17 novembre 2007
Les choses
Avant que ce blogue existe, j’écrivais sur du papier des bouts de journal. Souvent, les trois quarts des cahier restaient vides. Je garde tous ces carnets, les lettres, les cartes de fête. Je n’ai jamais été très matérialiste. Je n’accumule pas les objets. J’ai adopté (pas toujours volontairement) les préceptes de la simplicité volontaire. On dit que les écrits restent. C’est le cas, dans ma vie en tout cas. Désormais, mes notes sont stockées sur un serveur quelque part en France. Ça libère de l’espace dans mes tiroirs et ça me convient.
Dans mon quotidien par contre, les objets ont le dessus. La vaisselle s’amoncelle sur le comptoir, mon bureau croule sous les livres, les notes et les dictionnaires. Les vêtements couvrent chaque meuble de ma chambre. Le capharnaüm qui règne habituellement chez moi me rassure. Le désordre comble le vide et il étouffe la solitude. Il me sert également à la justifier. Orgueilleux comme je suis, il est hors de question que j’invite qui que ce soit chez nous. L’appartement est sans dessus dessous. Mon bordel me protège, comme un cocon.
Je suis tombé récemment sur le blogue de Sophie Legault, organisatrice résidentielle. Dans sa note du 8 novembre, elle explique que les souvenirs matériels qui envahissent notre espace sont des liens qui nous entravent et nous empêchent d’avancer vers l’avenir. Ils nous tirent constamment vers le passé. Elle a sûrement raison. Mais bien souvent ces liens m’ont été utiles pour retrouver mon chemin. Dans les moments les plus noirs de ma vie, j’aime retrouver des traces des épisodes plus lumineux. Lorsque la solitude devient obsédante, lorsque vraiment ça ne va pas, j’ouvre une vieille boîte, je relis des mots d’amour ou d’amitié. Et des sourires reviennent me tourner autour.
Depuis environ une semaine (en fait depuis la soirée de vendredi où j’ai de nouveau croisé le cowboy), je me suis mis au grand ménage. Actuellement, tout est en ordre. Et le vide, je le reçois à chaque instant en plein visage. L’ampleur de la solitude devient évidente. Je suis angoissé. Je dors mal. C’est un combat de tous les instants pour ne pas laisser mes affaires m’envahir à nouveau. Mais je tiens bon. Une minute à la fois, j’affronte ce vide visible. J’ai la patience de remettre à sa place chaque objet effronté. Je me dis qu’à force de ténacité, l’ordre deviendra plus naturel. Et si la nature a horreur du vide, elle n’a qu’à le combler, c’est son travail. Moi je ne veux plus vivre emmitouflé dans mes souvenirs.
Je peux donc circuler librement. Les caisses de paperasse dorment dans les placards. Ils sont toujours là, en cas de besoin, si la solitude devient trop pressante ou si le vide m’obsède. Je me suis demandé comment je me sentirais si un incendie ravageait mon appartement et que tous ces souvenirs disparaissaient. Ma première réaction serait sûrement la panique. J’ai des frissons, juste à y penser. Mais au-delà de la peur, je pressens une légèreté, une libération en quelque sorte. En tous cas, je poursuis mes expériences d’ordre extrême (dans mon cas, un appartement en ordre, c’est un sport extrême), on verra bien ce qui adviendra. Le cow-boy me fait vivre pas mal de houles en ce moment, il ne faut surtout pas que je lâche la barre.
13:30 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, gay et lesbienne, objets, choses, ordre, papier, écriture
18 avril 2007
Le postier II
Enfin un peu de soleil, je n’ose plus le croire. Je vais participer à ma première course dans moins d’un mois et je n’ai pas encore eu l’occasion de courir à l’extérieur. La piste du parc Maisonneuve était impraticable. Les tulipes sont sorties malgré le poids de la neige. Les bourgeons sont gonflés. Et dans ma boîte aux lettres une enveloppe large bien remplie. Je l’ai déposée sur le tapis près de la porte, réservant le plaisir de l’ouvrir pour plus tard. Je ne suis pas toujours aussi sage. Quand Éric m’avait écrit, j’avais déchiré l’enveloppe en moins d’une milliseconde.
J’ai marché sous le soleil en pensant au mystère de l’enveloppe. L’adresse est écrite par une main féminine. Les femmes ont souvent une écriture plus fine. J’avais dans mon sac mon propre envoi qui contenait un disque et la note précédente. Cette idée assez poétique de blogue par la poste a été lancée sur le site de sprey-net. La date de tombée pour le prochain envoi est le 6 mai 2007. Et vous êtes tous invités à y participer. C’est bien agréable de découvrir un petit rien intéressant entre les publicités, les factures et les menus de pizzérias. J’aime imaginer ces dizaines d’enveloppes qui se croisent à la poste dans leur course vers des destinataires inconnus.
Dans l’enveloppe, je trouve une note et du papier 100 % recyclé, joli et solide, pour mon prochain envoi. Merci Mélissa. Je te souhaite la bientude.
13:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blogue, écriture, courrier, poste, papier, soleil
04 avril 2007
Derrière un kleenex
Chaque papier-mouchoir de marque Kleenex cache une coupe à blanc. Les larmes de tristesse ou de colère sécheront avec le temps. Mais la forêt boréale mettra des milliers d’années à se régénérer et des centaines d’espèces animales et végétales risquent de disparaître, à jamais.
La forêt boréale représente le quart de toutes les forêts anciennes encore existantes sur la planète. Elle constitue l’un des plus importants puits de carbone terrestre et joue un rôle critique pour combattre les changements climatiques. C’est un réservoir de biodiversité irremplaçable, intimement lié à la préservation de la richesse des cultures autochtones de l’Amérique du Nord.
Chaque année, près de 650 000 hectares de forêt boréale canadienne sont rasés, la plupart du temps en utilisant le procédé de la coupe à blanc. Les coupes à blanc sont dévastatrices parce qu’elles éliminent tous les arbres d’un secteur forestier donné. À l’heure actuelle, seulement 8.6 % de la forêt boréale du Canada est protégée.
Kimberly-Clark est l’entreprise qui fabrique les papiers-mouchoirs de marque Kleenex. Malgré les préoccupations environnementales des consommateurs, malgré les pressions des groupes environnementaux, elle continue d’acheter sa pâte à papier d’entreprises qui coupent des arbres de la forêt boréale ancienne. Kimberly-Clark refuse de changer ses pratiques commerciales et contribue ainsi à la destruction de ces forêts. Les produits Kimberly-Clark sont vendus pratiquement partout en Amérique du Nord et en Europe. Les mouchoirs, papiers hygiéniques et serviettes de table Kleenex sont fabriqués au Canada et aux États-Unis. Les marques Scott, Viva et Cottonelle/Cashmere sont fabriquées aux États-Unis.
Il existe pourtant des alternatives. Il est possible de produire des papiers jetables d’excellente qualité en respectant les principes du développement durable.
Il est possible de changer les choses
Depuis novembre 2004, Greenpeace coordonne une campagne internationale de boycott des produits de Kimberly-Clark. Plusieurs organismes participent à la campagne. Et chaque citoyen peut également jouer un rôle essentiel en se faisant entendre directement auprès de l’entreprise, en choisissant des produits fabriqués par des entreprises plus responsables et en exigeant auprès des commerçants que de tels produits soient disponibles.
Vous pouvez joindre le service à la clientèle de Kimberly-Clark :
À partir du Canada et des États-Unis: 1-888-525-8388
(Sans frais, en français et en anglais)
Ou communiquer directement avec les dirigeants de l’entreprise :
Ken Strassner : +1 770-587-8634
Thomas Falk: +1 972-281-1308
(Les frais d’interurbain s’appliquent. Thomas Falk travaille à Irving au Texas, alors que Strassner travaille à Roswell en Georgie. Si vous ne réussissez pas à les rejoindre, laissez-leur un message. Prenez note qu’on risque de vous répondre en anglais !)
Thomas Falk, CEO
Kimberly-Clark
351 Phelps Drive
Irving, Texas 75038, USA
Télécopieur : 972-281-1490
Courriel : thomas.j.falk@kcc.com
Greenpeace offre un site d’information et, pour le Canada, un guide d’achat des papiers jetables.
Il n’est pas toujours facile de trouver des papiers jetables fabriqués par les entreprises plus responsables. Les produits sans nom ou de marque maison sont souvent fabriqués par Kimberly-Clark ou par ses divisions. Au Québec, l’entreprise Cascades fait un travail remarquable. Ses produits sont distribués, entre autres, dans les pharmacies Jean Coutu, Proxim et les supermarchés IGA.

La colère a parfois son utilité ! ;-)
Musique : Françoise Hardy, Comment te dire adieu, Serge Gainsbourg, Arnold Goland, Jack Gold
00:00 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Kleenex, forêt, environnement, écologie, citoyens, avenir, papier



