02 février 2009

Brèves

Les trois marmottes canadiennes : Wiarton Willie (Ontario), Shubenacadie Sam (Nouvelle-Écosse) et Balzac Billy (Alberta) ont aperçu leur ombre en sortant de leurs terriers. Elles ont pris peur, bien entendu. L’hiver va donc durer encore six semaines ce qui nous mène jusqu’à la Saint-Patrick. (Statistiquement, les marmottes se trompent une année sur deux, comme toutes les miss météo, d’ailleurs.) Ce matin, le ciel est d’un bleu éblouissant et cet intermède printanier fait beaucoup de bien. Hier, en revenant du gym, j’ai fait tremper mon kit d’entraînement à l’eau froide puis j’ai lancé le cycle régulier de la laveuse. Mon Ipod était resté dans la poche de droite. J’étais catastrophé, quand je l’ai retrouvé dans le tissu détrempée. Je l’ai laissé séché toute la nuit puis je l’ai branché ce matin. Il fonctionne toujours ! Conclusion : les Ipods sont submersibles et plus fiables que les marmottes.

Dans mon Ipod, justement, (ainsi que dans le premier lecteur de la colonne de gauche) j’ai un coup de cœur (jeu de mots facile) pour les chansons de Béatrice Martin, aka Cœur de pirate. Elle possède un réel talent pour les mélodies et elle manie avec un plaisir contagieux la musicalité des mots. Je ne peux m’empêcher de me demander quel âge elle a. On la croirait à peine sortie de l’adolescence... À écouter de près, sans modération.

31 août 2008

Sur le tard

Mieux vaut tard que jamais...
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Le ciel bleu mur à mur, la petite brise tiède, le soleil en masse. On dirait que l'été a enfin pris le dessus sur la grisaille. Et puis les nuits fraîches, j'aime bien. C'est propice aux rapprochements. Et ce soir, j'irai danser.

10 août 2008

Été prise 2

Après des semaines interminables de pluie, un ciel bleu gorgé d’oxygène est enfin réapparu. J’ai ressorti ma crème solaire, mes lunettes de soleil et mon vélo qui dormait dans le couloir. J’ai enfourché ma monture et j’ai pédalé jusqu’au parc Maisonneuve. Les cigales grésillaient comme si elles n’avaient jamais douté du retour du beau temps. Les courbes amples des cerfs-volants, les joggeurs qui trottinent, les enfants en patins, les chiens qui gambadent, un frisbee dans la gueule : Aujourd’hui, l’été est sorti du placard. Au fond du parc, un groupe rock répétait. L’écho des riffs de guitares donnait à ce jour sans nuages une atmosphère d’urgence.

J’ai étrenné mon nouvel appareil photo, un réflex numérique, financé entièrement par mon dernier contrat de rédaction. (Petit moment de fierté !) Le Canon dont je rêvais. (Non, ce billet n’est pas commandité. Mais si un représentant passe par ici, j’aimerais bien avoir un objectif macro 60mm. Trop cher pour mes moyens.) J’adore entendre le déclic de l’obturateur. Il paraît qu’une image vaut mille mots. Pas les miennes, pour le moment. J’ai encore besoin de pratiquer et d’étudier le manuel d’instruction...

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C'est mon balcon, "mon" parc et "mon" marronnier.

30 juillet 2008

Parc Lafontaine

Il paraît que l'été est passé aujourd’hui, furtivement, entre deux averses et trois orages. En début de soirée, lundi, j'ai expérimenté la course sous les trombes d’eau (ou jogging aquatique). La prochaine fois, il faudrait que je pense à porter mes lunettes de natation. Je n’y voyais absolument rien.

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Si le beau temps revient avant l’automne, j’aimerais bien retourner paresser sur le gazon d’un parc. En attendant, il y a toujours le cinéma. Au parc Lafontaine, les ours noirs, les gondoles et les voitures d’époque ont été remplacés par les bicyclettes, les skate-boards et les écureuils. Avec de la chance, on peut parfois apercevoir un balbuzard qui guette les poissons de l’étang. Lorsque le soleil brille, les allées y sont toujours aussi bondées, mais la faune humaine y est plus éclectique et peut-être un peu moins coincée.


Merci à Martine pour le lien.

28 avril 2008

Rogne

L’organisme pour lequel je travaille depuis janvier a décidé de donner nos locaux à une autre division. Notre minuscule équipe est désormais éparpillée, un peu partout dans l’édifice. La coordonnatrice au deuxième, avec les dossiers. Le matériel dans des boîtes au sous-sol ou dans le garage. Quant à moi, je me retrouve dans un corridor du troisième étage entre les bureaux de la comptabilité. (Le comptoir de service est au rez-de-chaussée.) Je mets mes écouteurs, mais c’est un vieux bâtiment et ma chaise sautille quand les gens passent dans mon dos. Derrière moi se trouve la seule imprimante de l’étage. Il n’y a pas de fenêtre, juste un puits de lumière au-dessous duquel je cuis littéralement sous le soleil. Mais je ne devrais pas me plaindre de la chaleur. Le climatiseur qui rafraîchira tout l’étage dans quelques semaines est juste au-dessus de mon écran. Je recevrai alors l’air froid en plein visage.

Depuis que j’ai commencé à travailler là, je vais de déception en mauvaises surprises. J’ai accepté ce contrat parce que je croyais à ce projet. L’ambiance est exécrable, les ressources, inexistantes. Le troisième joueur de l’équipe est parti en congé de maladie et n’a pas du tout l’air pressé de revenir. Au début de mon contrat, la coordonnatrice était en congé de maternité. Le jour précédant son retour, une fille d’un bureau voisin m’a tapé sur l’épaule avec un petit sourire : « Bon courage. » Ma nouvelle patronne caquette continuellement, même quand elle est seule. Et si elle s’adresse à quelqu’un, c’est pour donner des ordres. Côté travail, ce n’est pourtant pas un exemple d’efficacité et elle me refile tous les cas problèmes. (Même si elle a sa permanence et le double de mon salaire.) Les autres organismes en environnement du milieu se livrent une guérilla perpétuelle pour s’arracher les maigres subventions. Les luttes de pouvoirs monopolisent la plus grande partie des ressources. Tous les paliers de gouvernement se lancent la balle. Personne n’a d’argent. La ville de Montréal et les arrondissements se déchargent en nous envoyant les citoyens mécontents. Et c’est moi qui sers de chair à canon. Je me fais engueuler au moins trois fois par semaine par des illuminés écolos de salon, des citoyens-rois qui voudraient que je sauve la planète sans qu’ils aient à lever le petit doigt. Je pense que je n’ai pas ce qu’il faut pour travailler là.

Le déménagement a donc été la goutte qui devait faire déborder le vase. Pour exprimer le mépris, ils ne pouvaient trouver mieux. J’ai pris la décision de démissionner. Mais, par mesure de prudence, j’ai tenu ça mort, le temps de trouver autre chose. J’imaginais un départ fracassant où je laisserais savoir ma façon de penser à toute la boîte. Cette décision m’a tellement soulagé que j’ai retrouvé le sommeil et le sourire. Et puis, il y avait le printemps. Quand la tension montait, je jonglais à tout ce que je ferais le jour de ma libération. Et à chaque pause, je fuyais dans le parc entre les tulipes et les forsythias. Depuis, plus rien. Mes projets se dégonflent. Une semaine s’est écoulée. Aucune de mes démarches de recherche d’emploi n’a donné de résultats. Et mes contrats pour le magazine sont insuffisants pour que j’en vive. Les comptables du troisième n’ont jamais eu un collègue aussi antipathique. Je me retiens pour ne pas sacrer à voix haute. J’ai le fantasme d’arracher ma lampe de bureau et de frapper le prochain veston-cravate qui passe derrière moi. Il faut que je sorte de là, c’est une question de santé mentale. J’ai renoué avec l’insomnie et avec mon estomac noué, au petit matin. Et au manque de sommeil s’ajoute la culpabilité de ne pas bouger et d’être incapable de trouver autre chose. Si je n’arrive pas à me caser, c’est peut-être moi le problème.

Le printemps a fait trois petits tours et s’est évanoui. Les miss météo se confondent en excuses avant d’annoncer des chutes de neige fondante. Moi je suis content. Le ciel menaçant exprime tout ce que je garde à l’intérieur et le tambourinement de la pluie sur le puits de lumière manifeste mon impatience. J’espère que lorsque le beau temps reviendra, je serai au rendez-vous pour lever les yeux.

16 novembre 2006

Turbulences

La pluie tombe sur Montréal. Tous les records de pluie ont été battus. Il n'y a jamais eu autant de précipitations depuis que l’on tient des statistiques météorologiques. Les averses sont prévues encore pour plusieurs jours. La météo c’est bien pratique, c’est con comme l’astrologie, mais ça permet de mettre des mots sur des états d’âme. Je vais me reposer. Ça ira mieux demain.

La vie me secoue violemment en ce moment. Je dis : la vie, pas ce petit virus insignifiant qui s’écrit en majuscules et qui est tellement abstrait, pour moi. Juste la vie.

J’ai mis tout ce que je pouvais mettre dans le travail. Le travail c’est une zone neutre, que je me suis dit. J’ai repoussé mes limites. J’ai travaillé comme un forcené, avec passion. J’y ai mis les efforts, tout ce que j’avais de talent. J’ai toujours pensé que c’est comme ça que l’on réussit. On m’a pressé comme un citron puis on m’a jeté sans trop d’égards. J’étais convaincu que ça me laisserait indifférent, que j’étais au-dessus de tout ça, mais ce n’est pas le cas.

Depuis un certain temps, je porte ma vie à bout de bras. Je prends religieusement mes antidépresseurs parce que j’ai peur de sombrer de nouveau. Je m’entraîne. Je respire, je mange bien. Mais la nuit, le sommeil me fuit. Je me sens comme le laboratoire d’un savant fou. J’ai le cerveau qui fait des vrilles et le corps qui hurlent qu’il va craquer. Je m’interdis de penser à tout ce qui déraille dans ma vie, il y aura bien une issue quelque part. Au plus noir de la nuit, quand j’ai peur du lendemain, je cherche une main à serrer dans la mienne, la chaleur d’une épaule. Quand je touche le vide, je me recroqueville sur moi-même.

Je suis comme un chat. Je m’isole quand ce n’est pas la grande forme. Je n’ai plus d’énergie pour sauver les apparences. Je retourne à l’état végétal et je regarde bêtement passer les heures. Je compte sur les filets de sécurité que j’ai tendus un peu partout en travers des gouffres. Les sorties de secours que j’ai repérées d’un seul coup d’œil. Jusqu’ici, je suis toujours retombé sur mes pattes.