22 octobre 2008
Brèves (note 445)
Finalement, je ne connaissais pas la femme que j’ai vu sur le trottoir, samedi dernier. Celle que je connais raconte encore des blagues vulgaires et s’étouffe en riant parce qu’elle fume trop. Il lui arrive encore de parler de son ancien amant, les yeux dans le vague. Ça revient constamment, comme un bout de mélodie sur un disque brisé. Mais elle a l’air plus calme et se fait lentement une place, entre les allées et venues de la maison. J’ai eu peur pour rien. Enfin, pas pour rien : pour une inconnue. Ça m’apprendra à traverser les quartiers mal famés avec un cœur fêlé, imbibé de téquila…
J’ai su ce matin que mes patrons ont décidé de m’accorder une semaine de vacances. Ce sera mes premières vacances payées, à vie. Je n’ai connu que des périodes de vaches maigres entre des piges. Et à mon retour, j’aurai même droit à une augmentation (qu’il me reste à négocier). Je continue de faire des petits contrats à l’extérieur, un peu par insécurité, un peu pour me vider la tête. J’en ai décroché un dont je suis particulièrement fier. Je vais donner un cours en formation continue au collégial.
Un vent de bordel avait soufflé sur mon appartement après que Mister Right ait pris ses distances. Pendant des semaines, j’ai été submergé par le désordre. Je pense que c’est un mécanisme de défense. Je me fabrique un cocon qui m’isole des visiteurs potentiels. L’accumulation des objets me protège des émotions. Les surfaces libres sont graduellement réapparues sur mon plancher. Le tas de vaisselle a fondu petit à petit, comme neige au soleil. Et tout l’appartement brille désormais comme un sou neuf, signe que la tempête est passée et que je suis indemne.
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