07 mai 2008
Champagne
Un livre dort sur une chaise près de mon lit. Même refermé, il me trouble et me fascine. Quand j’en ai le courage, j’en reprends la lecture. C’est un roman incandescent et douloureux. Par moments, je ne peux m’empêcher de détester cette auteure que je ne connaissais que de réputation. En quelques lignes, elle arrive à mettre en lumière la fugacité de la vie et la magnificence du monde, à l’instant où cette beauté va passer. C’est un roman sur la perte, nourri par une tendresse et un émerveillement pour la nature. Amours, désirs, rêves et souffrances, à pas feutrés, Monique Proulx visite l’humanité de chacun de ses personnages avec une lucidité éblouissante, sans aucune complaisance.
Le récit est mené d’une main de maître. En tant que lecteur, il m’arrive de croire que j’ai discerné une piste dans le foisonnement des images puis, au moment où je m’y attends le moins, l’histoire se retourne comme un gant et me laisse bouleversé comme les personnages.
C’est un roman qui exacerbe les sens et qui ouvre les yeux. Un livre où je reconnais une nature sauvage que j’ai aimée et qui a créé des empreintes profondes en moi. Des couleurs que j’ai laissées s’évanouir de ma conscience pour ne pas en sentir le manque ou la fragilité. Je cherchais un livre pour meubler mes insomnies et m’approcher sans bruit des frontières du sommeil. J’ai fait fausse route. Ce roman me réveille à grand coup de soleil. Souvent, il me tire des larmes oubliées qui dormaient depuis l’enfance.
01:00 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : lecture, livre, roman, écriture, nature, fragilité





