31 janvier 2009
Humour et sex-appeal
Deux angles pour aborder la prévention, par MTV.
Via La communication préventive
11:47 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vih, sida, prévention, publicité, télévision, usa
27 janvier 2009
Pause
C’est arrivé sans crier gare. Dans la soirée, quand j’ai senti les premières vagues de chaleur me parcourir le corps, j’ai su qu’il était trop tard pour prévenir. J’ai attrapé le virus qui court au bureau. Ce n’est pas un rhume qui va me faire peur. J’ai mes 340 CD4. Ensemble, on a fait mordre la poussière à des pneumocystis, des molluscums et des staphylocoques autrement plus inquiétants. Mes mercenaires connaissent le terrain et la guérilla est ouverte. J’enveloppe ma fièvre dans la laine et le coton. J’ai même mis ma tuque et mon t-shirt de la CSN pour avoir l’air plus "tough". Il va falloir que je m’arrête. J’ai voulu jouer les héros et abattre à moi tout seul le travail de quatre personnes. Il n’y a pas trente-six solutions. Saisir le sommeil quand il se présente, me garder les extrémités au chaud, boire beaucoup de liquide et appuyer sur pause.
06:36 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : pause, temps, virus, hiver, repos
25 janvier 2009
Tag
Je suis : dans ma bulle, inventif, trop intense, exigeant, orgueilleux, gourmand, sensuel, travailleur acharné et timide.
On me perçoit à tort comme étant : snob, même prétentieux et réellement naïf.
J’attire : les cœurs brisés, les déroutés, les hypersensibles et les anciennes baises d’Éric Salvail.
Avant, j’attirais plus : les menteurs et les ambitieux, les chasseurs de trophées. (Forcément, j’étais plus jeune.)
Je craque pour : les gars un peu baveux, les intellos, les cravates et les lunettes (pour pouvoir les enlever), l’accent anglais, la franchise totale et le talent pour la cuisine.
Avant je craquais pour : les grands blonds, les inaccessibles, les mélancoliques romantiques, et tous ceux qui se prennent très au sérieux.
Je devrais plutôt craquer pour : (Ça c’est une bonne question, probablement la plus difficile et celle où j’ai le plus de chance de me tromper. Mais puisqu’il le faut...) des hommes bien dans leur peau, solides, sensuels avec un sens de l’humour hors du commun, des passionnés, capables d’interiorité.
J’évite particulièrement les : les intoxiqués, les menteurs et les ambitieux, les inaccessibles, les pilliers de bar du village gai et les mélancoliques romantiques. (C’est ben beau vieillir, mais il faut bien que l’expérience, ça serve à quelque chose !)
Ma meilleure baise : L’une des dernières. (Moi qui pensais que j’avais dépassé la date d’expiration ! À trente ans, j’ai mené la vie d’un quinquagénaire. Maintenant que j’arrive à quarante ans, je vis comme si j’avais 10 ans de moins.)
Ce questionnaire, je l’ai trouvé chez Tchendoh de 10putes.com, que je viens de découvrir. Je l’ai vu par la suite sur plusieurs autres blogues. Une tag originale que l’on a envie d’attraper.
Tag : n. m. Graffiti codé qui constitue une signature, un signe de reconnaissance. n. f. [Québec] [Familier] jeu du chat perché, le but est de toucher une personne, celle-ci devant à son tour en toucher une autre.
22:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : internet, web, tag, québec, secrets, attirances
24 janvier 2009
Dire ou ne pas dire
La blogosphère a ces vagues. Et en écrivant ici, je m’y inscris, que je le veuille ou non. Même en me taisant, je prends partie : qui ne dit mot, consent. Depuis trois ans, certaines de ses vagues ont porté mon enthousiasme, d’autres m’ont secoué malgré mon indifférence. Quand j’ai été soulevé de plaisir, j’aurais aimé que ces instants s’éternisent. J’aurais voulu retenir des blogueurs qui ont choisi de se taire. Mais le Web se transforme perpétuellement. Il est vivant, c’est ce qui fait sa richesse et sa beauté. Et c’est une des raisons pour lesquelles je persiste.
Pourtant, je constate que sous le couvert de l’anonymat, l’être humain révèle ses côtés les plus noirs et les plus bas. Sous prétexte d’être intouchables, ou populaires certains blogueurs ne se gênent pas pour traîner des gens dans la boue. Et c’est cent fois pire dans les commentaires. Haine, hargne, envie, mesquinerie : caché derrière l’écran, l’internaute est prompt à la violence. Des mots publiés bombardent, poignardent, assassinent sans aucune retenue. Comme si les mots étaient innocents ! Par bonheur, il y a encore les livres.
Un procès se déroule actuellement à Montréal et fait saliver la blogosphère. Ce milliardaire (dont il ne faut pas dire le nom) est riche parce qu’il a réenchanté la vie de milliards de personnes. En les prenant sous son aile, il a permis à des artistes auparavant méprisés de faire rayonner la Belle province aux quatre coins du monde. Pendant des années, dans les gymnases, j’ai vu des étincelles enflammer les yeux des jeunes qu’il a inspirés. Il a ouvert la voie à des créateurs extraordinaires qui autrement auraient vécu dans la misère. Mais au Québec, on n’aime pas ceux qui réussissent. On les déteste ouvertement comme on déteste la culture en général et les intellectuels. Descendant de colons et de filles du Roy, on est né pour un petit pain et on crache sur les riches parce qu’ils sont riches. (En rêvant secrètement d’être riche soi-même, et instantanément de préférence.) Je regrette, mais la vie personnelle des gens riches et célèbres ne regarde qu’eux-même, peu importe leurs frasques. J’ai un vague mépris pour ceux qui surfent sur cette vague et qui nourrissent la haine pour ce faire du capital de sympathie.
00:00 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : écriture, web, internet, opinion, média, commentaire
23 janvier 2009
Vol 550
Pour passer à travers les grands froids, vaut mieux marcher la bouche fermée. Et puis, on dit que si on fait un vœu, il ne faut pas en parler pour qu’il se réalise. Alors, je me suis tu. Ces dernières années, j’ai tant parlé de projets de voyage qui sont tombés à l’eau. Ce matin, la ville était emprisonnée dans le frimas et la brume de mer qui s’élevait au-dessus du fleuve. (Il y avait sûrement aussi du smog, mais ça fait moins joli.) C’est la saison ou tout plein de Québécois s’envolent vers le Sud à la suite des oies blanches (avec quelques mois de retard) : Punta Cana, République dominicaine, Cuba, Mexique.
Cette fois, il semble que ce soit la bonne. Le dépôt a été prélevé sur la carte de crédit. Dans moins de six mois, je serai à bord du vol 550 d’Air Transat, juste en avant des ailes. C’est dans les rues de Paris que je passerai les derniers jours de ma trentaine. Et pendant les premiers jours de ma quarantaine, je marcherai pieds nus dans le sable d’une plage de Barcelone. (Le chiffre passera mieux comme ça.) C’est fait. J’irai faire mon jogging sur la colline de Monjuic, pendant que J. et D. se picosseront sur la terrasse d’un café. Je n’arrive même pas à le réaliser. De toute façon, je n’ai pas le temps de le réaliser... Allez ! Il ne reste que deux jours à la semaine.
Chanceux ? Nan, surtout pas la chance. Cela fait des années que je travaille tout le temps. Le travail à temps plein le jour, les contrats le soir, la fin de semaine, parfois même la nuit en période de rush. L’entraînement pour tenir le coup, pour expulser les toxines. L’écriture comme soupape. J’ai un train de vie à peine supérieur à celui d’un pigeon, avec moins de ciel et de liberté. Bon, ok, j’ai le derrière plus au chaud. Mais jusqu’au départ, je serai au régime sec. De toute façon, j’ai quelques livres à perdre avant d’enfiler un maillot de bain. À la perspective de passer les frontières, de survoler l’Atlantique, je suis traversé de décharges électriques. Il y a si longtemps... Je ne me souviens même plus comme c’est, d’être dépaysé.
01:00 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, montréal, projet, voyage, paris, barcelone
20 janvier 2009
Nocturne
La nuit m’entoure de ses bras, enfin. J’ai la tête lourde, les yeux qui brûlent, mais je ne veux pas laisser le sommeil me voler ces minutes de liberté. Cette sempiternelle fatigue m’abrutit. La nuit assombrit mes pensées qui s’agitent pour ranimer les souvenirs, ceux du jour qui s’achève. Un fou qui court dans un labyrinthe.
Respirer, encore un peu. Écouter le silence. Se raconter une fois de plus. Son bras posé autour de mon épaule après l’amour. Sa main qui glisse en suivant la clavicule, passant au-dessus de mon cœur qui cogne. Sa chaleur craintive qui se serre contre moi. Qui s’accroche à moi comme si j’étais une montagne. Mes yeux ouverts sur l’obscurité. Ma conscience claire de n’être que poussière, misérable et éphémère, soumise aux caprices du vent. Ce précipice béant à nos pieds, étendus. Son pouls, compte à rebours, pulsations du temps qui s’égrène et nous mènera jusqu’au trépas. Frondeur, je résiste encore avant de m’abandonner au sommeil. En implorant la nuit d’emporter ma noirceur et de laver mon regard. Que je puisse goûter pleinement chacune des secondes, uniques, irrévocables, du lendemain. Regarder le soleil qui fuit avec un sourire paisible.
Puis, sentir le désir qui s’embrouille. S’enfouir sous la couette. Chercher des joues les rondeurs et le doux-rêche de l’oreiller. M’étirer pour repousser l’emprise des draps. Déposer ma tête qui tressaille sous les secousses du cœur. La nuit m’entoure de ses bras, enfin. Et je ferme les yeux.
00:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, nuit, temps, souvenirs, jour, lit
17 janvier 2009
Panse-coeur
Il m’a rappelé dans la soirée. Pour m'expliquer qu’il se sent mal à l’aise. Son ex lui a téléphoné. Pendant les premières secondes, il ne l’a pas reconnu. Demain, l’ex ira lui remettre du courrier à son travail. Il a coupé court à la conversation. Et il en est content. Yes, qu’il s’est dit à lui-même, c’est ce qu’il fallait faire. Mais la rencontre à venir le tiraille. Il a peur. Tu vas pas retourner avec cet imbécile ? a lancé sa mère qu’il a tout de suite appelée. Ça l’a fait sourire. Et il m’explique qu’il y a toujours une rivalité entre lui et son ex. Et il me raconte tout ça à moi. Pourquoi moi ?
Et toi, tu penses quoi de moi ? qu’il me demande. C’est agaçant cette manie qu’il a de ne parler sérieusement qu’au téléphone. Je n’aime pas le téléphone. La voix, c’est bien trop ténu. Mes mots maladroits tentent de toucher la cible sans trop faire de dommages collatéraux. Moi, j’essaie de vivre au présent. Je ne suis pas certain que l’on aura un avenir. Pour le moment, c’est bien, un jour à la fois. Tu me plais. Je vois bien que tu es blessé, malheureux même. Je pense que tu as besoin de moi. — Et toi de moi ? — Moi de toi, peut-être. Je ne sais pas. Peut-être, oui. On vit sur des planètes différentes...
Demain, je braverai les grands froids pour aller le rejoindre, en passant à la SAQ chercher une bouteille de rouge. Une autre soirée fondue chinoise, un DVD. Ne pas oublier la sauce Worcestershire. De la générosité, j’en ai plus qu’il n’en faut. Donner, c’est tout ce que je sais faire. Il faut croire que je suis riche et que j’ai des ressources insoupçonnées. Je ne sais pas où je prends tout ça. Ça me chatouille l’ego. Mais au bout du compte, ça me laisse un petit creux, quelque part. Je me sens plus seul que lorsque j’étais seul. C’est peut-être aussi la fatigue accumulée qui m’embrouille le cœur. Un jour, je partirai en vacances. Et je m’abandonnerai au soleil. Les minutes se succèdent sur l’écran du réveil, pendant qu’il me raconte au téléphone ses impasses du moment.
18:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, homme, célibat, solitude, vin
12 janvier 2009
Guide de survie à la STM
Ayant beaucoup utilisé les transports en commun montréalais pendant la période des fêtes, j’ai pensé concocter un petit guide de survie à l’intention des néophytes.
Plus de service : le slogan de la STM
Toutes les informations nécessaires pour planifier votre trajet avec la STM (Société de Transport de Montréal) sont disponibles sur le Web. Depuis quelque temps, il est même possible d’obtenir les horaires et les itinéraires sur Google Map. Mais vous devez savoir qu’il y a une marge entre le réel et le virtuel. En dehors des heures de pointe, ne vous fiez pas à l’horaire et prévoyez une bonne demi-heure supplémentaire d’attente. Pendant les heures de pointe, attendez-vous à ce que les trois premiers autobus qui se pointent soient pleins. Il vous sera alors impossible d’y entrer. Si vous êtes pressés, la marche demeure une option à envisager. Le numéro de la ligne est généralement affiché en haut, à l’avant du véhicule. Pendant la saison du hockey, ce numéro est parfois remplacé par un tendre mot d’encouragement pour l’équipe de Montréal : « Go Canadiens Go » ou « Go Habs Go ». Mais le plus souvent, les autobus sont couronnés d’un message défilant : « Désolé : Hors services ». En effet, une armada d’autobus « Désolé : Hors service » sillonne constamment la ville pour narguer les usagers qui attendent des heures aux coins des rues.
Lorsque l’autobus approche de l’arrêt, méfiez-vous du grand rétroviseur carré. Il est positionné précisément pour assommer la première personne qui attend en ligne. Pour faciliter la circulation à l’intérieur du véhicule, des flèches demandent aux usagers de se déplacer vers les portes de sortie, à l’arrière. Mais le message ne passe pas. Et pour entrer dans l’autobus, il vous faudra généralement traverser un bouchon de vieilles grincheuses et de poussettes géantes. Une fois à l’intérieur, oubliez les bactéries et les virus qui pullulent sur le chrome des poteaux et accrochez-vous solidement. Plusieurs chauffeurs de la STM ont le pied pesant sur l’accélérateur et sur le frein. Certains ont l’air de prendre un malin plaisir aux dérapages contrôlés.

Verrière de Marcelle Ferron, Station Champ-de-Mars
Dou, dou, dou : le chant du métro
Si vous arrivez jusqu’à une station de métro, vous n’êtes pas au bout de vos peines. Préparez-vous mentalement à affronter un vent de force 9 sur l’échelle de Beaufort en poussant la porte d’entrée. Les vêtements amples et les parapluies sont à proscrire. Des souliers à crampons peuvent être utiles pour ne pas être déportés, particulièrement si le sol est glacé. Il est fortement déconseillé de raconter des blagues aux employés du guichet. Il s’agit généralement d’individus qui ont une constitution fragile et leurs visages pourraient craquer s’ils sourient. Une fois sur le quai, vous pourrez profiter d’un climat subtropical. Si le paréo et le bikini conviennent, les lunettes de soleil ne sont pas nécessaires. Lors de vos périples dans le métro montréalais, vous pourrez, si vous êtes attentif, admirer quelques œuvres d’art. Elles passent souvent inaperçues puisqu’elles sont littéralement noyées par la publicité. Celle-ci est partout : sur le plancher, les tourniquets, l’extérieur, l’intérieur et le plafond des wagons, les marches d’escaliers, les rampes. À la STM, chaque centimètre d’espace de béton ou d’acier est rentabilisé. À intervalle régulier, la voix de la femme bionique annonce les retards : « un incident nous oblige à interrompre le service sur la ligne (elle ménage toujours quelques secondes de suspense) verte... » Si vous vous ennuyez, des montagnes de journaux gratuits sont mises à votre disposition pour vous divertir. Vous y trouverez les mêmes publicités qu’au plafond ainsi que de savoureux articles sur tous les faits et gestes de Britney Spears ou de Paris Hilton : "Britney affirme qu’elle ne pétera plus." "Paris a perdu son tampon" et "son chihuahua a commencé un régime amaigrissant". Ayez toujours avec vous un peu de monnaie. Pendant que le musicien vous dira merci dans le couloir, vous aurez un répit de quelques secondes entre deux pièces de yodle péruvien ou de folklore mongol.
Si vous devez descendre à la station Berri, préparez-vous à affronter une foule hostile qui refusera de vous laisser sortir. Complètement obnubilés par le désir de poser leurs fesses sur un banc en plastique dur, la plupart des gens de l’extérieur se jettent dans l’ouverture béante des portes. Et si vous ne savez pas jouer du coude, vous serez violemment refoulé vers l’intérieur. Dans les escaliers roulants, souvent immobiles, il faut respecter le code de la circulation. Les gens pressés de quitter l’air vicié de la ville souterraine ou ceux qui désirent se muscler les fessiers prendront la voie de gauche. Les gens fatigués et ceux qui veulent faire durer le plaisir s’arrêtent dans la voie de droite pour regarder défiler les publicités avec un air bovin. Ce système fonctionne généralement bien sauf lorsqu’un individu s’immobilise et bloque la voie de gauche. Vous pourrez alors surprendre les confidences pittoresques d’une ado à son minuscule téléphone rose : « J’suis comme... euh... comme dans l’escalier du métro genre qui monte, là. C’est comme, j’m’en viens, comme genre là, là.»
Un bref passage dans le métro vous fera apprécier le grand air, même par temps froid, et la lumière du soleil. Habillez-vous par couche pour affronter les températures extrêmes, hydratez-vous suffisamment et munissez-vous de musique et de livre pour meubler les temps morts. N’oubliez pas les papiers-mouchoirs, l’antisudorifique et des vivres de secours. Avisez toujours vos proches de ne pas s’inquiéter si vous êtes en retard.

Révolutions, Sculpture de Michel de Broin, Station Papineau
Oui, je sais. Je suis un frustré...
Plan du métro de Montréal
09:00 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : chialage, transport, métro, montréal, autobus, art visuel, patience
10 janvier 2009
Everything is fine (Tout est parfait)
« Tout est parfait » sort ces jours-ci en France sous le titre « Everything is fine ». (!) Comme j’écris en québécois et que les lecteurs français de passage pourraient ne pas me comprendre, Ce billet est sous-titré, pour eux.
This post is subtitled for french readers.
« Extraordinaire... Le meilleur film québécois depuis C.R.A.Z.Y. »
“Extraordinary... the best Quebecois film since C.R.A.Z.Y.”
(Brendan Kelly, Montreal Gazette)
« ...Un film superbement réalisé qui raconte la rencontre de deux adolescents après le suicide de quatre de leurs amis. Il s’agit du premier film du réalisateur Yves Christian Fournier. Avec un style percutant et une utilisation sensible et inventive de la trame sonore, il parvient à transformer le conflit intérieur d’une jeune homme de 17 ans en une sorte de thriller. La toute dernière scène du film a ébranlé l’assistance et laissé plusieurs personnes en larmes. Everything is Fine (Tout est parfait) est, de loin, ce que j’ai vu de plus électrisant à Cannes ces dernières années... »
“...It’s a beautifully made film about a teen boy and girl who come together after four of their friends commit suicide. With a strong sense of style and an especially inventive feel for sound design, first-time feature director Yves Christian Fournier manages to turn the story of the inner conflict of a 17 year-old boy into something almost resembling a thriller, with a final act catharsis that left several of us in the screening room in tears. Everything is Fine is, by far, the most exciting thing I’ve seen in Cannes thus far... ”
(Karina Longworth, Cannes Diary)
Ça, ça veut dire apportez des kleenex, mais ne manquez surtout pas ça ! La bande-annonce ("Preview" for french readers) ne rend pas justice au film. Les images sont magnifiques, le scénario, poignant, le jeu des acteurs, éblouissant.
00:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, langue, sous-titre, québec
09 janvier 2009
Le voisin IV
En me rendant au stade ce jour-là, je ne me doutais pas qu’un mystère allait partir en fumée. Un rhume court dans les parages et je me suis dit que de suer un bon coup allait faire sortir le méchant. Un peu de tapis roulant puis, les poids libres. Je suis seul, entre le miroir et le bench press poussiéreux, mais je me sens à ma place. Les Monsieurs Muscles ne m’impressionnent plus. J’en étais aux épaules quand le grand se pointe dans le miroir avec son outfit de sportif. Il a quelque chose à me raconter.
— T’sais ton voisin, là... (Devant son petit sourire satisfait, j’ai déjà un doute.) Je l’connais... (Dans la bouche du grand, « connaître » est un euphémisme, ce qu’il se fait un plaisir de me confirmer.)... J’ai déjà baisé avec.
Fuck ! Soufflé, d’un seul coup, le savant château de cartes que j’avais édifié. Évanoui, le mystère. La grosse réalité plate vient de s’effoirer dessus.
— Et puis, je peux te dire que...
— Too Much Information ! J’ai pas besoin des détails. (Je me concentre sur les développés cubains, l’alignement de l’épaule, le rythme.) Tu vas le revoir ?
— Non, i’ est un peu weirdo, pis en plus, i’ fume comme une cheminée. (Aux dernières nouvelles, le grand fumait lui aussi jusqu’à hier.) Mais tu sais-tu quoi ? T’étais là ce soir-là !
— Comment ça ?
— Tes lumières étaient allumées quand je suis arrivé, pis elles étaient fermées quand j’suis parti. (Je ne sais pas pourquoi, j’espère que j’étais sorti à ce moment-là. Il a un grand sourire, fier de son coup.)
— Pfff. En tout cas, vous avez été discret...
Je sais bien, Montréal n’est qu’un gros village. Si, sur la planète, tous les êtres humains ne sont séparés que par 6 degrés de séparation. Dans les environs, ça se limite à 2-3. J’ai un bon voisin, c’est ce qui compte. Discret et silencieux. Toutes mes hypothèses à son sujet se sont avérées rigoureusement exactes. (Que j’en voie pas un se moquer de mon flair ! Mitsou et Céline, ça ne trompe pas.) Maintenant que le mystère est levé, il me faudra trouver d’autres sources d’inspiration...
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