Au sommet : les meilleurs textes
Petit lexique québécois
Ma blog osphère

06 septembre 2009

Récolte d'automne

Le nouveau blogue est en chantier. Les travaux sont plus longs que prévu. Mais le tout devrait être prêt avant l’hiver. En attendant, je cours après ma vie et je croque dans l'été tardif. À bientôt...

01 août 2009

La haine

La COCQ-sida, la coalition des organismes VIH-sida du Québec à mis en ligne cette campagne qui illustre de façon frappante ce que toutes les personnes séropositives ont dû affronter un jour où l'autre. La haine, la peur et l'ignorance sont encore bien ancrées dans nos sociétés.

13 juillet 2009

Ça marche 2009

Le 20 septembre, je participerai à l'évènement Ça marche 2009.
100 % des fonds que j'amasserai seront versés à Action Séro Zéro

Faire un don

Linda a fait l'effort de faire une vidéo en français, ferez-vous l'effort de faire un petit don ?

28 mai 2009

Lifesaver

Parfois, il suffit d'un rien pour faire une différence. Le rouge pimpant d'un maillot de bain sur des cuisses bronzées, pour que l'on retrouve l'envie de sourire. L'air placide d'un sauveteur, installé sur sa chaise de bois, pour que toute la plage sente que la mer est calme et qu'il n'y a pas de danger. Aujourd'hui, il n'y aura pas d'orage, pas de requins, ni même de raz-de-marée.

J'ai gardé ça pour moi, mais ça faisait longtemps que je rêvais d'avoir cette job : Intervenant de proximité (outreach worker, en anglais). Je n'en ai même pas parlé à l'entrevue d'embauche. Il y a quelques années, je regardais de loin celui qui faisait ça et je l'enviais. Mais j'étais certain que je n'avais pas ce qu'il fallait. Je suis à peu près convaincu que j'ai maintenant tout ce qu'il faut, rationnellement, mais par en dessous, c'est moins solide. Cette vieille peur de ne pas être à la hauteur...

Pourtant, c'est fou comme c'est facile de faire parler les gens. De nos jours, les oreilles disponibles se font rares. Mon travail consiste à être là, attentif, sur les lieux de dragues des hommes gais et bisexuels. J'ai bien sûr du matériel à distribuer : condoms, lubrifiant, informations sur les drogues, la sexualité, le coming-out. Mais le matériel, c'est un prétexte. Un prétexte pour parler. Le contexte est inhabituel. J'avoue que par moment, il m'arrive de perdre mon focus. Mais je remarque que tous ces lieux de drague axés sur la sexualité sont beaucoup utilisés par les hommes comme lieux de socialisation et que ce que plusieurs y recherchent, en vérité, c'est un peu de chaleur humaine et un sentiment de communauté.

L'autre soir, je devais accompagner un infirmier qui offrait des tests de dépistage dans un sauna. Pendant qu'il attendait son tour, Francis m'a parlé de son nouveau chum pour qui il accepte d'affronter sa peur des aiguilles. Cette fois, c'est du sérieux, il en est convaincu. Il n'a jamais ressenti une telle complicité avec quelqu'un. Et il n'aurait jamais pensé fréquenter quelqu'un de dix ans son aîné. La semaine d'avant, l'autre a passé tous ses tests et lui a mis les résultats négatifs sous le nez. C'est à son tour aujourd'hui.

La soirée s'étire et pendant les temps morts, je fréquente en pensée des plages ensoleillées. Je serai dans moins de deux semaines sur celles de Barcelone. J'ai soif de la mer et de ses sirènes, de la lumière aveuglante. J'imagine un jack sur sa chaise de sauveteur, pour rappeler aux baigneurs à chaque instant de ne pas faire une connerie. Rien que de savoir sa présence ou de croiser son regard de temps à autre, suffit à nous rappeler qu'il y aura toujours du soleil entre les jours de pluie et qu'il y a certainement quelque part quelqu'un que l'on aime et que pour ça, on tient encore pas mal à la vie.

En voyant le dépliant sur les drogues, Francis s'est mis à parler de sa consommation. Il m'a raconté qu'il fallait que ça arrête, que ça n'avait plus de sens. Les arguments qui sortent de la bouche d'une personne sont toujours ceux qui ont le plus de poids dans son désir de changer. Alors, je lui ai demandé pourquoi vouloir arrêter de consommer. Selon ce qu'il me racontait, ce n'était pas si problématique. Il prenait de la drogue depuis trop longtemps, selon lui. Il m'a dit qu'il se considérait comme un drogué, même si ça n'avait pas d'impacts importants sur sa vie. Et il détestait ça. Il ne se voyait pas à 50 ans, fumer son petit joint tous les jours. Je lui ai demandé comment il se voyait à 50 ans. Il a baissé les yeux, a soupiré puis il a souri.

J'ai eu souvent ce type d'échanges à travers le Web, sur des sites de chat, sur Facebook. J'ai d'ailleurs commencé à intervenir sur le forum de Zorro et Cie. Les discussions y sont parfois vraiment intéressantes. À l'occasion, j'ai parlé sur ce blogue de sujets très intimes. Mais c'est facile d'être naturel, d'avoir l'air spontané, quand on travaille son texte pendant quelques jours. Là, je dois faire la même chose, live, en composant avec ma lourde carapace et mes maladresses. Je me bute souvent à mes limites. Je pense qu'avec le temps, je devrais gagner de l'aisance et devenir plus habile aux échanges dans la vraie vie...

Même sur une plage bondée, tout le monde est seul sur sa serviette, à la merci du vent et du soleil brûlant. La chaleur et le grand air nous font un peu tourner la tête. Et face à l'infini de la mer, on se sent définitivement tout petit. Heureusement, il y a les autres pour nous crémer le dos. Et puis, le bruit des rires et les cris des enfants qui jouent pour que l'on ferme les yeux et que l'on s'abandonne au sable chaud.


Note : tous les noms cités sont fictifs. Et les situations racontées, volontairement embrouillées et mêlées de fiction, de manière à en préserver la confidentialité.

25 mai 2009

25 mai

J'amorce ma troisième semaine de travail à Zorro & Cie. Je suis seul dans le grand bureau des intervenants. Seul, parce que le seul autre intervenant en poste est en congé de maladie, pour une durée indéterminée. Il est passé en coup de vent un après-midi pour me dire bonjour. Les autres membres de l'équipe ne sont toujours pas embauchés. Certains indices me laissent deviner des conflits larvés, quelques frustrations que je ne peux pas nommer précisément, une démotivation commune à bien des organismes sans but lucratif. Je lis, je lis, ça me sort un peu par les oreilles. Des rapports de recherche sur la prévention, du matériel d'information sur les ITSS et les facteurs de risques, des textes sur les approches d'intervention. J'ai parfois l'impression qu'on ne sait trop quoi faire de moi et que l'on cherche à m'occuper en attendant.

En principe, je devrais observer des intervenants en action, il faudrait que je m'observe moi-même. J'ai hâte de mettre en pratique ce que je lis. J'ai hâte de plonger, de confronter le réel et de voir comment je vais me débrouiller. L'impatience me tiraille en ce moment. J'ai l'impression que je pourrai faire une différence, c'est ce qui me pousse à m'accrocher. Je sais que ce désir et ces ambitions risquent de se choquer avec éclat contre la réalité, j'attends cette confrontation avec confiance et l'envie de me colletailler.

D'ici là, je profite du grand bureau et de son silence. Depuis que j'ai les clés et un code pour le système d'alarme, j'occupe l'espace et je prends mes aises comme un roi. Le mur nord est percé de six fenêtres qui doivent bien avoir 10 pieds de haut, des vieilles fenêtres à guillotine en bois qui donnent sur le faîte des arbres d'un parc. À travers des grilles rouillées, le vent charrie les rumeurs de la ville, les parfums des nouvelles pousses et des lilas en fleurs. Seul dans mon bureau, J'ai déjà un peu la tête en voyage. Des images de Méditerranée me chatouillent le fond de l'oeil. Un soleil salace m'agace en frôlant Montréal comme s'il savait pertinemment qu'on allait se retrouver en corps à corps, avec pas mal moins de vêtements sur le dos, dans la lumière des rues de Barcelone. Chaque matin, je fais le décompte des jours qui restent avant le départ, 13, 12, bientôt 11. Je me promène dans Paris avec Google View, je regarde des passants figés qui ne peuvent pas me voir. Juste devant ma porte, il y a une station de Vélib et sur le coin de la rue, une grande fruiterie et une boucherie hallal. J'ai gribouillé sur une carte les cafés, les bars, les parcs que je veux visiter. J'ai trouvé un resto de sushis à cinq coins de rue et un marché public, tout près. Les courriels, les signes se multiplient et me font réaliser que des personnes cachées derrière des blogues existerait peut-être vraiment.

Je ne sais pas si c'est ce printemps doré, ces jours qui allongent, ou ces heures de lecture forcée qui m'ont apaisé. Le bon côté de ce mauvais rhume est que j'ai baissé les bras contre le vent. Je me suis posé pour me reposer. J'ai le corps en jachère. Tout ce que j'ai semé au cours des derniers mois, des dernières années, commence à germer sans bruit. Je devine des centaines de menus plaisirs qui pointent, une odeur de sève qui monte. D'amoncellement de nuages de pluie en immensité bleu, le ciel m'appelle, un peu plus chaque jour.

17 mai 2009

Pause

Pause. Je suis malade. Rhume, fièvre, courbatures. Je déteste être malade. La nuit, ça me terrorise. J’ai cumulé trop de stress. J’ai besoin d’une pause. Tout donner, c’est tout ce que je sais faire, dans toutes les sphères de ma vie. Je ne sais pas prendre soin de moi. Il faut que j’apprenne à le faire, tout seul comme un grand. Alors, les billets ici font relâche, jusqu’à ce que je prenne du mieux.

15 mai 2009

Fuck You

L’homosexualité n’a pas de frontières. Au risque de décevoir certains hommes politiques, il y a des gais partout. En Chine, en Russie ou en Iran, le pourcentage est à peu près le même, peu importe la région du monde. Tout simplement parce que l’homosexualité n’est pas un choix. Le seul choix qui s’offre à celui ou celle qui découvre son homosexualité est de l’assumer ou pas.

Malheureusement, l’homophobie est, elle aussi, très répandue. Harcèlement, torture, peine de mort sont encore le lot des hommes et des femmes homosexuelles dans plusieurs régions du monde. Le moyen-âge est à deux pas de chez vous. La différence fait peur, et la peur dégénère souvent en violence et en haine. On a tendance à croire que, chez nous, tout va bien. Et pourtant...

Au Québec, l’homosexualité est la principale cause de suicide chez les jeunes hommes. Ça prend pas la tête à Papineau pour comprendre que l’homophobie est aussi la cause la plus fréquente de l’intimidation dans les écoles et qu’elle est à la source de multiples problèmes d’alcoolisme, de toxicomanie et de prises de risques sexuels chez les jeunes homosexuels. Le soir, dans le parc, à cinq rues de chez moi, il y a des gangs qui vont se prouver leur virilité en allant tabasser les hommes qui y traînent. Du « gay bashing » comme disent les Chinois.

Et c’est pour cela que l’on a encore besoin, en 2009, d’une journée internationale contre l’homophobie. Cette journée se tient chaque année le 17 mai.

Récemment, un jeune geek australien a récemment lancé l’idée d’un clip collaboratif sur une chanson de Lily Allen. Il a trouvé des volontaires un peu partout dans le monde. Le résultat, jubilatoire et libérateur, est un doigt d’honneur à tous les homophobes de ce bas monde. Vive la diversité ! Vive l’humour et le formidable ressort de la culture gaie !

Si la vidéo ne fonctionne pas, cliquez ici

Musique : Lily Allen, Fuck You Very Much
Via Gayclic.com

Gai écoute, parce que parler ça fait du bien
Montréal : (514) 866.0103
Région : 1.888.505.1010

Suicide Action Montréal
Montréal : (514) 723.4000
Région : 1.866.277.3553

Source : Michel Dorais, Ph.D. Professeur - Faculté des sciences sociales - Université Laval, et Simon Louis Lajeunesse, étudiant en sociologie, Université Laval, Québec, Canada, MORT OU FIF: Contextes et mobiles de tentatives de suicide chez des adolescents et jeunes hommes homosexuels ou identifiés comme tels. Et perspectives de prévention.