03 juin 2007

Épuisé

(oui, oui, Jonas, il faut cliquer !)



Les heures cascadent, des premières lueurs du jour jusqu’à tard dans la nuit. Balises grises, respirations rêches. Toujours cette peur qui m’accompagne. Elle est la seule à être toujours auprès de moi. La seule sur qui je peux toujours compter. Bien que je m’entraîne à sourire. Que je lance constamment mon imagination à l’assaut d’un bonheur éventuel. J’ai parfois le souffle lourd et le regard flou. Plus tard, je sais, je pourrais être fier. Maintenant, je ne suis qu’épuisé.

Je les cherche des yeux, parmi la foule. Les anges qui croiseront ma route pour un instant toujours trop court. Trop court comme cette route. Trop court comme cette nuit passée à tourner dans mon lit. Avant qu’un nouveau jour n’apparaisse, les derniers noctambules rentrent enfin dormir. Les arbres portent encore les frissons de la nuit. Dans l’aube bleue, la flûte du merle d’Amérique résonne comme sous les voûtes d’une cathédrale.

Crédits :

  • Le chant du merle d’Amérique (Turdus migratorius) enregistré par Lang Elliot, NatureSound Studio, NY, 1991
  • Summa, Arvo Pärt, sur l’album Fratres… , EMI, 1994