20 janvier 2009
Nocturne
La nuit m’entoure de ses bras, enfin. J’ai la tête lourde, les yeux qui brûlent, mais je ne veux pas laisser le sommeil me voler ces minutes de liberté. Cette sempiternelle fatigue m’abrutit. La nuit assombrit mes pensées qui s’agitent pour ranimer les souvenirs, ceux du jour qui s’achève. Un fou qui court dans un labyrinthe.
Respirer, encore un peu. Écouter le silence. Se raconter une fois de plus. Son bras posé autour de mon épaule après l’amour. Sa main qui glisse en suivant la clavicule, passant au-dessus de mon cœur qui cogne. Sa chaleur craintive qui se serre contre moi. Qui s’accroche à moi comme si j’étais une montagne. Mes yeux ouverts sur l’obscurité. Ma conscience claire de n’être que poussière, misérable et éphémère, soumise aux caprices du vent. Ce précipice béant à nos pieds, étendus. Son pouls, compte à rebours, pulsations du temps qui s’égrène et nous mènera jusqu’au trépas. Frondeur, je résiste encore avant de m’abandonner au sommeil. En implorant la nuit d’emporter ma noirceur et de laver mon regard. Que je puisse goûter pleinement chacune des secondes, uniques, irrévocables, du lendemain. Regarder le soleil qui fuit avec un sourire paisible.
Puis, sentir le désir qui s’embrouille. S’enfouir sous la couette. Chercher des joues les rondeurs et le doux-rêche de l’oreiller. M’étirer pour repousser l’emprise des draps. Déposer ma tête qui tressaille sous les secousses du cœur. La nuit m’entoure de ses bras, enfin. Et je ferme les yeux.
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30 juillet 2008
Parc Lafontaine
Il paraît que l'été est passé aujourd’hui, furtivement, entre deux averses et trois orages. En début de soirée, lundi, j'ai expérimenté la course sous les trombes d’eau (ou jogging aquatique). La prochaine fois, il faudrait que je pense à porter mes lunettes de natation. Je n’y voyais absolument rien.

Si le beau temps revient avant l’automne, j’aimerais bien retourner paresser sur le gazon d’un parc. En attendant, il y a toujours le cinéma. Au parc Lafontaine, les ours noirs, les gondoles et les voitures d’époque ont été remplacés par les bicyclettes, les skate-boards et les écureuils. Avec de la chance, on peut parfois apercevoir un balbuzard qui guette les poissons de l’étang. Lorsque le soleil brille, les allées y sont toujours aussi bondées, mais la faune humaine y est plus éclectique et peut-être un peu moins coincée.
Merci à Martine pour le lien.
22:00 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : météo, soleil, pluie, souvenirs, parc, enfance, Lafontaine
09 juillet 2008
Nouvelle vague
Je ne voulais pas l’écrire. Je préférais tout garder pour moi. Mais je le dois bien à ceux qui m’ont suivi jusqu’ici. Le beau Louis-Philippe est revenu rôder dans ma vie puis dans mes nuits. Encore une fois, j’ai choisi de ne pas trop réfléchir et je me suis laissé porter par la vague. La vie est trop courte pour tergiverser. C’est parfois bien utile un blogue pour retrouver le fil de l’histoire. Voici un collage des mots nés de notre rencontre.
Lui : Tu me bouleverses.
Moi : Je te quoi ?
Lui : Je choisis mal mes mots.
Moi : Ben non, oui, j’espère, enfin… tu choisis mal tes mots ?
(Pour Debbie, 15 avril 2007)
— « Ben voilà ! »
Jonas | 18 avril 2007
— « Toujours émouvantes l'amour que tu nous dis… Il a rappelé ? »
Jeanne | 16 avril 2007
— « Et ça arrive en même temps que l'été, les mecs en camisoles, musclés, bronzés. »
Nitram | 22 avril 2007
...En quelques nuits, un trop-plein de chaleur, de tendresse et de plaisir m’a ébranlé de l’intérieur. Les plaques tectoniques se remettent en mouvement sur mes vieilles blessures en fusion. Des failles qui remontent à l’enfance. Il m’a déclaré : « Je tiens à toi. » Tous les éclats de verre que j’avais balayés sous le tapis sont emportés et secoués dans tous les sens... (Tsunami, 24 avril 2007)
...J’habite une toute petite île. Où il y a juste assez d’espace pour se dégourdir les jambes. Portées par les vagues, des noix de coco sont venues s’échouer sur la grève comme un souvenir du continent, un message dans une bouteille. Et les quelques cocotiers accrochés à la terre sont devenus mon paysage. Sur la plage, j’ai bâti des citadelles dans le sable avec des tours, des chemins de ronde et des canaux. Tout un monde de coquillages et de gravillons pour garder intacte l’image des villes que j’ai explorées, des pays que j’ai traversés... (Tsunami, 24 avril 2007)
...Chaque jour, j’ai harangué le ciel à coup de fumerolles fouettées par la brise. J’ai marqué par des traits sur la pierre chaque journée qui passait, pour ne pas me perdre dans le temps. Un matin, j’ai vu venir la vague. Un tsunami. J’étais fasciné par le mur d’eau bleue qui tremblait sur l’horizon. Je n’ai pas eu peur tout de suite. J’étais inconscient. Par bonheur, ma soif d’eau douce avait éteint ce qui me restait de crainte... (Tsunami, 24 avril 2007)
Bien sûr, il a rappelé. L’intensité c’est bien joli, mais ce n’est pas toujours facile à vivre. Deux grenades prêtes à exploser qui se croisent dans le ciel d'un champ de bataille. Rien ne serait simple.
...Quand j’ouvre les yeux le matin et que je suis seul, quand je devine le soleil à l’extérieur qui fait éclater les bourgeons, je suis habité par un drôle de sentiment... ...J’ai peur de la phrase de Gainsbourg : « L’amour physique est sans issue. » ou de celle de Ferré : « Il n’y a pas d’amour heureux. » Il y a toujours une faille, une face cachée... ...La peur de perdre demeure l’une des plus terrifiantes et personne ne pourra me rassurer. Bienvenue dans le monde réel...(Le côté obscur, 27 avril 2007)
— « Bienvenue en humanité, Pierre-Yves ! »
Shaggoo | 27 avril 2007
— « La grande victoire sur la vie, c'est peut-être cela : être lucide et parvenir à ne pas s'en rendre fou d'angoisse… »
Kitty78 | 29 avril 2007
Et puis un jour, ce fut trop : trop lourd, trop difficile à porter. Nous sommes partis chacun de notre côté. Rageusement, j’ai jeté sa brosse à dents à la poubelle.
...Je pourrais amasser tout l’argent que je peux et m’exiler dans un pays du Tiers-Monde. Un pays où la mer est transparente et où l’on se nourrit de fruits et de musique. Rien ne me retient ici sur cette île trop encrassée d’asphalte et de béton. Plus aucunes racines qui tiennent. Mais à quoi bon ? Je sais bien au fond que fuir ne me servirait à rien. On ne peut pas échapper à soi-même... (Lettre à Louis-Philippe, 26 mai 2007)
— « N'échappe-t-on pas un peu à soi-même quand on va vers l'autre ? »
Alcib | 26 mai 2007
Je me suis patiemment bâti des assises. De son côté, il a traversé des tempêtes. Puis un soir, la vie nous a fait tomber l’un sur l’autre. Et contre toute attente, les étincelles fusaient avec autant d’éclat quand nos regards se sont croisés. Même sentiment d’être transporté, un peu malgré moi. Même sentiment d’être extraordinaire dans son regard. Même douleur qui me tord le cœur quand il parle d’un autre. J’ai bien tenté de résister, il a fait de même. On était contrarié, et même terrorisé par moment. Mais je ne cherche plus le miroir turquoise d’un lagon des mers du sud. Je suis prêt pour les gros temps, les marées excessives, les longs jours gris qui succèdent aux heures de soleil.
Dimanche dernier, j’ai nagé dans l’eau fraîche de la rivière Ouareau à l’ombre de pins blancs immenses. J’ai joué tour à tour à lutter contre le courant puis à m’y abandonner. Puis j’ai laissé mon corps alourdi se gorger de soleil sur une pointe de sable. Le ciel était étincelant. Quand je tournais les yeux, j’apercevais sa tête sur mon épaule. Il souriait, les yeux fermés. Depuis, je me moque bien du paradis. La réalité s’obstine à ne pas cadrer dans mes histoires. Et au fond, je crois que c’est pour le mieux. Bien sûr, on est encore inquiets, on marche sur des œufs, la vie est toujours si fragile. Enfin, je dois laisser le clavier et sauter dans la douche. Dans quelques heures, il vient me retrouver...
00:00 Publié dans Carnets du coeur | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, gay et lesbienne, écriture, amours, relations, souvenirs, rencontres
02 juillet 2007
Morphée
Pour une semaine, les horaires de mes deux emplois se chevauchent. Je travaille tout le temps. Les revenus ne suivent pas, pas encore. Je me bats pour tenir. Je bricole des solutions. J’épuise, une à une, toutes mes ressources. Et je fais bonne figure. Je m’entête à être parfait en tout temps et en toute circonstance. Sourire, briller, réussir. Je laisse la révolte qui s’accumule me pourrir les nuits et les petites minutes de liberté qui me restent. Même pris à la gorge, je serai à la hauteur.
Puis, je bascule de l’autre côté de la fatigue, là où je suis à la merci de tous mes démons, de toutes mes blessures. Mes seules armes sont les secondes perdues, la musique et l’écriture. J’ai mis des disques et je me suis attaqué à classer ces montagnes de paperasse qui m’étouffent. J’ai trouvé des morceaux de journal intime, des récits de rêves. Et de vieilles douleurs que je portais depuis des années remontent à la surface. Des souffrances que je n’avais jamais regardées en face. Que je ne voyais plus, tellement j’étais convaincu qu’elle faisait partie de moi. Elles étaient prêtes. Elles tombent en larmes comme un fruit trop mûr à la fin de l’été. Je me souviens de ces dernières années en couple où je me débattais pour tout faire tenir, pour sauver les apparences. Le combat que je menais chaque jour pour être un autre, pour que ma vie ne s’écroule pas, pour nier ce virus, pour nier l’échec de cette relation. À ce moment-là, j’étais épuisé comme aujourd’hui. Et j’étais sûr de sombrer si je lâchais prise. Je ne suis pas un héros. Je suis affamé de tendresse, de chaleur et de douceur. Je voudrais être serré dans les bras d’un homme.
Au cœur de la tempête, un calme momentané m’a permis de renouer avec les bras de Morphée. Depuis des mois, je n’étais pas parvenu à m’abandonner au sommeil. Deux nuits de plus de six heures, c’est ce dont j’avais besoin pour retrouver un certain équilibre. Le matin clair m’ouvre des perspectives élargies. Le vent frais que j’inspire aiguillonne mes désirs. Mes antennes se relèvent. C’est le dégel des idées qui cascadent à nouveau. Dans cette nouvelle clarté, les jours qui se déroulent devant moi redeviennent un trésor inestimable.
12:22 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, rêves, sommeil, souvenirs, travail, fatigue
06 juin 2007
Le lac Long
J'imagine que tout est dit
puis ce détail me rattrape,
je sais des mots pour nous sauver l'envie,
mais sur eux je dérape
Les mots que vous avez devant les yeux ne sont que la pointe d’un iceberg. À la fois les reflets et les déclencheurs de milliards de liens et de connexions. Ils provoquent chez moi ou ailleurs, un effet d’avalanche ou de domino. Parfois, ce sont des lumières d’épiphanie qui déboulent, suivies par des bouffées de tendresse et de certitude. Des phrases venues de l’autre bout du monde me révèlent des pans de ma propre réalité qui m’avaient toujours paru obscurs. Et je réalise qu’il y a souvent beaucoup de vous dans chacun de mes textes. Ce billet est inspiré d’une chanson de Valentine, que j’ai découvert par un clip chez Creaminal, que j’ai connu chez Éric, que j’avais croisé chez Valentine, que…
Les heures que je passe devant l’écran me rappellent ces longs après-midi à fouiller la grève du lac à la recherche de trésors : coquillages, bois mort ou pépites d’or. Nos regards d’enfants se perdaient dans l’immensité sombre de la sapinière qui s’étendait de l’autre côté de la baie. Cette forêt rayonnait de la présence des mines d’or, de l’ours noir et de l’orignal. Mon père m’avait dit qu’en traversant l’horizon on arrivait au pôle Nord. Je rêvais de voir les ours blancs et les phoques gris, le démoniaque carcajou qui déjouait les pièges de tous les chasseurs et les pistes des Innus, jalonnée d’inukshuk. Lorsqu’il se troublait, le lac était couleur de perle. Sur les cartes, cette vaste étendue d’eau se nomme Opasatica. Mais pour nous, c’était le lac Long. Un lieu unique que les archéologues et les biologistes n’ont toujours pas fini d’explorer.

Je passais alors tous mes étés dans ce chalet, tout au fond de la baie de l’orignal. On ne voyait presque pas la rive de l’autre côté. Les jours de grands vents, les vagues faisaient notre bonheur et les soirs d’orage, le lac devenait la scène d’un spectaculaire sons et lumières. Il y avait dans l’eau glacée quelques sangsues qui nous faisaient très peur. Ma sœur poussait des hurlements de panique quand une de ces bestioles lui faisait une bise. J’avais entendu dire que des esturgeons immenses rôdaient près du fond vaseux. À la brunante, sur une plage de galets, on chantait et on inventait des histoires autour d’un feu de camp.
Je n’allais jamais bien loin dans la forêt derrière le chalet, car j’avais peur de rencontrer le grand-duc et ses yeux de magiciens fous. Sous les frondaisons, on pouvait aussi croiser une poule irresponsable qui courait les bois avec ses poussins. Des lièvres discrets aux pattes porte-bonheur, des perdrix étourdies. La route qui menait au lac traversait un champ illuminé par l’orangé des épervières et les noms des villages des alentours me semblaient vraiment étranges : Bellecombe, Montbeillard, Roquemaure. La région était coupée du reste de la province par le parc de la Vérendrye et pour accéder au vrai monde il fallait rouler vers le sud, des heures durant, dans une immense forêt d’épinettes noires. La route devenait ensuite une autoroute à trois voies éclairées par des lampadaires, féerique à mes yeux d’enfant. Au terme d’une journée de voyage, nous arrivions, dans le vrai monde. La ville de toutes les merveilles : Montréal.
Paroles: Jil Caplan. Musique: Jipé Nataf 2001 "Toute crue"
Le prochain album de Jil Caplan, derrière la porte, sortira le 11 juin 2007
• La forêt ancienne du lac Opasatica (PDF)
• Lac Opasatica : future réserve de la biodiversité (PDF)
• Archéo 08, fouilles archéologiques
• Musée virtuel d’archéologie préhistorique
00:00 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, souvenirs, enfance, lac, abitibi, opasatica, conte
24 avril 2007
Tsunami
Est-ce possible de se sentir trop bien ? C’est la question que j’avais en tête et c’est celle qu’il a prononcée. Ces derniers temps, j’avais réussi à me bricoler une vie malgré le vent, le sel et les tempêtes. En quelques nuits, un trop-plein de chaleur, de tendresse et de plaisir m’a ébranlé de l’intérieur. Les plaques tectoniques se remettent en mouvement sur mes vieilles blessures en fusion. Des failles qui remontent à l’enfance. Il m’a déclaré : « Je tiens à toi. » Tous les éclats de verre que j’avais balayés sous le tapis sont emportés et secoués dans tous les sens. Un grand ménage s’impose et je suis terrifié par l’ampleur de la tâche.
J’habite une toute petite île. Où il y a juste assez d’espace pour se dégourdir les jambes. Portées par les vagues, des noix de coco sont venues s’échouer sur la grève comme un souvenir du continent, un message dans une bouteille. Et les quelques cocotiers accrochés à la terre sont devenus mon paysage. Sur la plage, j’ai bâti des citadelles dans le sable avec des tours, des chemins de ronde et des canaux. Tout un monde de coquillages et de gravillons pour garder intacte l’image des villes que j’ai explorées, des pays que j’ai traversés.
Je vivais dans les limbes comme Robinson ou Vendredi. Mais j’ai appris à pécher. J’ai allumé des feux avec le bois de grève. Chaque jour, j’ai harangué le ciel à coup de fumerolles fouettées par la brise. J’ai marqué par des traits sur la pierre chaque journée qui passait, pour ne pas me perdre dans le temps. Un matin, j’ai vu venir la vague. Un tsunami. J’étais fasciné par le mur d’eau bleue qui tremblait sur l’horizon. Je n’ai pas eu peur tout de suite. J’étais inconscient. Par bonheur, ma soif d’eau douce avait éteint ce qui me restait de crainte.
Il me reste à m’accrocher bien fort. Je n’ai de toute façon qu’une seule envie. Glisser ma main dans la sienne, sentir sa peau sous mes lèvres, regarder son sourire tendre et curieux, m’étendre contre son corps. Attendre la fin du séisme pour voir les trésors que la mer aura déposés sur le sable. Il ne me manquait que lui. Je suis prêt à plonger et à me laisser emporter vers d’autres terres. M’endormir et rêver au continent.
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07 avril 2007
C'était l'hiver
Cette chanson me ramène en arrière. J’étais animateur dans un camp de vacances des Laurentides. Le soir venu, il y avait toujours un volontaire pour la chanter. Les accords de guitare se mêlaient au crépitement du feu de camp. J’avais vingt ans et la vie s’annonçait comme un long jour d’été. Épuisés par l’énergie des enfants, par le soleil et le grand air, nous finissions la journée lovés les uns contre les autres, sur le sable, tout près des canots. J’ai bien besoin de ses souvenirs d’été alors que l’hiver s’appesantit sur la ville. La neige mouillée écrase les crocus et bloque les trottoirs. On pourrait croire que l’été ne sera plus.
Les dernières harmonies se perdaient dans la fine brume qui tapissait le lac. L’eau était aussi calme qu’un miroir. Nos éclats de voix s’élevaient au-dessus des collines endormies. Et nous entrions en marchant en petits groupes, dans l’ombre noire des conifères, les yeux agrippés aux étoiles. Quand le vent devenait plus frais, nous remontions vers les chalets. Souvent, au sommet des arbres, une aurore boréale scintillait comme un dernier bonheur.

C’était l’hiver, paroles et musique : Francis Cabrel (avec la participation d'Isabelle Boulay)
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