11 juillet 2008

5 raisons

5 raisons pour aimer dormir avec lui : 1. Parce que j’ai dormi seul, les trois quarts de ma vie. Faire l’étoile : j’ai déjà donné. 2. Parce que lorsque je l’entends respirer à mes côtés, j’essaie de ne pas trop bouger, j’adopte son rythme et je me laisse aller au sommeil. 3. Pour pouvoir me coller contre lui, au milieu de la nuit, si j’ai froid. Ou le pousser, si j’ai chaud. Il est l’une des seules personnes avec qui j’arrive à dormir collé. 4. Pour lui prendre la main quand j’ai fait un cauchemar. Suffit d’un baiser sur le front et les monstres les plus terrifiants deviennent dérisoires et s’enfuient, affolés. 5. Pour le bonheur de le voir roupiller au petit matin, quand je m’éveille le premier. Ne lui dites surtout pas : il est beau même quand il dort. Et puis, vous vous doutez bien, pour plein d’autres raisons que je garderai pour moi. Il y a des enfants qui pourraient passer par ici.

26 juillet 2007

Les vagues

Quand je sors du bureau, je suis presque assommé par la cacophonie joyeuse des oiseaux. Le cardinal, les chardonnerets, le merle et les bruants semblent concourir pour savoir qui dominera l’espace sonore. Le soleil frôle la couronne des arbres qui frissonnent. L’été se décline en milles menus bonheurs, jusque dans la blogosphère… Suivre des leçons de philosophie en pleine canicule données par une institutrice blonde, la cigarette au bec. Sentir une goutte de sueur qui dévale ma tempe. Entendre le vrombissement du ventilateur. Et me creuser les méninges pour comprendre pourquoi l’amour. Flotter paresseusement dans l’eau fraîche. Être aveuglé par la lumière et la transparence bleutée de la piscine. Se retourner pour ne pas manquer le plongeon parfait d’un émule d’Alexandre Despaties. Parler à voix basse avec GP qui flotte juste à côté. Détailler les garçons qui passent. Ceux qui se font dorer en maillot. Puis étendre sa serviette et laisser son corps alourdi se gorger lentement de soleil Se retrouver dans un bar devant deux pintes de bières irlandaises, Bass et Guiness, et entendre un joli garçon me dire qu’il faudrait vraiment que j’essaie d’être publié. Avoir le bar à nous tout seul. Être servi par une sympathique barmaid aux yeux clairs puis repartir en vélo et filer sur la piste dans l’air doux de la nuit. Rigoler en voyant les petits copains de Creaminal tenter d’identifier les toilettes du Jardin botanique de Montréal : Turquie, Angleterre, Japon, Chichigneux les Oies Grasses ou alors Tataouine la Callaisse ? (Je peux en parler maintenant que Beur-boy a trouvé.) Être invité à Paris en regardant le feu des lucioles au-dessus d’un champ virtuel. Imaginer le Boeing qui décolle, mon regard qui cherche la ville dans le hublot. Imaginer son visage… Apercevoir une petite puce de trois ans qui s’approche de la terrasse. La voir se lever sur la pointe des pieds pour voir les frites et les tortillas dans mon assiette puis me gratifier d’un sourire timide mais radieux avant d’aller rejoindre, à petits pas, le papa qui lui tend la main sur le trottoir. Lire les retrouvailles de deux amants, entre pudeur et passion dévorante, quelque part dans le Nord de la France. Croquer dans un chocolat noir grand cru de Madagascar ou de l’Équateur à la pause de 15 heures. S’étonner des parfums subtils de fleurs et de fruits qui colorent l’ivresse du cacao. J’ai beau chercher, je n’arrive pas à mettre en ordre tous les plaisirs qui se succèdent sur ma vie en ce moment. Pourtant, comme je le fais depuis l’enfance, je reste immobile, assis près des dunes, à regarder les vagues s’essouffler sur le sable. Je laisse mon regard se perdre dans la dentelle de l’écume. Et je souris de convoitise en fixant les cailloux colorés qui irradient sous l’eau claire.