09 février 2009

Trop de papiers

Rien qu’à Montréal, nous recevons 3 annuaires de pages jaunes par année.

Personnellement, il y a des années que je n’ai pas ouvert ce type d’annuaire. Je trouve ce que je cherche sur internet. C’est du gaspillage pur et simple que de m’en faire parvenir ne serait-ce qu’un seul, alors imaginez 3!..
.

Les pages jaunes, je les mets directement dans le bac de recyclage et ça me prend toute la place. (Cela s'ajoute aux publisacs que je reçois même si j'ai apposé l'autocollant, pas de publisacs sur ma boîte aux lettres.) Il existe plusieurs bottins sur le Web, à la maison comme au travail j'utilise Canada411.

Via Miguel Tremblay, Hors des lieux communs

03 octobre 2008

Voter utile VI

Le 5 octobre j'y serai.

Pour la protection de l'environnement :
Le gouvernement conservateur a renié les engagements du protocole de Kyoto pourtant ratifié par le Canada. Il subventionne l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta et ses politiques contribuent à augmenter… les gaz à effet de serre! Il ne fait rien en faveur du développement des énergies renouvelables et des programmes d’économie d’énergie.

Tous sauf les conservateur : Greenpeace Canada et le Sierra Club

Pour les droits des femmes :
Le budget de condition féminine Canada a été réduit de 43% et le Programme de promotion de la femme (PPF) ne financera plus la recherche ni la défense des droits des femmes. Et, très grave... le projet de loi C-484 (mis sur la glace …pendant la période électorale) accorde un statut juridique au foetus, ce qui ouvre la porte à une recriminalisation de l’avortement.

Non aux politiques conservatrices : Fédération des femmes du Québec

Pour la culture :
Le gouvernement a profité des vacances estivales pour effectuer en catimini des coupures dans une série de programmes de subvention à la culture. Pourtant ces programmes ont prouvé leur efficacité (les rapports de gestion de ces programmes ne font pas état de gaspillage) et leur capacité de faire rayonner les artistes ici et à l’étranger. Tout cela sous prétexte que les artistes seraient des enfants gâtés, alors que la plupart d’entre eux vivent avec moins de 25 000$ par année ou… parce que leurs créations choquent les esprits bigots !

Pour les droits humains et les libertés :

Le gouvernement conservateur refusede protéger les ressortissants canadiens à l’étranger contre la peine de mort. Il laisse Omar Khadr, un enfant-soldat, croupir à Guantanamo. Il se plie servilement aux orientations des États-Unis en matière de sécurité. Il renvoie vers la torture, maintient les certificats de sécurité et les procès inéquitables où la preuve demeure secrète, au nom de la sécurité nationale. Il veut intensifier la coopération policière avec les USA et le Mexique dans le cadre de l’ALÉNA. Il a aboli le programme de contestation judiciaire empêchant ainsi les minorités de faire valoir leurs droits. Il cherche à durcir les peines d’emprisonnement pour les jeunes contrevenants.

Dimanche, 5 octobre 2008
Rendez-vous à 12 h 30
Square Dorchester (métro Peel) Montréal
(angle rue Peel et boulevard René-Lévesque)

15 septembre 2008

Voter utile III

Jack Layton est le plus chef de parti le plus « cute » au Canada. Ceux qui me lisent depuis longtemps savent que j'ai un faible pour les hommes qui ont un accent. Mais ne vous méprenez pas, à la fin du message il conclut en disant : « Votez pour l’NPD ! » et non pas « Votez pour les pédés ! » pfff.



Même s'il a le même accent, Stephen Harper n'a absolument rien d'engageant.
Bye-bye mon cowboy !
Ne votez pas conservateur en octobre 2008, sur Facebook

Voter utile II

Je sais pas ce qui m'arrive, je dois couver quelque chose, je suis devenu politisé. On dit que Stéphane Dion a le charisme d'un parapluie. Tant pis pour le glamour. Avec les changements climatiques qui s'annoncent, c'est peut-être ce qu'il nous faut !



Et bye-bye mon cowboy !
Ne votez pas conservateur en octobre 2008, sur Facebook

28 mai 2008

Sprint



En sortant du bureau, je croise Anick, l’adjointe du directeur :
« Ça va ? »
« Ça va », ai-je bredouillé « Stressé. »
« Pourquoi ?»
« Ben, les ruelles vertes, ça commence samedi et puis tout est sur mes épaules. »
Elle penche la tête, me regarde et sourit :
« T’as les épaules larges, ça va bien se passer. »

Je n’ai pas démissionné. Moi qui pars tout le temps en claquant la porte, j’ai finalement choisi de rester malgré vents et marées et d’assumer ma décision. J’ai claqué la porte à mon envie de fuir. À mes attentes irréalistes et idéalistes et perfectionnistes . Je travaille dans un milieu pourri. Tant pis. Rien n’est parfait. C’est temporaire. Et puis il y a quand même des gens gentils dans les autres départements, Anick, par exemple. Et des citoyens impliqués et un peu rêveurs qui ont misé tous leurs espoirs sur moi.

Il y a un côté stimulant à se mesurer au stress. Et puis je réalise que même sans l’appui d’une équipe, malgré une patronne exécrable, je fais une sacrée bonne job. Je suis méchant, juste ce qu’il faut, avec les fournisseurs qui prennent du retard. Je talonne les fonctionnaires. Je garde toujours mon sang-froid avec les citoyens agressifs. Le projet consiste à verdir des ruelles et donc à retirer de l’espace aux voitures pour planter des arbres, des arbustes et des plantes vivaces. Les automobilistes ne m’aiment pas du tout. Ils dénigrent mon projet, me ridiculise, me menace de poursuites. Mais ils ne peuvent pas grand-chose contre moi puisque le projet se trame depuis plus d’un an et que j’ai l’appui de tous les paliers de gouvernements et de tous les organismes du milieu. Je suis bien organisé et j’ai réponse à tous leurs arguments. L’espace public appartient au public, pas aux voitures. J’ai le gros bout du bâton. Je pense aux enfants qui joueront dans la ruelle. Aux bruit du vent dans les arbres et aux oiseaux. Et je sais que dans quelques mois, je ne serai plus là. Alors, je joue le blanc-bec, un peu condescendant, juste un peu baveux. J’ai des millions de choses à penser. J’ai des millions de messages tous les matins sur ma boîte vocale. Je gère des sommes d’argent qui me paraissent énormes, mais qui en réalité sont dérisoires par rapport à tout ce qu’il y a à faire.

Je travaille des heures de fous. Je dors avec un téléphone portable à côté de mon lit. Dans quelques semaines, ça devrait se calmer. Je tiens le coup en courant mes six kilomètres dès que j’ai une heure de libre. En méditant le midi. (En essayant du moins.) J’apprends le détachement. (J’essaie en tout cas.) Et j’essaie de compartimenter ma vie de la façon la plus étanche. Si tout le projet s’écroule, ce ne sera pas la fin du monde, il n’y aura pas mort d’homme. J’aurai fait de mon mieux et puis c’est tout. Quand l’été sera bien installé, en juillet, je serai un peu plus libre et un peu plus vieux. J'aurai un plus peu d’argent dans mes poches et j’aurai certainement appris plusieurs choses. Et puis comme ma vie est vide, en ce moment, alors aussi bien la passer au travail.

Musique : Je joue de la guitare, Jean Leclerc (aka Jean Leloup)

28 avril 2008

Rogne

L’organisme pour lequel je travaille depuis janvier a décidé de donner nos locaux à une autre division. Notre minuscule équipe est désormais éparpillée, un peu partout dans l’édifice. La coordonnatrice au deuxième, avec les dossiers. Le matériel dans des boîtes au sous-sol ou dans le garage. Quant à moi, je me retrouve dans un corridor du troisième étage entre les bureaux de la comptabilité. (Le comptoir de service est au rez-de-chaussée.) Je mets mes écouteurs, mais c’est un vieux bâtiment et ma chaise sautille quand les gens passent dans mon dos. Derrière moi se trouve la seule imprimante de l’étage. Il n’y a pas de fenêtre, juste un puits de lumière au-dessous duquel je cuis littéralement sous le soleil. Mais je ne devrais pas me plaindre de la chaleur. Le climatiseur qui rafraîchira tout l’étage dans quelques semaines est juste au-dessus de mon écran. Je recevrai alors l’air froid en plein visage.

Depuis que j’ai commencé à travailler là, je vais de déception en mauvaises surprises. J’ai accepté ce contrat parce que je croyais à ce projet. L’ambiance est exécrable, les ressources, inexistantes. Le troisième joueur de l’équipe est parti en congé de maladie et n’a pas du tout l’air pressé de revenir. Au début de mon contrat, la coordonnatrice était en congé de maternité. Le jour précédant son retour, une fille d’un bureau voisin m’a tapé sur l’épaule avec un petit sourire : « Bon courage. » Ma nouvelle patronne caquette continuellement, même quand elle est seule. Et si elle s’adresse à quelqu’un, c’est pour donner des ordres. Côté travail, ce n’est pourtant pas un exemple d’efficacité et elle me refile tous les cas problèmes. (Même si elle a sa permanence et le double de mon salaire.) Les autres organismes en environnement du milieu se livrent une guérilla perpétuelle pour s’arracher les maigres subventions. Les luttes de pouvoirs monopolisent la plus grande partie des ressources. Tous les paliers de gouvernement se lancent la balle. Personne n’a d’argent. La ville de Montréal et les arrondissements se déchargent en nous envoyant les citoyens mécontents. Et c’est moi qui sers de chair à canon. Je me fais engueuler au moins trois fois par semaine par des illuminés écolos de salon, des citoyens-rois qui voudraient que je sauve la planète sans qu’ils aient à lever le petit doigt. Je pense que je n’ai pas ce qu’il faut pour travailler là.

Le déménagement a donc été la goutte qui devait faire déborder le vase. Pour exprimer le mépris, ils ne pouvaient trouver mieux. J’ai pris la décision de démissionner. Mais, par mesure de prudence, j’ai tenu ça mort, le temps de trouver autre chose. J’imaginais un départ fracassant où je laisserais savoir ma façon de penser à toute la boîte. Cette décision m’a tellement soulagé que j’ai retrouvé le sommeil et le sourire. Et puis, il y avait le printemps. Quand la tension montait, je jonglais à tout ce que je ferais le jour de ma libération. Et à chaque pause, je fuyais dans le parc entre les tulipes et les forsythias. Depuis, plus rien. Mes projets se dégonflent. Une semaine s’est écoulée. Aucune de mes démarches de recherche d’emploi n’a donné de résultats. Et mes contrats pour le magazine sont insuffisants pour que j’en vive. Les comptables du troisième n’ont jamais eu un collègue aussi antipathique. Je me retiens pour ne pas sacrer à voix haute. J’ai le fantasme d’arracher ma lampe de bureau et de frapper le prochain veston-cravate qui passe derrière moi. Il faut que je sorte de là, c’est une question de santé mentale. J’ai renoué avec l’insomnie et avec mon estomac noué, au petit matin. Et au manque de sommeil s’ajoute la culpabilité de ne pas bouger et d’être incapable de trouver autre chose. Si je n’arrive pas à me caser, c’est peut-être moi le problème.

Le printemps a fait trois petits tours et s’est évanoui. Les miss météo se confondent en excuses avant d’annoncer des chutes de neige fondante. Moi je suis content. Le ciel menaçant exprime tout ce que je garde à l’intérieur et le tambourinement de la pluie sur le puits de lumière manifeste mon impatience. J’espère que lorsque le beau temps reviendra, je serai au rendez-vous pour lever les yeux.

11 janvier 2008

La vie de plateau II

Je ne sais pas si c’est la grisaille de janvier, mais j’ai la plume un peu sèche. Depuis quelques années, je rêvais de ce contrat. Après une semaine de travail, je fonce vers la terre comme cette pluie glacée qui est tombée toute la journée. Fatigué, épuisé, lessivé. Dieu merci, c’est vendredi.

Au cours des derniers jours, j’ai sillonné l’arrondissement dans tous les sens pour débusquer les futurs îlots de chaleur estivale et évaluer les possibilités d’y planter des arbres. J’ai couru les ruelles. Certaines sont magnifiques, d’autres, complètement dévastées. Je redécouvre les grandeurs et les misères de ce quartier magnétique, le Plateau-Mont-Royal. Et son snobisme un peu ridicule, mais attachant. Je découvre également les dessous pas toujours verts du milieu des organismes en environnement. Les ressources sont rares et chacun tire sur son coin de couverture. Louvoiement politique et guéguerres de clochers créent une atmosphère de travail assez particulière.

Ce que je pourrai réaliser pendant ce contrat me paraît insignifiant par rapport à tout ce qu’il y aurait à faire. Mes projets de verdissement seront presque imperceptibles dans cette mer de briques, d’asphalte et de béton. Et, avant de pouvoir planter mes mains dans la terre, au début de l’été, il me faudra combattre des hordes de fonctionnaires apathiques ou véreux. Ouvrir mon chemin dans une jungle de formulaires. Survivre à l’asphyxie, lorsque je serai submergé par des tonnes de paperasses, autorisations, dérogations, subventions.

Je tire mon épingle du jeu en me répétant intérieurement que ce n’est qu’un travail. Je joue les innocents lorsque c’est à mon avantage. Je tourne les coins ronds pour obtenir ce que je veux. Je serre des mains. Je ris des blagues creuses dans les 5 à 7 et j’applaudis les élus en souriant béatement. Un jour, dans quelques mois seulement, ce sera l’été. Et il y aura des enfants, au fond d’une ruelle, qui joueront à la marelle entre les massifs de sauges ou de marguerites. Dans quinze ou vingt ans, des amoureux viendront peut-être, en catimini, graver leurs initiales sur le tronc d’un févier que j’aurai planté.

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Ruelle quelque part entre Laurier et Masson

22 avril 2007

Le printemps

Pendant qu’aux quatre coins du monde les humains jouent à la démocratie, c’est aujourd’hui le jour de la Terre. Et il est primordial de se rappeler que notre planète est unique et irremplaçable. Pour souligner l’évènement, voici quelques lignes d’un livre qui a été pour moi une révélation. Une année à la campagne de Sue Hubbel. Sue Hubbel est apicultrice et vit seule au milieu des monts Ozark au Missouri. Elle observe avec une tendresse et une fascination contagieuse le monde qui l’entoure.

L’endroit est d’une telle beauté que j’en ai eu presque les larmes aux yeux la première fois que je l’ai vu il y a maintenant douze ans. J’éprouve aujourd’hui encore la même émotion, aussi ne me suis-je jamais beaucoup souciée de savoir le nombre d’hectares composant le domaine, ni où se trouvaient ses limites précises et qui, exactement, possédait quoi. Mais ce qui lui confère sa beauté et le rend si désirable à mes yeux a également convaincu d’autres créatures que cette terre était exceptionnelle et leur appartenait tout autant. En ce moment, par exemple, je me fais un peu l’effet d’une intruse, ayant découvert que je vivais au milieu d’un ghetto de bruants indigo. Pour un ghetto, c’est un endroit fort joyeux mais qui m’a contrainte à réfléchir aux droits de propriété.

Les bruants indigo sont des oiseaux de petite taille, mais vivaces. Ils s’imaginent que l’endroit leur appartient et il est difficile d’ignorer leurs revendications. Les mâles — d’un bleu brillant, chatoyant — se perchent sur les poteaux de la clôture du jardin ou au sommet des cèdres qui ont envahi la prairie. De là, ils contemplent leur domaine et lancent leurs trilles compliqués qui me réveillent au petit jour; ils continuent à chanter toute la journée, même à midi, après que les autres oiseaux se sont tus. Les bruants indigo ont plusieurs faits importants à nous révéler; ils nous apprennent en particulier qui sont les maîtres des lieux. Les femelles, d’un brun terne, semblables à des moineaux, et les oisillons s’intéressent davantage à la nourriture; ils restent près du sol et cherchant des grains ou, à l’occasion, une chenille dans les buissons bas et les herbes, mais eux aussi savent à quoi s’en tenir. Un jour, revenant en bordure du pré, je suis tombée sur un jeune bruant indigo absorbé par ses exercices de chant. Il n’avait pas encore osé choisir un perchoir aussi visible que ceux de son père, mais il était là, cramponné à une branche nue, et il débitait doucement ses couplets, s’embrouillant dans ses trilles et les reprenant, mais d’une voix si ténue que, n’eussé-je été tout près de lui, je ne l’aurais pas entendu.

Une autre fois, je découvris que le vent avait ouvert la porte arrière de ma miellerie et que la pièce s’était remplie d’une grande variété de créatures ailées. La plupart étaient des insectes, mais parmi eux je découvris un petit bruant indigo qui s’était fourvoyé là et essayait de trouver une issue, battant des ailes contre les treillis des fenêtres. Le tenant avec précaution, je lui caressai le sommet du crâne pour essayer de le calmer, mais m’aperçus que son cœur ne battait pas de terreur. Peut-être était-il si jeune qu’il n’avait pas encore appris la peur, mais je préfère penser que, comme tous ceux de sa race, il était simplement trop effronté et sûr de ses droits pour éprouver de la crainte. Il me regardait d’un air malveillant et il pinça mon pouce gigantesque avec son bec pour bien me faire comprendre que je devais le lâcher à l’instant même. Ce que je fis, bien entendu, et je le regardai s’envoler vers les hautes herbes derrière la miellerie, où une famille de bruants indigo, je le savais, avait fait son nid.

Ils s’imaginent donc être propriétaires des lieux et leur certitude n’est démentie que par un bout de papier classé dans mes dossiers. Mais d’autres revendiquent les mêmes droits et peut-être devrais-je essayer de me livrer à un recensement et examiner les demandes avant d’accorder des titres de propriété. D’autres oiseaux se croient ici chez eux — les buses qui utilisent les courants d’air ascendants au-dessus de la rivière et du ruisseau, les chardonnerets, les dindons sauvages, les vanneaux, et les engoulevents…

… Et le coyote femelle? Elle a été convaincue pendant un certain temps que la ferme lui appartenait, en particulier les poulets. Elle était si sûre d’elle qu’elle arriva une fois tranquillement en plein jour et rafla le vieux coq belliqueux pour le ramener à ses petits. Les chiens, cependant, s’avisèrent de son manège et les quelques fois où elle revint pour exercer ses droits, ils la chassèrent en expliquant que cette ferme était à eux et le poulailler sous leur responsabilité.

Lorsque je me mets à réfléchir à la question vue sous ce jour — à savoir que ceux qui habitent un endroit et s’en servent ont le droit d’en revendiquer la propriété, même illégalement — elle devient d’une extrême complexité…
… Je suis prise de vertige à l’idée de recenser tous ceux qui habitent ici; tous autant qu’ils sont semblent avoir revendiqué sur ce domaine certains droits aussi valables que les miens et peut-être même davantage.




Sue Hubbel, Une année à la campagne, vivre les questions
(Gallimard,1988)
Titre original : A Country Year, Living the questions
(Random House, 1983)
Traduit de l’anglais par Janine Hérisson

04 avril 2007

Derrière un kleenex




Chaque papier-mouchoir de marque Kleenex cache une coupe à blanc. Les larmes de tristesse ou de colère sécheront avec le temps. Mais la forêt boréale mettra des milliers d’années à se régénérer et des centaines d’espèces animales et végétales risquent de disparaître, à jamais.

La forêt boréale représente le quart de toutes les forêts anciennes encore existantes sur la planète. Elle constitue l’un des plus importants puits de carbone terrestre et joue un rôle critique pour combattre les changements climatiques. C’est un réservoir de biodiversité irremplaçable, intimement lié à la préservation de la richesse des cultures autochtones de l’Amérique du Nord.

Chaque année, près de 650 000 hectares de forêt boréale canadienne sont rasés, la plupart du temps en utilisant le procédé de la coupe à blanc. Les coupes à blanc sont dévastatrices parce qu’elles éliminent tous les arbres d’un secteur forestier donné. À l’heure actuelle, seulement 8.6 % de la forêt boréale du Canada est protégée.

Kimberly-Clark est l’entreprise qui fabrique les papiers-mouchoirs de marque Kleenex. Malgré les préoccupations environnementales des consommateurs, malgré les pressions des groupes environnementaux, elle continue d’acheter sa pâte à papier d’entreprises qui coupent des arbres de la forêt boréale ancienne. Kimberly-Clark refuse de changer ses pratiques commerciales et contribue ainsi à la destruction de ces forêts. Les produits Kimberly-Clark sont vendus pratiquement partout en Amérique du Nord et en Europe. Les mouchoirs, papiers hygiéniques et serviettes de table Kleenex sont fabriqués au Canada et aux États-Unis. Les marques Scott, Viva et Cottonelle/Cashmere sont fabriquées aux États-Unis.

Il existe pourtant des alternatives. Il est possible de produire des papiers jetables d’excellente qualité en respectant les principes du développement durable.

Il est possible de changer les choses

Depuis novembre 2004, Greenpeace coordonne une campagne internationale de boycott des produits de Kimberly-Clark. Plusieurs organismes participent à la campagne. Et chaque citoyen peut également jouer un rôle essentiel en se faisant entendre directement auprès de l’entreprise, en choisissant des produits fabriqués par des entreprises plus responsables et en exigeant auprès des commerçants que de tels produits soient disponibles.

Vous pouvez joindre le service à la clientèle de Kimberly-Clark :
À partir du Canada et des États-Unis: 1-888-525-8388
(Sans frais, en français et en anglais)

Ou communiquer directement avec les dirigeants de l’entreprise :
Ken Strassner : +1 770-587-8634
Thomas Falk: +1 972-281-1308
(Les frais d’interurbain s’appliquent. Thomas Falk travaille à Irving au Texas, alors que Strassner travaille à Roswell en Georgie. Si vous ne réussissez pas à les rejoindre, laissez-leur un message. Prenez note qu’on risque de vous répondre en anglais !)

Thomas Falk, CEO
Kimberly-Clark
351 Phelps Drive
Irving, Texas 75038, USA

Télécopieur : 972-281-1490
Courriel : thomas.j.falk@kcc.com

Greenpeace offre un site d’information et, pour le Canada, un guide d’achat des papiers jetables.

Il n’est pas toujours facile de trouver des papiers jetables fabriqués par les entreprises plus responsables. Les produits sans nom ou de marque maison sont souvent fabriqués par Kimberly-Clark ou par ses divisions. Au Québec, l’entreprise Cascades fait un travail remarquable. Ses produits sont distribués, entre autres, dans les pharmacies Jean Coutu, Proxim et les supermarchés IGA.

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Manuel et trousse d’outils anti-Kleenex
Autocollants " Kleenex rase notre forêt boréale "
La pétition : On dort comme une bûche


La colère a parfois son utilité ! ;-)

Musique : Françoise Hardy, Comment te dire adieu, Serge Gainsbourg, Arnold Goland, Jack Gold