16 février 2009
L'appel
Je regarde le téléphone et je le déteste. Le fil est toujours entortillé. Et je n’appelle pas. J’aurais envie de discuter avec Mister Right. On ne s’est pas parlé de vive voix depuis des mois. Juste en bavardant, il m’a souvent fait découvrir ma propre vie sous un nouvel angle. Je me dis qu’à le côtoyer, il va peut-être finir par déteindre sur moi. Je voudrais lui ressembler. Personne n’est parfait, je le sais bien, mais je ne peux m’empêcher de l’envier. Ses défauts, je les trouve adorables. Son cynisme m’amuse, son côté précieux m’attendrit. Il a brillamment réussi sa vie professionnelle. Il peut compter sur des amitiés vraies et solides. C’est ce qu’on appelle une vie parfaite. Le reste ce n’est que du glaçage. L’amour c’est la carotte qui fait courir les foules, un mythe qui fait rouler l’économie. « L’amour aussi sèche, pensais-je, et même plus vite que le sperme. » Charles Bukowski.
J’en ai assez de m’entendre me plaindre de mon travail du moment ; de toujours être à bout de souffle, poussé dans mes derniers retranchements ; de répéter à qui veut l’entendre que je travaille trop. Être pigiste et souffrir d’insécurité, par moments, c’est l’horreur. La Bohème à près de quarante ans, ça frise le ridicule, je sais. Je fais comme si c’était un choix, c’est juste par orgueil. J’essaie de me convaincre que ça présente des avantages, la liberté de choisir. Mais je n’y crois plus. Je rêve à plus de stabilité. Je n’arrive pas à la trouver.
Être célibataire et malheureux en amour, ça fait de bonnes histoires à raconter, c’est automatiquement romanesque. Mais j’aimerais bien, un jour, passer à autre chose. Les histoires, je pense bien que je pourrais les imaginer sans avoir à les vivre. J’ai cumulé suffisamment de mésaventures. Enfin, j’ose l’espérer, je n’en suis pas sûr. Je doute encore de mon imagination. C’est quand ça ne va pas que mes billets ont du souffle.
Je regarde le téléphone et je me dis que je ne vais pas l’appeler. Pas dans cet état. Je suis pitoyable et je ne veux pas être lourd. Je voudrais qu’il m’admire. Non, en fait, c’est absolument faux. Je me fous complètement qu’il m’admire ! J’ai toujours ce maudit réflexe de vouloir provoquer l’admiration, par tous les moyens. C’est tout ce que je sais faire. C’est tout ce que je fais, tout le temps, partout. J’ai même développé un talent pour être admiré et ça m’exaspère. Je voudrais juste qu’il m’aime, un peu, une seconde ou deux. Il faut que je décroche le combiné. Mais ce soir, il suffit d'un fil entortillé pour m'en empêcher.
00:00 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, piges, instabilité, amour, travail, envies, téléphone
09 février 2009
Trop de papiers
Rien qu’à Montréal, nous recevons 3 annuaires de pages jaunes par année.
Personnellement, il y a des années que je n’ai pas ouvert ce type d’annuaire. Je trouve ce que je cherche sur internet. C’est du gaspillage pur et simple que de m’en faire parvenir ne serait-ce qu’un seul, alors imaginez 3!...
Les pages jaunes, je les mets directement dans le bac de recyclage et ça me prend toute la place. (Cela s'ajoute aux publisacs que je reçois même si j'ai apposé l'autocollant, pas de publisacs sur ma boîte aux lettres.) Il existe plusieurs bottins sur le Web, à la maison comme au travail j'utilise Canada411.
Via Miguel Tremblay, Hors des lieux communs
11:32 Publié dans Quincaillerie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : environnement, écologie, montréal, québec, Édition, téléphone
19 novembre 2006
Babil d'un samedi soir
Je dois des excuses publiques à Brad pitt qui était excellent dans le film Babel. Tous les acteurs y sont d’ailleurs très bons. Les acteurs non professionnels sont tout simplement époustouflants. Je suis bon public, j’ai été captivé jusqu’à la dernière seconde du film. J’ai même tenté de grimper sur mon dossier quand la tension devenait insoutenable. j’ai pleuré sur des répliques en arabes, en anglais, en espagnol et en langue des signes japonaise. (Toutes sous-titrées en français, il faut le dire.) J’ai donc passé deux heures 22 à être ailleurs, totalement, dans des lieux dont je ne soupçonnais ni l’existence, ni la beauté.
J’ai passé la journée de vendredi à dériver sur la Toile et à papoter au téléphone. X me raconte qu’il est sur le bord d’exploser. Il est en amour avec Y, qui s’intéresse à Z, qui voudrait baiser avec X. (Il faut préciser qu’ X, Y, Z ne sont pas des adolescentes de 12 ans et demi, mais des hommes de plus de 30 ans.) Il y a des interférences sur la ligne. Blogspirit fait des siennes et bloque des commentaires. Max n’a pas retourné mon appel. Ce fut une nuit plus qu’agréable, mais ça n’aura pas de suite. J’aimais bien le pseudo que je lui avais trouvé. Je pourrais le rebaptiser. Quelque chose comme Roger ou Régis. Comme je n’ai peut-être pas le moral pour encaisser les baffes intrinsèques au milieu gai. Je ferais mieux de me calmer le pompon.
Je me reprends donc :
Régis n’a pas retourné mon appel. (Max, je le connais pas encore !)
J’ai lu les premières notes du blogue de Polymorphe alors qu’il se demandait si ses seuls lecteurs ne seraient pas des trafiquants de crèmes érectiles à la recherche de cibles à bombarder de spams. J’appelle GP et je lui fait part de mon intention de sortir, il a l’air vaguement tenté.
— « On irait où ? Au Unity ? »
— « Au Unity ? T’es malade, on va passer pour des mononcles, la moyenne d’age est de 17 ans. Après 25 ans : t’es fini… Au Sky ? »
— « Nan. Pour aller sur les étages y faut être pré-pubères. »
— « Au rez-de-chaussée du Sky, c’est la soirée latino, l’ambiance est bonne puis j’ai un faible pour les latinos. »
— « Moi avec. »
Un ange passe avec des images de chaleur, de téquilas, et de déhanchements lascifs, mais je me ravise.
— « Ah non. Axel risque d’être là avec sa troupe d’amis, puis de toute façon, quand je danse la salsa, j’ai l’air d’un pingouin constipé. »
— « Tu danses, toi ? »
— « Ben, des fois. »
— « Au stud ? »
— « Le stud. I’ me semble que c’est déprimant. »
— « Ouais, t’a raison. »
Calcul mental rapide : Si on prend l’ensemble de la clientèle du Stud, si on retranche les plus de 400 lbs et les plus de 70 ans, ceux qui trippent bareback ou qui ont des trips sexuels bizarres : lècher les bottes ou se mettre des épingles à linge sur les mamelons, si on enlève les beaufs mariés et pères de familles et tous ceux qui portent des g-string en léopard, et si on fait exception des employés, il doit rester 3 gars. Et je les connais tous… intimement. (J’exagère quand même un peu.)
Je me creuse la tête.
— « Il reste le parking. Y’a une légende urbaine qui dit que mon bellâtre de psy fréquente l’endroit. »
— « Le parking ? je sais pas… Tu penses?... »
— « ?… »
(À suivre…)
10:25 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, gay et lesbienne, samedi, soir, téléphone, blog, bar



