23 décembre 2007

Pour le plaisir


Philippe Catherine

Pour Noël, je vous souhaite du temps pour les câlins, les longues discussions à réinventer le monde et les petits plaisirs que l’on savoure. Je vous souhaite l'audace d'oublier la course aux cadeaux et le stress d’être parfait devant la famille élargie. Voici quelques liens pour perdre son temps, juste pour le plaisir...

Vous n'en pouvez plus de pelleter, de vous faire réveiller chaque nuit par les déneigeuses ou de chercher votre automobile qui a été remorquée ? — Voici un petit jeu adorable qui a la douceur d'une première neige. (Via I love Juju)

Winter Bells

(Ce n'est pas pour vous humilier, mais mon meilleur score est de 37 880 points !)
(Edit : 69 700 !)

Les réunions de famille vous déprime ? Vous ne pouvez plus sentir le Brut 33 du beau-frère ? La dinde de matante Fernande vous donne envie de vomir ? — Faites danser des lutins qui auront le visage de vos proches. (Merci Thomas)
Elf Yourself


La musique de Noël vous donne de l'urticaire ? Vous faites chaque nuit des cauchemars où vous êtes poursuivis par Marie-Michèle Desrosiers, les joues rouge sang ? — Créer vous-même un Noël techno. c'est absolument trippatif. (Via Ni vu, ni connu)
Carnation Xmass Jukebox

18 février 2007

L'anniversaire



J’ai traversé la déprime en fouillant dans mes souvenirs et en passant des heures à triturer la configuration de mon ordinateur. J’ai observé la neige qui tombait sans arrêt. J’ai assoupli mes règles alimentaires et j’ai même avalé un hamburger synthétique chez Macdonald. J’ai retrouvé dans une boîte de soulier le journal que j’écrivais en 1994. Si je me prétends naïfs aujourd’hui, ce n’est rien par rapport à ma naïveté de l’époque. Je venais de sortir du placard et de réaliser que je n’allais jamais rencontrer « la bonne fille », me marier et faire de nombreux enfants (mieux vaut tard que jamais). C’était l’année de toutes les découvertes.

Le 14 février, c’était la Saint-Glinglin, mais c’était aussi l’anniversaire de Thomas. Thomas est arrivé dans ma vie l’an dernier, alors que tout s’écroulait. Mon copain me quittait pour un autre. J’avais choisi de lui laisser l’appartement à Saint-Hyacinthe et de retourner vivre à Montréal, où je ne connaissais plus personne. J’ai tapé « logement à partager » dans Google. J’ai écrit à quelques personnes. Je n’ai eu qu’une réponse. La chambre était minuscule, mais l’appartement avait du cachet. J’étais sous le choc et je ne me sentais pas l’énergie pour chercher davantage. Il était gai, et prof de maternelle. Je me suis dit que c’était une référence.

Thomas vient d’une grande famille. Il aime recevoir et être entouré. J’étais toujours le bienvenu dans son cercle d’amis. Ça m’a forcé à sortir de l’isolement. Parfois, la tête me tournait tant il y avait de monde dans l’appartement. Je vis seul depuis le printemps dernier, mais j’étais heureux de revoir ces visages connus. Il a soufflé les bougies et nous avons trinqué. Les discussions étaient animées et émaillées de rires sonores. À un certain moment dans la soirée, il m’a pris dans ses bras. J’ai complètement figé. Je n’ai pas l’habitude des effusions, de l’affection gratuite. J’ai mis ma main sur la sienne quelques secondes. Juste pour dire que… oui, j’étais content.

Je suis rentré à pied vers deux heures du matin. C’est une bonne marche entre Hochelaga et Rosemont. Une neige fine comme du sel emplissait le ciel. Les trottoirs étaient couverts d’un feutre blanc. J’étais bien. Habituellement, dès que je sors et que j’ai un peu d’alcool dans le sang, je tombe automatiquement en mode chasse. C’est une défaite et une humiliation sans nom que de rentrer seul. Pas cette fois-ci. Malgré le ciel nuageux, je savais qu’il existait une bonne étoile. J’ai marché en repensant aux conversations de la soirée avec Hélène ou Jean-François. Je n’avais pas ri autant depuis longtemps. On a parlé de travail, de cul, de musique, de cul, d’amour, de cul et, bien sûr, de cul. Et je me dis que la vie peut être douce comme un caramel au beurre quand on le veut bien.

By The Time I Get To Phoenix, Susie Arioli Band (de l’album Learn to smile again, 2005)