15 mai 2009

Fuck You

L’homosexualité n’a pas de frontières. Au risque de décevoir certains hommes politiques, il y a des gais partout. En Chine, en Russie ou en Iran, le pourcentage est à peu près le même, peu importe la région du monde. Tout simplement parce que l’homosexualité n’est pas un choix. Le seul choix qui s’offre à celui ou celle qui découvre son homosexualité est de l’assumer ou pas.

Malheureusement, l’homophobie est, elle aussi, très répandue. Harcèlement, torture, peine de mort sont encore le lot des hommes et des femmes homosexuelles dans plusieurs régions du monde. Le moyen-âge est à deux pas de chez vous. La différence fait peur, et la peur dégénère souvent en violence et en haine. On a tendance à croire que, chez nous, tout va bien. Et pourtant...

Au Québec, l’homosexualité est la principale cause de suicide chez les jeunes hommes. Ça prend pas la tête à Papineau pour comprendre que l’homophobie est aussi la cause la plus fréquente de l’intimidation dans les écoles et qu’elle est à la source de multiples problèmes d’alcoolisme, de toxicomanie et de prises de risques sexuels chez les jeunes homosexuels. Le soir, dans le parc, à cinq rues de chez moi, il y a des gangs qui vont se prouver leur virilité en allant tabasser les hommes qui y traînent. Du « gay bashing » comme disent les Chinois.

Et c’est pour cela que l’on a encore besoin, en 2009, d’une journée internationale contre l’homophobie. Cette journée se tient chaque année le 17 mai.

Récemment, un jeune geek australien a récemment lancé l’idée d’un clip collaboratif sur une chanson de Lily Allen. Il a trouvé des volontaires un peu partout dans le monde. Le résultat, jubilatoire et libérateur, est un doigt d’honneur à tous les homophobes de ce bas monde. Vive la diversité ! Vive l’humour et le formidable ressort de la culture gaie !

Si la vidéo ne fonctionne pas, cliquez ici

Musique : Lily Allen, Fuck You Very Much
Via Gayclic.com

Gai écoute, parce que parler ça fait du bien
Montréal : (514) 866.0103
Région : 1.888.505.1010

Suicide Action Montréal
Montréal : (514) 723.4000
Région : 1.866.277.3553

Source : Michel Dorais, Ph.D. Professeur - Faculté des sciences sociales - Université Laval, et Simon Louis Lajeunesse, étudiant en sociologie, Université Laval, Québec, Canada, MORT OU FIF: Contextes et mobiles de tentatives de suicide chez des adolescents et jeunes hommes homosexuels ou identifiés comme tels. Et perspectives de prévention.

01 avril 2009

La fête sauvage

« J’ai l’impression que les minutes prennent leur temps. La journée de ma fête, ç’a toujours été comme ça. Enfant, j’avais l’impression que le temps s’arrêtait. Quand finalement le matin rêvé arrivait, la nervosité tassait l’excitation et j’en avais pour une heure à vomir. »
Martine 1-La fête sauvage


C’est l’été des Indiens, les derniers soubresauts de chaleur avant l’hiver. Martine célèbre son anniversaire au pied d’un arbre, avec quatre de ses amis. Elle a choisi ce moment pour enterrer les cendres de son amoureux qui s’est pendu, deux mois auparavant. Elle veut en faire une fête, une vraie.

La fête sauvage est une pièce toute en nuance qui oscille entre la tendresse, un humour parfois acide et un sentiment de nostalgie. La vie y éclate entre les personnages qui s’entrechoquent. Chacun surmontant la perte à sa façon. Malgré leur fougue et leur désir, ils constatent qu’il n’y a pas d’issue, pas d’échappatoire. Il y a que la vie, avec ses questions sans réponses, ses surprises et ses moments de silence.

fête sauvage

Photographie : Maxime Côté

Une mise en scène habile met en lumière la poésie du texte de Mathieu Gosselin. Les comédiens s’approprient la langue inventive de l’auteur avec un plaisir évident. La campagne environnante joue un rôle important dans l’histoire. Mais sur ce point, la pièce est desservie par l’exiguïté de la salle et de la scène où le groupe de comédiens a parfois l’air un peu coincé.

En sortant de La Licorne, le froid surprenait. J’étais un peu secoué par la pièce. J’ai marché avec As sur Mont-Royal jusqu’à un resto asiatique. La fête sauvage distille l’urgence. Et cette urgence s’est fait sentir dans notre façon de vider nos verres de vin et dans notre conversation. Nous avons parlé de l’écart entre la vie dont on rêve et celle que l’on arrive à se bâtir, de la nécessité et de la difficulté des compromis, et de la vie qui ne nous attend pas si l’on perd trop de temps à tergiverser. Le restaurant allait fermer et les serveurs nous pressaient sans trop de subtilité.

Edit : d'autres points de vue chez Nicole et Noisette sociale


La fête sauvage
est présentée jusqu’au 25 avril au théâtre La Licorne. Pour souligner sa 100e représentation, qui aura lieu le 11 avril, la Banquette arrière a choisi de remettre sa part des recettes de la soirée à la Fondation Suicide Action Montréal. L’organisme souligne cette année ses 25 ans d’existence. Les spectateurs pourront également déposer leurs dons pour la Fondation dans une boîte placée dans le hall du théâtre.