01 août 2009
La haine
La COCQ-sida, la coalition des organismes VIH-sida du Québec à mis en ligne cette campagne qui illustre de façon frappante ce que toutes les personnes séropositives ont dû affronter un jour où l'autre. La haine, la peur et l'ignorance sont encore bien ancrées dans nos sociétés.
09:39 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vih, sida, préjugés, séropositif, jugement, divulgation
10 mai 2008
Quatre heures
Il est quatre heure du matin et je suis éveillé. J'essaie de deviner dans le ciel une lueur qui annoncerait le matin. Ça m'arrivait souvent, quand j'étais petit, de m'éveiller ainsi après un cauchemar. Dès que j'étais certain que le jour revenait, je pouvais me rendormir tranquille. J’ai peur, mais j’avance. J’écoute toujours ce qu’on me dit. J’observe, je lis attentivement, je réfléchis et je questionne. J’ai le syndrome de l’imposteur et j’ai toujours l’impression que les autres détiennent une plus grande part de sagesse. Que leurs vies sont plus remplies, plus sereines, plus équilibrées. Longtemps, je me suis dit que je serais comme eux, quand je serai grand. J’ai parfois senti des regards condescendants ou réprobateurs. J’ai souvent entendu des soupirs d’exaspérations. Je reçois parfois des jugements à l’emporte-pièce. Il est facile de critiquer et de catégoriser les gens quand on est caché derrière un écran. Paraîtrait que mes billets sont bourrés de fautes : la boîte des commentaires est là pour recevoir les corrections. J’apprends à écrire en écrivant et je crois que je m’améliore avec le temps. Et puis personne n’a l’obligation de me lire
Quétaine ? Dur de comprenure ? Drama queen ? Borné ? Têtu ? Fataliste ? Exhibitionniste ? Complaisant ? Égocentrique ? Doté d’une imagination maladive ? Fleur bleue brainwashée à l'eau de rose ? Romantique fini ? Névrosé ? Angoissé ? Insécure ? Trop impulsif ? …
Ouains pis ?
Si moi j’aime ça de même ?
(Et puis l’exhibitionnisme sans voyeurisme, ça ne se tient pas !)
Un soir, j’ai entendu une interview que Pierre Bourgault a accordée peu de temps avant sa mort. Lui qui a été un grand communicateur, un acteur important de la vie politique, un orateur qui galvanisait les foules, il racontait d’une voix douce que s’il avait à revivre sa vie, il mettrait un peu de côté ses ambitions et les causes pour lesquelles il s’est battu pour accorder plus d’attention à ces sentiments et à ses histoires de cœur.
Je serai toujours le seul à marcher dans mes souliers. Et quand j’aurai 102 ans, je veux regarder derrière moi avec un sourire. Je les use ces souliers dans la poussière depuis plus de 38 ans. Ça en fait des levers et des couchers de soleil ! Et après toutes ces années, je sais aujourd’hui ce qui me fait vibrer, ce qui m’allume, ce qui me donne le goût de danser, ce qui me drive. Et c’est vers cela que je veux marcher. Parce que c’est là qu’est la vie, la mienne en tout cas. Et que je ne veux plus en perdre une miette. Même si je suis à contre-courant. Même si je suis dans le champ. S’il faut que je frappe un mur plus souvent qu’à mon tour. Je me ferai de la corne sur les joues. J’ai toujours eu la tête dure et du front tout le tour de la tête. S’il faut que je pleure à verse, je pleurerai de toutes mes forces, et des larmes et du sang. Et l’on verra la terre desséchée qui fleurira dans les traces que j'aurai laissées. J’aurai au moins servi à ça. J'aurai aimé. Ma vie n’aura pas été vaine. C'est ce que je me dis, à quatre heures du matin.
J’assume.
Advienne que pourra !
C'est drôle, ça me soulage d'avoir écrit cette note.
Musique kitsch et quétaine à souhait : Come what may, Nicole Kidman et Ewan McGregor, Moulin Rouge (Merci Zig)
04:00 Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture, blogue, jugement, choix, vie



