16 mars 2009

Top 3

des raisons pour lesquelles je n’aurai aucun effet secondaire :


  • Je n’ai pas le temps, j’ai trop de choses à faire : J’ai du travail par-dessus la tête. Mercredi, je vais voir un show de danse. Vendredi, je veux moi-même aller danser (sautiller en me trémoussant, mettons). Et ce week-end, j’ai prévu une première montée du Mont-Royal (en vélo pour ne pas salir mes espadrilles).

  • J’en ai vu d’autres. Mon corps a goûté à toutes sortes de médecine. Et puis, je n’ai même pas peur.

  • Tout laisse croire que c’est le printemps et ça ne serait vraiment pas de saison. Il n’y aura pas de tempête de neige pour la Saint-Patrick. Ça gazouille entre les branches encore nues, la plupart des migrateurs sont de retour sur la ville. Les bourgeons du lilas n’en peuvent plus de se contenir. Et le soleil blanc devrait chauffer les toits, presque toute la semaine.

27 février 2009

Quantifier

7 h 00 : lever du corps, ouvrir le rideau, allumer la lampe de l’aquarium, nourrir les trois poissons. Avaler 400mg de Didanosine, 30 minutes à jeun, faire le lit, préparer le sac à dos, s’habiller, déjeuner : 1 bol de céréales : 3g de fibre, 3g de protéine, 3g de lipide, maximum 5g de sucre, une banane, un jus d’orange (antioxydants, 2 portions de fruits et légumes), pain de blé entier et beurre d’arachide (fibres solubles et insolubles, protéines). Antisudorifique, eau de toilette Kenzo, 5g de testostérone USP 1 % gel, dentifrice à la cannelle, la voix de René Homier-Roy à la radio (parce que sa perspicacité, sa vivacité me font du bien). 20 minutes de transport pour l’aller, 7 heures de travail + 1 heure pour le dîner. La journée défile, entrecoupée de 3 ou 4 portions de protéine, 5 à 6 portions de fruits et légumes (au moins un vert foncé et un orangé), 6 verres d’eau, pas de café, 20 minutes de transport pour le retour, 8 heures d’entraînement chaque semaine (4 x 2 heures) dont 80 minutes de cardio (4 x 20 minutes), étirements, vaisselle, lavage, séchage à l’air libre, le tout en écoutant n’importe quoi d’entraînant. (Ne pas oublier de sortir les poubelles.) 15 minutes de méditation, douche chaude, dentifrice à la cannelle, 600 mg d’Abacavir, 600 mg d’Efavirenz, 30 mg d’Apo-temazepam, lire une vingtaine de pages : Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, 22 h 45 : éteindre la lumière, 8 heures de sommeil et on recommence. Par moments, ma vie est tellement plate.

27 septembre 2008

Le réel


« …Je suis un mutant, un nouvel homme
Je ne possède même plus mes désirs
Je me parfume aux oxydes de carbone
Et j’ai peur de savoir comment je vais finir…»

Francis Cabrel, Ma place dans le trafic

Si vous êtes ici en quête de joli et de romance, passez votre chemin. Ce billet est sombre et glauque. Contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, il n’est question ici que de ma perception des choses.

J’ai lu quelque part, dans un ouvrage de pop-psycho vaguement nouvel-âge, que les personnes qui nous attirent intensément sont celles qui ont le plus à nous apprendre. Ce soir-là, je m’étais endormi d’un sommeil agité en pensant aux dernières semaines avec Mister Right. Empêtré dans mes espoirs, mes colères et mes déceptions.
...
Je suis avec Els dans un centre commercial lumineux de plusieurs étages. Nous marchons sur la mezzanine vitrée qui surplombe les premiers étages, tout près de l’entrée d’un grand hôtel où nous avons une chambre. Quelques mètres plus loin, se trouve le comptoir d’une boutique appelée BCBG (Beaux célibataires, beaux gais). De l’autre côté de la mezzanine, nous apercevons un groupe de journalistes et un caméraman, l’une d’elle tient un micro. Ils réalisent un vox pop sur la beauté masculine et le vieillissement. Toute l’opération vise à faire la promotion de la boutique BCBG. Il n’y a presque personne dans les allées et je suis le seul homme sur l’étage. Ils m’aperçoivent et se dirigent rapidement dans ma direction. Mais je n’ai pas du tout envie de répondre à leurs questions. S’ensuit une poursuite dans les allées du centre commercial.

Nous devons retourner à notre chambre d’hôtel parce qu’Els y a oublié une serviette. Je me dis qu’à l’heure qu’il est, les femmes de chambre ont sûrement tout ramassé. Nous entrons dans la pièce qui est sens dessus dessous. Le plancher est couvert de draps et de serviettes blanches. Els retrouve une serviette en ratine verte dans un coin de la chambre. Derrière le lit, je retrouve mon ordinateur portable. Il est brisé en deux morceaux. Heureusement, il fonctionne toujours. On sonne à la porte. Els va ouvrir pendant que j’emballe mes morceaux d’ordinateur. Je m’approche de la porte et je constate qu’elle a répondu les seins nus. Elle se cache les seins avec une boîte de pizza. « Mais qu’est-ce que tu fais là ? » Elle me répond que ce n’est pas grave et que c’est pour souligner l’anniversaire du gars de la chambre d’à côté. Elle a des paillettes sur la peau et des lettres métalliques forment dans son dos les mots : « Non à l’homophobie ! » Je m’approche de la porte et j’aperçois des hommes qui s’approchent furtivement et qui se cachent aux abords de l’entrée de l’hôtel. Elle ajoute : « On lui prépare un surprise party.»

On entre dans la chambre d’à côté. Il y a de la musique et déjà beaucoup de monde. Le gars dont c’est l’anniversaire fume une cigarette, appuyé sur le comptoir de la cuisine. C’est un grand brun, assez joli, mais pas très sympathique. Il a l’air prétentieux. Els danse dans une des pièces. Elle a le corps couvert de crème fouettée. Le gars la regarde et lance à deux de ses amis : « Hey, les gars, ça vous dirait de manger de la crème fouettée. » Ils ricanent. Je dis « Ben là ! » en faisant quelques pas dans sa direction. Les deux gars s’avancent. Je m’interpose. On commence à se pousser. D’autres gars se sont approchés. Le fêté sourit. On échange quelques coups. Ils tentent de me maîtriser. J’ai le cœur qui se débat. Puis je saisis un couteau de plastique sur la table et je menace celui qui est le plus près. Mais ils me poussent dans un coin et me font lâcher le couteau. Je me retrouve immobilisé sur le plancher sous le poids des deux hommes.

Je me suis réveillé en sursaut. Je me suis levé, les yeux mouillés. Étendu sur le tapis du salon, j’ai tout noté dans un cahier. De nombreux liens entre ce rêve et ma réalité sont apparus par flash. Les lettres, d’abord presque invisibles dans la pénombre, devenaient plus claires avec les lueurs du matin. Plusieurs éléments du rêve font référence à mon histoire avec Mister Right. La crème fouettée était devenue un running gag entre lui et moi depuis le jour où j’ai englouti devant lui un café glacé recouvert d’une montagne de crème fouettée. BCBG est le nom d’un party privé auquel Mister Right participe vendredi prochain, un des soirs où on ne pourra pas se voir. Un mélange de speed dating et de party de club Med réservé aux hommes gais célibataires. J’ai l’impression de m’être fait avoir. Il a profité effrontément de mon ouverture, de ma générosité, de ma naïveté même pour tirer de moi ce dont il avait envie. Cet immense gouffre affectif que je porte quotidiennement m’a rendu vulnérable. Je l’ai laissé entrer de plain-pied dans mon intimité. J’ai fait taire mes hésitations dans l’espoir de gagner quelques heures de tendresse. Il a pris une place importante dans mon esprit alors que pour lui, je n’étais qu’une distraction. Il a laissé traîner des promesses comme un appât sans jamais se dévoiler lui-même.

Ça me ramène à une autre histoire plus sordide. Dans la nuit du 11 novembre 1996. À une époque de ma vie où le moindre espoir me semblait inaccessible. Malgré une vie sociale trépidante, la solitude était presque parvenue à m’éteindre complètement. J’avais noyé ma douleur et ma colère dans l’alcool. La nuit froide tirait à sa fin. Pour des miettes d’attention et quelques gestes tendres, j’ai mis ma vie entre les mains d’un dénommé Stéphane. J’ai bien eu quelques hésitations que j’ai balayées du revers de la main. Il savait qu’il me faisait courir un risque immense. Il se savait dangereux. Ç’aurait été si facile de se protéger. Mais il s’est servi de moi et de ma détresse pour assouvir ses envies du moment, sans égard pour le tas de chair imbibé d’alcool qu’il avait devant lui. Et avant que le matin ne se lève, un cortège de virus et de haine de soi est passé de son corps au mien. À la fin de cette nuit, ma vie a basculé.
...
J’ai lu quelque part, je crois que c’était dans un traité de sexologie, que les personnes qui ont été abusées recherchent toujours à retrouver leur agresseur. Parfois pour revivre de façon pathologique leur agression. Parfois pour tenter de trouver une certaine forme de pardon.

Je n’ai pas les idées claires la nuit. Je dramatise, j’extrapole pour utiliser les termes de Mister Right. Le rêve m’a assommé. La nuit embrouille mes pensées. À cela s’ajoute l’effet des médicaments que je prends chaque soir et qui amplifient la moindre trace d’anxiété. Je suis un mutant, un rêveur chimique, condamné à regarder chaque nuit le réel avec lucidité. Je devrais peut-être changer de médication.

Edit : Les commentaires qui suivent éclairent ce billet.

04 octobre 2007

Le Sustiva

Ce blogue provoque des réactions. C’est une des raisons, pourquoi je poursuis l’exercice. Les statistiques me révèlent que parmi les nouveaux lecteurs, le deuxième mot le plus recherché sur les moteurs de recherche est le mot Sustiva. Je sais que plusieurs personnes sont en quête d’information au sujet de ce médicament dont les effets secondaires peuvent être inquiétants. Dans le billet du 11 mai 2006, j’avais raconté comment je vivais l’un de ces effets secondaires. Dans les commentaires, j’ai reçu le message suivant

« Bonjour. Comment vous trouvez vous après la prise du Sustiva ? Car je suis inquiète ; l'on a commencé le rajout de Sustiva à la tritérapie de ma petite fille et je me demande quel effet cela aura sur elle. Elle n'a que 10 ans. »


Voici ma réponse qui pourrait être utile à d’autres :


Je ne suis pas un spécialiste, mais voici comment je vis ce traitement actuellement, en tant que patient. J’avais terriblement peur du Sustiva et j’ai refusé de le prendre pendant des années. Mon médecin m’a fait changer d’avis en m’affirmant que c’était l’un des traitements les plus efficaces contre le VIH. En s’attaquant au cerveau, le virus peut parfois provoquer des démences irréversibles. Le Sustiva pénètre les barrières du système nerveux central et le protège contre les attaques du VIH. Il n’y a que quelques médicaments qui arrivent à franchir ces barrières. Les lignes directrices actuelles, établies par les scientifiques, recommandent que chaque trithérapie inclue un de ces médicaments.

Je prends le Sustiva en combinaison avec deux autres molécules : Videx et Ziagen. Lorsque j’ai entrepris le traitement, j’ai eu des rashs (éruptions cutanées) pendant quelques semaines et des cauchemars pendant quelques mois. Mais à ce moment-là dans ma vie, ça n’allait pas du tout. Je venais de me séparer après dix ans de vie commune, j’avais perdu mon emploi, je me retrouvais complètement isolé dans une grande ville et je commençais une pneumonie grave et possiblement mortelle. Tout ça aurait suffi à donner des cauchemars à n’importe qui. Il est difficile de dire quels étaient les effets du médicament et qu'est-ce qui était simplement normal dans ma situation.

Presque deux ans plus tard, je n’ai plus aucun effet secondaire. J’ai cessé il y a environ six mois de prendre des antidépresseurs et je me suis sevré des somnifères. Je dors bien et je ne fais plus de cauchemars. Dès le début du traitement, ma charge virale est devenue indétectable dans mon sang. Et mon compte de CD-4 est passé graduellement de 40 à 290. (Je me rapproche peu à peu de la normale.) Les horaires ne sont pas trop stricts et je n’ai aucun problème de digestion. Bref, j’ai confiance dans ce traitement et j’espère pouvoir le poursuivre très longtemps. Le Sustiva a des effets psychotropes, mais le corps s’y accoutume et les effets disparaissent complètement chez un grand nombre de personnes.

Je sais qu’aucun individu ne réagit de la même manière aux médicaments. Mais je pense qu’avec un suivi médical serré au cours des premiers mois, c’est un traitement fort recommandable. Même si c’est un poids immense à porter, il est essentiel de ne pas s’en remettre aveuglément aux médecins. Il faut se renseigner régulièrement, questionner les spécialistes, ne pas hésiter à demander un autre avis médical. Un suivi psychologique et nutritionnel peut également être très utile pour apprendre à bien vivre avec les traitements.

Cette maladie chez une enfant doit être une épreuve terrible pour une mère. Le VIH est encore très mal connu par les scientifiques. Le virus évolue rapidement, la réponse du système immunitaire de l’être humain semble aussi se modifier en réponse à ces attaques. La science fait des pas de géant, chaque année. L’espoir est donc à la fois possible et essentiel.

J’ai mis différents liens d’informations sur les médicaments à l’adresse suivante :
La médication, Vivre avec le vih : vivrevih.hautetfort.com

Bon courage. Je penserai à vous et à votre fille
PY

09 septembre 2007

Le mur

Chaque nuit, depuis environ six mois, les cauchemars me secouent vers quatre ou cinq heures du matin, juste avant que le ciel ne commence à pâlir. Chaque fois, je me réveille avec un malaise profond qui chasse définitivement le sommeil. Dans le pire des cas, ils me laissent en larmes pour quelque temps. Au mieux, je me lève avec une espèce de déprime que je mets sur le compte de la météo et de la solitude. Ces matins-là, je cherche désespérément une présence. Rien d’autre n’a de sens. Même le souvenir d’un sourire ou d’une étreinte furtive peut faire l’affaire.

Je soupçonne les médicaments de jouer en rôle dans mes nuits agitées. Je n’en ai pas parlé au médecin. Je connais son arsenal dans ces cas-là. J’ai goûté ses antidépresseurs qui me transforment en zombie à l’humeur toujours égale. Et je n’ai pas apprécié les effets secondaires inquiétants. Comme un héroïnomane, je suis devenu complètement accro à ses calmants et à ses somnifères. Je sais maintenant qu’ils ne me sont d’aucun secours. J’ai constamment besoin d’une dose plus forte pour sentir un soulagement. Et au bout de quelques mois, ils deviennent inopérants. Je préfère me débrouiller avec les moyens du bord. J’écris, je décortique, je cherche à comprendre. J’essaie de prendre de front mes cauchemars, armés de rituels, d’habitudes et d’autosuggestions. Parfois, je me dis qu’il faudrait que je croie à quelque chose. Dieu ou n’importe quoi. Je ne crois en rien. Même pas en la science qui dans ce cas précis fait mauvaise figure.

En attendant, je suis fatigué. Ça me rend par moments intolérant, agressif. Je ne supporte pas le persiflage de ma mère, ou les trop longs silences de l’ex. Je grogne quand je vois les petites vieilles qui vont magasiner, en transports en commun, à l’heure de pointe, les bras chargés de sacs. Je serre les dents quand j’entends quelqu’un manger pendant toute la projection d’un film. Je fuis les bulletins de nouvelles. J’ai du mal à voir la lumière au bout du tunnel où le monde s’enfonce.

Et dimanche, ce sera le marathon. J’en ai rêvé depuis des années. Je suis inscrit au demi, une épreuve de 21 km. J’ai même reçu mon numéro de dossard. Depuis des mois que je m’entraîne. Mais c’est en spectateur que j’y serai. Trois vilaines blessures ont perturbé mon entraînement jusqu’à ce que j’envisage d’abandonner ou de remettre la course à l’an prochain. Devant mon air dépité, mon entraîneur m’a dit que c’était la meilleure décision à prendre. Je me suis fait à l’idée. Je m’entraîne quand même en faisant plus attention. J’ai lu quelque part que les endorphines sont l’un de mes atouts contre les cauchemars récurrents. Le jour J, je me placerai près du 30e kilomètre, dans les parages du mur. On raconte que les coureurs doivent y affronter leurs côtés les plus noirs. Ils ont alors la certitude qu’ils n’arriveront pas à terminer la course. Passé le mur, il paraît qu’ils deviennent plus légers et courent sur un nuage jusqu’à la ligne d’arrivée.

J’ai une vie dorée. J’avais toujours rêvé de travailler pour le Jardin botanique. J’ai obtenu un poste que j’ai longtemps cru inaccessible. J’ai adoré mon travail. J’ai profité à plein régime de tous ses avantages. Le problème, c’est que ça n’a duré que deux mois et que dans le contexte actuel, les chances qu’il y ait des suites sont plutôt minces. Je réalise actuellement un autre rêve. Écrire pour un vrai magazine, avec des photos couleur et du papier glacé. Il y aura même ma tête, près de mon nom, dans le haut de chaque article. La directrice artistique a replacé ma chemise et le photographe a suggéré de me la jouer Don Juan. Mais je constate du même coup qu’au Québec, il est à peu près impossible de vivre en écrivant pour un magazine. Surtout dans le domaine où je me suis spécialisé. Il faut absolument que je déniche un autre emploi, n’importe quoi.

Je cherche d’autres rêves. Que d’autres projets apparaissent. En attendant, je gagne du temps. Le soleil me semble lourd, le smog m’oppresse et les jours ne cessent de raccourcir. J’ai du gris dans l’œil, je patauge de toutes mes forces pour tenter d’extirper des couleurs du réel. C’est la rentrée et je vois venir le mur.

21 mars 2007

Secret

Depuis hier, à 19h07 (heure de Montréal), c’est officiellement le printemps, même si les Irlandais de la ville ont dû parader dans la neige pour la Saint-Patrick. Les jours seront désormais plus longs que les nuits. Et le vert va très bientôt nous en mettre plein la vue. En rentrant cet après-midi, il y avait un message sur mon répondeur. Docteur P. m’a téléphoné pour m’annoncer que je pouvais cesser les antibiotiques. Les résultats des derniers tests sont suffisamment élevés. Mes CD4 poursuivent leur lente ascension. Je n’ai plus besoin d’aucun traitement préventif contre la pneumonie. J’aime vraiment beaucoup sa voix. Surtout dans ces moments-là.

Je ne lui ai pas dit que j’ai arrêté de les prendre il y a déjà quelques semaines. Mais ça, c’est un secret, juste entre nous…