16 septembre 2008

Une histoire

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Je suis un fan de Fabrice Neaud depuis qu'il m'a autographié le premier tome de son Journal, au salon du livre de Montréal. Je crois que c'était en 1998. (Je suis certain que sa façon de faire de la bande dessinée a influencé mon envie d'écrire.) En compagnie du scénariste Thierry Robberecht, il a créé cette bande dessinée magnifique, troublante de vérité. Ce projet était une commande d'Ex Æquo, un organisme belge de prévention VIH/Sida. Ne perdez plus de temps ici et courrez la lire. C'est mon histoire. C'est la sienne. Ce pourrait être la vôtre...

Alex et la vie d'après
Bande dessinée en format PDF, téléchargement gratuit

Via Edgarallan

17 mars 2008

Virage

« La dernière étape du deuil, c’est la vengeance. »




Je ne sais pas où Stéphane Bourguignon a pris cette phrase qu’il a mise dans la bouche de ses personnages de Tout sur moi, mais j’achète. J’en ai un peu assez d’encaisser les coups et d’en consigner ici les résonances. Depuis le début de ce blogue, je raconte mon quotidien ordinaire. Je me suis toujours donné la contrainte de l’honnêteté. Je retravaille l’histoire en jouant sur les mots, sur les rythmes. J’en fais une matière malléable à partir de laquelle je crée du neuf. Ça me donne une certaine distance, un certain pouvoir.

Lorsque je relis de vieux billets, je me sens parfois petit poucet. Je vois le chemin parcouru et ça me rassure. Je vais quelque part. Mais souvent l’effet est inverse et me laisse consterné. Le temps file à une vitesse folle et je tourne en rond pour revenir sans cesse au même point. Comme les personnages de Blair Witch Project. La forêt enchantée passe sans cesse de la grisaille au cauchemar. Je me fatigue moi-même avec mes comptes-rendus poético-mochetons. J’en étais rendu à envisager de fermer ce carnet ou à arrêter d’y écrire. Il doit prendre une autre direction. Décision qui me paraît périlleuse, mais nécessaire.

Je vais glisser vers la fiction, si j’en suis capable. Ça n’exclut pas l’honnêteté. J’ai lu quelque part que c’était le meilleur moyen de s’approcher de la vérité. « I prefer, where truth is important, to write fiction. » a écrit Virginia Woolf. Je vais tenter de m’inventer une vie au lieu d’être à la remorque des évènements. J’ai au moins le pouvoir sur mon existence virtuelle. Je ne projette pas de faire dans la guimauve et la dentelle, ce serait inintéressant. Les difficultés, c’est bien utile pour créer une tension dramatique et accrocher le lecteur.

Je n’ai pas l’imagination pour tout inventer à partir de zéro, mais j’ai envie de prendre une petite vengeance sur ma vie. Qui m’aime me suive ! Et puis, sait-on jamais ? Je ne suis pas un adepte de la théorie de l’attraction (Le secret et Cie), mais ce sera une expérience. Peut-être que ce que j’écris se réalisera. Souvent, j’ai provoqué des évènements dans ma vie pour pouvoir les raconter ici par la suite. Je les écrirai désormais pour les provoquer. Ce sera classé dans la catégorie Fiction : un lecteur averti en vaut deux. Et pour ceux qui aimerait prendre de mes nouvelles, il existe une formule toute simple qui se dit comme suit : « Comment ça va ? » Cette formule polyvalente s’utilise aussi bien par courriel, MSN ou par téléphone, et même dans un mode archaïque et démodé : en face à face, autour d’une bière ou d’un café. Il faudra maintenant ce mot de passe pour entrer dans ma vie. Je ferme les volets parce que j’ai vraiment envie d’un peu d’ombre.

Musique : Come here, Marble Sound
L’excellente série Tout sur moi :
Le mardi à 21h45 sur TV5 Monde
Ce soir à 21h30 à Radio-Canada
Le groupe de fans de Tout sur moi sur Fessebouc (qui a fait réviser la décision de Radio-Can de mettre à mort la série, ce qui n’est pas rien !)