15 novembre 2009
Désir
Depuis au moins 20 minutes, le livre est ouvert sur mes genoux. J'ai les yeux dans le vide. Des restes de fièvre courent dans mon corps en créant de drôles de sensations. La musique dans l'autre pièce captive mon esprit et mon âme est laissée à elle-même. Mon corps baigne dans une torpeur chaude quand il n'est pas secoué par une quinte de toux. Je m'étire comme un chat, dans la flanelle des draps. Je savoure la chaleur du lit et je la partage avec un autre, en imagination. Le livre est toujours là, immobile, devant moi.
Les antibiotiques n'ont pas fait effet. Le médecin était dans l'erreur. Il faut dire que je n'ai pas respecté son ordonnance de repos. Je reste à bout de souffle et j'ai les bronches engorgées, depuis bientôt une semaine. Je suis déçu. Déçu de chaque sphère de ma vie. Déçu d'être là où j'en suis, par rapport aux autres, à ce que je veux faire de ma vie. Trop de désirs. Je serais écrasé par des excès de désir et ce serait pour cela que ma vie prend l'eau. Trop d'espoir dans l'humanité, trop d'espoir d'avenir. J'ai toujours cru que les désirs étaient un moteur. Je les ai nourris, soignés. Je me suis projeté dans l'avenir et j'y ai trouvé des refuges. J'ai accumulé les désirs en masses touffues au-dessus de ma tête, pendant des années.
Mais au cours des derniers mois, je me suis heurté plus d'une fois à la réalité. Aveuglé de confiance et de désirs, je ne vois pas les murs et je les frappe de plein fouet. Je suis ébranlé, mais je reste debout, à bout de souffle, hagard, vidé. J'ai des trous dans le cœur de la taille de mes désirs réformés. Je suis une proie facile pour les exploiteurs sans scrupules comme pour les virus qui rôdent.
C'est ce qu'il me raconte au téléphone. Le livre est tombé sur la couette, près de mes genoux. On devait aller prendre un café. Je ne suis pas assez en forme. Je serais désagréable, que je lui ai dit. On s'est rabattu sur le téléphone. J'aime entendre une voix dans mon oreille qui me raconte quelque chose. Juste une voix qui raconte. Je ne m'en lasse jamais. J'ai mal à l'oreille, je ne sais plus comment tenir le combiné, mais je suis bien. J'aime mieux écouter que parler. Et pour parlementer, l'oreiller est un terrain neutre, une zone d'intimité et de liberté. À la fois le lieu du retour à l'enfance et celui où l'on devient adulte. Un espace où tous nous sommes égaux devant la mort et les défaillances du corps. On a donc parlé des désirs trop vifs qui nous tirent vers l'avant et qui nous rendent complètement aveugles à ce qui est, à portée de main, au moment présent. Aux désirs qui nous coupent des autres, si on est incapable de les accepter avec leur lâcheté, leur paresse, leur violence et leur soif de pouvoir. Tout cela, brodé sur des bribes de mon histoire et de la sienne. Deux histoires qui se répondent. Le temps a passé, doucement. Je suis fatigué, immensément fatigué. Je voudrais lâcher prise si j'en étais capable. Je sais que la vie réserve souvent des surprises, qu'il y a parfois des fleurs sur le sentier. Je voudrais avoir la force de baisser les yeux pour les apercevoir. Pour l'instant, je suis empêtré dans mes désirs. Imparfait, je dois accepter que le monde, que la vie, que je suis moi-même imparfait et qu'il en sera toujours ainsi. Je pose mon livre sur la chaise. Une gorgée de sirop. J'éteins la lampe et je me cache la tête sous les couvertures.
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10 novembre 2009
L'histoire d'une fièvre
Mon histoire, c’est l’histoire d’une fièvre. J’aime les sensations qui traversent le corps quand sa température augmente. 99,8 °F, 100,2 °F, 100,8 °F. Le vertige soudain. La tête qui tourne et le décor qui se met à valser, à petits pas, comme un vieillard. Expérimenter les drogues, ç’a toujours été contre mes principes. Je suis bien trop timoré. Alors, la fièvre me donne un aperçu de ce que j’aurais pu manquer. L’esprit plane et j’ai le droit d’être décousu, de sauter du coq à l'âne et de l’âne au coquelicot. J’ai le droit de rire tout seul et de ne plus rien prendre au sérieux. Je suis libre, pour un instant. Et je chante sous la douche.
Le médecin m’a dit que ce n’était pas la grippe dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, mais une bronchite ordinaire. J’ai des antibiotiques pour 5 jours. Ça me rassure de savoir, après ces longues journées d’inquiétude, accroché à mon thermomètre. Les jours suivants, je me suis senti comme si j’avais cent ans. Et il faut que je souligne que ça ne donnait pas envie de vieillir vieux. Les os lourds, la peau qui fait mal à chaque mouvement d’air, le souffle qui fuit. Mais les mécanismes de la vie ébranlaient déjà cet état de vieillesse prématurée. Je me sens maintenant comme si je revenais d’entre les morts. En novembre, c’est de saison. Des envies printanières (ou d’outre-tombe) s’éveillent dans mon ventre. C’est comme ce vent chaud au moment où tout le monde a fait son deuil de l’été. Depuis des mois, la pluie froide nous tient par le cœur et les foules ont abdiqué devant l’hiver.
Ce vent doucereux se moque des passants en soulevant les vêtements. Je traîne des traces de fièvre. C’est la flamme qui enflamme sans brûler. Juste assez pour que je m’émerveille. Je souris de voir le vent faire tourbillonner les feuilles sèches, devant mes pas sur le trottoir. Je laisse mes yeux courir à travers les branches de ces grands arbres tristes jusqu’aux étoiles d’un autre temps. Et dans ces moments-là que je me dis qu’écrire ne suffit pas. Je ne parviendrai jamais à mettre en mot le millième de ce qui s’offre à mes sens. C’est pour cela que je ne voudrais pas être seul. C’est pour cela que je voudrais être deux. Parce que vivre ça sans le partager n’a pas de sens. Je limite ma théorie foireuse à deux, tout simplement parce que c’est la limite de ma sociabilité. Au-delà, ça se complexifie et je me hérisse dès que ça se complique.
J’ai été cloué au lit le temps de la fièvre. Et j’ai reparlé au Grand. On ne s’est pas vu depuis mon retour de Barcelone. Comme toujours, on n’avait pas grand-chose à se dire, mais j’étais content, je ne sais pas pourquoi. J’avais pensé que ça n’arriverait plus. Au fond, on n’avait jamais eu beaucoup de choses en commun. Je pensais que la coupure serait définitive. Et puis, cet été, j’ai fait le vide autour de moi, sans trop comprendre pourquoi. Tous mes châteaux en Espagne sont effondrés. J’ai aussi parlé au téléphone, avec Louis. Louis dit que les gens sont des crocodiles, que chaque individu est prêt à bouffer son voisin dès qu’il réalise que c’est dans son intérêt. Il dit qu’il n’y a plus d’altruisme. De nos jours, c’est chacun pour soi. C’est son côté pessimiste. Je me demande s’il n’a pas raison. Moi, je l’écoute et je pense que je devrais apprendre à développer mon crocodile intérieur. J’ai assez fait l’agneau, ça explique pourquoi je me retrouve aujourd’hui à griller sur la broche.
La fièvre fractionne mon attention, m’oblige à ralentir le pas, à m’arrêter souvent pour rêver sans dormir. Elle abat avec fracas mon orgueil démesuré. Et je me retrouve tout petit, comme un enfant perdu dans le jardin d’Éden. Je demande de l’attention sans honte. Par moment aussi, je me fâche contre les cons, la connerie, contre les doubles contraintes qu’on m’impose au travail. Contre ma stupide docilité qui passe l’éponge pour en épargner d’autres, plus faibles encore. Je dois apprendre à mordre. Y arriverai-je ? Le travail me bouffe la vie parce que j’y suis accroc comme à l’héroïne. J’ai besoin qu’on ait besoin de moi, sinon je ne suis rien. C’est un défaut, mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est les cons qui en profitent et qui en abusent. Ces cons-là doivent avoir leurs places réservées dans mon karma, car ils reviennent régulièrement dans ma vie. Au travail, j’ai toujours au-dessus de ma tête une bande d’enfoirés, obsédés par leurs petites guerres de pouvoir et complètement déconnectés de la réalité, mais qui me pompent le jus comme si j’étais un puit de pétrole. Objectif : épuisement des ressources naturelles avant de partir à la conquête de nouveaux territoires. Au travail, dans l’équipe, il y a eu au cours des dernières semaines, une tentative de suicide, un départ en burn-out. Ça tombe comme des mouches. Et les cendres se déposent sur ma tête et mes épaules. Ça m’empêche de respirer. Pas une minute pour pleurer. Des crocodiles, je vous dis. Et moi je dois apprendre à mordre.
Note décousue écrite sous l’effet de la fièvre, il y a dans le texte plein d’emprunts à des chansons fiévreuses. Peut-être saurez-vous les retrouver ?
20:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : automne, écriture, fièvre, vie
25 septembre 2009
Sky is the limit
Prendre la vie à bras-le-corps, ça sonne bien, non ? Pourtant, par moment, je trouve que j’y vais un peu fort. Parfois, je préférais laisser la vie se tenir par elle-même. Mais c’est le choix que j’ai fait et je m’y tiens. C’est court la vie et j’ai trop perdu de temps. Au fil des dernières années, j’ai confronté mes démons. Un à un, je les ai acculés au pied du mur, sans jamais cessé de les regarder dans le blanc des yeux. J’en ai même exhibé quelques-uns comme des trophées de chasse. Au risque d’avoir l’air prétentieux, de recevoir des éclaboussures de pitié et les sentences des bien-pensants.
Pour être bien certain de les débusquer tous, je me suis trouvé un boulot où je dois courir les bas-fonds. J’ai passé des soirées dans les lieux les plus glauques, dans les odeurs de poppers et de marijuana. J’ai la tête qui tourne à force d’entendre la bande-son des films pornos. C’est parfois ennuyeux, mais je suis là, soir après soir, pour tenir la main de la solitude, de l’isolement et du mal de vivre. J’ai travaillé dans des endroits où je n’aurais jamais mis les pieds : peep show, bar de cuir, terrains vagues.
Il me restait un lieu où je n’étais pas encore allé. Je savais que je devrais y aller un jour ou l’autre. Un endroit propret, coloré, scintillant. On dit que c’est un peu snob. On le dit de moi aussi. Le Sky, un bar de la rue Sainte-Catherine qui a déjà connu des heures plus glorieuses. J’y ai bu mes premiers martinis et j’y ai dansé pour la première fois sur Désenchantée de Mylène Farmer. Le décor a été refait plusieurs fois depuis, mais je suis sûr que des fantômes hantent encore les vieux murs. pendant plusieurs années, le Sky m’a tenu lieu de refuge, d’exutoire et même de famille. J’y ai vécu une grande partie de ma crise d’adolescence, à retardement il faut le dire, au début de la vingtaine.
J’y serai vendredi soir pour promouvoir un centre de dépistage du VIH en milieu communautaire. J’y pensais cette semaine, entre les secousses de l’autobus et les souvenirs se sont mis à débouler. Par pans entiers, toute une époque de ma vie est apparue devant moi. Deux hommes, une femme : Guillaume, Joseph, Sylvie. Trois personnes que j’ai aimées et qui allaient pour toujours transformer mon existence.
Après 25 ans emmuré en moi-même comme un autiste, je me suis réveillé un matin à côté de Guillaume. La veille, on s’était croisé devant le vestiaire du Sky, à l’heure de la fermeture. Il m’avait dit, sourire en coin : « Ça finit toujours plus vite qu’on pense. » On avait bavardé en marchant vers l’ouest sur Sainte-Catherine. Il faisait froid. Au coin de la rue, je lui avais lancé : « invite-moi chez toi ». J’avais insisté : « je ne veux pas être seul. S’il te plaît». On s’était endormi dans son grand lit à même le sol, en discutant de cinéma. On avait été réveillé par la voisine qui parlait trop fort avec un accent du Bas-du-Fleuve. On avait pouffé de rire en plissant les yeux à cause du soleil. Je m’étais étiré entre les draps. J’étais bien, avec quelqu’un. J’étais bien, pour la première fois de ma vie. Pour lui, c’était probablement un moment anodin. Pour moi, c’était un bonheur démesuré, un bonheur tellement souffrant. J’avais le cœur gonflé comme une voile. Je n’ai pas le cœur très solide et le vent était rude. La voile s’est déchirée de haut en bas dans un craquement terrible. Et j’ai sombré. Sombré, le mot n’est pas trop fort, emmenant avec moi les fleurs du tapis, les mots d’amour gravés sur les murs et les martinis les plus traîtres.
Pas facile la vie, quand on se réveille un matin, à 25 ans, et que l’on n’a jamais vécu. Mais ça, personne ne me l’avait dit. Depuis, j’ai repris du poil de la bête en cumulant les années. j’ai frappé des murs et je me suis mis à parler. J’ai goûté au silence et je suis revenu à l’écriture. J’ai osé et j’ai appris à plonger dans le réel. Je me mords les lèvres en pensant à ce soir, je suis un peu anxieux, fébrile. Le jour qui avance me pousse vers une autre frontière. Je sais qu’en mettant le pied dans ce bar incrusté de souvenirs, j’ouvre une boîte de Pandore. Je risque fort d’y rencontrer d’autres protagonistes de cette histoire de chute. Le début, pour moi, d’une grande noirceur. Un écheveau d’humanité, de sueurs, de parfums ambrés ou sucrés, de larmes et de sang. Mais cette histoire, je la verrais bien couchée sur du papier. Et ces personnages, j’aurais fini, un jour ou l’autre, par les croiser. Je suis paré pour la chasse aux fantômes. On n’a qu’une vie, Sky is the limit !
Trame sonore : Beast, Mr. Hurricane
20:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, solitude, bar, vie
28 mai 2009
Lifesaver
Parfois, il suffit d'un rien pour faire une différence. Le rouge pimpant d'un maillot de bain sur des cuisses bronzées, pour que l'on retrouve l'envie de sourire. L'air placide d'un sauveteur, installé sur sa chaise de bois, pour que toute la plage sente que la mer est calme et qu'il n'y a pas de danger. Aujourd'hui, il n'y aura pas d'orage, pas de requins, ni même de raz-de-marée.
J'ai gardé ça pour moi, mais ça faisait longtemps que je rêvais d'avoir cette job : Intervenant de proximité (outreach worker, en anglais). Je n'en ai même pas parlé à l'entrevue d'embauche. Il y a quelques années, je regardais de loin celui qui faisait ça et je l'enviais. Mais j'étais certain que je n'avais pas ce qu'il fallait. Je suis à peu près convaincu que j'ai maintenant tout ce qu'il faut, rationnellement, mais par en dessous, c'est moins solide. Cette vieille peur de ne pas être à la hauteur...
Pourtant, c'est fou comme c'est facile de faire parler les gens. De nos jours, les oreilles disponibles se font rares. Mon travail consiste à être là, attentif, sur les lieux de dragues des hommes gais et bisexuels. J'ai bien sûr du matériel à distribuer : condoms, lubrifiant, informations sur les drogues, la sexualité, le coming-out. Mais le matériel, c'est un prétexte. Un prétexte pour parler. Le contexte est inhabituel. J'avoue que par moment, il m'arrive de perdre mon focus. Mais je remarque que tous ces lieux de drague axés sur la sexualité sont beaucoup utilisés par les hommes comme lieux de socialisation et que ce que plusieurs y recherchent, en vérité, c'est un peu de chaleur humaine et un sentiment de communauté.
L'autre soir, je devais accompagner un infirmier qui offrait des tests de dépistage dans un sauna. Pendant qu'il attendait son tour, Francis m'a parlé de son nouveau chum pour qui il accepte d'affronter sa peur des aiguilles. Cette fois, c'est du sérieux, il en est convaincu. Il n'a jamais ressenti une telle complicité avec quelqu'un. Et il n'aurait jamais pensé fréquenter quelqu'un de dix ans son aîné. La semaine d'avant, l'autre a passé tous ses tests et lui a mis les résultats négatifs sous le nez. C'est à son tour aujourd'hui.
La soirée s'étire et pendant les temps morts, je fréquente en pensée des plages ensoleillées. Je serai dans moins de deux semaines sur celles de Barcelone. J'ai soif de la mer et de ses sirènes, de la lumière aveuglante. J'imagine un jack sur sa chaise de sauveteur, pour rappeler aux baigneurs à chaque instant de ne pas faire une connerie. Rien que de savoir sa présence ou de croiser son regard de temps à autre, suffit à nous rappeler qu'il y aura toujours du soleil entre les jours de pluie et qu'il y a certainement quelque part quelqu'un que l'on aime et que pour ça, on tient encore pas mal à la vie.
En voyant le dépliant sur les drogues, Francis s'est mis à parler de sa consommation. Il m'a raconté qu'il fallait que ça arrête, que ça n'avait plus de sens. Les arguments qui sortent de la bouche d'une personne sont toujours ceux qui ont le plus de poids dans son désir de changer. Alors, je lui ai demandé pourquoi vouloir arrêter de consommer. Selon ce qu'il me racontait, ce n'était pas si problématique. Il prenait de la drogue depuis trop longtemps, selon lui. Il m'a dit qu'il se considérait comme un drogué, même si ça n'avait pas d'impacts importants sur sa vie. Et il détestait ça. Il ne se voyait pas à 50 ans, fumer son petit joint tous les jours. Je lui ai demandé comment il se voyait à 50 ans. Il a baissé les yeux, a soupiré puis il a souri.
J'ai eu souvent ce type d'échanges à travers le Web, sur des sites de chat, sur Facebook. J'ai d'ailleurs commencé à intervenir sur le forum de Zorro et Cie. Les discussions y sont parfois vraiment intéressantes. À l'occasion, j'ai parlé sur ce blogue de sujets très intimes. Mais c'est facile d'être naturel, d'avoir l'air spontané, quand on travaille son texte pendant quelques jours. Là, je dois faire la même chose, live, en composant avec ma lourde carapace et mes maladresses. Je me bute souvent à mes limites. Je pense qu'avec le temps, je devrais gagner de l'aisance et devenir plus habile aux échanges dans la vraie vie...
Même sur une plage bondée, tout le monde est seul sur sa serviette, à la merci du vent et du soleil brûlant. La chaleur et le grand air nous font un peu tourner la tête. Et face à l'infini de la mer, on se sent définitivement tout petit. Heureusement, il y a les autres pour nous crémer le dos. Et puis, le bruit des rires et les cris des enfants qui jouent pour que l'on ferme les yeux et que l'on s'abandonne au sable chaud.
Note : tous les noms cités sont fictifs. Et les situations racontées, volontairement embrouillées et mêlées de fiction, de manière à en préserver la confidentialité.
11:47 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, travail, voyage, sens, communauté, vie, sexualité, gais
01 avril 2009
La fête sauvage
« J’ai l’impression que les minutes prennent leur temps. La journée de ma fête, ç’a toujours été comme ça. Enfant, j’avais l’impression que le temps s’arrêtait. Quand finalement le matin rêvé arrivait, la nervosité tassait l’excitation et j’en avais pour une heure à vomir. »
Martine 1-La fête sauvage
C’est l’été des Indiens, les derniers soubresauts de chaleur avant l’hiver. Martine célèbre son anniversaire au pied d’un arbre, avec quatre de ses amis. Elle a choisi ce moment pour enterrer les cendres de son amoureux qui s’est pendu, deux mois auparavant. Elle veut en faire une fête, une vraie.
La fête sauvage est une pièce toute en nuance qui oscille entre la tendresse, un humour parfois acide et un sentiment de nostalgie. La vie y éclate entre les personnages qui s’entrechoquent. Chacun surmontant la perte à sa façon. Malgré leur fougue et leur désir, ils constatent qu’il n’y a pas d’issue, pas d’échappatoire. Il y a que la vie, avec ses questions sans réponses, ses surprises et ses moments de silence.
Photographie : Maxime Côté
Une mise en scène habile met en lumière la poésie du texte de Mathieu Gosselin. Les comédiens s’approprient la langue inventive de l’auteur avec un plaisir évident. La campagne environnante joue un rôle important dans l’histoire. Mais sur ce point, la pièce est desservie par l’exiguïté de la salle et de la scène où le groupe de comédiens a parfois l’air un peu coincé.
En sortant de La Licorne, le froid surprenait. J’étais un peu secoué par la pièce. J’ai marché avec As sur Mont-Royal jusqu’à un resto asiatique. La fête sauvage distille l’urgence. Et cette urgence s’est fait sentir dans notre façon de vider nos verres de vin et dans notre conversation. Nous avons parlé de l’écart entre la vie dont on rêve et celle que l’on arrive à se bâtir, de la nécessité et de la difficulté des compromis, et de la vie qui ne nous attend pas si l’on perd trop de temps à tergiverser. Le restaurant allait fermer et les serveurs nous pressaient sans trop de subtilité.
Edit : d'autres points de vue chez Nicole et Noisette sociale
La fête sauvage est présentée jusqu’au 25 avril au théâtre La Licorne. Pour souligner sa 100e représentation, qui aura lieu le 11 avril, la Banquette arrière a choisi de remettre sa part des recettes de la soirée à la Fondation Suicide Action Montréal. L’organisme souligne cette année ses 25 ans d’existence. Les spectateurs pourront également déposer leurs dons pour la Fondation dans une boîte placée dans le hall du théâtre.
14:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre, fête, sauvage, mathieu, gosselin, suicide, vie
25 novembre 2008
La nuit
Je m’éveille dans la tiédeur des draps. Je tourne la tête vers le réveil. Les chiffres qui rougeoient dans mon regard flou indiquent 9h30. J’ai le sentiment très net qu’à mon dernier coup d’œil, ils indiquaient 23h30. Les heures se sont évanouies subitement. Je me suis absenté de moi-même. Et me voilà de retour, parfaitement rechargé, léger, et gorgé de chaleur. Le sommeil véritable est devenu pour moi une chose trop rare. Une nuit complète, un trésor sans prix. Il me fallait cette nuit pour pouvoir me lover dans l’instant, attraper des paupières ce soleil d’hiver qui filtre à travers le store. À portée de main, je sens la chaleur d’un garçon candide. Il respire calmement après avoir parlé pendant une soirée complète, après des heures où il m’a laissé me complaire dans le silence.
Pourtant, je me souviens de la veille, quelques minutes avant de m’endormir. Je m’étais enfermé dans sa salle de bain. Mes pieds nus piaffaient sur la céramique froide pendant que je me demandais comment m’échapper. Dans quoi, me suis-je encore embarqué ? Pourquoi mes histoires ne fonctionnent-elles jamais ? Qu’est-ce qu’il me veut ? Qu’est-ce que je fais ici ? C’est un classique des ouvrages de pop-psycho qui ont fait vendre des tonnes de papier. Je les désire : ils me fuient. Je les fuis : ils me veulent. Je n’ose même plus raconter ici mes sempiternelles histoires de cœur. Je suis moi-même gêné par leur caractère répétitif et fastidieux.
Je me suis imaginé que je balançais toutes ces questions au visage de Mister Right. Parmi les gens qui sont passés dans ma vie, il est l’un des plus perspicaces. Je crois qu’il a vu clair en moi. Je suis un fou, en quelque sorte. Au fil des semaines, je me confie à une foule d’étrangers plus ou moins anonymes, des passants virtuels qui se mirent dans mes récits. Puis je m’enferme dans la salle de bain d’un inconnu et je discute avec le souvenir d’un homme dont l’intelligence m’a allumé. Ma folie ne date pas d’hier. J’ai toujours fait ça avec les gens qui ont joué un rôle dans ma vie et qui sont partis trop tôt. Ceux qui ont vu en moi quelqu’un de bien. Je revois leurs regards, leur curiosité, leur admiration, leur inquiétude parfois. Je leur parle en imagination, je me figure leurs réactions. Je les prends à témoin en déblatérant mentalement. Et chaque fois, ces soliloques finissent par m’apaiser.
Depuis des mois, la fatigue accumulée m’aveugle. Elle rend mes mots étouffants, les travestit de façon ridicule, au point où je refuse de les reconnaître. Lorsque je me glisse dans mon lit, une espèce de fébrilité me secoue le ventre. Mon cœur bat trop fort, mes muscles tressaillent constamment, comme si mon corps débordait du stress de la journée. Les somnifères me font tourner la tête. Parfois, cela suffit à m’emporter. Mais je me lève le matin suivant déjà harassé, la tête lourde, avec une envie furieuse de tout lâcher. C’est vieux comme le monde, perdre sa vie à la gagner. Mais ce matin-là, au sortir du sommeil, tout cela avait disparu. Il n’a suffi que de quelques heures d’obscurité précédées d’un câlin désintéressé pour faire table rase. Je rêve de retrouver le silence, la solitude, l’abandon. Je voudrais chaque soir épouser la nuit.
00:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, nuit, homme, souvenir, folie, vie, sommeil
11 octobre 2008
Pluie fine
Résumé de l’épisode précédent :
Après un léger accrochage par courriel, Mister Right a suivi les conseils de son coiffeur au pied de la lettre. « Stop the drama ! ». Pendant deux semaines, il n’a pas donné de nouvelles sauf quelques courriels chiches de trois lignes qui disaient que j’étais attachant et plus fort que je le pensais. J’ai soigné mon abandonnite chronique en me concentrant sur le moment présent, mes inspirations, mes expirations, mes inspirations... Puis, lassé de ma respiration, j’ai tué le temps en chattant sur Gayroméo avec un top model danois. 5 000 km de distance, on appelle ça du safe sex extrême…
Les jours se succèdent. Métro, boulot, boulot après le boulot, dodo somnifère et encore boulot. Je sais, je travaille trop. Il faut bien payer les factures. Je sors du bureau, exténué. En marchant vers le métro, je pense à tout le travail qui m’attend à la maison. Je n’entends pas les klaxons sur Maisonneuve. L’escalier roulant est encore en panne. Le premier métro arrive. Il est tellement bourré de monde de que je ne peux pas entrer. Un second le suit immédiatement, aussi plein. Le troisième aussi. C’est étrange de voir la foule comprimée à l’intérieur, ses mains, ses épaules, ses têtes, plaqués dans les vitres des portes et des fenêtres. On dirait du bétail. J’arrive à me glisser dans le quatrième. Je ferme les yeux et j’essaie de ne pas respirer pendant tout le trajet.
On finit par se donner un rendez-vous téléphonique. Après un moment de silence, il me lance :
— Je vais être honnête avec toi… Je pense pas qu’on peut être heureux ensemble à long terme.
— …
— Comment tu réagis ?
— Mal…
— J’aimerais ça dire : « On efface tout, on repart à zéro. » Mais je pense que c’est utopique.
— OK, on va faire semblant qu’on efface tout, ça te va ?
Je lui ai proposé de m’accompagner pour voir « La vie » des Sept doigts de la main. il m’a répondu que l’idée lui souriait.
Un soir, je me suis retrouvé avec Brutus et le grand sur la piste de danse bondée d’un bar louche. La musique était particulièrement mauvaise. J’ai dansé sur un remix dance d’Hopelessly devoted to you. Grease, c’est le premier disque que j’ai acheté (un 33 tours, une galette de plastique noire qui s’égratignait dès qu’on la regardait de travers). Cette ritournelle stupide allait me rester dans la tête pendant toute la semaine.
Guess mine is not the first heart broken,
My eyes are not the first to cry
I'm not the first to know,
There's just no gettin' over you
Des semaines de silence. C’est fou, le travail que j’ai fait pour faire taire ces voix dans ma tête qui imaginent constamment le pire. Ces voix m’ont déjà été utiles dans l’enfance, pour traverser les moments sombres. Mais aujourd’hui, elles m’empoisonnent l’existence. Alors, je me dis stop et j’ouvre tout grand les yeux. On est allé ensemble voir un spectacle de cirque époustouflant. On sortait de la Tohue dans la foule. Pas de taxis en vue. Une petite pluie fine tombait sur ce quartier désert.
C’est vraiment Tombouctou ici ! a-t-il lancé, C’est pas ici qu’il y a eu des émeutes ?
— T’en fais pas, je sais où on est.
— Heureusement, il pleut pas trop fort.
— Habituellement, j’ai toujours mon parapluie.
— On sait ben, un pessimiste comme toi !
— J’ai toujours de la crème solaire aussi. Ombrelle indice 30, si tu veux savoir. C’est ça que tu comprends pas de moi. Puis en plus, j’aime ça la pluie, bon.
Il se moque : « J’aime ça la pluie, bon. »
Mister Right a beau être un grand blond aux yeux bleus, c’est pas le prince charmant. (à part peut-être son côté précieux) parce que les princes charmant, bien, ça n’existent pas. (38 ans pour comprendre, juste un peu idiot !) En fait, les contes, c’est la pire Bullshit que l’on peut trouver sur du papier. Heureusement, Andersen, les frères Grimm et Walt-Disney sont tous morts et parfaitement décomposés. Sinon, il faudrait intenter un recours collectif, les traîner en justice.
But now there's nowhere to hide,
Since you pushed my love aside
I'm not in my head,
Hopelessly devoted to you
Moi — Tu sais que pendant tout le spectacle je me suis retenu pour pas te sauter dessus.
Lui — Ben voyons ! T’étais sur le bout de ta chaise, concentré sur le spectacle.
— Avant, après, pendant l’entracte, dans l’escalier !
Il sourit :
— C’est mon corps que tu veux…
Je cesse de sourire :
— Pas juste ton corps.
Je regarde devant moi. Je suis content qu’il pleuve, ça va lui rabattre le caquet. Puis je me retourne vers lui : Mais toi ?
— Moi quoi ?
— Qu’est-ce que tu sens ? (Je m’arrête, me place devant lui et le prends par la taille.) Je suis quoi pour toi ?
— Tu vois ! On a dit qu’on effaçait tout. Si on effaçait tout, tu me poserais même pas cette question-là.
— Mais tu m’as dit que c’était utopique ! Tu sais que t’es dur à suivre, des fois… Tu pourrais dire quelque chose, faire un geste. Je sais pas…
— Je veux pas… euh…
— « Attiser »
— C’est ça, oui…
(silence) Non, pas le silence, en fait. Le bruit de la pluie, le grondement du boulevard, une sirène de police au loin. J’ai encore la voix de nunuche Newton-John dans la tête…
My head is saying "fool, forget him",
My heart is saying "don't let go"
Hold on to the end,
That's what I intend to do
I'm hopelessly devoted to you
Le métro file, les stations défilent. Je me suis appuyé la tête sur le panneau publicitaire derrière moi. On arrive à Laurier, où je dois descendre. Je tiens mon programme roulé dans la main. Il tend la main et m’effleure la nuque du bout des doigts. Je lui donne une tape sur la cuisse avec mon programme. « Bon ben, salut. » Je me lève sans le regarder, je passe la porte et je m’avance sur le quai. Au dernier moment, je me retourne pour lui envoyer un salut de la main, quelque chose de viril, presque un salut militaire. Nos regards se croisent pendant que le métro accélère. Il m’envoie la main. Je reste seul sur le quai et je réalise que je me dirigeais vers la mauvaise sortie.
On ne sera jamais heureux ensemble à long terme, moi et lui…
Jamais, je ne vivrai heureux pour toujours en ayant de nombreux enfants…
Je n’écrirai jamais the great american novel…
So what !
On s’en câlisse !
Dans le prochain épisode :
Je suis expulsé d’une thérapie par le cri primal après avoir fait éclater trois fenêtres et je cours m’acheter une webcam. Mister Right a un vague moment d’hésitation en choisissant ses caleçons : le rouge cerise Aussiebum ou le bleu acier ? Puis il décide de ne pas me rappeler. Et trois employés de la STM utilisent une spatule pour décoller la foule des vitres du métro…
21:55 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, mésaventures, vie, amours, peur, indifférence
30 septembre 2008
Douze
La dernière note, je ne l'ai publié qu'ici que pour me défouler, comme un enfant qui casse tout.
Dans la vraie vie, je suis un adulte raisonnable qui essaie de faire preuve de maturité. Qui essaie, je dis bien. Et qui réussit à faire bonne figure, à être un ami sincère, un travailleur efficace, un collègue souriant, un citoyen impliqué, un lecteur passionné, un bon gars en somme.
Je sais, Kab-Aod avait raison. N'empêche que c'est le présent qui me vide lentement de tout mon sang...
12 jours sans tendresse.
C’est long pour un cœur d’enfants perdus.
C’est long aussi pour un corps d’homme qui hurle à la lune.
Pour celui qui n’a que des mots pour conjurer le sort.
De stupides mots. Des mots toujours bancals et vides de sens.
Qui ne s’adressent à personne en particulier, parce que personne n’est là pour les entendre.
Des mots qui se donnent au premier venu comme des prostitués, pour quelques sous.
Des mots sales qui rejoignent la masse informe des cris d’enfants perdus qui assourdissent le ciel de ce siècle.
Des mots qui ne savent que répéter :
Je voudrais rentrer chez moi.
Mais ce chez-moi n’existe pas.
00:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, mésaventures, vie, mort
27 août 2008
Mieux
Le rhume me tient cloîtré. Ses douleurs lancinantes me rendent grincheux. Je reste constamment crispé, sur la défensive. Dès que je ferme les yeux, je suis ramené vingt, trente ans en arrière. Le nez qui brûle à force d’être mouché. L’air semble plus sec, à chaque inspiration. Une chaleur s’installe à l’intérieur, comme une ivresse paresseuse. Les parfums de menthol et d’eucalyptus me rassurent. Et mon corps alourdi cherche à se lover contre la moindre douceur.
Ça me rappelle les rhumes de mon enfance, l’arbre de Noël, le givre aux fenêtres. La fumée qui louvoie au-dessus d’un bol de soupe au poulet. Le sirop qui goûte mauvais la cerise artificielle, mais qui passe dans la gorge comme un baume glacé. Et la permission, enfin de tout arrêter et de rester immobile. Écouter les bruissements du quotidien, le bruit de l’horloge, pendant de longues minutes. Examiner pour la première fois le détail des objets qui m’entourent. Chaque fois, c’est comme des retrouvailles avec le silence. Avec celui que j’étais avant d’être un fils, un frère, un étudiant, un travailleur, un amant, un citoyen ou un consommateur. Avec celui que je suis, sous les masques.
Je note comme une victoire chaque douleur qui s’atténue. Je retrouve avec surprise le plaisir de respirer librement. Je devine déjà cette envie qui renaît d’aller voir à l’extérieur où en sont les saisons. Sentir cette fin d’été trop fraîche qui clôture des mois de pluie. Malgré les courbatures, je quitte la torpeur, avec quand même un peu de regret, pour aller retrouver les frissons du vent. Je pourrai bientôt dire : « Je vais mieux. »
00:00 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, rhume, convalescence, peur, vie, temps, silence
28 juin 2008
Le premier jour
Mes pas mitraillent le vieil escalier de bois qui menace de tomber. Puis frappe la grisaille du béton. Le trottoir se déroule à perte de vue sous la rangée des tilleuls pendant que les nuages jouent à cache-cache entre les cimes. L’air immobile est lourd d’humidité. Le temps est toujours incertain, mais je marche à grands pas. C’est mon premier jour de liberté.
Une fois de plus, les idées se bousculent derrière mon front. Il me faudrait des journées de 82 heures. Si j’essaie de réaliser tout ce qui me passe par la tête, je serai vite épuisé. Je dois apprendre à établir des priorités, choisir. On dit qu’il n’y a pas de liberté sans choix. Pas de choix, sans renoncement. Trop souvent dans ma vie, j’ai préféré fermer mes yeux et m’en remettre au hasard. Le hasard des rencontres, celui des évènements. Je laisse le volant à la vie ou au premier passant venu (en autant qu’il soit cute et puis qu’il fasse mine de s’intéresser à moi). Je préfère me faire conduire. Celui qui ne conduit pas n’est responsable de rien. Le hasard ne demande pas mieux, il s’insinue et m’amène là où il le veut bien.
Mes pas battent toujours le trottoir. Leur rythme se superpose au chant d’un merle, qui célèbre la pluie et le retour des vers, ainsi qu’au bourdonnement sourd de la ville. J’approche de l’intersection de la rue Sherbrooke où le boulevard plonge vers la basse ville. Le soleil allume le clocher du marché Maisonneuve qui apparaît à l’horizon. J’évite les lignes du trottoir. Hier, en dînant sous un arbre, j’ai reçu une fiente d’oiseau sur l’épaule. On dit que c’est un signe de chance. Mais je sais bien que compter sur la pensée magique ne mène à rien. Ce jour-ci, comme tous les autres, n’aura que 24 heures. Trouver un autre emploi, me lancer dans d’autres projets. Mieux vaut ouvrir les yeux, maintenant, renoncer à tout prendre pour choisir, choisir où je vais…
19:50 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, vie, chance, choix, liberté, vieillir, marcher




