12 février 2008
Speedo
À bout de force—stop—Mais toujours en vie—stop—J’ai refusé deux contrats, gagné quelques heures, faut savoir dire : « stop »—stop—ou bien : « Je m’appelle Pierre-Yves et je suis workolique. » (En bon français, il faudrait dire ergomane. Il parait.)—stop— Ce soir, je me suis entraîné dans le même bassin qu’Alexandre Despatie—stop—Il n'était pas là mais quand même, j'avoue que ça me dérangeait moins d’avaler plein d’eau...—stop
Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Alexandre Despatie, c’est un champion de plongeon—stop—Personne ne lui arrive à la cheville—stop—Et il est christement hot dans son speedo !—stop
21:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, gay et lesbienne, speedo, stress, natation, alexandre
16 janvier 2008
Roseline et le brocoli
J’avais six ans et demi, la dernière fois que j’ai suivi une leçon de natation. Je n’en garde pas un très bon souvenir. J’ai eu la drôle d’idée de m’inscrire à un cours pour adulte : initiation aux styles de nage. Toute la journée, j’ai imaginé avec appréhension la traversée en maillot de l’espace entre le vestiaire et la piscine. Mes sandales trop grandes qui glissent sur la céramique. Cette odeur de chlore qui plane. L’eau doit être glacée. C’est peut-être une bonne chose. Le froid mordant de l’eau me fera vite oublier que je suis à moitié nu, en plein mois de janvier, avec un groupe d’étrangers.
Je suis allé courir sur les tapis roulants jusqu’à l’heure du cours. Je descendais l’escalier en spirale qui relie la salle de musculation et le vestiaire des piscines. J’avais mes écouteurs sur les oreilles et les lèvres qui remuaient sur les paroles de Toxic. J’ai croisé un homme, assez grand, petite barbe noire et yeux bleus. Il portait un t-shirt noir, sans manches. Je suis resté ébahi par sa beauté et, après quatre marches, je me suis retourné pour le voir de dos. El magnifico s’est retourné au même moment et un sourire à fait plisser ses yeux. J’ai souri à mon tour, embarrassé, en me détournant brusquement et en dévalant les marches devant moi, au risque de débouler.
L’eau n’était pas trop froide. Le cours a débuté par une évaluation. J’attendais mon tour près d’un garçon à l’allure slave qui s’appelait Philippe. On était tous les deux complètement pourri. Philippe avait l’air affolé. Après quelques longueurs, les monitrices ont divisé le groupe en trois. Philippe s’est retrouvé dans les plus faibles. Et je me suis retrouvé, avec trois filles, dans les plus forts. C’est vraiment trop injuste ! Je suis pourri, moi aussi ! Ma monitrice s’appelle Roseline et elle est étudiante en kinésiologie. Le cours a été vraiment dur. J’étais à bout de souffle et j’avais mal partout. Lorsque je suis enfin sorti du bassin d’entraînement après une série de longueurs au crawl, il y avait sensiblement moins d’eau dans la piscine. À chaque inspiration, j’avalais une bonne tasse d’eau chlorée. J’ai dû m’arrêter quelque fois pour reprendre mon souffle, sous les encouragements de Roseline. Les mollets douloureux, j’ai clopiné jusqu’à la douche puis au sauna. J’y ai discuté avec Brutus qui sortait de la salle de musculation (en langage codé, pour ne pas que les bonshommes présents ne puissent nous comprendre). J’étais en train de me rhabiller quand j’ai vu du coin de l’œil El magnifico arriver et ouvrir un casier sur ma gauche . Je crois qu’il a de nouveau esquissé un sourire, j’ai immédiatement baissé les yeux et je me suis dépêché d’enfiler mon manteau.
J’étais coincé entre le banc et les casiers avec mon manteau sur le dos. Une des issues était bloquée par un gros monsieur. L’autre, par lui. Je n’étais tout de même pas pour le frôler. Il n’arrêtait pas de me jeter des regards par en dessous ! J’ai fait un grand détour pour me faufiler du côté du monsieur. Je me sentais ridicule et je ne pouvais m’empêcher de sourire. Et du coin de l’œil, j’ai vu qu’il souriait aussi. Je me suis précipité à l’extérieur sans arrêter de sourire en me demandant : comment aborder quelqu’un dans un escalier ? : « Vous montez souvent ici ? », « Pardon, pour aller en haut, c’est dans quelle direction ? », « On vous a dit que vous étiez vraiment joli, en contre-plongée ? » Pfff… N'importe quoi !
9 à 5 du lundi au vendredi, coucher tôt, brocoli trois fois/semaine. J’en suis rendu à regarder Virginie à la télé. Ma vie est tellement ennuyeuse, il faut bien que je m’invente des histoires !
19:30 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : vie plate, Britney Spears, Virginie, télévision, natation, vestiaire



