16 septembre 2008

Une histoire

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Je suis un fan de Fabrice Neaud depuis qu'il m'a autographié le premier tome de son Journal, au salon du livre de Montréal. Je crois que c'était en 1998. (Je suis certain que sa façon de faire de la bande dessinée a influencé mon envie d'écrire.) En compagnie du scénariste Thierry Robberecht, il a créé cette bande dessinée magnifique, troublante de vérité. Ce projet était une commande d'Ex Æquo, un organisme belge de prévention VIH/Sida. Ne perdez plus de temps ici et courrez la lire. C'est mon histoire. C'est la sienne. Ce pourrait être la vôtre...

Alex et la vie d'après
Bande dessinée en format PDF, téléchargement gratuit

Via Edgarallan

05 juillet 2007

Naïf I

Première rencontre

C’est un 5 juillet que sont nés LP et D, deux garçons charmants. Joyeux anniversaire à vous deux !

D, c’est celui qui, sans le vouloir, est à l’origine de ces carnets. Je l’avais rencontré un soir de juin au Sky (rebaptisé dans cette bande dessinée, le Black Lagoon). Toute ressemblance avec des personnes réelles n’est pas l’effet du hasard… On reconnait DJ Maryse, ma co-locataire de l'époque, et madame Simone, la shooter-girl de la soirée. (Il y a même Tintin qui fait un caméo.) Moi, je portais une chemise à carreaux et je buvais de la Black Label...





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Il faisait chaud ce soir-là. La piste de danse de la section « altenatif » était bondée. Ce que j’aimais de ce bar, à l’époque, c’était la diversité de la clientèle. Plus d’étiquettes qui tiennent. Seulement la frénésie de faire la fête. Je connaissais tout le monde. Je me sentais chez moi. J’avais remarqué un gars au fond de la salle. Assez grand, un t-shirt orange pétant et un sourire du tonnerre. Il était avec un groupe d’amis que je connaissais. Mais lui, je ne l’avais jamais vu.
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Dessinée en 2000. (La manie de me raconter ne date pas d'hier.) J'avais été très impressionné par Journal (1) de Fabrice Neaud.
Entendu lors de cette soirée :
Désanchantée, Mylène Farmer
Cosmic Thing, B-52s
Bizarre Love Triangle, New Order
Say you will, Gogh Van Go

25 février 2007

Tout petit

Rien de grand, rien de grave. Juste qu’il fait froid depuis si longtemps. C’est peut-être les 30 mg de Citalopram que j’ai coupé cette semaine pour le sevrage. Ou le fait que je n’ai pas couru depuis deux jours. Je me suis dit que j’avais besoin de repos. J’ai une petite toux, presque rien, même pas un rhume. Je sais bien qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Je sais qu’il n’y a aucune raison de penser que le virus a trouvé ma faille et que la pneumonie va m’emporter. Je voudrais bien être frappé par un train, me noyer ou mourir dans un incendie. N’importe quoi, mais pas la pneumonie. Mais ce n’est rien, juste un petit inconfort dans la poitrine, juste une voix enrouée et ça ne fait même pas 48 heures. Hier soir, j'ai fumé de l'herbe à la pipe, rien pour arranger les choses.

Ce n’est pas de la complaisance ni de l’apitoiement. C’est là et c’est tout. L’impression d’un vide qui me submerge et qui doit être comblé. Rien de nouveau sous le soleil d’hiver. J’ai bu du vin rouge, un Shiraz australien. J’ai magasiné. On ne voit jamais personne se lamenter entre les étalages des magasins. J’ai acheté un agenda avec une couverture en cuir brun chocolat. Je croyais avoir une réduction, on est quand même à la fin de février. Il était plein prix. Au diable la dépense. J’ai aussi acheté un album de bande dessinée. Paul à la pêche de Paul Rabagliati. Cette série m’a réconcilié avec les genres de l’autofiction et de l’autobiographie. Ces histoires rendues par des dessins très simples sont époustouflantes de vérité et de sensibilité. C’est sûrement l’une des découvertes qui m’a amené vers l’écriture de ces carnets. Puis je me suis étendu sur le lit avec une couverture sur les pieds. La musique de Martha Wainwright pour couvrir le bruit des voisins, pour donner un peu de sens à mon silence, à mon immobilité. J’aurais envie de m’empiffrer, j’aurais envie de m’activer. Je déteste le repos. Je veux m’enfuir, me faire tout petit. Oublier toutes les incertitudes des mois à venir.



This life, Martha Wainwright (2005)