17 mai 2009

Pause

Pause. Je suis malade. Rhume, fièvre, courbatures. Je déteste être malade. La nuit, ça me terrorise. J’ai cumulé trop de stress. J’ai besoin d’une pause. Tout donner, c’est tout ce que je sais faire, dans toutes les sphères de ma vie. Je ne sais pas prendre soin de moi. Il faut que j’apprenne à le faire, tout seul comme un grand. Alors, les billets ici font relâche, jusqu’à ce que je prenne du mieux.

27 janvier 2009

Pause

C’est arrivé sans crier gare. Dans la soirée, quand j’ai senti les premières vagues de chaleur me parcourir le corps, j’ai su qu’il était trop tard pour prévenir. J’ai attrapé le virus qui court au bureau. Ce n’est pas un rhume qui va me faire peur. J’ai mes 340 CD4. Ensemble, on a fait mordre la poussière à des pneumocystis, des molluscums et des staphylocoques autrement plus inquiétants. Mes mercenaires connaissent le terrain et la guérilla est ouverte. J’enveloppe ma fièvre dans la laine et le coton. J’ai même mis ma tuque et mon t-shirt de la CSN pour avoir l’air plus "tough". Il va falloir que je m’arrête. J’ai voulu jouer les héros et abattre à moi tout seul le travail de quatre personnes. Il n’y a pas trente-six solutions. Saisir le sommeil quand il se présente, me garder les extrémités au chaud, boire beaucoup de liquide et appuyer sur pause.

25 février 2007

Tout petit

Rien de grand, rien de grave. Juste qu’il fait froid depuis si longtemps. C’est peut-être les 30 mg de Citalopram que j’ai coupé cette semaine pour le sevrage. Ou le fait que je n’ai pas couru depuis deux jours. Je me suis dit que j’avais besoin de repos. J’ai une petite toux, presque rien, même pas un rhume. Je sais bien qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Je sais qu’il n’y a aucune raison de penser que le virus a trouvé ma faille et que la pneumonie va m’emporter. Je voudrais bien être frappé par un train, me noyer ou mourir dans un incendie. N’importe quoi, mais pas la pneumonie. Mais ce n’est rien, juste un petit inconfort dans la poitrine, juste une voix enrouée et ça ne fait même pas 48 heures. Hier soir, j'ai fumé de l'herbe à la pipe, rien pour arranger les choses.

Ce n’est pas de la complaisance ni de l’apitoiement. C’est là et c’est tout. L’impression d’un vide qui me submerge et qui doit être comblé. Rien de nouveau sous le soleil d’hiver. J’ai bu du vin rouge, un Shiraz australien. J’ai magasiné. On ne voit jamais personne se lamenter entre les étalages des magasins. J’ai acheté un agenda avec une couverture en cuir brun chocolat. Je croyais avoir une réduction, on est quand même à la fin de février. Il était plein prix. Au diable la dépense. J’ai aussi acheté un album de bande dessinée. Paul à la pêche de Paul Rabagliati. Cette série m’a réconcilié avec les genres de l’autofiction et de l’autobiographie. Ces histoires rendues par des dessins très simples sont époustouflantes de vérité et de sensibilité. C’est sûrement l’une des découvertes qui m’a amené vers l’écriture de ces carnets. Puis je me suis étendu sur le lit avec une couverture sur les pieds. La musique de Martha Wainwright pour couvrir le bruit des voisins, pour donner un peu de sens à mon silence, à mon immobilité. J’aurais envie de m’empiffrer, j’aurais envie de m’activer. Je déteste le repos. Je veux m’enfuir, me faire tout petit. Oublier toutes les incertitudes des mois à venir.



This life, Martha Wainwright (2005)