03 octobre 2008
Le silence
Je ne sais pas ce que Mister Right m’a fait. Personne ne m’a jeté face à mes démons, de façon aussi brutale. Ces démons, je les connais bien pourtant. Dans le passé, ils m’ont fait saccager des pans entiers de ma vie. J’ai brisé à la hache tous les ponts qui me reliaient aux hommes que j’ai aimés. Moi qui ai toujours rêvé à cette tendresse des anciens amants. Je voulais être intense. Je voulais être noir ou flamboyant.
Je ne lui ai pas parlé depuis plus de deux semaines. Il m’envoie des courriels de trois lignes. Il me dit que je suis fort, que je suis attachant, que je suis plein de charme. Il ne répond pas quand je l’appelle. Il n’appelle pas. Je me retiens pour ne pas composer son numéro trois fois par soir. Je ne veux pas le harceler. Il dit qu’il croule sous le travail. Je sais que ça ne prend que quelques minutes pour faire un téléphone et qu’il pourrait le faire s’il le voulait. Mais je n’imagine rien. Je ne fabule pas, je n’extrapole pas. Je me retiens de chercher un sens caché à ses trop brefs messages. Je m’oblige à fermer l’ordinateur et à ne pas passer des heures à guetter l’arrivée d’une réponse. Je m’oblige à penser à autre chose quand mon esprit se met à imaginer des drames. Il n’y a pas de drames. Il n’y a que de la déception. J’ai banni de mes phrases les mots « toujours » et « jamais ».
J’ai eu des moments d’abattement, j’ai pleuré de rage. Mais je me suis interdit de me saouler. Je ne suis pas allé courir en fou pour me défouler au point de me blesser. Je n’ai pas traîné son nom dans la boue. Je n’ai pas écrit de billet qui ferait frémir et qui lui donnerait définitivement l’image d’un monstre ou d’un salaud. Je me suis interdit de lui écrire des courriels vengeurs ou larmoyants. Ce n’est pourtant pas l’inspiration qui m’a manqué. J’ai même pensé lui faire mes adieux sur son répondeur, m’enregistrer et en faire un podcast offert au Web tout entier. Imaginez le mélo, avec des soupirs et des sanglots dans la voix. Je l’ai même répété sous la douche. J’aurais peut-être battu des records d’audience. Ç’aurait été ridicule.
J’ai continué d’espérer que l’on puisse se retrouver et réparer ce qui a été brisé. Ce faible espoir minuscule et insensé m’a fait avancer. J’essaie de manger trois fois par jour, même si je n’ai jamais faim. Je prends des somnifères, je me couche tôt. Je mets toutes mes énergies dans le travail. Et je me force à lever les yeux quand il y a une percée dans les nuages. Je m’entraîne avec le grand et j’écoute en souriant ses histoires de baise. Je lave la vaisselle. J’arrose les plantes.
J’ai mal. J’ai mal à la solitude. Cette vieille solitude. Mais je reste là sans fuir ni bouger. Et je n’en meurs pas. Je tente de me consoler comme on soigne un animal blessé. Je prie le temps de faire son œuvre. Peut-être que si je cesse de fuir, j’arriverai un jour quelque part.
Parfois, j’imagine que le téléphone sonne, que je décroche et que je devine un sourire dans sa voix. Je nous imagine, tombant sur son grand lit. Je nous imagine cachés sous la couette dans la lumière d’un matin. Il y a très peu de chance que cela se produise un jour. Loin des yeux, loin du cœur. Et la force d’inertie nous éloigne d’heure en heure. Mais ça me fait encore du bien de rêver un peu.
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03 mai 2007
Publicité II
Pédêche zarbo, vaguement gauchiste, recherche troll chatouilleux pour tromper l’ennui et augmenter indirectement ses revenus AdSense.
(Les termes d’argot sont une gracieuseté de Poly)
Merci à tous pour vos nombreux clics. J’ai un peu l’impression d’écrire pour une infopub mettant en vedette Louise-Josée Mondoux. Heureusement, je ne vends pas de crèmes miracles contre les rondeurs et de rôtissoires verticales. (Un poulet qui rôtit debout est un poulet heureux !) Les robots californiens de Google analysent savamment chaque mot que je publie et sélectionnent avec beaucoup de sérieux les publicités. Les dépistages de MTS ne sont jamais superflus et l’anxiété est un fléau à éliminer une fois pour toutes de nos vies trépidantes. Cliquez, vous vous sentirez déjà mieux. (En bas, à gauche... c’est ça !)
Rapports de la première semaine : 103 clicks : 24.86 $CA
Il y a une pub vraiment utile, juste sous les archives dans la colonne de gauche. C’est le bouton pour télécharger Firefox. J’ai fait l’expérience. Et le site que vous avez devant vous est VRAIMENT plus beau lorsqu’on y navigue avec Firefox que lorsqu’on y patauge avec Internet Explorer. Et le coquin petit renard est complètement gratuit. Vous me direz que dans la vie, rien n’est gratuit. Eh bien, c’est faux. La blogosphère en est bel et bien la preuve.
Il y a trois vérités à retenir et ce n’est pas dans un biscuit chinois que vous les lirez :
Les meilleures choses sont toujours gratuites.
Le poulet aime se faire embrocher en position verticale.
Et je suis parfaitement capable d’écrire des notes complètement stupides.
21:50 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : blogue, note, stupide, poulet, pub, google, biscuit



