29 octobre 2007
Du vent
Je vois défiler les familles, du matin au soir. Elles fréquentent peu le Jardin pendant l’été. Mais à l’approche de l’Halloween, avec les lanternes, les citrouilles et l’animation conçue spécifiquement pour les enfants, la foule est composée majoritairement de couples avec leurs marmailles. Je travaillais à l’accueil depuis le début de la journée et il était près de 21h. La fatigue commençait à se faire sentir. J’ai reconnu un visage. Je cherchais d’où me venait ce souvenir pendant qu’elle s’écriait : « Pierre-Yves ! C’est toi ? Mais t’as vraiment pas changé ! »
Un peu hébété, je replace enfin son visage. Magali. On était colocataires pendant nos études. Tous les deux, on voulait sauver le monde. On s’était inscrit en éducation spécialisée. On faisait des stages dans des centres d’accueil où les délinquants, qui avaient presque notre âge, nous faisaient la vie dure. Elle me racontait ses histoires d’amour malheureuses. Moi, j’étais encore dans le placard. Elle me couvrait en disant à tous ses amis gais que je n’étais pas des leurs. Personne n’était dupe et ça créait comme une espèce de complicité. On a gardé le contact pendant plusieurs années, puis on s’est perdu de vue.
Elle est entourée d’enfants. Je ne comprends pas trop ce qui se passe. Elle me présente son plus jeune, qui a trois ans (dans le pousse-pousse). Les deux qui suivent qui ont six et neuf ans. Et sa plus grande qui a quatorze ans. Quatorze ans ! C’est une blague ? « Ça fait pas si longtemps que l’on ne s’est pas vu ? » « Ben oui ! » qu’elle dit d’un air entendu. « Ça doit au moins faire quinze ans ! »
Je n’ai même pas regardé sa fille. Je ne veux pas y croire. Je n’arrive pas à me rentrer ça dans la tête. Une fille de quatorze ans qui est presque de ma grandeur. On avait 20 ans. Et il me semble que c’était hier. Le temps a filé et je n’ai rien vu. Elle est entrée dans les serres avec sa famille en promettant de revenir me saluer, avant de partir.
Je suis ébranlé, je raconte tout ça à Lan. Ce n’est pas elle qui pourra me comprendre ; elle est si jeune. Elle arbore son sourire mi-moqueur, mi-séducteur. — « Mais toi… » qu’elle dit de sa voix douce. « T’as dû faire plein de choses en quatorze ans ! » — « Mais non, justement, j’ai rien fait, rien. » On est interrompu par des clients. Et je reste à me répéter en regardant dans le vide. « Rien, rien, rien…» Lan me fait un clin d’œil. « Prends une pause ! Va la voir. Allez, vas-y ! »
Je retrouve Magali dans les serres pendant que ses enfants se sont attroupés devant la scène où la sorcière Esmeralda fait son boniment. Je tente tant bien que mal de résumer les quinze dernières années de ma vie. La tentative de vie de couple, le déménagement hors de la ville, le retour aux études. Elle fait de même. Quatre enfants puis son envie de devenir famille d’accueil. Elle aurait voulu un cinquième bébé, mais son chum commence à trouver qu’il y a assez d’action dans la maison. Elle me raconte tout ça en jetant un œil à sa progéniture. Dans ma tête, ma voix qui répète : « Rien… »
Elle m’a dit : « Au moins, t’as trouvé ta voie. Maintenant que t’es en rédaction, il va falloir que tu me rédiges un courriel. On va se revoir. En tout cas, t’as pas changé d’une miette. Peut-être un peu plus bâti. »
Ça me fait un velours. La belle affaire : une belle écorce vide, oui ! Quatorze ans de vide. Elle, elle rayonne. Le visage moins rond, moins enfantin, plus femme. Comme une impression de solidité. Peut-être le fait d’être mère.
Quelques heures plus tard, je rentre du travail à pied en réfléchissant. Qu’est-ce que j’ai fait pendant quatorze ans ? Je n’ai pas fait le tour du monde. Je n’ai pas de maison, pas de voiture, pas d’économie. Je n’ai rien accompli d’exceptionnel. Je n’ai pas appris l’espagnol ou le mandarin. Je n’ai rien vu de grandiose. Je n’ai même pas su rembourser mes dettes d’études. Quatorze ans et rien. J’ai pas de vie.
Tout ce que j’ai fait c’est tomber amoureux, me perdre pendant dix ans dans une relation sans issue, couper des ponts, retourner aux études et revenir au point de départ, encore une fois. Enfiler les petits boulots. J’ai rêvé d’un avenir, d’une grande maison au fond de la campagne, avec des enfants, des poules et un chien. J’ai échafaudé des projets d’entreprises qui ne se sont jamais concrétisés. Puis je me suis fait droper là pour un autre plus jeune. Et j’ai de nouveau tout quitté pour revenir pelleter des nuages en ville. Comme si j’avais encore quatorze ans, je n’ai fait que rêver, que remuer du vent. C’est ma spécialité.
Je rentre dans mon minuscule appartement minable. Sur mon répondeur, il y a un message du Grand qui s’inquiète de mon rhume. Un courriel du cow-boy qui me raconte ses soucis du jour. J’aurais aimé qu’on se voie, mais il n’a pas de temps, trop de travail. On se reprendra. Il y a douze bouteilles de bière qui trônent dans mon frigo vide. Je leur préfère un jus de légumes. Il y a mon grand lit désert qui m’attends et devant moi, des lendemains de piges et d’incertitude.
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04 juin 2007
Où étiez-vous, il y a un an ?
L’utilité de l’écriture d’un blogue c’est de pouvoir se relire et d’embrasser d’un seul clic, le chemin parcouru. Si les oiseaux picorent les morceaux de pain des petits poucets virtuels, certains cailloux brillent toujours sur le sol de la forêt. La piste ainsi marquée nous ramène souvent à ce qui compte vraiment.
Il y a un an, j’ai entendu un mot que j’attendais depuis très longtemps. Douze lettres pour un sourire. Ce moment est marqué d’une pierre blanche. Douze mois se sont déroulés depuis, sans anicroche. C’est une petite victoire que je me devais de souligner.
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29 mai 2007
Sans toit ni loi
Trame sonore : La vie Visa, Guy-Philippe Wells
Sous le soleil des premières heures du jour, je coupe par la ruelle. Un garçon de sept-huit ans pousse du pied un ballon de soccer. Il zigzague sur le bitume rapiécé en fonçant vers moi. Au dernier moment, il bifurque et m’évite. Je souris. J’aimerais tellement retrouver son insouciance. Il y a parfois de ces nuits où les rêves vous secouent par les épaules. Les impressions floues deviennent alors plus claires. Le constat de mon inconscient est implacable. Mes derniers mois se résument comme une formule mathématique, et le résultat est nul. Je suis un as des chiffres ; À l’université, j’ai coulé trois fois un cours de méthode quantitative.
On me dit de laisser aller les choses, de prendre la vie du bon côté, de m’amuser. Je suis tenté. Je ne réfléchis pas. Je plonge. Flamboiement de rêves. Électrochocs des peaux. Viva la vie. Je frôle les étoiles. Je passe automatiquement en mode générosité. Je me donne tout entier, je donne et je donne un peu plus. Et si je me sens un peu vidé, je donne juste un peu plus, pour la luck. Pendant que je cours les entrevues d’embauche, pendant que je joue les positifs de service, des fourmis ont découvert les miettes de muffins qui sont restées sur le comptoir de ma cuisine. Elles ont envoyé des émissaires dans toutes les pièces de mon appartement. Je sais bien qu’elles sont inoffensives, mais elles s’immiscent partout comme mes soucis d’argent. Et ce n’est pas trop agréable de les voir me frôler les orteils ou quadriller le plafond au-dessus de ma tête.
C'est plus fort que moi, je tombe dans l'excès, il faut que je brille. J’offre le meilleur de moi-même. Mais tous les astres tournoient. Inéluctablement, la face cachée apparaît au grand jour. Un paysage de cratère et de blessures qui fait aussi partie de moi. Un peu inquiet, j'espère que l’on m’acceptera et que l’on me prendra comme je suis, que l’on me donnera à mon tour de l’intérêt, de la confiance ou tout au moins, le bénéfice du doute. Je prends le risque de prendre ma place. Mais je suis pris à mon propre jeu : j'ai choisis le rôle de celui qui donne. Il n’y a plus de place pour qui je suis. Alors que le vent tourne, la fourmi me regarde narquoise : « Vous chantiez ? j'en suis fort aise. Eh bien ! dansez maintenant. »
La journée de travail est terminée. Mes pas alourdis de fatigue résonnent dans l’escalier de béton. Je quitte l’entrepôt. En sortant, j’ouvre mon sac devant Chris, 19 ans, le responsable de la sécurité. À mon boulot, les sacs des employés sont fouillés chaque soir. Ça donne une idée de l’ambiance. Chris doit mesurer 7 pieds. Derrière, pectorauxs et épaules rebondis sous un t-shirt ajusté. Si j’avais le guts, je demanderais une fouille à nu. À peine entré chez moi, j’aperçois une fourmi. Elle court sur le plancher. Précipitation aveugle. Virage aléatoire. La bête noire envahit mon espace. Je balance le pied. L’insecte guerrier s’affaire avec indifférence. La semelle doublée d’acier s’abat sur l’exosquelette. Celle-ci ne survivra pas. Je revendique la souveraineté sur l’endroit. Un courriel de Visa m’annonce que ma demande de carte de crédit est acceptée. Ils acceptent vraiment n'importe qui ! Visa, ça va. Moi, ça va pas. Mes problèmes financiers sont remis à plus tard…
La vie Visa, , Guy-Philippe Wells (Futur antérieur, 2005)
Le titre de cette note fait référence au film d’Agnès Varda, Sans toit ni loi, 1985
22:50 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, bilan, rêves, travail, argent, fourmi
06 décembre 2006
180
180 petits CD4. Est-ce que ça vaut la peine de se battre pour 180 CD4 ? J’en ai plein le cul. Je m’attendais à 300 ou 400, la normale étant autour de 500 par microlitre de sang chez une personne en santé.
180 CD4, ça signifie 10 ml de mépron chaque matin, un liquide antibiotique dégoûtant à avaler parce je n’ai pas le système assez fort pour affronter la moindre pneumonie qui court le vaste monde. Sept mois de traitement, d’effets secondaires, l’entraînement, les tonnes de protéines, les vitamines et tous les efforts, tout ça pour 180 vulgaires CD4.
— Il me semble que c’est pas gros, 180.
— Quand on part d’où tu pars, moins de 50… Ça monte toujours très lentement.
Je sais, c’est rien que des chiffres. Je suis pas trop solide, suffit qu’on me balance des résultats et je m’écroule. Le virus, lui, reste indétectable. C’est quand même une bonne nouvelle. Il se cache, fait semblant de dormir, et cogite aux prochains dommages qu’il pourrait infliger à mon système. Au moins, il est prisonnier. Je ne lui permets pas de prendre l’air. Si je meurs, tant pis pour lui, je l’emporte dans la tombe. Nos destins sont liés.
J’ai besoin de musique. Il fallait que j’écrive ces chiffres et ces mots. Dans 5 minutes, ça ira mieux…
03:00 Publié dans Carnets de chiffres | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : SIDA, VIH, virus, sang, CD4, bilan, déception
06 octobre 2006
Flush date
L’autobus fend le brouillard à travers l’ancien village de Sainte-Julie. Le clocher de l’église a disparu. Il n’y a que la ligne blanche pointillée qui se déroule dans la lumière des phares. Et la file des lampadaires qui flottent dans l’air comme des lampions, comme les balises d’une piste d’atterrissage un soir de tempête de neige.
J’ai 37 ans et 4 mois. Ce chiffre me semble monstrueux. 32 ou 35, ça sonnerait mieux. Quand j’étais enfant, ça me paraissait tellement vieux. Pourtant, je sais si peu de choses de la vie.
Mais j’ai saisi quelque chose, récemment, au sujet de l’amour. Comme un déclic. La lumière d’une étoile éloignée qui vous touche suite à l’alignement complexe des circonstances.
Axel m’a téléphoné, après quatre jours sans nouvelles. Le téléphone a sonné vers minuit, au beau milieu de ma nuit, cinq heures avant mon réveil. J’ai décroché entre deux sommeils. Il voulait me voir avant un rendez-vous. (« J’ai des responsabilités » : C’est son leitmotiv). Il faut qu’on se parle : phrase assassine. C’est l’heure des bilans. Axel est un garçon attachant, drôle, mais je sais bien que je ne suis pas amoureux de lui. Le flush-date n’a donc rien de dramatique. J’ai réalisé que l’amour se reconnaît par le regard. Et je retourne en arrière, le temps de rattraper le sommeil.
Il y eut D. Nous sommes séparés depuis plus d’un an. Il vit avec un autre. Ils sont bien ensemble, je le sens, je le devine et je l’entends dans sa voix. Quand il me regarde, ce que je vois dans ces yeux, c’est que je suis quelqu’un de bien. Malgré nos rivalités, malgré nos personnages et notre histoire qui n’est pas à l’eau de rose.
Il y a eu Thomas, un colocataire que j’avais trouvé sur Internet en tapant « appartement à partager/ Montréal » sur Google, quand je me suis séparé. Je suis arrivé chez lui en pleine dépression. J’étais brisé, hargneux, fataliste à l’extrême. Il a posé sur moi des yeux sans aucune complaisance, sans aucune pitié. Il voyait au-delà, parce qu’il est comme ça. Il m’a souvent bousculé avec ces remarques. Je lui en suis reconnaissant.
Il y a eu GP, on se connaît à peine. Juste assez pour que je sente que lorsque je suis devant lui, il voit quelqu’un de fort. Ce qui n’est pas, de prime abord, évident avec la petite vie minable dans laquelle je me démène. Peut-être que c’est parce qu’on s’est connu à travers ce que l’on portait de plus fragile. À travers les mots de nos carnets respectifs.
Il en a eu d’autres. Et je réalise que l’amour, c’est quelque chose qui ne change pas fondamentalement avec le temps. Même s’il se transforme et évolue avec les évènements. J’ai compris, un peu tard, que c’était possible que je sois aimable. Et c’est comme si, après 37 ans et 4 mois dans le noir, la porte s’était entrebâillée. Je pose un pied sur le seuil, les yeux éblouis par la lumière.
Moins de drame peut-être plus de vide, un besoin plus criant.
Je dois me méfier, moi qui suis prêt à tout donner au premier venu, moi qui l’aie fait plusieurs fois. J’ai toujours cette envie de séduire à tout prix. De me livrer corps et âme à n’importe qui qui s’intéressait à moi ou plus simplement à ma carcasse. J’ai croisé des gens mal dans leurs peaux, qui s’imposent, qui abusent, qui agressent. J’ai toujours donné le bénéfice du doute. Peut-être trop facilement.
Axel me plaît. Je lui plais. Et il n’y a rien d’autre. J’aurais pu le savoir dès les premières phrases échangées si je ne m’étais pas aveuglé volontairement. Je ne sais pas si je le verrai ce soir. Ce n’est peut-être pas le bon moment. Je tousse, je mouche, je fais de la fièvre. Mais les choses ne peuvent plus être les mêmes, désormais. Il me restera à flusher celui que je croise tous les matins, qui me fait des grimaces dans le miroir quand il voit un cheveu blanc ou quand il aperçoit les bouteilles de médicaments dans la salle de bain. Peut-être que je pourrais apprendre à voir au-delà, moi aussi, un de ces jours.
12:35 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, gay et lesbienne, amour, bilan, regard
02 septembre 2006
Bilan (note ennuyeuse II)
Quitte le nid, si tu y est bien
Gagne la mer, si tu es goéland
Défends tes droits, surtout droit à l'erreur
Sois l'eau qui porte le radeau en dérive
Félix Leclerc
L’été s’achève. Bientôt, les files d’outardes vont traverser le ciel vers le sud. Qui sera le premier à les voir ou à entendre leurs chants de voyage qui ressemble à des klaxons ? En fait, elles vont souvent dans toutes les directions et on se demande parfois si elles ne sont pas perdues.
J’habite seul, pour la première fois de ma vie, depuis cinq mois. Je suis parvenu à garder l’endroit salubre et il m’arrive même de cuisiner. J’ai mis en terre quelques boutures qui feront un peu d’oxygène cet hiver. Je n’ai toujours pas fait la pendaison de crémaillère que j’ai annoncée à tout le monde, depuis le 1er mai. J’ai fixé une date, pour me mettre de la pression un peu. Je suis toujours endetté, mais moins que je le croyais. Le voyage à New York a coûté moins cher que prévu.
Je suis sous tri-thérapie depuis huit mois. J’ai été tellement pris par le travail que je ne suis pas retourné courir sur les pistes du parc Maisonneuve. Mon abonnement au centre sportif du stade se termine dans un mois. Je suis parvenu à rester au travail, à ne pas partir en claquant la porte, en gardant en tête le projet de prendre de l’expérience pour trouver mieux plus tard. J’ai visité le chantier d’un aménagement que j’ai dessiné au début de l’été. Les clients, un couple dans la cinquantaine, m’ont dit de ne surtout pas changer de domaine.
Une nouvelle amitié, bien réelle, est née de commentaires virtuels. On n’arrive pas à se voir très souvent, chacun est trop pris par sa vie. Je n’ai pas revu mon ex dernièrement et je n’ai pas vu mon chien depuis plus d’un an. Mais j’ai réussi à mettre le vidéo qu’il a fait sur youtube et à l’envoyer à ma sœur et ma mère.
Je suis allé souper hier soir avec J et D au Mikado, pour célébrer le fait que J est passé du statut de stagiaire à celui d’employée. Elle travaille dans une tour du centre-ville ou la climatisation est tellement efficace que les travailleurs ont chacun une chaufferette portative dans leur bureau. On a bu un pinot blanc.
Je pensais voir Axel après le souper. J’avais choisi une chemise bleu délavé avec des fleurs sur le devant. Elles m’ont regardé avec un air dubitatif. J a dit : « Elle a l’air drôle ta chemise. » C’est mon destin, ces jours-ci, d’apprendre l’humilité.
J’ai réussi à ne pas tacher la chemise dans trois moments critiques. Quand j’ai échappé la tempura de courgette dans le plat de sauce soya. Le mur a été éclaboussé, mais pas moi. Quand j’ai essayé de mordre le sushi de pétoncle et qu’il s’est décomposé et que j’ai été pris d’un fou rire.
J’ai vu hier soir le pire spectacle de travesti de toute ma vie. Le Sky show. Ils étaient laid, dansaient mal, les lèvres n’étaient pas synchro. Dans les moments forts des chansons, ils faisaient des crises d’épilepsie. Inoubliable. J’ai ri aux larmes en me retournant vers le bar, pour ne pas qu’ils me voient.
Pendant la troisième chanson, une bagarre a éclaté à quelques mètres devant nous. En quelques secondes, ils s’engueulent, se lèvent, s’empoignent, puis, une mêlée nous pousse sur la gauche, du verre brisée, une giclée de sang qui tombe à mes pieds (ma chemise est toujours intacte) C’est celui qui a voulu les séparer qui a été frappé au visage. La flaque de sang s’élargit sur le plancher. Le gars devant moi se retourne le bras couvert de sang pour me demander des serviettes de papiers. J’en trouve trois paquets sur le bar. J’ai peur que J perde connaissance. The show must go on. Popline et ses danseurs se démènent sur la scène pendant que la sécurité ramasse les débris. Il/elle, c’est une professionnelle. Mais on décide de changer d’endroit.
Finalement, je n’ai pas revu Axel. J’ai senti de la déception. Et curieusement, j’étais surpris et content d’être déçu. Je pratique mon accent espagnol « es un poco frio. », « bien. y tù? », « me gusta tù ; tù me gusta ; tù gusta me » j’ai un peu de mal avec la syntaxe.
Depuis le début de ce blogue, j’ai écrit 65 notes. J’ai les yeux larmoyants à cause du rhume des foins, J’ai inséré dans ce texte trois hyperliens afin d’être un blogueur narcissique et non pas un simple diariste narcissique. Les temps de verbes de ce texte ne sont pas cohérents, il y a des répétitions et 17 verbes incolores, je l’assume et je dis : « vive la masturbation intellectuelle ».
11:54 Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, gay et lesbienne, bilan, chiffre, espoir



