09 février 2009

Trop de papiers

Rien qu’à Montréal, nous recevons 3 annuaires de pages jaunes par année.

Personnellement, il y a des années que je n’ai pas ouvert ce type d’annuaire. Je trouve ce que je cherche sur internet. C’est du gaspillage pur et simple que de m’en faire parvenir ne serait-ce qu’un seul, alors imaginez 3!..
.

Les pages jaunes, je les mets directement dans le bac de recyclage et ça me prend toute la place. (Cela s'ajoute aux publisacs que je reçois même si j'ai apposé l'autocollant, pas de publisacs sur ma boîte aux lettres.) Il existe plusieurs bottins sur le Web, à la maison comme au travail j'utilise Canada411.

Via Miguel Tremblay, Hors des lieux communs

02 février 2009

Brèves

Les trois marmottes canadiennes : Wiarton Willie (Ontario), Shubenacadie Sam (Nouvelle-Écosse) et Balzac Billy (Alberta) ont aperçu leur ombre en sortant de leurs terriers. Elles ont pris peur, bien entendu. L’hiver va donc durer encore six semaines ce qui nous mène jusqu’à la Saint-Patrick. (Statistiquement, les marmottes se trompent une année sur deux, comme toutes les miss météo, d’ailleurs.) Ce matin, le ciel est d’un bleu éblouissant et cet intermède printanier fait beaucoup de bien. Hier, en revenant du gym, j’ai fait tremper mon kit d’entraînement à l’eau froide puis j’ai lancé le cycle régulier de la laveuse. Mon Ipod était resté dans la poche de droite. J’étais catastrophé, quand je l’ai retrouvé dans le tissu détrempée. Je l’ai laissé séché toute la nuit puis je l’ai branché ce matin. Il fonctionne toujours ! Conclusion : les Ipods sont submersibles et plus fiables que les marmottes.

Dans mon Ipod, justement, (ainsi que dans le premier lecteur de la colonne de gauche) j’ai un coup de cœur (jeu de mots facile) pour les chansons de Béatrice Martin, aka Cœur de pirate. Elle possède un réel talent pour les mélodies et elle manie avec un plaisir contagieux la musicalité des mots. Je ne peux m’empêcher de me demander quel âge elle a. On la croirait à peine sortie de l’adolescence... À écouter de près, sans modération.

25 janvier 2009

Tag

Je suis : dans ma bulle, inventif, trop intense, exigeant, orgueilleux, gourmand, sensuel, travailleur acharné et timide.

On me perçoit à tort comme étant
: snob, même prétentieux et réellement naïf.

J’attire : les cœurs brisés, les déroutés, les hypersensibles et les anciennes baises d’Éric Salvail.

Avant, j’attirais plus : les menteurs et les ambitieux, les chasseurs de trophées. (Forcément, j’étais plus jeune.)

Je craque pour : les gars un peu baveux, les intellos, les cravates et les lunettes (pour pouvoir les enlever), l’accent anglais, la franchise totale et le talent pour la cuisine.

Avant je craquais pour : les grands blonds, les inaccessibles, les mélancoliques romantiques, et tous ceux qui se prennent très au sérieux.

Je devrais plutôt craquer pour : (Ça c’est une bonne question, probablement la plus difficile et celle où j’ai le plus de chance de me tromper. Mais puisqu’il le faut...) des hommes bien dans leur peau, solides, sensuels avec un sens de l’humour hors du commun, des passionnés, capables d’interiorité.

J’évite particulièrement les : les intoxiqués, les menteurs et les ambitieux, les inaccessibles, les pilliers de bar du village gai et les mélancoliques romantiques. (C’est ben beau vieillir, mais il faut bien que l’expérience, ça serve à quelque chose !)

Ma meilleure baise : L’une des dernières. (Moi qui pensais que j’avais dépassé la date d’expiration ! À trente ans, j’ai mené la vie d’un quinquagénaire. Maintenant que j’arrive à quarante ans, je vis comme si j’avais 10 ans de moins.)

Ce questionnaire, je l’ai trouvé chez Tchendoh de 10putes.com, que je viens de découvrir. Je l’ai vu par la suite sur plusieurs autres blogues. Une tag originale que l’on a envie d’attraper.

Tag : n. m. Graffiti codé qui constitue une signature, un signe de reconnaissance. n. f. [Québec] [Familier] jeu du chat perché, le but est de toucher une personne, celle-ci devant à son tour en toucher une autre.

10 janvier 2009

Everything is fine (Tout est parfait)

« Tout est parfait » sort ces jours-ci en France sous le titre « Everything is fine ». (!) Comme j’écris en québécois et que les lecteurs français de passage pourraient ne pas me comprendre, Ce billet est sous-titré, pour eux.
This post is subtitled for french readers.

« Extraordinaire... Le meilleur film québécois depuis C.R.A.Z.Y. »
“Extraordinary... the best Quebecois film since C.R.A.Z.Y.”
(Brendan Kelly, Montreal Gazette)

Plus d'infos sur ce film

« ...Un film superbement réalisé qui raconte la rencontre de deux adolescents après le suicide de quatre de leurs amis. Il s’agit du premier film du réalisateur Yves Christian Fournier. Avec un style percutant et une utilisation sensible et inventive de la trame sonore, il parvient à transformer le conflit intérieur d’une jeune homme de 17 ans en une sorte de thriller. La toute dernière scène du film a ébranlé l’assistance et laissé plusieurs personnes en larmes. Everything is Fine (Tout est parfait) est, de loin, ce que j’ai vu de plus électrisant à Cannes ces dernières années... »
“...It’s a beautifully made film about a teen boy and girl who come together after four of their friends commit suicide. With a strong sense of style and an especially inventive feel for sound design, first-time feature director Yves Christian Fournier manages to turn the story of the inner conflict of a 17 year-old boy into something almost resembling a thriller, with a final act catharsis that left several of us in the screening room in tears. Everything is Fine is, by far, the most exciting thing I’ve seen in Cannes thus far... ”
(Karina Longworth, Cannes Diary)

Ça, ça veut dire apportez des kleenex, mais ne manquez surtout pas ça ! La bande-annonce ("Preview" for french readers) ne rend pas justice au film. Les images sont magnifiques, le scénario, poignant, le jeu des acteurs, éblouissant.

29 décembre 2008

Léger

Premier jour. Premières heures de répit après des jours trop chargés. Les fêtes de Noël soulèvent des vagues de nostalgie, d’émotions contradictoires, dans ma vie comme au travail. Tout cela sur un bruit de fond assourdissant des publicités et de la fièvre de la consommation. La pluie verglaçante et les vents violents sont passés sur la ville. Ce matin, un soleil timide cherche les quelques traces de neige encore intacte. Entre Noël et le Premier de l’an, j’ai enfin du temps libre pour laisser décanter tout ce brassage des derniers jours.

Les chansons de Noël ont été tellement reprises et utilisées à des fins commerciales qu’elles ont perdu toute saveur. C’est un genre galvaudé ou bien des artistes se sont cassé les dents. Proposer un album de chansons de Noël originales était audacieux. Pari réussi pour Maryse Letarte. Je ne la connaissais pas. Après avoir entendu quelques-unes de ses pièces, j’ai vraiment envie d’en savoir plus sur sa musique : Anges de neige, Maryse Letarte, premier lecteur dans la colonne de gauche.

J’en profite pour vous offrir mes vœux pour la nouvelle année : de la santé pour avoir le regard clair et ne rien manquer de l’effervescence de la vie, de la tendresse pour traverser les jours et les nuits et du désir.

18 décembre 2008

Avertissement

Je ne veux pas vous conter de peurs, mais si vous appuyez plus d’une fois sur le bouton play du troisième lecteur de gauche (Le présent), vous risquez d’avoir la même toune dans la tête, pour le reste de la semaine. Vous êtes des adultes, je présume. Je vous aurai prévenu : le risque croit avec l’usage...

Il s’appelle Francis Roberge. Il entame la trentaine et n’a pas encore fait d’album. Percussionniste de formation, il a été finaliste du Festival de la chanson de Granby, en 2007. Il n'y a pas gagné de prix, mais s'y est fait remarquer. « Sauvage et inspiré », « un talent encore vert, mais un talent » a écrit Francis Hébert du Blogue chanson. Dans cette grande noirceur de décembre et ces tempêtes de vide existentiel, rien de tel qu'une chanson tendrement fignolée.

08 décembre 2008

Le voisin III

-15 °C. Le vent s’engouffre dans mon capuchon. J’ai les lèvres gelées et je sens plus mes doigts. C’est pas normal, un froid pareil au début de décembre. Encore une fois, je m’en vais perdre mon vote. C’est bien connu : « Les jours de grands froids, Sainte-Pauline perdoie ». Le bureau de vote est à une quinzaine de rues de chez moi. Je connais le chemin depuis que les élections ont lieu tous les trois mois. Arrivé dans le hall, je glisse ma main dans ma poche et je me rends compte avec horreur que mon portefeuille ne s’y trouve plus.

Pendant un moment, c’est la panique : cartes de crédit, de débit, d’assurances, argent comptant, etc. J’accélère le pas. Je coupe par la ruelle. Je me dis que c’est rien qu’un portefeuille, que des cartes, ça s’annule, que de l’argent, ça se prête. Je grimpe les escaliers pour monter chez moi. Le balcon est glissant. Mon portefeuille était posé sur le coin de mon bureau. Je ne le sors jamais de ma poche habituellement. Je suis soulagé. Je me tape deux fois le trajet, le vent, le froid...

J’arrive au milieu du gymnase qui fait office de bureau de vote. Ma section de vote est sur la gauche. Trois scrutateurs y sont attablés : deux femmes replètes et un homme. Bien sûr, c’est tout de suite lui que je remarque. Assez grand, pommettes saillantes, nez un peu fort, chevelure sombre et épaisse, et de magnifiques yeux gris. Son col en V laisse deviné un torse velu. Il sourit. La femme du centre me demande mon adresse. Je lui réponds en tendant ma carte d’assurance maladie . Il s’anime, dit : « Hey, mon voisin ! Je viens d’emménager... » Il a vraiment des yeux... La gêne me prend et s’ajoute à ma bouche gelée. Je marmonne un minuscule « merci » en attrapant le bulletin de vote et je me dirige vers l’isoloir. (J’aurais pu au moins me présenter, lui serrer la main. Quoique ce n’est pas vraiment l’endroit.) Derrière le paravent, je ne me souviens plus s’il faut faire un x, un crochet ou noircir. Je noircis nerveusement la première case. Je glisse mon bulletin dans la boîte et je lance un « bonne soirée » sans regarder personne avant de m’éloigner. (Qu’est-ce que je suis bête !) Dans le froid, je repense à ses yeux. Il a à peu près mon âge. Plus vieux que je croyais. Qu’est-ce qu’il faisait là ? Il n’a pas d’emploi ? C’est peut-être payant de travailler comme scrutateur. Est-il gai finalement ? Je ne saurais pas dire... Au moins, il a l’air sympathique. J’espère qu’il ne m’a pas entendu chanter hier soir, en lavant la vaisselle.

(à suivre)