23 avril 2009
Arrête de sourire
C’est ce que je me suis dit toute la journée. J’avais préparé un billet où je parlais de colère : changement de programme. Ce n’est plus de circonstance. J’ai été embauché. Il ne reste plus qu’à donner ma démission où je travaille actuellement. Ma lettre est prête pour lundi matin. Toute la journée au travail, j’étais fébrile. Il a vraiment fallu que je fasse des efforts pour ne pas sourire tout le temps. Dans l’escalier, je me laissais aller de toutes mes dents. Puis, avant d’entrer dans le bureau, j’essayais de prendre un air un peu plus maussade. Mais le sourire revenait tout seul.
En caricaturant un peu, on pourrait dire que mon futur travail va consister à arpenter les bars gais, les saunas et les sexclubs de la ville pour répandre la bonne nouvelle. La bonne nouvelle étant que c’est super facile de se protéger du VIH. (Eh oui !) L’autre bonne nouvelle c’est que la sexualité, c’est pas aussi simple que ce qu’on voit dans la porno, mais ça peut être pas mal plus trippant. (Faut me croire !)
(Plus sérieusement, j’interviendrai principalement selon l’approche de l’entrevue motivationnelle. Il faut d'ailleurs que je m'y remette...)
Pour fêter ça, voici la toune que j’ai eue dans les oreilles toute la journée. (Je souriais aussi de l’intérieur.) Elle n’est pas disponible au Canada, il a fallu que je paie le téléchargement en livres sterling. (Ça fait combien, 0.79 £ ?) OK, c’est un peu quétaine. Disons que c’est de la pop sucrée, mais efficace, qui reflète parfaitement mon état d’esprit du moment. Ça ressemble à du Rick Astley, version 2009. L’accent britannique, c’est tellement plus sexy !
FrankMusik, Better Of As Two
20:03 Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, bonne nouvelle, sexe, prévention, job, musique, pop, joie
15 avril 2009
Le sexe des anges (deuxième partie)
La première partie de ce billet érotique se trouve ici. (+18 ans)
Il a poussé la porte et nous sommes entrés sans faire de bruit. c’était, m’avait-il dit, l’appartement d’un de ses amis, et il avait les clefs. Il n’y aurait personne. Il faisait sombre et on n’a pas allumé. Dans la cuisine fraîche, on s’est servi de grands verres d’eau. On a laissé les verres vides sur le comptoir où trônait déjà une pile d’assiettes et deux tasses. Il a mis de la musique et on s’est présenté.
Le temps perdu à bavarder avait été suffisant pour qu’une certaine gêne s’installe entre nous. La pensée, chassée par les ruées soudaines du désir, en a profité pour reprendre ses droits. Il portait un t-shirt Nike blanc et bleu marin. Ses yeux s’animaient sous un front large. Ses cheveux étaient bruns, courts et très denses. Un ange est passé dans la pièce. Il s’est étiré en s’avançant vers la baie vitrée du salon. Mon regard a grimpé comme une vigne de son triceps à son coude, puis sur la rondeur de son avant-bras. Il fallait me secouer pour faire éclater la mince couche de glace qui s’était formée pendant l’intermède. Une allumette a craqué dans mon crâne. Et la pensée a définitivement pris le bord.
Nos t-shirts ont volé vers le plafond. Et je l’ai poussé sur la causeuse au pied de la baie vitrée, un gros meuble blanc, couvert d’un tissu fleuri. Pendant qu’il se débattait pour retirer complètement son jean, je m’étais déjà emparé de son sexe avec ma bouche. Et je le sentais qui levait comme la pâte. Mes doigts glissaient vers le haut, entre ses cuisses pour aller se nicher entre ses fesses. Il a souri en fermant les yeux. Il a gémi. Cette vibration est venue à bout des derniers débris de raison qui m’entravaient encore. Je l’ai retourné et l’ai mordu près des reins, à la naissance des fesses. Ma bouche ouverte est remontée en suivant le courant de muscles qui longe la colonne en s’arrêtant de temps à autre pour mordre la chair. Arrivée près de la nuque, ma langue a couru sur sa peau. Mes deux mains ont glissé vers ses pectoraux qu’elles ont enveloppés, la pointe des mamelons se retrouvait coincée entre mes doigts. Sa respiration s’est accélérée. J’ai mordu le trapèze doucement, puis l’arrière de la nuque avec plus de rudesse. Il a crié, s’est débattu, s’est dégagé. J’ai ri pendant qu’il s’allongeait sur la causeuse.
Nos visages se retrouvent à l’envers, l’un au-dessus de l’autre. Nos langues s’appellent, s’enroulent. J’embrasse le rêche du menton, et sa gorge tendre. Je sens sa bouche qui descend sur mon cou, pendant que la mienne parcourt son torse jusqu’à son bas-ventre. Je respire son sexe au moment où le mien plonge dans la chaleur humide de sa bouche. Par la fenêtre ouverte, monte la rumeur de la ville, le cri d’une sirène qui s’éloigne. Sur une table, au bout de la causeuse, des lis reposent dans un vase rempli d’eau et répandent un parfum entêtant.
Je suis assis comme un roi, au centre de la causeuse, les bras étendus de chaque côté sur le dossier. Il est debout devant moi et il déchire l’emballage du préservatif. Je n’arrête plus de sourire et je me mords la lèvre. Il s’avance lentement vers moi. Nos regards sont soudés l’un à l’autre. Il baisse les yeux et se penche sur moi. Son odeur se mêle au parfum des lis et me fait tourner la tête. Je sens son anus qui résiste, qui se serre contre mon gland, puis qui flanche. Et je glisse en lui. Je sens les ressorts de ce vieux meuble qui me mordent les fesses et le dos, mais je les oublie rapidement en voyant son nombril qui fait des 8 devant mes yeux, ses deux cuisses lisses et massives qui entourent ma taille. Des cuisses de statues grecques. Je le jure. Mes doigts courent sur sa peau blanche comme des loups dans une bergerie. je dois avoir l’air un peu hébété, la bouche ouverte, comme un enfant devant un magicien. Lui a renversé la tête vers l’arrière et toujours sa voix grogne, gronde comme un orage qui approche.
J’ai descendu mes mains pour agripper ses reins et j’ai pris le contrôle du mouvement en donnant des coups de bassin. Je le sens autour de moi qui se contracte et s’abandonne. J’ai enlevé la main qu’il avait posée sur son sexe. Je me suis léché abondamment la paume avant d’empoigner son membre en tournant. Je me suis rempli les yeux du grain de sa peau, de ses collines et de ses vallons. Je me suis gorgé de ses cris. Puis j’ai fermé les paupières pour emprisonner les images et les savourer. Nos corps, maintenant, se cognent, s’écartent et s’accrochent. Nos mains avides s’agrippent, se perdent et s’emportent. Nos voix s’interrogent, se supplient, scandent le rythme. Le plaisir enfle et approche de la douleur. Je vois des étoiles. Il pousse un râle animal, un spasme secoue son grand corps et s’achève dans un léger frisson.
...
Une flaque laiteuse s’étire sur son ventre. Nos corps encore palpitants deviennent lourds. Nos respirations sont amples. Ses cheveux chatouillent le creux de mon épaule. L’air autour de nous brille comme un clair de lune qui rebondit sur l’eau. La Terre roule sur elle-même. Au même instant, des milliers d’enfants naissent, des gens meurent, les hommes font la guerre, les amants font l’amour, le soleil se lève et se couche, l’univers est en expansion.
Le bleu du soir colore l’appartement. Son cœur s’apaise contre ma paume. Il me dit : tu sais, je ne regrette rien. Je le regarde au fond des yeux. Moi non plus.
Ce billet a été écrit dans le cadre de la tague érotique que Nitram m’a donnée. (C’était tout un défi. J’ai vraiment eu du mal avec la concordance des temps.) Je la passe maintenant à qui en voudra bien. J’aimerais bien que Lovedreamer l’attrape (je suis certain que tu vas être inspiré.), Kab-Aod (tu effleures souvent le sujet, c’est l’occasion d’y plonger à corps perdu !) et Nicolas (oui, oui, une nouvelle érotique complète, avec un début, un milieu et une fin.).
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12 avril 2009
Le sexe des anges
Pour le congé de Pâques, pour Nitram, qui m’a tagué, et pour Alex qui a lancé cette tague, voici ma première nouvelle érotique à vie. Le billet qui suit contient des scènes explicites qui pourraient choquer certains lecteurs. (+18 ans)
C’était une de ces fins d’été trop chaud où le smog envahit la ville. J’ai dévalé les escaliers et mes pas ont claqué sur le trottoir. La sueur mouillait mon dos. J’avais les cheveux sales et une barbe de trois jours. Je n’en pouvais plus de la curiosité gourmande et voyeuse de la colocataire et du bruit abrutissant de sa télévision. J’étais déprimé, exténué, en colère. Le soleil glissait doucement vers les toits. J’avais besoin de marcher, d’être seul et de voir défiler les façades. La ville m’offrait son anonymat comme un refuge. Les passants n’étaient que des figurants. L’usine Molson crachait sur les quartiers pauvres ses vapeurs de houblon.
J’avançais sans rien voir, le regard tourné vers l’intérieur. Mes yeux abandonnés vagabondaient d’un escalier de fer forgé à une corniche, d’un graffiti à la cime tordu d’un arbre. Au hasard de leur dérive, ils sont tombés sur un homme, qui marchait vers moi sur le trottoir. Un grand brun aux yeux clairs. Happés par sa beauté, ils ont détaillé sa grandeur saine et son visage d’enfant calme. Au moment où nos regards se sont croisés, je me suis rendu compte de ce que je faisais. Je me suis secoué pour regarder ailleurs. J’ai fixé les lignes du trottoir pendant que je le dépassais, en tentant de chasser un trouble naissant. Mais le plaisir du choc initial avait été trop grand. Et une envie irrépressible m’a fait me retourner pour l’admirer de dos, encore une seconde. Il s’est retourné au même moment et nos regards se sont croisés. Effervescence dans ma poitrine. Un roulement de tambour s’est déclenché dans mon crâne. Regarder n’importe où, de l’autre côté de la rue, par terre. Et avancer comme si de rien n’était... Mais les roulements de tambour s’amplifiaient et je devais me concentrer pour me souvenir comment marcher. En tournant le coin, je lui ai jeté un œil, le plus discrètement possible. Il s’était arrêté, s’était retourné et il marchait maintenant dans ma direction.
Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je fais ? Il me suivait. Non, mais ma vie était vraiment une catastrophe. Le jour où j’étais complètement décâlissé, je tombais sur le gars de mes rêves. Impossible de l’entraîner jusque chez moi, avec la colocataire. Qu’est-ce que je fais ? Juste avant le coin d’Ontario, l’entrée d’une ruelle, un mur de brique, inondé par le soleil de fin de journée. M’arrêter. J’avais le souffle court. M’appuyer le dos au mur comme si de rien n’était. Comme si ce n’était pas ridicule de s’arrêter contre un vieux mur à l’entrée d’une ruelle pour prendre du soleil. Mais mon cerveau s’était liquéfié, la chaleur et les hormones, sans doute.
Je l’ai vu quitter le trottoir, s’avancer lentement vers moi. Il a dit « salut ». J’ai répondu « salut ». Il est entré dans ma bulle. Ma main a remonté sur son flanc, il m’a plaqué contre le mur. On s’est embrassé. Sa peau qui avait d’abord la fraîcheur de la brise s’est réchauffée. Une chaleur dont j’étais assoiffé. Mon nez a glissé sur sa gorge pour apprendre chacune de ses odeurs. Tout avait disparu : l’été, la rue, la ville.
Un crissement dans le gravier nous a fait nous immobiliser. Quelqu’un s’approchait en marchant. Ma joue sur sa joue, nos deux corps fermés sur la chaleur entre nous, nos yeux tournés vers l’intrus. De longues secondes où le temps s’est arrêté. Que le battement de son cœur contre ma poitrine et son odeur qui me montait à la tête. L’individu qui nous observait a ralenti. « Il va partir, tu penses ? » sa voix vibrait contre mon ventre. Je ne pouvais pas répondre, l’air autour de nous s’emplissait d’électricité et des étincelles jaillissaient à chacun de nos mouvements. Les pas de l’homme qui s’éloignaient se sont mués en compte à rebours. Dans un élan épique, nos corps se sont entrechoqués, secoués par le désir. Oublié l’homme enfant perdu dans la ville grise, j’étais Christophe Colomb qui découvrait le Nouveau Monde, une terre sauvage où la sensualité des volcans côtoient le parfum des orchidées. Mes mains voyageaient sous ses vêtements. Il a enlevé son t-shirt. Mes doigts ont suivi les courbes de son dos pendant que mes lèvres se lançaient à leur poursuite, goûtant la moiteur de sa pomme d’Adam, zigzaguant entre ses mamelons. Comme deux enfants complices déballant les cadeaux bien avant Noël, nous avons défait nos ceintures. J’ai fermé les yeux, il mordait mon ventre, le creux de mes hanches, ses mains brûlantes posées sur mes reins. Ma tête s’est appuyée sur la brique. Il a éloigné son visage pour me regarder, dans ce qui lui restait de vêtement. Il m’a tendu la main puis m’a tiré vers lui. En roulant contre le mur, par à coups comme dans une valse, nous nous sommes retrouvés dans une petite cour, entourée d’une clôture de bois. Une galerie, quelques géraniums en pots. Les fenêtres noires, le silence. Nos respirations amples emplissaient la cour abandonnée. J’ai senti la rampe de la galerie s’appuyer sur mon dos. Il s’est agenouillé. Ses lèvres se sont fermées sur mon sexe érigé. J’ai retenu ma respiration. Tout son corps bougeait comme la mer. Et sa tête roulait comme un baril sur les vagues. La marée irisée montait en moi jusqu’au bout de mes doigts qui fouillaient le creux de ses épaules.
Quand ses lèvres se sont élevées vers les miennes comme une question, la réponse était oui. Et je l’ai rassuré en mordant dans l’arrondi de son épaule. Dans la chair plus tendre, sous son aisselle. Mes dents que je tentais tant bien que mal de contrôler se sont agrippées à la pointe de son sein droit. Il s’est cambré en gémissant, s’offrant ainsi encore plus. J’ai léché soigneusement son ventre d’or au goût de sel. Ma langue a exploré chaque recoin accessible de son entrejambe. Son sexe parfait, rose tendre, me chauffait la tempe. J’ai mouillé mes lèvres et je l’ai enveloppé. Je les ai glissé jusqu'à son pubis, sentant son gland pousser contre ma joue, mon palais, ma gorge, ma langue voyageant de la douceur lisse du gland au velouté de la verge en passant assidûment sur l’ourlet brûlant. Nous étions entourés de balcons, de fenêtres, mais tout était immobile. Dans ce potager, tomates, aubergines et tournesol, gorgés de soleil, ne s’épanouissaient que pour nous
Il a souri pour la première fois. Puis, en me prenant la main, il m’a dit « viens ». Il m’a entraîné vers la rue. Je me suis dit qu’il se trompait. Il devait y avoir erreur sur la personne. Pourquoi moi ? En replaçant nos vêtements, nous sommes sortis de la ruelle. Le bleu et le rose se mêlaient dans un ciel psychédélique. Au dessus de nos têtes, les branches de féviers tremblaient dans l’or du soleil. Je me suis dit « J’en ai la preuve, les anges existent. »
(À suivre...)
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22 novembre 2006
Dialogue
Dans la nuit de lundi à mardi, j’entends les mots de Bashung : «… Gaby, tu devrais pas m’laisser la nuit, J'peux pas dormir, j'fais qu'des conneries…» Je me perds dans la grande Toile une fois de plus. Je tombe sur une note écrite par deux filles où elles parlent des hommes rencontrés sur le site Meetic: Les pas de couilles. Je souris, ça fait du bien. Je traverse, en ce moment, une zone noire. Je suis cynique, désabusé. Undernet, site de rencontres : rien pour alléger la déprime. Au contraire même, la violence et la sécheresse des rapports virtuels me rendent agressif. J'essaie d'engager des conversations. Je frappe un mur à quelques reprises. *Cling* J'ouvre une boîte de dialogue, on échange quelques mots. Pendant que je cherche mes mots, il tape : « devant tant d’intérêt - dsl - bye *Cling* » Chercher ses mots ici, ça ne se fait pas.
*Cling*, une boîte de dialogue s’est ouverte. Il se nomme hard25. Résumé du profil :
Hard25 : gars 27 ans, cherche mec clean pour sexe bareback.
(bareback : relation sexuelle volontairement non protégée)
La moutarde, celle qui brûle, me monte au nez. Je me dis que celui-là, il va m’entendre.
hard25> allo
Py> Clean, ça existe pas. 1 homme séropositif sur 3 ne le sait pas...
hard25> ok ok
hard25> toi t es poz?
Py> Oui, et puis je te l'aurais pas dit. Bareback, ça me fait débander...
hard25> comment tu la pogné alors si t’aimes pas baiser bareback ?
Py> bonne question, un accident
(Je suis un peu déstabilisé par la question. C’est pas un sujet que j’ai l’habitude d’aborder. Mais je me suis lancé, aussi bien poursuivre…)
hard25> dis-moi ça
Py> complètement saoul, j'étais sûr d'être clean justement. Quand le gars a voulu faire ça sans condom., je me suis dit que s'il savait qu'il pouvait me mettre en danger, il ferait jamais ça. J'étais con.
Py> j'avais 27 ans. (Et vlan dans les dents)
hard25> ok
hard25> et là, t’es rendu a quel âge
Py> 37
hard25> et quel âge avait le mec ?
Py> le même âge, à peu près. C'était l'ami d'un ami. (Quelle importance ?)
hard25> ok
(Je prends une respiration. À mon tour de me poser la question qui me brûle.)
Py> pourquoi bareback ?
hard25> je trouve ça mieux
hard25> mais c es vrai que c’est risqué
Py> mieux comment ?
hard25> + de sensation
(Qu’est-ce que je peux répondre à ça ?)
Py> Je me souviens pas, ç’a été la seule fois.
hard25> ok
Py> J'y crois pas trop, la sensation c une question d'habileté...
hard25> ok
hard25> t’es sur les médicaments ?
hard25> comment ça se passe ?
Py> T'en poses des questions !
hard25> je m’informe.
Py> oui et ça va. Les premiers mois ont été l'enfer.
hard25> les effets secondaires sont durs ou ça t’a pris du temps à le savoir que t’étais poz?
Py> Non, j'avais des doutes dès le lendemain, le gars voulait absolument me voir. Pour m’annoncer qu'il était séropositif. Il comprenait pas ce qui lui avait pris, qu’il disait.
Py> Son médecin disait que j'avais pas grand chances de l'avoir parce que c'est moi qui l'avais pénétré.
hard25> ok
hard25> tu baises toujours avec capote ?
Py> oui
hard25> asteur
hard25> pkoi ça été l’enfer ?
hard25> si c’est pas trop demander
Py> Nausées fièvres au début. Ensuite insomnies, cauchemars horribles, hallucinations pendant des jours. Des boutons partout sur le corps pendant des semaines
Py> Plus de libido pendant des mois
( Tout ça résumé en trois lignes, je voulais que ça frappe.)
hard25> les médicaments font ça ?
Py> Ceux que je prends, oui, au début en tout cas. À long terme, ça détruit le foie. Les médecins pensent que le corps peut pas survivre aux traitements plus de 15 ou 20 ans, c trop fort.
Py> Puis, y'a la peur, tout le temps, pis la honte aussi, le secret. Ça c'est dans la tête, mais c peut-être le pire...
hard25> ok
hard25> tu l’as dit a personne ?
Py> pendant des années, j'ai eu un chum steady. Il était le seul à le savoir. C'était lourd à porter à 2, je pense. Là c plus ouvert. Et c plus facile à vivre comme ça
( Il ne dit rien, je me sens léger. Le stress est tombé. J’ai l’impression que j’ai réglé quelques comptes avec moi-même et avec le gars d’il y a dix ans…)
Py> Cool que tu m'ait pas flushé tout de suite...
hard25> ben là !
hard25> je comprends ça.
Py> … Ça vaut pas la peine. La sensation tu la trouveras bien d'une autre façon. La vie ça peut déjà être assez taugh comme ça !
Py> bon, j'ai assez fait la morale
hard25> ok merci
Py> Fais attention à toi, ciao
hard25> ok bonne nuit
hard25> xxx
[Tue Nov 21 01:27:49 EST 2006] hard25 a quitté la conversation privée.
( Je me suis endormi avec un demi-sourire dans l’oreiller. )
18:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, web, rencontre, bareback, sexe, VIH, sida



