25 janvier 2009

Tag

Je suis : dans ma bulle, inventif, trop intense, exigeant, orgueilleux, gourmand, sensuel, travailleur acharné et timide.

On me perçoit à tort comme étant
: snob, même prétentieux et réellement naïf.

J’attire : les cœurs brisés, les déroutés, les hypersensibles et les anciennes baises d’Éric Salvail.

Avant, j’attirais plus : les menteurs et les ambitieux, les chasseurs de trophées. (Forcément, j’étais plus jeune.)

Je craque pour : les gars un peu baveux, les intellos, les cravates et les lunettes (pour pouvoir les enlever), l’accent anglais, la franchise totale et le talent pour la cuisine.

Avant je craquais pour : les grands blonds, les inaccessibles, les mélancoliques romantiques, et tous ceux qui se prennent très au sérieux.

Je devrais plutôt craquer pour : (Ça c’est une bonne question, probablement la plus difficile et celle où j’ai le plus de chance de me tromper. Mais puisqu’il le faut...) des hommes bien dans leur peau, solides, sensuels avec un sens de l’humour hors du commun, des passionnés, capables d’interiorité.

J’évite particulièrement les : les intoxiqués, les menteurs et les ambitieux, les inaccessibles, les pilliers de bar du village gai et les mélancoliques romantiques. (C’est ben beau vieillir, mais il faut bien que l’expérience, ça serve à quelque chose !)

Ma meilleure baise : L’une des dernières. (Moi qui pensais que j’avais dépassé la date d’expiration ! À trente ans, j’ai mené la vie d’un quinquagénaire. Maintenant que j’arrive à quarante ans, je vis comme si j’avais 10 ans de moins.)

Ce questionnaire, je l’ai trouvé chez Tchendoh de 10putes.com, que je viens de découvrir. Je l’ai vu par la suite sur plusieurs autres blogues. Une tag originale que l’on a envie d’attraper.

Tag : n. m. Graffiti codé qui constitue une signature, un signe de reconnaissance. n. f. [Québec] [Familier] jeu du chat perché, le but est de toucher une personne, celle-ci devant à son tour en toucher une autre.

24 janvier 2009

Dire ou ne pas dire

La blogosphère a ces vagues. Et en écrivant ici, je m’y inscris, que je le veuille ou non. Même en me taisant, je prends partie : qui ne dit mot, consent. Depuis trois ans, certaines de ses vagues ont porté mon enthousiasme, d’autres m’ont secoué malgré mon indifférence. Quand j’ai été soulevé de plaisir, j’aurais aimé que ces instants s’éternisent. J’aurais voulu retenir des blogueurs qui ont choisi de se taire. Mais le Web se transforme perpétuellement. Il est vivant, c’est ce qui fait sa richesse et sa beauté. Et c’est une des raisons pour lesquelles je persiste.

Pourtant, je constate que sous le couvert de l’anonymat, l’être humain révèle ses côtés les plus noirs et les plus bas. Sous prétexte d’être intouchables, ou populaires certains blogueurs ne se gênent pas pour traîner des gens dans la boue. Et c’est cent fois pire dans les commentaires. Haine, hargne, envie, mesquinerie : caché derrière l’écran, l’internaute est prompt à la violence. Des mots publiés bombardent, poignardent, assassinent sans aucune retenue. Comme si les mots étaient innocents ! Par bonheur, il y a encore les livres.

Un procès se déroule actuellement à Montréal et fait saliver la blogosphère. Ce milliardaire (dont il ne faut pas dire le nom) est riche parce qu’il a réenchanté la vie de milliards de personnes. En les prenant sous son aile, il a permis à des artistes auparavant méprisés de faire rayonner la Belle province aux quatre coins du monde. Pendant des années, dans les gymnases, j’ai vu des étincelles enflammer les yeux des jeunes qu’il a inspirés. Il a ouvert la voie à des créateurs extraordinaires qui autrement auraient vécu dans la misère. Mais au Québec, on n’aime pas ceux qui réussissent. On les déteste ouvertement comme on déteste la culture en général et les intellectuels. Descendant de colons et de filles du Roy, on est né pour un petit pain et on crache sur les riches parce qu’ils sont riches. (En rêvant secrètement d’être riche soi-même, et instantanément de préférence.) Je regrette, mais la vie personnelle des gens riches et célèbres ne regarde qu’eux-même, peu importe leurs frasques. J’ai un vague mépris pour ceux qui surfent sur cette vague et qui nourrissent la haine pour ce faire du capital de sympathie.

12 août 2008

Exquis

J’ai toujours aimé l’improvisation. Les artistes qui se lancent dans le vide et donnent naissance à une histoire, des personnages et des émotions. Et c’est un peu ce qui se passe sur ce blogue. Les histoires y naissent au fil des commentaires. Il y a bien sûr des détours et des redites, mais souvent aussi des moments de grâce. Et c’est stimulant de pouvoir y poser un grain de sel. C’est ma dernière découverte sur le Web et je décerne à ce blogue, mon second trophée « Brillante Weblog » :


Mon autre lauréat : Fréquence VIH
à suivre...

22 novembre 2006

Dialogue

Dans la nuit de lundi à mardi, j’entends les mots de Bashung : «… Gaby, tu devrais pas m’laisser la nuit, J'peux pas dormir, j'fais qu'des conneries…» Je me perds dans la grande Toile une fois de plus. Je tombe sur une note écrite par deux filles où elles parlent des hommes rencontrés sur le site Meetic: Les pas de couilles. Je souris, ça fait du bien. Je traverse, en ce moment, une zone noire. Je suis cynique, désabusé. Undernet, site de rencontres : rien pour alléger la déprime. Au contraire même, la violence et la sécheresse des rapports virtuels me rendent agressif. J'essaie d'engager des conversations. Je frappe un mur à quelques reprises. *Cling* J'ouvre une boîte de dialogue, on échange quelques mots. Pendant que je cherche mes mots, il tape : « devant tant d’intérêt - dsl - bye *Cling* » Chercher ses mots ici, ça ne se fait pas.

*Cling*, une boîte de dialogue s’est ouverte. Il se nomme hard25. Résumé du profil :
Hard25 : gars 27 ans, cherche mec clean pour sexe bareback.
(bareback : relation sexuelle volontairement non protégée)
La moutarde, celle qui brûle, me monte au nez. Je me dis que celui-là, il va m’entendre.

hard25> allo
Py> Clean, ça existe pas. 1 homme séropositif sur 3 ne le sait pas...
hard25> ok ok
hard25> toi t es poz?
Py> Oui, et puis je te l'aurais pas dit. Bareback, ça me fait débander...
hard25> comment tu la pogné alors si t’aimes pas baiser bareback ?
Py> bonne question, un accident

(Je suis un peu déstabilisé par la question. C’est pas un sujet que j’ai l’habitude d’aborder. Mais je me suis lancé, aussi bien poursuivre…)

hard25> dis-moi ça
Py> complètement saoul, j'étais sûr d'être clean justement. Quand le gars a voulu faire ça sans condom., je me suis dit que s'il savait qu'il pouvait me mettre en danger, il ferait jamais ça. J'étais con.
Py> j'avais 27 ans. (Et vlan dans les dents)
hard25> ok
hard25> et là, t’es rendu a quel âge
Py> 37
hard25> et quel âge avait le mec ?
Py> le même âge, à peu près. C'était l'ami d'un ami. (Quelle importance ?)
hard25> ok

(Je prends une respiration. À mon tour de me poser la question qui me brûle.)

Py> pourquoi bareback ?
hard25> je trouve ça mieux
hard25> mais c es vrai que c’est risqué
Py> mieux comment ?
hard25> + de sensation

(Qu’est-ce que je peux répondre à ça ?)

Py> Je me souviens pas, ç’a été la seule fois.
hard25> ok
Py> J'y crois pas trop, la sensation c une question d'habileté...
hard25> ok
hard25> t’es sur les médicaments ?
hard25> comment ça se passe ?
Py> T'en poses des questions !
hard25> je m’informe.
Py> oui et ça va. Les premiers mois ont été l'enfer.
hard25> les effets secondaires sont durs ou ça t’a pris du temps à le savoir que t’étais poz?
Py> Non, j'avais des doutes dès le lendemain, le gars voulait absolument me voir. Pour m’annoncer qu'il était séropositif. Il comprenait pas ce qui lui avait pris, qu’il disait.
Py> Son médecin disait que j'avais pas grand chances de l'avoir parce que c'est moi qui l'avais pénétré.
hard25> ok
hard25> tu baises toujours avec capote ?
Py> oui
hard25> asteur
hard25> pkoi ça été l’enfer ?
hard25> si c’est pas trop demander
Py> Nausées fièvres au début. Ensuite insomnies, cauchemars horribles, hallucinations pendant des jours. Des boutons partout sur le corps pendant des semaines
Py> Plus de libido pendant des mois

( Tout ça résumé en trois lignes, je voulais que ça frappe.)

hard25> les médicaments font ça ?
Py> Ceux que je prends, oui, au début en tout cas. À long terme, ça détruit le foie. Les médecins pensent que le corps peut pas survivre aux traitements plus de 15 ou 20 ans, c trop fort.
Py> Puis, y'a la peur, tout le temps, pis la honte aussi, le secret. Ça c'est dans la tête, mais c peut-être le pire...
hard25> ok
hard25> tu l’as dit a personne ?
Py> pendant des années, j'ai eu un chum steady. Il était le seul à le savoir. C'était lourd à porter à 2, je pense. Là c plus ouvert. Et c plus facile à vivre comme ça

( Il ne dit rien, je me sens léger. Le stress est tombé. J’ai l’impression que j’ai réglé quelques comptes avec moi-même et avec le gars d’il y a dix ans…)

Py> Cool que tu m'ait pas flushé tout de suite...
hard25> ben là !
hard25> je comprends ça.
Py> … Ça vaut pas la peine. La sensation tu la trouveras bien d'une autre façon. La vie ça peut déjà être assez taugh comme ça !
Py> bon, j'ai assez fait la morale
hard25> ok merci
Py> Fais attention à toi, ciao
hard25> ok bonne nuit
hard25> xxx
[Tue Nov 21 01:27:49 EST 2006] hard25 a quitté la conversation privée.

( Je me suis endormi avec un demi-sourire dans l’oreiller. )