la réalité pour aller vers plus de sincérité. Parce que la sincérité, c’est ce qui me fait complètement accrocher quand je lis d’autres blogues. C’est la qualité primordiale d’un journal intime virtuel.

J’ai appris beaucoup en écrivant Amours, vertiges et chlorophylle. J’en suis arrivé à un compromis entre les deux options. Pour le nouveau blogue, je vais donc créer un personnage, mon double virtuel, avec une identité propre. J’écrirai toujours au « je ». (Le titre de ces carnets sera quelque chose dans le genre : La vie de ...) Et dans la section « à propos », je présenterai le concept et j’apparaîtrai en tant qu'auteur de ces carnet. Il y aura dans les billets une part de vérité et une part d’invention, difficile à départager. Parce que c’est le meilleur chemin que j’ai trouvé pour atteindre la sincérité. Le fait de créer un personnage va me libérer puisque je n’aurai de compte à rendre à personne. (Je pourrai écrire que mon patron est un parfait imbécile sans risques de poursuites judiciaires.) Et j’existerai moi-même, sous mon propre nom, de façon beaucoup plus concrète en tant qu’auteur. Dans ce jeu, les lecteurs seront mes complices. Il n’y aura pas de liens entre le prochain blogue et celui-ci. Je ne sais pas si cette solution fonctionnera, mais pour le moment, c’est vers quoi, je me dirige.

27 février 2009

Quantifier

7 h 00 : lever du corps, ouvrir le rideau, allumer la lampe de l’aquarium, nourrir les trois poissons. Avaler 400mg de Didanosine, 30 minutes à jeun, faire le lit, préparer le sac à dos, s’habiller, déjeuner : 1 bol de céréales : 3g de fibre, 3g de protéine, 3g de lipide, maximum 5g de sucre, une banane, un jus d’orange (antioxydants, 2 portions de fruits et légumes), pain de blé entier et beurre d’arachide (fibres solubles et insolubles, protéines). Antisudorifique, eau de toilette Kenzo, 5g de testostérone USP 1 % gel, dentifrice à la cannelle, la voix de René Homier-Roy à la radio (parce que sa perspicacité, sa vivacité me font du bien). 20 minutes de transport pour l’aller, 7 heures de travail + 1 heure pour le dîner. La journée défile, entrecoupée de 3 ou 4 portions de protéine, 5 à 6 portions de fruits et légumes (au moins un vert foncé et un orangé), 6 verres d’eau, pas de café, 20 minutes de transport pour le retour, 8 heures d’entraînement chaque semaine (4 x 2 heures) dont 80 minutes de cardio (4 x 20 minutes), étirements, vaisselle, lavage, séchage à l’air libre, le tout en écoutant n’importe quoi d’entraînant. (Ne pas oublier de sortir les poubelles.) 15 minutes de méditation, douche chaude, dentifrice à la cannelle, 600 mg d’Abacavir, 600 mg d’Efavirenz, 30 mg d’Apo-temazepam, lire une vingtaine de pages : Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, 22 h 45 : éteindre la lumière, 8 heures de sommeil et on recommence. Par moments, ma vie est tellement plate.

25 février 2009

Changer de blogue I

Quand j’ai commencé ce blogue, je me suis familiarisé, en y mettant beaucoup de temps et d’efforts, avec l’HTML et les CSS. J’ai déniché des tutoriels à droite et à gauche. J’ai expérimenté avec différentes plates-formes de blogues : Blogspirit, Blogger et Wordpress. Puis récemment, lorsque j’ai voulu déménager, j’ai eu l’idée d’un blogue où j’aurais plus de liberté. J’avais une idée très précise de ce que je désirais au niveau visuel.

Et depuis, je cherche. Et je trouve, là est le problème. Je dérive de forum en forum. Des milliards d’informations, souvent contradictoires, me défilent sous les yeux. C’est un monde qui me paraît complètement hermétique : MySQL et PHP : Je n’y comprends rien ! C’est une jungle dans laquelle j’avance à grands coups de machette, sans savoir si j’arriverai à m’ouvrir un chemin. J’ai peur d’être englouti et de me perdre.

Je comprends qu’il faut utiliser un logiciel. J’ai éliminé Movable type qui a l’air trop exigeant et trop performant pour mes besoins. J’ai hésité longtemps entre Dotclear et Wordpress. Dotclear a des tutoriels qui ont l’air vraiment bien fait. Une petite communauté francophone qui m’offre de me prendre virtuellement par la main, pas à pas, malgré la panique qui grandit. Mais je remarque que plus de blogues québécois sont fabriqués à partir de Wordpress (ceux que je connais, en tout cas). Wordpress a l’air mieux établi, avec une communauté plus importante. J’ai l’intuition que je devrais aller vers ce logiciel libre, même si la majorité des tutoriels et des forums qui y sont consacrés sont en anglais. J’ai trouvé quelques textes d’introductions en français. Si je veux avoir la liberté, je dois moi-même installer Wordpress chez un hébergeur. Mais où dénicher un hébergeur fiable sans que j’y investisse des sommes importantes ? J’en ai trouvé des centaines (ici et ), dont les sites publicitaires me promettent mers et mondes, et le paradis lorsque je serai abonné. Des contrats d’un an, trois ans, dix ans. Mais je ne sais pas comment on choisit un hébergeur. J’avoue que je suis complètement découragé et mon projet d’un nouveau blogue s’enlise. Je n’ai pas les ressources pour travailler là-dessus à temps plein. Je rejoins les milliers d’internautes qui appellent à l’aide sur les forums. Au secours !

Quelques hébergeurs potentiels :
Hostpapa.ca
Dreamhost.com

Des articles intéressants sur l'utilisation de Wordpress :
http://easylistener.wordpress.com/category/wordpress/
http://descary.com/guide-dinstallation-de-wordpress-choix...
http://www.atelier-informatique.org/creation-de-site/crea...


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Quelques suggestions de Laurent (Merci) :


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Une suggestion de Martine (Merci aussi) :
Un hébergeur québécois qui a l'air vraiment bien (dont les bureaux sont à quelques rues de chez moi) : Iweb

23 février 2009

La théorie du beau gars

C’était le vendredi soir et j’étais démoli. La semaine d’avant, dans un party de Saint-Valentin, je m’étais éclaté. J’ai englouti des shooters de Sambuca, de Black Russian. J’ai dansé sur des cubes et j’ai ri pour rien. Pour faire une histoire courte : à la fin de la nuit, vaguement ivre, je suis tombé dans les bras d’un grand barbu aux yeux gris, un professeur de mathématique sexy. Pendant la semaine, on est allé voir Slumdog Millionnaire. On a tripé sur le film. On a fini la soirée par une discussion enflammée sur l’infini de l’univers, le sens de la vie et le paradigme de la science actuelle, devant de gigantesques assiettes de burritos. Sur le chemin du retour, il m’a proposé de l’accompagner pour faire du ski, puisque je n’en ai jamais fait. Selon lui, j’adorerais ça. On s’est embrassé passionnément et je suis rentré chez moi.

Dans les jours qui ont suivi, je me suis mis à douter. Il ne rappelait pas. Mon courriel est resté sans réponse. Plus la semaine avançait, plus je voyais tout en noir. Dans un restaurant chinois, j’ai brisé un biscuit de fortune en espérant qu’il allait me dire ce que je devais faire. « Votre personnalité est d’un magnétisme inhabituel », affirmait le biscuit trop sucré. J’étais bien avancé ! À mon retour, un téléphone de sa part. Un malaise dans sa voix, que j’avais déjà décelé. Il fallait qu’il me parle. On ne pouvait pas sortir ensemble. Il ne le sentait pas. Ce genre de truc, ça ne se contrôle pas, etc. Comme le grand m’a lancé : se faire flusher en 6 jours, ça bat tous les records.

Ce n’était pas une peine d’amour, bien sûr. Peut-être un minuscule deuil d’une histoire éventuellement possible ? Non, en fait, c’était l’orgueil qui était blessé. Et pas juste un petit peu. La quarantaine qui s’en vient, me rentre dedans avec ses angoisses, je le sens bien. Je me suis forcé à aller soulever de la fonte au gym. Suer, c’est le meilleur remède contre la déprime. Le grand m’a accompagné. Il a bien essayé de me dérider, mais sans succès. Ses blagues, je commence à les connaître par cœur. Quand je coule comme ça, il n’y a pas trente-six solutions : voir du soleil, même s’il se fait rare en février, me dépenser physiquement, et échanger avec d’autres êtres humains, le plus possible.

Un soir, je me retrouve sur un site de rencontre, sans trop savoir ce que j’y fais. Je monte un profil en deux temps, trois mouvements. J’utilise les photos faites par Guy-Paul (celle de la bannière, entre autres). Deux ou trois mots simples et accrocheurs, juste assez révélateurs, juste assez mystérieux. Et je débusque les beaux gars. Ceux qui sont inaccessibles tellement ils sont éblouissants. Je cherche celui qui a l’air de sortir d’une pub de chez America. Regard droit et étincelant, lèvres pulpeuses, corps de dieu grec. Une beauté parfaite tout en étant dégoulinant de virilité. J’élimine ceux qui manquent d’originalité ou de profondeur. Je cherche celui dont tout le monde rêve, les femmes comme les gais : l’idéal masculin.

Et puis je me lance. J’en aborde quelques-uns, sans trop réfléchir. J’ai ma petite théorie sur les beaux gars. Ça vaut ce que ça vaut. Le beau gars est un être qui se sent seul, comme tout le monde, en fait. Peut-être même un peu plus. Il n’a qu’une envie que l’on s’intéresse plus à lui qu’à sa beauté. Il rêve que quelqu’un se donne la peine de lire entre ses lignes. Il veut qu’on l’interroge, qu’on l’analyse, qu’on le remette en question. Il déteste qu’on lui donne le Bon Dieu sans confession.

C’est comme un saumon qui file entre les courants clairs, qui saute entre les rapides. Il faut lui faire miroiter ce qu’il recherche : un intérêt sincère. C’est pas très difficile, mais personne ne s’en donne la peine, habituellement. Dès qu’il mord : lui laisser de la corde, lui montrer qu’il n’est pas peut-être pas si intéressant que ça. Ensuite, au dernier moment, on rembobine le moulinet. C’est un jeu où l’on offre et l’on reprend, jusqu’à ce que le poisson soit pris dans le filet.

Je passe quelques soirées sur le site à laisser traîner ma ligne. Quelques jours plus tard, je suis copain-copain avec Éric, Marc et Mathieu, tout droit sortis d’une pub de Calvin Klein. Le beau gars idéal, Zach, mange dans ma main. À 26 ans, il termine une maîtrise en linguistique, il se passionne pour le violoncelle et il est beau à vous faire mal aux yeux. Brun longiligne aux yeux verts, finement musclé, sourire moqueur. Il me demande à brûle-pourpoint s’il a des chances avec moi. Je ne m’attendais pas à une victoire aussi facile. « Des chances ? » que je lui dis, « t’as pas besoin de chance. T’es magnifique, brillant, talentueux. T’as le monde à tes pieds ! » — « Le monde ne m’intéresse pas », qu’il réplique aussitôt. Malaise. Pendant un instant, je ne sais plus quoi dire. Je reste empêtré dans mes phrases...

Mon scénario pique du nez. Je réalise que j’ai gagné mon pari. Mais je ne sais que faire avec le prix. J’ai démontré ma théorie. La belle affaire ! En vérité, il ne m’intéresse pas vraiment. Rien ne m’intéresse en ce moment. Je voulais seulement me prouver que je pouvais encore plaire à quelqu’un d’intéressant. J’ai agi comme un hypocrite, un sale type comme je les déteste. La culpabilité m’envahit, j’évite de la laisser transparaître. J’essaie de m’esquiver par l’humour : « qu'est-ce que tu ferais avec un vieux comme moi ? » Mais ça ne fonctionne pas. Il dit que je suis pas si vieux, et puis que l’âge, il s’en fout, ce n’est pas important. Je ne trouve rien d’intelligent à répliquer.

Je raconte que je travaille tôt le lendemain et que je dois regagner mon lit. Je ferme le site, vaguement honteux. Juste le sentiment que j’ai été stupide. Je me plonge sous une douche brûlante et je laisse longtemps l’eau ruisseler sur mes épaules. Je ne suis pas si différent du beau gars, finalement. Dans ma cuisine, il y a un grand miroir, je me regarde, en sortant de la douche. Le nouveau programme d’entraînement fait effet, le grand me l’avait dit. Les rondeurs apparaissent, là où il faut. À quoi ça sert ? Pourquoi, je fais tout ça ? Qu’est-ce que je veux, qu’est-ce que je cherche ? Je sais plus.

20 février 2009

Une fois

Une fois, j’ai aimé. C’est une vieille histoire, mais les histoires comme ça, on les chérit longtemps, jusqu’à sa mort peut-être. Peut-être parce qu’elles sont rares. On le sent intuitivement. On le voit en observant les gens autour de soi, les couples qui se disloquent et tous ces individus qui cherchent.

Une fois, donc, j’ai aimé. Et je sais désormais ce qu’il en coûte. Parce qu’aimer c’est risquer de souffrir. C’est sentir une blessure microscopique, chaque fois que l’autre nous quitte. Parce que l’on sait qu’un jour, l’un des deux partira pour de bon. Si ce n’est pas un bête accident, une histoire de jalousie, c’est la vieillesse et la mort qui emporteront l’un des amants. Chaque bise, chaque caresse, chaque baiser peut être le dernier.

J’ai vécu une grande peine d’amour. J’ai eu de la chance, en quelque sorte. Il m’a quitté pour un autre, quelqu’un de bien, je crois. Pendant que je pansais mes blessures, j’ai pu l’imaginer heureux. Je reste pris avec la peur de souffrir à nouveau. Dès qu’un sourire me surprend, dès que je goûte la chaleur d’un autre corps, dès que des yeux s’apprêtent à plonger dans les miens, j’anticipe la douleur qui viendra. J’ai le réflexe de baisser les yeux ou de retirer ma main. Je suis tiraillé entre cette peur instinctive de l’autre, et celle de ne jamais revivre de tels moments.

C’est une peur qui me dévore en silence, de jour comme de nuit. C’est elle que j'essaie de fuir en me lançant à corps perdu dans le travail ou dans l’écriture. C’est elle qui me rend intransigeant, irritable. C’est elle qui exacerbe ce bouillonnement intérieur. Pour l’éviter, je m’interdis le repos jusqu’à ce que j’atteigne mes dernières limites. Une fois, j’ai aimé, ce pourrait être la dernière. C’est cette peur qui me jette dans les bras des passants où elle se ravive. C’est elle qui me fait écrire ou m’en empêche, qui me fait inventer des amours de papier.

Je sais que le temps avance à grands coups de saison. Je sais que les corps n’arrivent pas à le suivre. Je sais qu’il n’existe pas de réponses à certaines questions. Je vois l’ombre qui s’avance sur le monde. Avant, je croyais que la crise était une invention des médias et des financiers. Jusqu’à ce qu’elle frappe près de moi. Une faillite, des coupures, des démissions pour sauver sa peau. Ma rédactrice en chef, celle qui m’avait donné ma première chance a été licenciée. Le magazine bat de l’aile. Le rêve d’écrire et d’en vivre s’éloigne un peu plus. Tout se mêle en tourbillons noirs au-dessus de ma tête. Ou est-ce encore la peur qui assombrit ma vue ?

18 février 2009

Le vrai soleil

Quand j’ai commencé à écrire ce carnet, j’étais complètement emballé par le projet. J’étais enthousiaste devant toutes les possibilités d’échanges qui s’ouvraient à moi. J’étais également soulagé. Depuis des années, j’avais complètement cessé d’écrire. L’habitude du secret avait contaminé ma créativité. J’avais l’impression d’être tari.

Le début de ce blogue a coïncidé avec une période de renaissance dans ma vie. C’est, je crois, ce qui a donné beaucoup de souffle à mes premiers textes. Je m’étais donné comme défi d’écrire régulièrement pendant trois ans. Et j’avais fixé à avril 2009, la fin d’Amours, vertiges et chlorophylle. J’espérais avoir un dénouement à proposer aux lecteurs. Au cours des dernières années, j’ai souvent provoqué des évènements pour pouvoir les raconter ici. Le désir de ne pas décevoir mes quelques lecteurs m’a servi de motivation. C’est un peu pour eux que j’ai plongé dans certaines expériences et que j’ai dépassé quelques barrières.

Au fil du temps, l’écriture de ces carnets a pris beaucoup de place dans ma vie. Je n’ai pas pu résister à l’envie d’en parler autour de moi. Avec le bouche à oreille, de plus en plus de gens sont venus voir ce que j’écrivais ici, des amis, des ex, des membres de ma famille. Même à mon travail, des clients me font des remarques sur certains textes que j’ai écrits. Je fais désormais des contorsions pour dire ce que j’ai envie de dire, sans me mettre dans l’eau chaude. Je me censure constamment et c’est tout le contraire de ce que je voulais faire ici. Et puis ça donne parfois du grand n’importe quoi.

Mon ambition d’un dénouement : « Ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants » était franchement naïve. On ne contrôle pas tout dans la vie. Et je ne suis plus certain. Si cette finale m’intéresse réellement. La vie a plus à offrir que le paradis éternel assorti d’une famille nombreuse. Le meilleur des contes traditionnels, ce n’est pas la fin heureuse et stéréotypée, c’est le conte en lui-même. Ce blogue s’achèvera donc sur une fin ouverte, avec la possibilité d’un ailleurs.

Je continuerai d’écrire un journal qui sera réellement secret, du moins pour mon entourage. Ce blogue-ci prendra fin au printemps alors que je m’envolerai vers le soleil de l’Espagne. Et un nouveau blogue verra le jour au cours de l’été, après une période de repos. Je risque de perdre quelques lecteurs, mais c’est le prix à payer pour la liberté dont je veux disposer. Quand le nouveau blogue sera prêt, je me manifesterai sur la blogosphère. Je vais également établir une liste de personnes souhaitant recevoir par courriel l’adresse du nouveau site. Si vous désirez être informé des développements de ce projet, vous pouvez m’écrire ou simplement laisser un commentaire à l’une des dernières notes. Je me ferai un plaisir de vous tenir au courant, parce que vous avez joué un rôle essentiel dans ma vie.

Le titre de cette note fait référence à une chanson de Stéphane Venne qui a été utilisée comme thème musical pour la première mouture québécoise de Star Académie : Et c'est pas fini.

16 février 2009

L'appel

Je regarde le téléphone et je le déteste. Le fil est toujours entortillé. Et je n’appelle pas. J’aurais envie de discuter avec Mister Right. On ne s’est pas parlé de vive voix depuis des mois. Juste en bavardant, il m’a souvent fait découvrir ma propre vie sous un nouvel angle. Je me dis qu’à le côtoyer, il va peut-être finir par déteindre sur moi. Je voudrais lui ressembler. Personne n’est parfait, je le sais bien, mais je ne peux m’empêcher de l’envier. Ses défauts, je les trouve adorables. Son cynisme m’amuse, son côté précieux m’attendrit. Il a brillamment réussi sa vie professionnelle. Il peut compter sur des amitiés vraies et solides. C’est ce qu’on appelle une vie parfaite. Le reste ce n’est que du glaçage. L’amour c’est la carotte qui fait courir les foules, un mythe qui fait rouler l’économie. « L’amour aussi sèche, pensais-je, et même plus vite que le sperme. » Charles Bukowski.

J’en ai assez de m’entendre me plaindre de mon travail du moment ; de toujours être à bout de souffle, poussé dans mes derniers retranchements ; de répéter à qui veut l’entendre que je travaille trop. Être pigiste et souffrir d’insécurité, par moments, c’est l’horreur. La Bohème à près de quarante ans, ça frise le ridicule, je sais. Je fais comme si c’était un choix, c’est juste par orgueil. J’essaie de me convaincre que ça présente des avantages, la liberté de choisir. Mais je n’y crois plus. Je rêve à plus de stabilité. Je n’arrive pas à la trouver.

Être célibataire et malheureux en amour, ça fait de bonnes histoires à raconter, c’est automatiquement romanesque. Mais j’aimerais bien, un jour, passer à autre chose. Les histoires, je pense bien que je pourrais les imaginer sans avoir à les vivre. J’ai cumulé suffisamment de mésaventures. Enfin, j’ose l’espérer, je n’en suis pas sûr. Je doute encore de mon imagination. C’est quand ça ne va pas que mes billets ont du souffle.

Je regarde le téléphone et je me dis que je ne vais pas l’appeler. Pas dans cet état. Je suis pitoyable et je ne veux pas être lourd. Je voudrais qu’il m’admire. Non, en fait, c’est absolument faux. Je me fous complètement qu’il m’admire ! J’ai toujours ce maudit réflexe de vouloir provoquer l’admiration, par tous les moyens. C’est tout ce que je sais faire. C’est tout ce que je fais, tout le temps, partout. J’ai même développé un talent pour être admiré et ça m’exaspère. Je voudrais juste qu’il m’aime, un peu, une seconde ou deux. Il faut que je décroche le combiné. Mais ce soir, il suffit d'un fil entortillé pour m'en empêcher.

14 février 2009

Never Gonna Give You Up

Je venais de terminer un billet larmoyant sur mes difficultés au travail. Je ne pouvais pas vraiment le publier. J’avais fait le tour des sites de recherche d’emploi. Je griffonnais sur un bout de papier ce qui pourrait devenir le design d’un blogue qui remplacerait celui-ci. Parce que j’ai parlé d’Amours, vertiges à tellement de monde que je ne peux plus rien écrire ici.

Et j’ai vu la lumière du téléphone clignoter, il y avait un message sur ma boîte vocale. Une dénommée Anne-Marie d’une grosse grosse grosse maison de production. Elle est tombée sur mon blogue horticole en faisant de la recherche. Ils sont en train de développer le concept d’une nouvelle émission de télé sur l’aménagement paysager, pour Canal Vie. Ils trouvent mon travail intéressant. Et ils veulent me rencontrer.

Je me suis mis à sauter et à crier. Oui, ça arrive. Parfois, je suis débile. J’ai jonglé avec des oranges. J’ai même essayé de marcher sur les mains. Mais je me suis écrasé sur le plancher et je me suis foulé un orteil.

Étendu sur mon lit, avec le téléphone :

Le cow-boy : Et puis toi, comment tu vas ?
Moi : Je cours comme un fou, il faudrait que les journées aient 36 heures...
Le cow-boy : ça, c’est un thème récurrent dans ta vie !

Hier soir, c’était le party de Saint-Valentin de la boîte où je travaille. Ça se passait dans un bar du village. Ma job c’était d’être cute, de sourire et de faire du PR. La musique était épouvantablement mauvaise. Il a fallu que je boive une quantité épouvantable d’alcool pour avoir l’air de vraiment m’amuser. Ça me dérangeait pas de faire du zèle. Mes collègues me trouvent drôle quand je suis ivre. Alors, ils se sont mis à me payer toute sorte de shooters. J’ai dansé sur une colonne de son et j’ai failli planter. Au moins, je n’ai pas enlevé mon t-shirt.

Un des directeurs, celui qui est cute, était au moins aussi saoul que moi. Pour un shooter, il a dansé sur la colonne d’en face. Plus tard dans la soirée, il m’a dit dans l’oreille : tu sais que j’ai vraiment plein d’admiration pour toi. Je sais pas comment un gars peut te résister... Surprise et boost soudain d’ego. Mes neurones baignant dans des vapeurs éthyliques, je n’ai pas su quoi dire, alors je me suis sauvé, rouge comme mon t-shirt. En me répétant : supérieur hiérarchique, en couple, chum plus gros que moi, code d'éthique, oublie ça. Et je suis retourné faire semblant de m’amuser sur la piste de danse. Rick Astley chantait Never Gonna Give You Up. Le directeur cute est venu me rejoindre et s’est mis à danser le continental. Il m’a dit : suis-moi, on va rire du DJ. J’ai essayé de suivre ses pas. Sans succès, c’est trop compliqué pour moi, le continental. Les petits blonds, le continental et l’alcool : mauvais mélange.

La soirée avançait. S, un de mes collègues s’est mordu les lèvres en voyant passer un gars assez grand, crâne rasé, petite barbe. Serviable, j’ai dit : Check-moi ben aller, j’vas te le présenter. Toute la soirée, j’avais fait ça, des présentations. J’ai traversé le bar d’un pas chancelant en marchant derrière le gars en question. Il s’est arrêté au bout du comptoir. Il avait une bouteille de Perrier dans la main. Je ne me souvenais plus où je m’en allais. Il m’a souri avec comme un hameçon dans le regard. J’ai souri. Je ne me souviens plus de la suite, sauf qu’on a trouvé une vielle banquette dans un coin sombre du bar et qu’on a fait du necking jusqu’à ce que mes lèvres soient en feu, il avait la barbe dure, et que je m’assomme sur l’accoudoir. Je me suis excusé 35 fois d’avoir trop bu. Il m’a donné un lift jusqu’à chez moi. Aujourd’hui, j’ai un épouvantable mal de bloc. J’ai trouvé son numéro de téléphone sur une page de mon agenda. Une écriture très droite.

Étendu sur mon lit, avec le téléphone :

Moi : Il a les yeux gris et il enseigne les mathématiques.
Le grand : Tu trouves pas que tu devrais prendre un break ?
Moi : C’est quoi ça un break ?

09 février 2009

Trop de papiers

Rien qu’à Montréal, nous recevons 3 annuaires de pages jaunes par année.

Personnellement, il y a des années que je n’ai pas ouvert ce type d’annuaire. Je trouve ce que je cherche sur internet. C’est du gaspillage pur et simple que de m’en faire parvenir ne serait-ce qu’un seul, alors imaginez 3!..
.

Les pages jaunes, je les mets directement dans le bac de recyclage et ça me prend toute la place. (Cela s'ajoute aux publisacs que je reçois même si j'ai apposé l'autocollant, pas de publisacs sur ma boîte aux lettres.) Il existe plusieurs bottins sur le Web, à la maison comme au travail j'utilise Canada411.

Via Miguel Tremblay, Hors des lieux communs

08 février 2009

Sans titre

J’ai perdu les mots et l’envie d’écrire. Perdue, même l’envie de clore en beauté l’histoire que je me raconte ici. Perdue, l’envie de partir en voyage, l’été prochain. J’ai juste envie de ne plus sortir de mon lit. Je lis. C’est déjà ça. J’ai tenté d’écrire quelques billets, je les ai tous supprimés. Peut-être que ça reviendra. Peut-être pas.

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