27 février 2009

Quantifier

7 h 00 : lever du corps, ouvrir le rideau, allumer la lampe de l’aquarium, nourrir les trois poissons. Avaler 400mg de Didanosine, 30 minutes à jeun, faire le lit, préparer le sac à dos, s’habiller, déjeuner : 1 bol de céréales : 3g de fibre, 3g de protéine, 3g de lipide, maximum 5g de sucre, une banane, un jus d’orange (antioxydants, 2 portions de fruits et légumes), pain de blé entier et beurre d’arachide (fibres solubles et insolubles, protéines). Antisudorifique, eau de toilette Kenzo, 5g de testostérone USP 1 % gel, dentifrice à la cannelle, la voix de René Homier-Roy à la radio (parce que sa perspicacité, sa vivacité me font du bien). 20 minutes de transport pour l’aller, 7 heures de travail + 1 heure pour le dîner. La journée défile, entrecoupée de 3 ou 4 portions de protéine, 5 à 6 portions de fruits et légumes (au moins un vert foncé et un orangé), 6 verres d’eau, pas de café, 20 minutes de transport pour le retour, 8 heures d’entraînement chaque semaine (4 x 2 heures) dont 80 minutes de cardio (4 x 20 minutes), étirements, vaisselle, lavage, séchage à l’air libre, le tout en écoutant n’importe quoi d’entraînant. (Ne pas oublier de sortir les poubelles.) 15 minutes de méditation, douche chaude, dentifrice à la cannelle, 600 mg d’Abacavir, 600 mg d’Efavirenz, 30 mg d’Apo-temazepam, lire une vingtaine de pages : Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, 22 h 45 : éteindre la lumière, 8 heures de sommeil et on recommence. Par moments, ma vie est tellement plate.

10 juin 2008

Compte à rebours

Sur un autre blogue j’ai lu une note intitulée : C'est à 40 ans que les hommes meurent.
J’avais écrit ce commentaire :
« Je ne crois pas aux chiffres et à la numérologie. Je connais des morts de 20 ans et d'autres qui naissent après 50 ans. »
— Bullshit !

À l’heure où on se parle, il me reste 363 jours de trentaine. Et les heures tombent comme ces falaises qui s’effritent dans la mer. 39 est un chiffre monstrueux. Mieux vaut faire le deuil de tout ce que j’aurais voulu accomplir avant 40 ans.

Aux chiffres disgracieux s’ajoute la fatigue. Je suis fatigué. Toujours. Tout me demande un effort. Je dormirais tout le temps. Je n’ai pas eu droit à des vacances depuis bientôt 3 ans. Je termine sur les dents un contrat que j’ai détesté et qui ne m’apportera aucune reconnaissance. Je n’ai jamais vécu autant de mépris. Ma supérieure que j’ai baptisée la chèvre (une chèvre, c’est égocentrique, narcissique, et ça ne respecte rien) est insupportable et incompétente. Je suis payé un salaire tout à fait ordinaire pour travailler 35 heures par semaine alors que j’en fais le double. Depuis 2 mois, je n’ai pas eu 2 journées congé en ligne. Et la chèvre se permet de m’appeler chez moi, les jours où je ne travaille pas. Il n’y a pas un jour où je n’entends pas sa voix nasillarde sur mon répondeur. Je suis trop lâche pour démissionner. Pourtant quand ce contrat sera fini, je repartirai à zéro, avec rien devant moi.

J’ai eu un drôle d’anniversaire dans la chaleur et l’humidité suffocante d’un climat déréglé (34 degrés avec l’Humidex). Je devais aller voir un opéra avec Ziggy, qui s’est bien sûr décommandé au dernier moment. Le grand m’a accompagné. Nous avons assisté à la retransmission en direct et en plein-air d'une production de l’opéra de Montréal : Madame Butterfly, sous les étoiles. Je n’avais jamais vu d’opéra. C’était magnifique. Puis il m’a proposé de faire un BBQ chez lui, le lendemain. En marchant vers chez lui, il m’est arrivé un accident stupide, un éclat de pierre effilé a déchiré ma sandale et s’est enfoncé dans mon talon. Je me suis retrouvé à claudiquer sur le trottoir, du sang foncé plein les mains et les pieds, sans savoir que faire. J’ai finalement rincé mes sandales dans une flaque d’eau pour pouvoir continuer à marcher. Je ne pourrai pas courir pour quelques jours.

Côté cœur, impossible de relater mes histoires sans me répéter. Je me résous au célibat. Je ne suis pas un bon parti. Sans le sou et toujours endetté, compliqué, angoissé, excessif. Je suis renfermé et secret dans la vraie vie, mais impudique dans ces carnets. Obsédé par la santé, j’ai toujours en tête qu’elle pourrait s’effondrer soudainement, sans prévenir. Même si je sais que ça risque de ne jamais arriver. Je suis un éternel inquiet et ça ne va pas en s’améliorant. Je vieillirai seul. Avec mes 3 stupides poissons qui se poursuivent paresseusement dans l’aquarium, près de l’écran. De toute façon, je ne sais pas aimer. Mon cœur est un abîme sans fond. Dès que j’aime, je me transforme en trou noir où tout s’engouffre et où je finis moi-même par sombrer. Mes amitiés sont fugaces et passagères comme le vent. Je n’aurai jamais d’enfant, même par procuration, j’aurai bien aimé m’occuper de ceux des autres. Je ne serai même pas beau-père, oncle ou parrain.

Le ciel est d’un jaune sale et les orages se succèdent. Je n’arrive plus à sortir de mes idées noires. Ça serait mon karma. La vie voudrait m’apprendre quelque chose. Désolé, la vie, je suis nul et ça m’a tout l’air que je ne comprends rien. Et pour apprendre, je suis adepte de la méthode douce. Ça ne passe pas. Il va falloir frapper encore et encore.

04 juin 2007

Où étiez-vous, il y a un an ?

L’utilité de l’écriture d’un blogue c’est de pouvoir se relire et d’embrasser d’un seul clic, le chemin parcouru. Si les oiseaux picorent les morceaux de pain des petits poucets virtuels, certains cailloux brillent toujours sur le sol de la forêt. La piste ainsi marquée nous ramène souvent à ce qui compte vraiment.

Il y a un an, j’ai entendu un mot que j’attendais depuis très longtemps. Douze lettres pour un sourire. Ce moment est marqué d’une pierre blanche. Douze mois se sont déroulés depuis, sans anicroche. C’est une petite victoire que je me devais de souligner.