07 mai 2008
Champagne
Un livre dort sur une chaise près de mon lit. Même refermé, il me trouble et me fascine. Quand j’en ai le courage, j’en reprends la lecture. C’est un roman incandescent et douloureux. Par moments, je ne peux m’empêcher de détester cette auteure que je ne connaissais que de réputation. En quelques lignes, elle arrive à mettre en lumière la fugacité de la vie et la magnificence du monde, à l’instant où cette beauté va passer. C’est un roman sur la perte, nourri par une tendresse et un émerveillement pour la nature. Amours, désirs, rêves et souffrances, à pas feutrés, Monique Proulx visite l’humanité de chacun de ses personnages avec une lucidité éblouissante, sans aucune complaisance.
Le récit est mené d’une main de maître. En tant que lecteur, il m’arrive de croire que j’ai discerné une piste dans le foisonnement des images puis, au moment où je m’y attends le moins, l’histoire se retourne comme un gant et me laisse bouleversé comme les personnages.
C’est un roman qui exacerbe les sens et qui ouvre les yeux. Un livre où je reconnais une nature sauvage que j’ai aimée et qui a créé des empreintes profondes en moi. Des couleurs que j’ai laissées s’évanouir de ma conscience pour ne pas en sentir le manque ou la fragilité. Je cherchais un livre pour meubler mes insomnies et m’approcher sans bruit des frontières du sommeil. J’ai fait fausse route. Ce roman me réveille à grand coup de soleil. Souvent, il me tire des larmes oubliées qui dormaient depuis l’enfance.
01:00 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : lecture, livre, roman, écriture, nature, fragilité
17 septembre 2007
Le dégel
À la demande d’un ami, voici le lien vers l’ébauche d’un roman, Le dégel par Kitty78. Une histoire d’amour par moment enlevante, souvent déchirante entre Yan et Yvan. Une histoire décrite avec tant de précision et d’exactitude que j’ai souvent remis en doute l’identité de l’auteur. Comment une jeune fille a-t-elle pu inventer tout ça ? Le dessin magnifique qui illustre cette note est également une oeuvre de Kitty.

Avertissement : Le talent est détectable et le plaisir croit avec l’usage.
10:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : écriture, roman, ébauche, talent, art visuel, internet, blog
18 juin 2007
C'est tout
Note à la manière d’Éric
Dans la très belle salle Cassavetes de l’Ex-Centris, j’ai vu le film Ensemble, c’est tout, de Claude Berri, d’après le roman d’Anna Gavalda. Une réalisation précise et habile, fidèle au roman. L’ensemble dégage cependant la même impression que le livre : un léger excès de sucre et de violons.

Les acteurs étaient pourtant excellents. Et à quelques moments, l’intensité des émotions était palpable. Une scène m’a particulièrement ébranlé. Le couple incarné par Audrey Tautou et Guillaume Canet fait tout pour ne pas s’avouer leurs sentiments. Lui s’apprête à partir pour travailler en Angleterre. C’est la fin du film. Elle est face à lui, les yeux baissés. Je ne me souviens pas des mots exacts, mais dans un élan de colère, il lui lance quelque chose dans le genre : C’est si difficile de dire : Je veux que tu restes ? Il y a un instant de silence. Elle lève les yeux vers lui et hésite : Je… J’ai peur, j’ai tellement peur. Il se lève brusquement et s’en va. Au moment des points de suspension, il y a une goutte d’eau qui s’est coincée entre mes cils. J’ai pris une grande respiration parce que je n’avais pas envie qu’on me voie pleurer, même dans le noir d’une salle de cinéma. Je l’ai essuyé, aussi discrètement que j’ai pu, du revers de ma manche. Après cette scène, le happy-end du film avait l’air aussi plaqué que celui du livre. Dans la vraie vie, les histoires d’amour finissent mal. Et cette pirouette de l’auteur n’est pas parvenue à me convaincre du contraire.
(Je ne vends pas le punch, il est prévisible dès les premières images. Voir la bande-annonce est même suffisant pour le deviner.)
10:20 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, cinéma, couple, roman, acteurs





