17 mai 2008

Souriez

La technologie est souvent une source de stress important. Mais elle propose parfois des solutions pour mieux le gérer. J’ai déjà parlé de ces méditations guidées en format MP3 offertes sur le site de Passeport Santé. Je les ai toutes essayées, le midi, sur le gazon du parc Lafontaine ou le soir, avant de dormir. Celle du beau docteur David Servan-Shreiber est un peu assommante, mais les autres sont plutôt efficaces. Il existe désormais un jeu vidéo qui aurait un effet bénéfique sur le stress. Des chercheurs montréalais l’ont testé sur un groupe de travailleurs. Les participants ont joué pendant quinze minutes par jour, pendant une semaine. À la fin de l’expérience, les joueurs ont évalué avoir une meilleure estime de soi et plus de confiance en eux. Leurs performances au travail se sont améliorées, par rapport au groupe témoin. Finalement, leur taux de cortisol, l’hormone du stress, a chuté de 17 %.

Matrix.jpg
L’interface est en anglais seulement, mais il n’est absolument pas nécessaire d’être bilingue pour comprendre le principe. Le but du jeu est de cliquer le plus rapidement possible sur les visages souriants. Le jeu est un peu simpliste et il me semble que l’on doit se lasser au bout de cinq minutes. Mais vous pouvez toujours l’essayer : Démo gratuite Mindhabits Entrez un nom, une année de naissance et une adresse courriel bidon et choisissez le premier jeu intitulé Matrix.

27 avril 2008

Baume

Insomnie, confusion, anxiété : je me sens souvent submergé par les émotions. Et dans ces moments-là, je n’arrive pas à reprendre le dessus. J’ai trouvé, grâce à un ami, un outil vraiment utile pour traverser les remous du quotidien. C’est tout simple et ça ne prend que quelques minutes, mais ça fait toute une différence. Entendre une voix qui me guide, c’est parfois tout ce dont j’ai besoin pour m’extirper d’un cercle vicieux. Il s’agit d’une série de balados, en format MP3, offertes gratuitement sur le site de Passeport Santé. J’aime particulièrement « Comment je me sens ici et maintenant » (15 minutes) quand je suis envahi par des sentiments qui me bouleversent. « Détente profonde » (30 minutes) avant de me mettre au lit. Et « Imagerie guidée par la musique » (20 minutes) pour décrocher complètement du boulot sur l’heure du midi. Ce site recèle quantité d’informations vraiment utiles sur tous les sujets qui touchent à la santé. Bémol : les renseignements botaniques sur les plantes médicinales manquent totalement de rigueur scientifique. J’ai d’ailleurs écrit à la rédaction pour les en aviser, mais les textes sont toujours en ligne. Néanmoins, les autres sections du site présentent des articles complets et bien documentés, notamment sur l’alimentation.

24 février 2008

Je me moi

J’ai toujours été un peu borné. Pour un rien, je m’entête, contre vents et marées. Toujours ce même pattern : en faire juste un peu plus, toujours un peu plus, dans toutes les sphères de ma vie. C’en est presque une maladie mentale. La fatigue ne m’arrête pas. L’insomnie causée par le stress ? — Il y a des somnifères. Un mauvais rhume ? — C’est de saison. Tout le monde l’attrape autour de moi. Une bronchite ? — J’en ai fait plein dans ma vie et ce n’est pas ça qui va m’arrêter. C’est comme un cercle vicieux, mais sans le plaisir du vice. Je me défonce pour donner le meilleur de moi-même en tout. Mais je ne suis jamais satisfait. Je gruge inexorablement sur mes heures de sommeil. Je fignole, je cherche la perfection. Je subis les contrecoups du stress. Je me bute à mes limites et ça m’enrage. Alors, je m’acharne encore plus. Je suis de moins en moins productif et je sens monter la panique. La bronchite s’éternise et le spectre de la pneumonie cogne à ma fenêtre. Puis un matin, je me retrouve dans la salle d’attente de la clinique. J’espère juste que le médecin pourra me donner quelque chose pour que je puisse retourner rapidement au travail. Je ne sais pas ce que j’ai, mais j’imagine le pire. C’est finalement une bactérie qui se répand de plus en plus en Amérique du Nord. Elle a profité, elle aussi, de mon ouverture et de ma grande générosité. Le staphylocoque doré, communément appelé le SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline). C’est dégoûtant. Pour 10 jours, j’ajoute dans mon pilulier de grosses antibiotiques oranges et noires. On dirait des pilules d’Halloween. Je n’ai plus de temps pour m’occuper de l’appartement. J’ai arrêté de m’entraîner. Je n’ai plus de vie sociale. Je prends tous mes repas au resto. Le soir quand je me retrouve seul dans mon capharnaüm, je me dis que ça ne peut pas continuer comme ça. J’essaie de prendre quelques minutes pour me détendre. Oublier pour un moment les échéances, les doubles contraintes, les problèmes budgétaires à régler. Je n’y arrive tout simplement pas. J’essaie de respirer, de revenir les pieds sur terre. Mais les courants sont si forts que ma conscience est constamment emportée vers les jours suivants. Et j’ai le cœur qui est secoué dans tous les sens. Il n’y a pas de secret. Au cœur d’un ouragan, il ne faut pas rester perché à la cime d’un arbre. Il faut lentement descendre pour s’abriter entre les racines. J’essaie de me concentrer sur les mouvements de ma respiration, sous le nombril. La tempête ne se calme pas, mais j’arrive à m’endormir d’un sommeil agité. C’est peut-être l’effet salvateur des rêves, mais je me lève un matin avec un mot au bord des lèvres : « non ». Je crois que ça suffit. Il faut que tout ça arrête, ça n’a plus de sens. Je me love sur moi-même. Pour les prochaines semaines, ce sera : je me moi. La solitude ? — Elle occupe déjà tout l’espace, bien que je refuse de la voir. Et j’y ai toujours survécu. Le manque de reconnaissance ? — Il est ancré en moi. J’aurai beau courir de toutes mes forces, les médailles ne tomberont pas du ciel. J’ai frappé un mur. J’ai réalisé que j’attendais des autres qu’ils prennent soin de moi. Et pour le moment, je suis seul à bord. J’ai pris la journée pour mettre de l’ordre dans mes affaires. Je suis resté en pyjama. J’ai même fait une sieste. Elle était pleine de cauchemars, mais si je fais des cauchemars, c’est que je dors : c’est déjà ça de pris. Puis, lorsque j’ai levé les yeux en me réveillant, la tempête était partie. Tant pis pour les autres, aujourd’hui et demain encore, ce sera : je me moi. Je suis allé marcher sous le ciel bleu et j’ai laissé s’écouler les minutes en rêvassant. Les images qui me boudaient depuis quelque temps, sont revenues tourner autour de moi comme un animal enjoué.

12 février 2008

Speedo

À bout de force—stop—Mais toujours en vie—stop—J’ai refusé deux contrats, gagné quelques heures, faut savoir dire : « stop »—stop—ou bien : « Je m’appelle Pierre-Yves et je suis workolique. » (En bon français, il faudrait dire ergomane. Il parait.)—stop— Ce soir, je me suis entraîné dans le même bassin qu’Alexandre Despatie—stop—Il n'était pas là mais quand même, j'avoue que ça me dérangeait moins d’avaler plein d’eau...—stop Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Alexandre Despatie, c’est un champion de plongeon—stop—Personne ne lui arrive à la cheville—stop—Et il est christement hot dans son speedo !—stop

19 janvier 2008

Vendredi ou les Limbes

Sentir le stress qui s’alourdit. Se répéter que la semaine est presque terminée. Tenter de se concentrer dans l’atmosphère survoltée d’un casual Friday. Oublier les rires et les blagues stupides. Sentir ses paupières qui tombent. Regretter d’avoir mangé une poutine de la Banquise avec les collègues, tous assis en rond, par terre, sur le tapis du bureau. Sourire en voyant les gens renifler la curieuse odeur de friture laissée par notre pique-nique. Penser à cette remarque d’Alex : « Faudrait pas vomir sur le tapis, ils le lavent une fois par trente ans. Quoique ce serait peut-être la meilleure façon pour qu’ils le changent enfin. » Faire un dernier effort pour abattre le plus de travail avant 17 heures. Classer des dossiers. Se répéter que dans quelques heures, poindra la liberté. Marcher à grands pas vers le boulevard Saint-Joseph. N’avoir qu’une idée en tête : décrocher, perdre volontairement les pédales, sortir du cadre. Désirer les limbes plus que toute autre chose. Chercher des yeux le flou. Écouter les messages sur le répondeur. Pester contre tous les contrats qui pleuvent en ce moment. Devoir se résoudre à les refuser parce qu’il n’y a que vingt-quatre heures dans une journée, malgré la crainte que ces occasions ne se représentent plus. Jeter rageusement ses vêtements sur le plancher. Entrer sous la douche puis soigneusement se rhabiller en soi. Voir lentement défiler les stations de métro. Se demander s’il est déjà passé minuit. Se reconnaître enfin dans la foule joyeuse. Regarder les sourires, les poses. S’agripper à sa bouteille et à la familiarité du barman qui apporte la bière sans rien me demander. Se laisser griser par les rythmes. Se vautrer d’obscurité. Vider les bouteilles, une après l’autre. Et s’apercevoir qu’il manque quelque chose. Ou plutôt quelqu’un. Ou quelque chose avec quelqu’un. Comprendre que même dans les limbes, on ne se défait pas de sa solitude. Parler à un ange à la dérive. Répéter son prénom, Maximo. Prononcer Mahimo. Le regarder sourire lorsqu’il se moque de mon accent. S’approcher pour l’entendre me raconter qu’il vient du Nouveau-Brunswick et que là-bas, les gens n’ont pas d’accent. Lui dire qu’il est beau, Maximo. Observer ses lèvres qui s’agitent pour expliquer que ce n’est pas vrai. Que je suis le premier à l’affirmer. Lui répliquer qu’il est menteur. Fixer son regard amusé et se baigner dans la bulle de douceur qui l’entoure. Frôler la tendresse de sa peau. Aimer ses yeux, pour un instant. Le laisser s’éloigner, s’élever vers un autre ciel, à la recherche du sommeil. Errer dans la pénombre hivernale en quête de quelques miettes d’attention. Fouiller la nuit du regard dans l’espoir d’y découvrir quelques degrés de chaleur. Calculer le pourboire avec l’esprit embrouillé. Sortir la monnaie du fond de sa poche. Payer le chauffeur de taxi ukrainien et se retrouver sur le trottoir. Marcher dans la neige avec un mauvais goût dans la bouche. S’étonner qu’il soit déjà 6 heures 45. Sentir cette furieuse envie de fuir encore, alors que la nuit est bel et bien terminée et que le corps, lui, n’en peut plus. Se cacher les yeux sous la couette pour ne plus voir le jour qui se lève. Le titre de cette note est inspiré d'un roman de Michel Tournier : Vendredi ou les Limbes du Pacifique La musique est empruntée chez Night Crawler (le genre de note trop belle, que l’on n’ose pas commenter ) : The Strokes, You only live once

06 janvier 2008

Simplicité involontaire

Lundi, je commence un nouvel emploi. Sept mois de stabilité : la durée du contrat. Je vais de nouveau avoir mon propre bureau, de nouveaux collègues et de nouvelles responsabilités. Ce qui m’angoisse un peu. (Un reportage audio de Macadam Tribu sur le projet.) Pour mes pauses estivales, je troquerai la terrasse du Jardin botanique pour les pelouses du parc Lafontaine. Ce qui n’est vraiment pas si mal ! D’ici à ce que la première paye rentre, il me faudra subsister… Un des plaisirs d’être pigiste, c’est de ne jamais savoir quand le prochain chèque arrivera dans la boîte aux lettres. Plusieurs articles que j’ai remis avant Noël n’ont pas été payés. Et le département de la comptabilité est en vacances, jusqu’à la semaine prochaine. Chaque fois, je me dis que j’aurais dû prévoir le coup. Malheureusement, je suis plus cigale que fourmi. Il me reste quatre billets d’autobus, le transport pour lundi et mardi, environ 10.00$ dans mon portefeuille, du pain, du riz et des lentilles, 2 lb d’oignons, 4 œufs et 6 carottes. Bref, de quoi tenir pour quelques jours dans la simplicité la plus totale. L’an dernier, j’ai reçu en cadeau le best-seller Le secret. Selon les prétentions de l’auteur, Rhonda Byrne, je devrais aujourd’hui être multimillionnaire (comme elle), rouler en BM décapotable et dormir tous les soirs dans les bras de Jude Law. Malheureusement, les conseils du livre n’ont pas fonctionné avec moi. Les mauvaises langues diront que c’est à cause de mon scepticisme. J’ai pensé vendre le bouquin, ça me ferait un ou deux dollars de plus. Je suis trop orgueilleux pour quêter, et trop dédaigneux pour faire le trottoir. Alors, je remets la pub dans le haut de cette page. À ce jour, il me manque 177 minuscules clicks pour enfin recevoir un premier chèque d’Adsense. Bon, je sais que les sujets préférés des annonces Googueule ne sont pas nécessairement très ragoûtants. Ces temps-ci, mes annonces ont une obsession pour le yoga tantrique et le sauvetage de couple. On ne sait jamais, ça peut toujours être utile. L’annonce la plus drôle, c’est celle de matante Jeanne : Chanson country en français gratuite. Malheureusement, je n’ai pas le droit de cliquer sur ma propre page. C’est en haut à droite. Ça prend une demi-seconde et ça n’engage à rien. Click ! Et si vous vous retrouvez dans la même situation :

12 décembre 2007

Nuageux avec éclaircie

J’ai du travail par-dessus la tête alors pourquoi ne pas perdre mon temps à bricoler une note parlée ? Ça m’amuse. Ne vous moquez pas de mes talents de mixeur ! Une chute de 20 CD4, rien d’important, a dit le médecin, le ratio entre CD4 et CD8 s’est amélioré. Rien d’important pour lui, oui ! Pas pour moi. Et puis ces histoires de ratio, j’y comprends rien. Tout ce que je sais c’est que, si jamais la baisse perdure, je pourrais retomber très vite où j’étais il y a deux ans : en dessous de 50. J’avais trouvé une étude sur le Web qui disait qu’avec ce taux de CD4, le pronostic était de 50 % de chance de survie, dans les trois ans. Ces résultats proviennent d’un test que j’avais passé au mois de juin. À ce moment-là, j’étais totalement épuisé. C’est peut-être juste une mauvaise passe. Et puis il y a les contrats qui ne se concrétisent pas. C’est fou le nombre de démarches qu’il faut faire pour si peu de résultats ! Il y a les remarques de ceux qui pensent que je suis en vacances parce que je ne fais pas du 9 à 5 dans un bureau. Qui me demande s’il me réveille quand il me téléphone à dix heures du matin. Je suis devant l’ordinateur depuis six heures ! J’accepte toutes les miettes de contrats qui s’offrent à moi. J’écris sur des sujets aussi passionnants que l’entretien des moteurs de tondeuses, les bordures à gazon en plastique et la moisissure du cyclamen. Il paraît qu’au printemps, un nouveau magazine horticole va être mis sur le marché au Québec. Alors que les deux magazines qui existent actuellement ont du mal à joindre les deux bouts. Ça, ça veut dire moins de revenus publicitaires et moins de ventes. Et pour moi, des piges moins fréquentes et moins payantes… Toutes ces heures à geler sur les trottoirs, à attendre les autobus toujours en retard. Les chauffeurs antipathiques qui passent tout droit aux arrêts, qui conduisent comme s’ils étaient au volant d’un camion de bétail. Le service de métro interrompu une fois sur deux. Les décorations qui clignotent un peu partout pour nous rappeler de consommer. La musique de Noël me tombe sur les nerfs. Puis, la sonnerie du téléphone… Il est deux heures. Qui ça peut bien être ? Je n’attends pas d’appel. Je fais tellement de demandes d’emploi que je les oublie, au fur et à mesure. C’est une voix de femme, je pense que je l’ai déjà entendu. Ça me revient, un CV que j’avais envoyé sans trop y croire. Elle me propose une entrevue, pour un poste de chargé de projet. Je serais responsable d’un programme pour reverdir les ruelles du Plateau Mont-Royal. La job de mes rêves. L’an passé, j’avais postulé pour un projet similaire, mais le poste était subventionné. Le fonctionnaire d’Emploi-Québec avait tranché : trop compétent, trop d’expérience : subvention refusée. Cette fois-ci, l’offre ne parlait pas d’admissibilité à un programme. Des fonds ont dû être débloqués quelque part. Qui sait ? C’est un contrat de six mois mais je suis habitué aux contrats de deux mois. Six mois, pour moi, c’est la stabilité ! Crédits : Mésange à tête noire (Parus atricapillus) : Lang Elliot, NatureSound Studio Musique : Cozy in the Rocket, Psapp Téléphone : Sound Fishing.net

05 novembre 2007

Haute tension

Le stress atteint son paroxysme. Demain, c’est date de tombée. Je dois remettre un article important pour un magazine. Il me manque quelques informations et j’attends anxieusement des réponses par courriel. Il s’agit de détails, mais je suis perfectionniste. Plusieurs autres contrats sont en cours de négociation. L’idée que je vais me planter me tourne constamment autour de la tête. L’idée que je pourrais vivre de ma plume me pousse à m’accrocher. Mais actuellement, mes états d’âme passent au second plan. Il faut que je produise, que je saisisse la chance au moment où elle passe. À plus tard, donc.

01 octobre 2007

Tempête

C’est la fatigue qui me fait voir tout en noir. Empêtré dans les cordages d’un canot de secours, je suis secoué par des émotions disproportionnées. J’aurais besoin de vacances, de repos, mais ce n’est pas le moment. Quand mon embarcation est soulevée par la houle, je vois tout autour les creux de vague s’ouvrir comme des gouffres noirs. Et je retiens mon souffle comme je le ferais dans la montée d’une montagne russe. Je rêve à une île. Je rêve que la terre existe encore, quelque part. Je m’invente des légendes de ports et de phares qui apparaissent à travers la brume d’un matin. J’essaie d’entrevoir les étoiles, de recomposer les constellations, d’y lire les signes d’un quelconque destin. Mais en ce moment je suis analphabète. Derrière comme devant mes paupières, il n’y a que le chaos et les menaces du ciel. J'ai le mal de mer. Je cours dans le labyrinthe en cherchant le fil de l’histoire. J’ai perdu les mots pour me raconter. J’appelle le Minotaure. Je voudrais me battre. Je voudrais hurler. Je voudrais lui faire éclater au visage le verre que je tiens dans la main. Mais je suis seul avec moi-même. Mon corps avance sans tressaillir. Il dit qu’il faut continuer, qu’il y a encore un pas à faire. Comme il a l’air plus sensé que mon esprit, je l’écoute docilement et je range ma rage avec ma peur et ma peine, quelque part au fond de ma poche. Je me lève aux premières heures du matin et je m’attaque à la montagne de travail qui se dresse devant moi, puis je pars au boulot. Je souris, je suis attentif, j’en donne plus que le client en demande. Je fais des réserves dans mon karma. Et parfois pendant la journée, je vois une percée de soleil. Un enfant qui m’envoie la main, un parfum de pomme verte, deux amoureux qui se sourient. Et je ramène ces images dans ma tête en rentrant chez moi, en ouvrant l’ordinateur, et en me remettant au travail. Quand je prends de l’avance sur ma planification, j’écris quelques mots ici. Party time : le proprio a accepté de reporter le paiement du loyer. Officiellement, mes premiers textes devaient être mis en ligne aujourd'hui.

28 septembre 2007

Un peu de fatigue

Le titre de cette note est inspiré de l'avant dernier roman de Stéphane Bourguignon, qui est probablement excellent et que je n’ai pas lu, faute de temps… Si les cauchemars ne sont pas très agréables, ils sont parfois nécessaires pour que l’on s’ouvre les yeux. Les derniers mauvais rêves m’ont donné assez de matériel pour une dizaine de billets. Mais le temps me manque pour les écrire. Ce matin, quand je me suis levé, j’avais envie de me cacher sous l’oreiller. Je repars, une fois de plus, à la case départ. Encore un nouvel emploi. La nouveauté c’est bien, mais le stress use. Mon compte de banque devrait se renflouer un jour. En attendant, je dois faire des pirouettes pour faire patienter les créanciers et me nourrir, au moins minimalement. Vive la souplesse. Quand je passe devant le miroir je me répète : « T’es fort, t’es hot, t’es capable ! Tu vas passer au travers. » Je suis rentré en marchant, à la fin de ma première journée de travail. Je réalise que j’ai vraiment de la chance. Mes nouveaux collègues sont hyper sympathiques. Lan et Max, qui m’ont accompagné pendant ma formation, sont étudiants en économie et en science politique. Ils sont allumés, bavards et ont un humour plutôt cynique. Avec le public, ils ont un air zen en toutes circonstances. Le travail n’est pas très compliqué. Après avoir occupé un poste au Jardin botanique comme horticulteur, après avoir tenté de me faire engager au marketing, me voilà aux informations et à la billetterie. (Si je n’arrive pas à me caser là, il me restera toujours la conciergerie ou les cuisines du restaurant.) À mon retour, un courriel m’attendait : de nouvelles commandes de textes pour le magazine. Je ne sais pas où je vais trouver le temps pour écrire tout ça. Je viens tout juste de remettre un gros dossier. J’ai une chronique hebdomadaire à laquelle s’ajoute maintenant une autre, mensuelle, puis un autre article à livrer dans un mois. Il va falloir que je m’organise pour la recherche et que j’apprenne à gérer les échéanciers. Je suis essoufflé, juste à y penser. J’ai fait la facturation pour le premier texte et j’attends les chèques. Le facteur s’obstine à remplir ma boîte aux lettres de menus de restaurants chinois et de publicités de lunettes. Sur la dernière commande, à côté de mon nom, il y avait le titre « journaliste ». J’ai le trac. Vite, il faut dormir...