14 octobre 2008

Voter utile VII

Je me souviens, quand j’étais petit, d’une tante alcoolique. Elle se levait au milieu de l’après-midi et la première chose qu’elle faisait, c’était de se servir un verre de Cinzano. Quand elle parlait de politique, elle avait l’habitude de s’exclamer en donnant un grand coup de poing sur la table : « Votez pour n’importe qui, mais votez, bondance ! »

La vérité sort parfois de la bouche des ivrognes. C’est la première fois que je me sens concerné par la politique. Lors des dernières élections fédérales, je votais pour le parti qui me faisait le plus rire (Rhinocéros, marxiste-léniniste ou bloc-pot). Cette fois-ci, je ne ris plus. Alors si vous êtes au Canada, je ne vous retiens pas plus longtemps. C'est aujourd'hui le 14 octobre 2008. Allez voter, ça presse !

Pour mon emploi, pour les gens que j’aime, pour la planète : je vais voter.
Et pour les indécis, il y a toujours ceci : Votez pour l'environnement


03 octobre 2008

Voter utile VI

Le 5 octobre j'y serai.

Pour la protection de l'environnement :
Le gouvernement conservateur a renié les engagements du protocole de Kyoto pourtant ratifié par le Canada. Il subventionne l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta et ses politiques contribuent à augmenter… les gaz à effet de serre! Il ne fait rien en faveur du développement des énergies renouvelables et des programmes d’économie d’énergie.

Tous sauf les conservateur : Greenpeace Canada et le Sierra Club

Pour les droits des femmes :
Le budget de condition féminine Canada a été réduit de 43% et le Programme de promotion de la femme (PPF) ne financera plus la recherche ni la défense des droits des femmes. Et, très grave... le projet de loi C-484 (mis sur la glace …pendant la période électorale) accorde un statut juridique au foetus, ce qui ouvre la porte à une recriminalisation de l’avortement.

Non aux politiques conservatrices : Fédération des femmes du Québec

Pour la culture :
Le gouvernement a profité des vacances estivales pour effectuer en catimini des coupures dans une série de programmes de subvention à la culture. Pourtant ces programmes ont prouvé leur efficacité (les rapports de gestion de ces programmes ne font pas état de gaspillage) et leur capacité de faire rayonner les artistes ici et à l’étranger. Tout cela sous prétexte que les artistes seraient des enfants gâtés, alors que la plupart d’entre eux vivent avec moins de 25 000$ par année ou… parce que leurs créations choquent les esprits bigots !

Pour les droits humains et les libertés :

Le gouvernement conservateur refusede protéger les ressortissants canadiens à l’étranger contre la peine de mort. Il laisse Omar Khadr, un enfant-soldat, croupir à Guantanamo. Il se plie servilement aux orientations des États-Unis en matière de sécurité. Il renvoie vers la torture, maintient les certificats de sécurité et les procès inéquitables où la preuve demeure secrète, au nom de la sécurité nationale. Il veut intensifier la coopération policière avec les USA et le Mexique dans le cadre de l’ALÉNA. Il a aboli le programme de contestation judiciaire empêchant ainsi les minorités de faire valoir leurs droits. Il cherche à durcir les peines d’emprisonnement pour les jeunes contrevenants.

Dimanche, 5 octobre 2008
Rendez-vous à 12 h 30
Square Dorchester (métro Peel) Montréal
(angle rue Peel et boulevard René-Lévesque)

15 septembre 2008

Voter utile III

Jack Layton est le plus chef de parti le plus « cute » au Canada. Ceux qui me lisent depuis longtemps savent que j'ai un faible pour les hommes qui ont un accent. Mais ne vous méprenez pas, à la fin du message il conclut en disant : « Votez pour l’NPD ! » et non pas « Votez pour les pédés ! » pfff.



Même s'il a le même accent, Stephen Harper n'a absolument rien d'engageant.
Bye-bye mon cowboy !
Ne votez pas conservateur en octobre 2008, sur Facebook

Voter utile II

Je sais pas ce qui m'arrive, je dois couver quelque chose, je suis devenu politisé. On dit que Stéphane Dion a le charisme d'un parapluie. Tant pis pour le glamour. Avec les changements climatiques qui s'annoncent, c'est peut-être ce qu'il nous faut !



Et bye-bye mon cowboy !
Ne votez pas conservateur en octobre 2008, sur Facebook

14 septembre 2008

Voter utile

Mon cœur irait vers le NPD parce qu’ils sont sympathiques et qu’ils ont l’air plus honnêtes que les autres. Je voterais pour le Parti Vert parce qu’il est temps que les questions environnementales prennent le devant de la scène et soient intégrées à toutes les sphères de la société. Je voterais aussi pour le Bloc parce que je suis toujours attaché à l’idée que le Québec devrait être un pays souverain, même si je ne crois plus trop à la souveraineté, dans un contexte de mondialisation. Je voterais pour les Libéraux parce qu’ils sont probablement les seuls à avoir une chance de défaire le gouvernement conservateur actuel.

Je reste indécis. Je verrai bien dans l’isoloir. Mais une chose est sûre : je voterai contre les conservateurs.

Je ne suis vraiment pas calé en politique et je suis assez désabusé. Mon point de vue vaut ce qu’il vaut… Mais voter conservateur c’est laisser en place : un gouvernement qui appuie les politiques américaines, notamment l’emprisonnement et la torture des mineurs à Guantanamo. Un gouvernement qui coupe sauvagement dans la culture, et dans sa diffusion à l’étranger. Et qui cherche à établir des critères moraux dans le choix des œuvres qui seront subventionnées. Un gouvernement bien-pensant qui veut assouplir les règles de possession d’armes à feu, mais qui cherche par des moyens détournés à limiter le libre choix des femmes à l’avortement.

Et bien égoïstement, je ne voterai pas conservateur parce que s’ils sont élus, je risque de me retrouver sans emploi. Depuis l’arrivée des conservateurs, le Canada n’a pas rempli ses engagements en matière d’accès aux traitements dans le tiers-monde. Il a fait des compressions importantes dans le budget consacré aux organismes VIH/Sida, qui survivent de peine et de misère depuis de nombreuses années, malgré des besoins criants. Un mandat supplémentaire des conservateurs signifie que l’organisme pour lequel je travaille devra supprimer des postes, au cours des prochains mois.

Ne votez pas conservateur en octobre 2008, sur Facebook

21 juillet 2008

Le Canada complice de la torture



« Omar Khadr a été capturé en 2002 alors qu’il n’était qu’un enfant par des membres des forces américaines après un échange de coups de feu où un soldat américain est décédé et Omar Khadr a été blessé. Bien que les États-Unis aient ratifié le Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés, Khadr, en tant que mineur à l’époque, n’a jamais eu d’assistance appropriée en vue de sa réadaptation physique et psychologique, ainsi que sa réinsertion sociale, tel que le stipule le protocole. Plutôt les États-Unis l’ont traité comme un adulte et soumis à des mauvais traitements au centre de détention de Guantanamo. »
Amnistie Internationale

« L'UNICEF pense que les enfants accusés d'avoir commis des crimes alors qu'ils étaient des enfants-soldats devraient avant tout être considérés comme victimes d'adultes qui ont bafoué le droit international en recrutant et en utilisant des enfants, et qu'il faut les aider en vue de leur réintégration sociale »
Unicef

« Le traitement infligé à Omar Khadr au cours de sa détention viole les devoirs des États-Unis et du Canada en vertu du droit international, qui prévoit, entre autres, que l'intérêt des mineurs surpasse toute autre considération dans les procédures judiciaires. »
Amnistie Internationale


Et moi, j'ai honte d'être d'ici.

Écrivez au premier ministre Harper pour réclamer le rapatriement d'Omar Khadr

Lettre à Omar Khadr, Jacqueline Remy, 20minutes.fr
Vidéo de l’interrogatoire d’Omar Khadr

21 avril 2008

Pour le libre choix

Un projet de loi privé (C-484) déposé par le député Ken Epp, le 21 novembre 2007, risque de faire reculer le Canada de plusieurs décennies et ouvre la porte à la criminalisation de l’avortement, un débat pourtant clos depuis longtemps.

Comme son titre l’indique « Loi sur les enfants non encore nés victimes d’actes criminels », le projet de loi C-484 vise à amender le Code criminel afin de sévir contre tout acte de violence entraînant la mort d’un enfant à naître. En procédant de la sorte, ce projet de loi pourrait implicitement accorder un statut juridique au fœtus alors qu’il n’en détient aucun dans le cadre des lois actuelles. Ce statut pourrait faire en sorte qu’un individu qui commettrait un homicide contre une femme enceinte pourrait encourir une double peine de prison.

Rappelons qu’en 1988, après 20 ans de guerre juridique et au terme de 15 mois de délibérations, la Cour suprême du Canada invalidait l’article 251 du Code criminel. L’introduction de ce projet de loi serait-elle un subterfuge visant à octroyer un statut juridique distinct au fœtus?

Dans l’affirmative, cela viendrait effacer d’un trait 20 ans de jurisprudence en matière de choix et de droit des femmes à disposer de leur corps comme bon leur semble.

Ce projet de loi a franchi la deuxième étape de son adoption dans une indifférence quasi totale le 5 mars dernier.
Il faut faire en sorte que ce projet de loi ne passe pas la troisième lecture et n’obtienne jamais la sanction royale.

Non au projet de loi C-484
Signez la pétition

23 novembre 2007

Cinéma

J’ai eu un choc en ouvrant les stores. Il est bien trop tôt pour la neige. Une chape blanche recouvre les balcons et les trottoirs. Elle semble vouloir figer le temps. Actuellement, je travaille de chez moi. Ça a plusieurs avantages. Pas besoin de m’habiller ou de me raser. J’écoute la musique qui me plaît, je n’ai pas d’horaires fixes. Mais par moment, l’absence d’interaction me manque un peu. Les chèques de paie sont à peu près le seul feed-back que je reçois. La solitude ne me pesait pas trop lorsque je pouvais enfiler un manteau et partir sous le soleil. Mais la neige et les trottoirs glacés me donnent l’impression d’être confiné à l’intérieur, de devoir hiverner. Cette curieuse lumière froide et humide rend plus pressantes mes envies de chaleur humaine. Heureusement, ce soir je vais au cinéma.

Je suis parti à l’avance pour être certain d’arriver à l’heure. Dans le métro, quatre employés bloquent les tourniquets. Une petite bonne femme à lunette semble très fière d’annoncer à tous les gens qui attendent qu’il y a eu un suicide à la station Saint-Laurent et que dans ces cas-là c’est toujours trèèès long. Elle doit être tout excitée qu’il se passe quelque chose dans sa morne vie de guichetière surpayée. Mais ça manque un peu de professionnalisme. On n’annonce pas un suicide comme un chien écrasé. D'ailleurs, la voix robotisée se fait entendre après trois sons de cloche : « Attention, attention, une intervention des ambulanciers nous oblige à interrompre le service sur la ligne verte entre les stations… » Je me demande si le cow-boy a pris le métro. Il habite à l’autre bout de la même ligne.

La foule s’accumule devant les tourniquets. Je devrais peut-être prendre un taxi. On se voit si peu souvent, je ne suis pas pour arriver en retard. La bonne femme claironne à qui veut l’entendre : « Ah… Ils annoncent dans cinq minutes, mais ça risque d’être plus long, vous savez dans ces cas-là… »

Finalement, le service est rétabli à l’heure prévue, la bonne femme regagne son guichet, l’air déçu. La foule s’engouffre dans les escaliers. Je déteste être en retard. Il me reste dix minutes pour me rendre au cinéma Impérial. Je me penche au-dessus du quai pour scruter le tunnel, Pas de métro en vue. Je prends donc la décision de remonter dans la rue et d’attraper un taxi.

Nous n’avons même pas bougé, bloqués par un feu rouge que déjà le compteur du taxi s’emballe. La soirée va me coûter cher. La voiture fait du slalom dans la circulation. La chaussée est couverte de verglas. Nous attrapons tous les feux rouges. Puis le taxi se gare devant le cinéma. Il y a une longue ligne d’attente qui longe toute la façade. Je déteste faire une arrivée aussi peu discrète. Y avoir pensé plus tôt, j’aurais demandé au chauffeur de me faire descendre au coin de la rue.

Puis je me retourne et par la fenêtre, au milieu de la ligne juste en face de moi, le cow-boy est là et il me sourit. En une fraction de seconde, envolés la déprime hivernale, le stress et l’embarras. Je paye le chauffeur en souriant. Puis, tout fier, je sors du taxi. Je marche vers lui et j’enjambe le câble qui délimite la ligne d’attente. Il a acheté les billets. C’est gentil. Je lui raconte mon histoire de métro. Il m’embrasse. Je jette un œil à la ligne derrière moi. J’ai eu le goût de leur tirer la langue et de leur lancer : « Vous avez vu ? C’est moi qu’il attendait. C’est moi qu’il a embrassé ! »

Le cinéma Impérial n’est utilisé que pour les festivals. Le décor est vraiment fastueux. C’est le cow-boy qui a choisi le film, un film « canadian » dans le cadre du festival de cinéma gai Image et Nation :

Breakfast with Scot

Éric (Tom Cavanagh) est un commentateur sportif dans un grand réseau de Toronto. Pour faire sa marque dans ce milieu macho et homophobe, il a choisi de taire son homosexualité. Son copain Sam (Ben Shenkman) hérite temporairement de la garde de son neveu, un petit garçon de 11 ans qui porte des boas et des bijoux, se passionne pour les comédies musicales et ignore tout du hockey. La confrontation entre ces deux univers ne se fera pas sans heurts. Ce film de Laurie Lynd (DeGrassi High) est une version canadienne de Ma vie en rose. Un film de Noël pour toute la famille qui parle avec humour d’enfance et de différences, de hockey et d’homosexualité. La direction d’acteur est solide et les comédiens sont tous excellents, particulièrement Noah Bernett qui joue le rôle-titre. Tom Cavanagh et Ben Shenkman sont plutôt agréables à regarder et le dénouement, un peu prévisible, est tout de même bien ficelé.
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La Ligue Nationale de Hockey a accepté de commanditer ce film à thématique gaie, ce qui est une première. Et Elton John a offert les droits d’une chanson pour le générique final. Ce film canadien n’a pas de gros budget de promotion et il risque de passer inaperçu face aux blockbusters du cinéma américain. Il est sorti en salles à Toronto et dans plusieurs villes canadiennes, mais aucune sortie n’est encore annoncée à Montréal.