23 avril 2008

Chut !

Comme un iceberg qui bascule, l’équilibre entre ce que je raconte ici et ce que je choisis de taire s’est renversé. Ces dernières semaines, un mélange de pudeur et de manque de temps a retenu mes mots. J’ai passé sous silence le mousseux californien avec lequel nous avons trinqué au printemps. La mozzarella fraîche que Ziggy m’a servie en tranches molles, entre tomates et basilic. Cette lumière du matin dorée, quand j’ai soulevé la couette pour admirer son long corps blanc avant qu’il ne s’éveille. Je n’ai pas raconté notre première scène de jalousie que nous avons pansé, calés l’un contre l’autre dans son divan, mes doigts qui erraient lentement dans ses cheveux. (...) Je n’écrirai pas les mots qui coiffent ce blogue. Les prononcer, équivaudrait à lâcher un éléphant dans un magasin de porcelaine. Et je me suis découvert un penchant pour la porcelaine, celle de son sourire, de ses bras et celle du creux de ses reins. J’ai aussi remis à plus tard mon dilemme. La soupière ébréchée devra attendre encore un peu. Le secret est parfois lourd à porter et j’ai souvent envie de tout balancer pour être soulagé. Ce n’est pourtant qu’à moi qu’il revient de porter ce poids. J’appréhende le moment où ces mots devront tomber. (...) J’ai fait un rêve étrange, la nuit dernière. Je m’étais arrêté sur l’accotement d’une route que je connais par coeur pour l’avoir parcouru mille fois, un ruban d’asphalte qui ondule entre des murs d’épinettes noires. Cette route traverse le parc de la Vérendrye et se déroule jusqu’à la petite ville minière où je suis né. Elle s’enfonce dans la forêt du nord, émaillé de lac aux couleurs du mercure. Je sentais très clairement que l’heure était venue de quitter cette voie pour plonger dans l’ombre des conifères, entre les lichens gris bleu et les aiguilles sombres, là où il n’y a plus aucun sentier. Je n’éprouvais pas de crainte. Je suis un urbain d’adoption, mais je sais me débrouiller dans les bois. J’ai une boussole dans ma poche. Et il y aura toujours les astres. Il me faut courir le risque de me perdre si je veux me trouver un jour. Je suis donc entré dans la forêt, sans faire de bruit. Et je suis disparu entre les arbres. Bien sûr, il y avait le silence. Mais derrière le silence, la vie coulait comme du miel. Musique : For the time being, Phonique (feat. Erlend oye), Alexkids cold mix

25 juillet 2007

PILLEURS

Le siège social de la compagnie forestière Abitibi-Consolidated est la cible ce matin, à Montréal, d’un geste de désobéissance civile de Greenpeace, qui dénonce la destruction massive de la forêt boréale du Québec et du Canada. Aux premières lueurs de l’aube, des militants de Greenpeace ont grimpé sur les balcons de l’édifice Sun Life, qui abrite le siège social d’Abitibi-Consolidated. Ils ont accroché aux colonnes géantes de l’entrée principale une immense bannière qui qualifie Abitibi-Consolidated de « pilleurs ». D’autres militants ont brandi plusieurs affiches montrant d’énormes photos de coupes forestières.

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Greenpeace demande à la forestière de différer immédiatement les coupes sur les territoires de forêts intactes le temps qu’un réel réseau d’aires protégées soit mis en place, et de certifier ces opérations par le FSC. Abitibi-Consolidated est l’entreprise forestière qui possède les plus importants volumes de bois alloué au Québec et en Ontario, et ce, presque uniquement en forêt boréale. Abitibi-Consolidated détient des droits d’exploitation sur environ 16,8 millions d’hectares de forêts au Canada, une superficie légèrement plus grande que le Népal ou la Tunisie. Moins de 28 % des forêts du Québec et moins de 20 % des forêts de l’Ontario exploitées par Abitibi-Consolidated sont encore intactes. Moins de 5 % du territoire forestier du Québec est protégé contre l’exploitation industrielle. Il ne reste plus au Québec que moins de 15 % de la forêt boréale commerciale qui soit encore intacte Donnez votre opinion à Abitibi-Consolidated ! Le site de Greenpeace Canada Le site d'Abitibi-Consolidated Écrire à Claude Béchard, Ministre québécois des ressources naturelles

04 avril 2007

Derrière un kleenex

Chaque papier-mouchoir de marque Kleenex cache une coupe à blanc. Les larmes de tristesse ou de colère sécheront avec le temps. Mais la forêt boréale mettra des milliers d’années à se régénérer et des centaines d’espèces animales et végétales risquent de disparaître, à jamais. La forêt boréale représente le quart de toutes les forêts anciennes encore existantes sur la planète. Elle constitue l’un des plus importants puits de carbone terrestre et joue un rôle critique pour combattre les changements climatiques. C’est un réservoir de biodiversité irremplaçable, intimement lié à la préservation de la richesse des cultures autochtones de l’Amérique du Nord. Chaque année, près de 650 000 hectares de forêt boréale canadienne sont rasés, la plupart du temps en utilisant le procédé de la coupe à blanc. Les coupes à blanc sont dévastatrices parce qu’elles éliminent tous les arbres d’un secteur forestier donné. À l’heure actuelle, seulement 8.6 % de la forêt boréale du Canada est protégée. Kimberly-Clark est l’entreprise qui fabrique les papiers-mouchoirs de marque Kleenex. Malgré les préoccupations environnementales des consommateurs, malgré les pressions des groupes environnementaux, elle continue d’acheter sa pâte à papier d’entreprises qui coupent des arbres de la forêt boréale ancienne. Kimberly-Clark refuse de changer ses pratiques commerciales et contribue ainsi à la destruction de ces forêts. Les produits Kimberly-Clark sont vendus pratiquement partout en Amérique du Nord et en Europe. Les mouchoirs, papiers hygiéniques et serviettes de table Kleenex sont fabriqués au Canada et aux États-Unis. Les marques Scott, Viva et Cottonelle/Cashmere sont fabriquées aux États-Unis. Il existe pourtant des alternatives. Il est possible de produire des papiers jetables d’excellente qualité en respectant les principes du développement durable. Il est possible de changer les choses Depuis novembre 2004, Greenpeace coordonne une campagne internationale de boycott des produits de Kimberly-Clark. Plusieurs organismes participent à la campagne. Et chaque citoyen peut également jouer un rôle essentiel en se faisant entendre directement auprès de l’entreprise, en choisissant des produits fabriqués par des entreprises plus responsables et en exigeant auprès des commerçants que de tels produits soient disponibles. Vous pouvez joindre le service à la clientèle de Kimberly-Clark : À partir du Canada et des États-Unis: 1-888-525-8388 (Sans frais, en français et en anglais) Ou communiquer directement avec les dirigeants de l’entreprise : Ken Strassner : +1 770-587-8634 Thomas Falk: +1 972-281-1308 (Les frais d’interurbain s’appliquent. Thomas Falk travaille à Irving au Texas, alors que Strassner travaille à Roswell en Georgie. Si vous ne réussissez pas à les rejoindre, laissez-leur un message. Prenez note qu’on risque de vous répondre en anglais !) Thomas Falk, CEO Kimberly-Clark 351 Phelps Drive Irving, Texas 75038, USA Télécopieur : 972-281-1490 Courriel : thomas.j.falk@kcc.com Greenpeace offre un site d’information et, pour le Canada, un guide d’achat des papiers jetables. Il n’est pas toujours facile de trouver des papiers jetables fabriqués par les entreprises plus responsables. Les produits sans nom ou de marque maison sont souvent fabriqués par Kimberly-Clark ou par ses divisions. Au Québec, l’entreprise Cascades fait un travail remarquable. Ses produits sont distribués, entre autres, dans les pharmacies Jean Coutu, Proxim et les supermarchés IGA.

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Manuel et trousse d’outils anti-Kleenex
Autocollants " Kleenex rase notre forêt boréale "
La pétition : On dort comme une bûche
La colère a parfois son utilité ! ;-)
Musique : Françoise Hardy, Comment te dire adieu, Serge Gainsbourg, Arnold Goland, Jack Gold