21 juillet 2008

Le Canada complice de la torture



« Omar Khadr a été capturé en 2002 alors qu’il n’était qu’un enfant par des membres des forces américaines après un échange de coups de feu où un soldat américain est décédé et Omar Khadr a été blessé. Bien que les États-Unis aient ratifié le Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés, Khadr, en tant que mineur à l’époque, n’a jamais eu d’assistance appropriée en vue de sa réadaptation physique et psychologique, ainsi que sa réinsertion sociale, tel que le stipule le protocole. Plutôt les États-Unis l’ont traité comme un adulte et soumis à des mauvais traitements au centre de détention de Guantanamo. »
Amnistie Internationale

« L'UNICEF pense que les enfants accusés d'avoir commis des crimes alors qu'ils étaient des enfants-soldats devraient avant tout être considérés comme victimes d'adultes qui ont bafoué le droit international en recrutant et en utilisant des enfants, et qu'il faut les aider en vue de leur réintégration sociale »
Unicef

« Le traitement infligé à Omar Khadr au cours de sa détention viole les devoirs des États-Unis et du Canada en vertu du droit international, qui prévoit, entre autres, que l'intérêt des mineurs surpasse toute autre considération dans les procédures judiciaires. »
Amnistie Internationale


Et moi, j'ai honte d'être d'ici.

Écrivez au premier ministre Harper pour réclamer le rapatriement d'Omar Khadr

Lettre à Omar Khadr, Jacqueline Remy, 20minutes.fr
Vidéo de l’interrogatoire d’Omar Khadr

00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : canada, torture, enfant, soldat, mineur, USA, Guantanamo

21 avril 2008

Pour le libre choix

Un projet de loi privé (C-484) déposé par le député Ken Epp, le 21 novembre 2007, risque de faire reculer le Canada de plusieurs décennies et ouvre la porte à la criminalisation de l’avortement, un débat pourtant clos depuis longtemps.

Comme son titre l’indique « Loi sur les enfants non encore nés victimes d’actes criminels », le projet de loi C-484 vise à amender le Code criminel afin de sévir contre tout acte de violence entraînant la mort d’un enfant à naître. En procédant de la sorte, ce projet de loi pourrait implicitement accorder un statut juridique au fœtus alors qu’il n’en détient aucun dans le cadre des lois actuelles. Ce statut pourrait faire en sorte qu’un individu qui commettrait un homicide contre une femme enceinte pourrait encourir une double peine de prison.

Rappelons qu’en 1988, après 20 ans de guerre juridique et au terme de 15 mois de délibérations, la Cour suprême du Canada invalidait l’article 251 du Code criminel. L’introduction de ce projet de loi serait-elle un subterfuge visant à octroyer un statut juridique distinct au fœtus?

Dans l’affirmative, cela viendrait effacer d’un trait 20 ans de jurisprudence en matière de choix et de droit des femmes à disposer de leur corps comme bon leur semble.

Ce projet de loi a franchi la deuxième étape de son adoption dans une indifférence quasi totale le 5 mars dernier.
Il faut faire en sorte que ce projet de loi ne passe pas la troisième lecture et n’obtienne jamais la sanction royale.

Non au projet de loi C-484
Signez la pétition

12:10 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : libre, choix, avortement, canada, politique, pétition

16 mars 2008

La tempête

Il n’est pire tempête que celle qui dort. Dans le désert affectif que je traverse en ce moment, rien ne peut arrêter l’harmattan lorsqu’il se lève. Ce vent sec qui brûle la gorge et qui secoue des tourbillons de sable. Moi qui croyais qu’il suffisait d’aimer pour que les champs verdissent à nouveau. Je pense bien que j’ai fait fausse route. Il n’y a rien devant moi. Je n’ai rien dans les poches. Rien dans les mains. Et tout ce que je sème, c’est du vent.

Ce n’est pas pour rien que je me noie dans le travail, que je ne vais nulle part sans ma lourde carapace de mots et de papier, que je ne peux plus me passer du scintillement de l’écran. Je sais bien. Quand je suis arrivé au bout de rouleau, je me suis dit qu’il était temps de faire la fête. J’entendais déjà le grondement sourd de la tempête qui couvait. Je l’ai ignoré. Je me suis mis sur mon 36 et j’ai dévalé les escaliers.

J’ai mis le travail de côté et ça a créé un grand vide dans lequel l’alcool s’est engouffré. Au fond d'un bar, j’ai ouvert les yeux et j’ai croisé certains personnages qui ont souvent peuplé ces carnets. Je les ai vu avec plus de lucidité. Toutes mes histoires ne sont que des fabulations. Les sentiments, une sécrétion malsaine de mon cerveau. Celui que j’appelle le cow-boy n’est qu’un homme amer qui m’utilise quand il ne trouve rien d’autre de plus intéressant à ramener dans son lit. Ils sont quelques-uns comme ça dans ma vie. I drink to that. Jusqu’à marcher d’un pas inégal sur le bord enneigé de la Sainte-Catherine. J’ai du mal à suivre le trottoir. J’ai mal à la tête et envie de vomir. Je lève les yeux au ciel. Je ne sais plus si c’est celui du soir ou du matin. Peu importe, il est toujours gris et il ne répond jamais. Il y a des épaves qui traînent le long des façades, les restes du banquet de la veille. Un homme me regarde avec convoitise. Il a dû remarquer mon pas chancelant :
— « You like it bareback ? »
— « Christ-moi patience. I don’t speak english. Pis FUCK you !»

00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Journal intime, gay et lesbienne, vent, nuit, désert

30 novembre 2007

À vous de jouer !



Le thème de l'édition 2007 de la journée mondiale contre le SIDA est Le leadership : Tenir ses promesses. Dans la lutte contre la pandémie, chaque petit geste compte. Chaque personne peut faire quelque chose :

  • En parler dans son entourage, pour briser le silence et le poids du secret, sensibiliser, ouvrir le dialogue.

  • Réclamer auprès des élus, l'accès universel aux traitements, écrire une lettre aux politiciens, participer à une manifestation, signer une pétition.

Lettre au premier ministre du Canada Stephen Harper : Journée mondiale contre le SIDA 2007
Cette lettre a été signée par 52 ONG et OLS du Canada. (format PDF, aucun affranchissement n'est requis pour écrire au premier ministre du Canada) Vous pouvez envoyer votre message par courriel à pm@pm.gc.ca ou encore par courrier ou par télécopieur à l’adresse suivante :
Cabinet du Premier ministre
80, rue Wellington
Ottawa
K1A 0A2
Télécopieur : 613-941-6900

Consulter le programme d'action du groupe pour l'accès mondial au traitements (Canada)
  • Donner de son temps pour sensibiliser la population ou pour amasser des fonds pour la recherche et la prévention, contribuer par un don aux organisations de lutte contre le SIDA :

Fondation Farha
576, rue Sainte-Catherine Est, 1er Étage
Montréal (Québec) H2L 2E1
Téléphone: (514) 270-4900
Télécopieur: (514) 270-5363
Courriel: farha@farha.qc.ca
Services offerts: collecte de fonds pour venir en aide aux hommes, femmes et enfants vivant avec le VIH-sida

Grand Circuit des Laurentides
La Fondation Le Grand Circuit vous invite à vous joindre à des femmes et des hommes de tous horizons pour faire une randonnée pédestre de trois jours sur 60 Km dans le superbe Parc du Mont-Tremblant au Québec. Le Grand Circuit des Laurentides 2007, qui aura lieu cette année le week-end de la Fête du Travail, est une activité de collecte de fonds pour la recherche sur le VIH/sida et pour les soins et l’appui aux personnes atteintes du VIH/sida au Canada et dans le monde. L’objectif de cette aventure marquante est de recueillir 140 000 $!

Canfar
CANFAR, la Fondation canadienne de recherche sur le sida, est une organisation caritative dont l’objectif est de sensibiliser le public au VIH/sida pour amasser des fonds destinés à la recherche.

Fondation d'aide directe sida Montréal (FADSM)
1442, rue Panet
Montréal (Québec) H2L 2Z1
Téléphone: (514) 522-1993
Télécopieur: (514) 522-3686
Services offerts: Dépannage alimentaire, aide économique. Cet organisme recueille des dons en argent, des denrées non périssables, de l'ameublement.

00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : VIH, SIDA, AIDS, HIV, prévention, action, traitements

11 octobre 2007

La chute III

Ce billet est la suite des notes suivantes :
La chute publiée le 3 octobre 2007
La chute II publiée le 9 octobre 2007.

C'était le 11 novembre 1996. Le ciel était nuageux quand je me suis réveillé. Mais il était plus clair que mes idées. Les murs se sont mis à se pencher vers moi, lorsque j’ai voulu sortir du lit. Chaque fibre de mon corps était encore imbibée par l’alcool de la veille. J’ai renoncé à bouger et j’ai végété tout l’après-midi. J’ai fixé le plafond et la lumière de fin de journée qui barbouillait le store. Au cours des quatre derniers jours, je n’avais presque rien avalé. Je n’avais dessaoulé que quelques heures. Lorsque le soleil a disparu, je me suis levé, courbaturé, et j’ai sorti ma planche et mon fer à repasser. Il fallait que je repasse une chemise. Celle-ci ferait l’affaire. C’était un lundi. Lundi, c’était le soir du Passeport, rue Saint-Denis. En fin de soirée, je devais y retrouver Joe et son chum Sébastien.

Le bar était tout noir et les habitués semblaient se vêtir de la même couleur par mimétisme. Il y avait dans notre cercle, la rousse Martina, comédienne qui n’avait jamais pu percer, Joe et son éternel sourire de Latin, Sébastien et un de ses amis. Martina me l’avait présenté, mais il ne me plaisait vraiment pas. Pour reprendre l’expression de Martina, il était très « troisième acte » : affecté et prétentieux. Je ne lui ai pas parlé beaucoup. Je crois que j’ai dansé sur du Niagara. Sébastien nous a fait découvrir toutes sortes d’alcool et de nouveaux drinks. Le dernier verre dont je me souviens était une liqueur à base d’herbes, le Jägermeister. Puis le noir du bar a occupé toute la place et mes souvenirs de la soirée se sont évanouis.

Je me souviens du froid lorsque l’on est sorti sur Saint-Denis. Je me souviens aussi qu’on avait du mal à suivre le trottoir. Heureusement, on était quatre et on pouvait s’appuyer les uns sur les autres. Martina était partie un peu plus tôt. Il y avait Joe qui n’arrêtait pas de rire, Sébastien, moi et l’autre gars. Il a fallu se reprendre à trois fois pour escalader l’escalier qui menait à l’appartement de Sébastien. Il habitait à quelques mètres du Passeport. À l’intérieur, un second escalier grimpait vers le troisième. Heureusement, la salle de bain était tout près de l’entrée. Aussitôt arrivé en haut, j’ai été pris d’une furieuse envie de vomir.

Je m’accrochais à la céramique du bol de toilette. Sébastien et Joe sont disparus dans l’une des chambres. L’autre s’est assis à côté de moi dans la salle de bain. Il a pris une débarbouillette blanche, l’a mouillé d’eau froide et me l’a posée sur ma nuque. J’avais du mal à articuler, mais je tenais à le remercier : « Han, t’es… t’es fin, t’es fin. » Les spasmes de mon estomac ne me permettaient pas d’élaborer. J’ai posé ma tête sur le siège de toilette. J’avais enfin l’estomac vide. Il m’a aidé à me relever et m’a transporté vers le fond de l’appartement. Dans un coin de la cuisine, il y avait un futon ouvert couvert d’un simple drap blanc. Je me suis affalé sur le matelas.

Il a entrepris avec difficulté de me déshabiller. Des courants d’alcool me parcouraient le cerveau et je ricanais de ses efforts. Je me suis retrouvé en sous-vêtements. J’essayais de parler, mais c’était décousu. Je fermais les yeux parce que la pièce tanguait d’une façon vraiment désagréable. J’avais le corps complètement amorphe, lourd comme un sac de sable. Mais mes boxers Calvin Klein laissait paraître une érection à tout casser.

J’avais un peu de mal à respirer. Il s’était déshabillé et se penchait déjà au-dessus de moi, à califourchon sur ma taille. Puis j’ai senti la chaleur de son corps. J’ai fait un effort pour rassembler ce qui me restait de concentration et pour articuler : — « Qu’est-ce… qu’est… Que. Qu’est-ce que tu fais là, là. Toi. Attends, je… Qu’est-ce que… faut que tu me mettes un condom, là… qu’est-ce… »
— « Laisse faire, là. Juste deux minutes. J’vais m’enlever tout de suite… Juste un peu. »
— « Qu’est-ce que… non, je… »
J’ai cessé de parler pour respirer un peu. Je tentais de mettre de l’ordre dans mes idées chaotiques. Je me souviens de mon monologue intérieur, pendant qu’il bougeait au-dessus de moi :
« Toute, toute façon, y’est sûrement safe… Voyons, c’est un ami de Sébastien. Sébas, il est vraiment cool. Puis… s’il savait qu’il y avait le moindre risque, il ne ferait jamais ça… Moi, moi, je ne ferais jamais ça à personne. C’est sûr… c’est pas dangereux. Deux minutes, qu’y a dit, de toute façon, juste deux minutes… »
Réfléchir me demandait de gros efforts, j’avais mal partout. J’aurais voulu disparaître, qu’il n’y ait plus jamais de matins. Je me haïssais d’être là comme un pantin inanimé. J’étais fatigué. Le monologue se poursuivait :
« Je sais, moi, qu’il n’y a pas aucun danger pour lui… Je sais. C’est sûrement correct. Non ? Tout est correct. P’is si y’avait pas été là, je serai encore sur le plancher de la salle de bain… J’aurais passé la nuit là… »
Les vagues de nausée alternaient avec des courts-circuits de colère et des passages d’indifférence totale
« Puis… Dans le fond, là. Je m’en câlisse. J’aurais dû boire un peu plus, juste un peu plus. j’aurais dû… J’m’en câlisse. »
Il ne s’est pas arrêté après deux minutes. Le noir est revenu et a pris toute la place.


Quand j’ai ouvert les yeux, c’était le matin. Je ne savais pas où je me trouvais. Deux filles ramassaient des trucs avant d’aller travailler sans s’occuper de moi. J’étais flambant nu et j’avais froid. J’ai tiré le drap pour me couvrir. Cela a suffi pour me donner un haut-le-cœur. Je suis resté immobile jusqu’à ce qu’elles partent. Sur une table, près du futon, il y avait un post-it avec un numéro de téléphone et trois mots : « Appelle-moi, Stéphane. »

(À suivre…)

00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, gay et lesbienne, vih, risque, alcool, cru, condom

29 juillet 2007

Queer !

À Montréal, aujourd'hui, se déroulent en parallèle les francofolies et le défilé de la fierté gaie. (Pour être politiquement correct, je devrais écrire gaie et lesbienne, bisexuelle, travestie, transsexuelle et… ça n’a plus de fin.) Les anglophones ont un mot qui me plaît bien pour englober tout ça : queer.

Alors, pour souligner la chose, voici le clip d’un génie, à la fois queer et fier de l’être, Rufus Wainwright. Je n’utilise pas le terme génie à la légère. J’aime démesurément sa voix, sa sensibilité, sa musique. Le look complètement à contre-courant des « danseurs » m'a fait sourire. GP dirait des shapes de fermier.


Rufus Wainwrigt, Rules & regulations, Release the stars, 2007

Le droit à la différence n’est pas une chose acquise. Surtout par les temps qui courent. Alors, aimez-vous les uns les autres, sortez vos plus beaux habits, riez, dansez, et embrassez qui vous voudrez ! Le monde a besoin de liberté.

00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, fierté, tolérance, discrimination, fête, musique, queer

14 juillet 2007

Évoluez !

La compagnie Trojan a lancé une campagne de publicité conçue exclusivement pour le Québec. C’est une première pour Trojan. Les multinationales se contentent souvent de traduire les pubs américaines. La campagne se compose d’un message radio et de plusieurs affiches illustrées avec talent par le graffitiste Vincent.

33facb21b851d7fed904b124ea610194.jpg


Une étude réalisée par Léger Marketing révèle que les jeunes Québécois francophones (18-34 ans) ont une sexualité plus ouverte que leurs homologues anglophones. Toutefois, le taux d'utilisation du condom chez les francophones est de 61 %, alors qu'il se situe à 72 % pour les anglophones.

Voici la campagne américaine actuelle de Trojan : Évoluez !

00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : trojan, prévention, condom, vih, ist, sexualité, publicité

26 juin 2007

Paroles

Comme tous les Nouveaux Mondes, Internet est un Far West qu’aucune loi n’arrive vraiment à gouverner. On y trouve du pire et du meilleur. Et rien n’y distingue le vrai du faux. Il faut être solide pour encaisser les secousses de la navigation. Je survole assidûment tout ce qui s’écrit sur la réalité des personnes séropositives. Je suis tombé sur le blogue d'un américain. (Je ne donne pas le lien, c'est volontaire.) Selon la légende, il aurait 26 ans et vivrait à New York. Il serait scénariste pour une série américaine à succès. Sur son site, il raconte ses rencontres sexuelles qu’il déniche sur Internet. Son obsession : enculer des garçons plus jeunes, toujours sans condom, et éjaculer en eux. Trois fois sur quatre, il réussit à les convaincre qu’il n’y a pas de danger. Il va même jusqu'à présenter ses derniers résultats de tests négatifs. Et si son partenaire refuse, il use de stratégie pour déchirer le condom ou le retirer sans que l’autre ne s’en aperçoive. Comme son identité est soigneusement préservée, personne ne peut affirmer que ses récits sont réels. S'il est réellement scénariste, il manque cruellement d’imagination. Depuis le début de son blogue, toutes ses histoires se ressemblent. Hors de la sphère sexuelle, toutes les dimensions de sa vie sont complètement évacuées. La façon dont il nie l'humanité et l'individualité de ses partenaires donne froid dans le dos.

Selon les lois fédérales, au Canada, cet acte équivaut à une agression sexuelle. Le consentement étant nul. (La jurisprudence actuelle n'oblige pas une personne séropositive à révéler son statut si elle utilise un moyen de protection.) Jusqu’ici, les projets de loi qui rendraient la divulgation obligatoire, même dans le cas de relation protégée, ont été déboutés. Mais plusieurs procès tournant autour de cette question sont en cours actuellement. Reste à voir si l’utilisation du condom sera reconnue par les législateurs comme une protection efficace.

À l’autre bout du spectre, le point de vue des femmes et des jeunes apporte une lumière nouvelle sur les débats qui secouent la communauté gaie depuis des années. Voici l’adaptation du témoignage de Nina, une des porte-parole de la campagne Does HIV look like me





Nina, 23 ans, Decatur (Georgia), séropositive depuis sa naissance.

« … L'une des façons de mettre un terme à la pandémie de VIH et à la stigmatisation des personnes séropositives est de promouvoir le test de dépistage du VIH. Personnellement, quand je révèle ma séropositivité, je me sens mieux avec moi-même. Les gens à qui je divulgue mon statut sont également plus à l’aise avec cette réalité. Lorsqu'on refuse de parler de sujets difficiles comme les maladies transmises sexuellement, la pauvreté, la discrimination ou la mort, on ne fait rien pour améliorer la situation. Le fait que rien ne bouge rend ces sujets encore plus délicats. C'est un cercle vicieux. Et les personnes qui choisissent d’ignorer leur statut par peur du rejet sont souvent celles qui prennent le plus de risque.

Chaque fois que je révèle ma séropositivité à une nouvelle personne, je montre que je suis à l’aise avec ce statut. Je choisis d’annoncer ma séropositivité au moment où je suis prête à vivre une relation sexuelle. Je ne voudrais pas avoir une relation sexuelle, même protégée, sans divulguer ma séropositivité. Je ne veux pas choisir pour mon partenaire les risques qu'il veut bien prendre. Et je ne voudrais pas que l'on m'impose ce choix. J’aimerais que chacun soit à l’aise avec son statut sérologique. Et qu’il n’y ait plus de tabous.

J'ai trouvé ma façon de m'impliquer pour faire bouger les choses : je participe à des essais cliniques où de nouveaux traitements sont mis à l'épreuve. La science m'aide à rester en vie. Alors, j'aide la science à avancer. Les chercheurs ont constamment besoin de participants de toutes origines et de toutes conditions. Il est primordial que la recherche scientifique fasse des progrès. Mais tous les traitements du monde ne serviront à rien si on ne change pas les mentalités, si les gens continuent d'être inconfortables avec le VIH, la maladie et la mort, on ne pourra jamais enrayer cette épidémie. Il est possible de prévenir l'infection au VIH. Cette maladie ne devrait tout simplement pas exister… »

Nina

Écrire à Nina

  • Site de la campagne Does HIV look like me
  • Dossier criminalisation : entrevue de Me Noël Saint-Pierre sur Fréquence VIH
  • Vivre avec le VIH
    • 00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : VIH, HIV, SIDA, AIDS, témoignage, affirmation, paroles

      20 juin 2007

      Beau

      Au Québec, l'été arrivera au officiellement le 21 juin à 13h07. Enfin.

      medium_beau2.jpg


      Aides, campagne été 2005

      Cet été, protégez-vous. Seul le test de dépistage du VIH permet de définir le statut sérologique d’une personne et seul le préservatif permet de se prémunir d’une contamination.

      Je ferai ma première chronique horticole à l'antenne de CHOC FM, Le son de ma génération, jeudi matin à 9h05 (heures de Montréal) 15h05 (à Paris) C'est une toute petite station. L'émission peut être suivie en ligne sur leur site Web.

      Le contenu a été approuvé par la rédaction. Moi, je suis mort de peur...

      00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : vih, sida, prévention, préservatif, été, publicité

      13 mai 2007

      Live with it, épisode III



      C’est l’épisode que je préfère. Lorsque l’on vit dans le regard des autres, ce que l’on est réellement n’a plus beaucoup d’importance. Qu’est-ce que la beauté ? …

      Le CLSC des Faubourgs en collaboration avec la Clinique du Quartier Latin organise un groupe d’information et de soutien pour les personnes récemment infectées par le VIH. Les thèmes abordés iront de l’acceptation à la relation avec le médecin en passant par les aspects légaux et médicaux, la médication, la nutrition et la sexualité.

      Ces rencontres hebdomadaires gratuites se tiendront au CLSC des Faubourgs, les mercredis de 19h30 à 21h00, à partir du 12 septembre 2007.

      Informations :
      Dany LeBlond (CLSC des Faubourgs) : (514) 527-2361
      Jean-Marc Trépanier (Clinique du Quartier Latin) : (514) 285-5500


      Sida Info Service (France) 0 800 840 800
      Gai écoute (Québec) 1-888-505-1010

      Les trois premiers épisodes de la série Live with it

      00:00 Publié dans Carnets de révolte , Vidéo | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : beauté, apparence, vih, sida, prévention, acceptation, colère

      09 avril 2007

      Live with it, épisode II

      Le déni mène à des situations inextricables dans lesquelles on s’enfonce irrémédiablement.



      Trevor — « …Toute ma vie j’ai prétendu être un autre.
      J’ai prétendu que j’étais un bon époux, que je serais un bon père.
      Je pensais que je pouvais juste prétendre que je n’étais pas séropositif…

      Éventuellement, tous les mensonges te reviennent au visage.
      Petit à petit, ils en viennent à occuper toute la place.
      Et un jour tu deviens quelqu’un que tu n’aurais jamais voulu être.
      Et tu sens que tu ne peut pas en parler à personne.
      Parce que si tu parles, tu perds tout.
      Mais tu perds tout, de toute façon
      … »

      Trevor — « Elle m’a dit qu’elle n’avait jamais su qui j’étais.
      Comment le pourrait-elle ? Je ne l’ai jamais su moi-même.
      »
      Bobbie — « Oui tu le sais, tu es un trou du cul ! »

      Trevor — « C’est ok. Elle a raison. C’est ce que je suis. C’est ce que j’étais. Mais je veux changer, j’ai changé. Je crois aux seconde chance, pas toi ? »


      Les traitements actuels permettent de protéger l’enfant d’une femme enceinte séropositive. Depuis cinq ans, au Québec, tous les enfants nés de mères séropositives sont séronégatifs.

      Dans les prochaines semaines un groupe de soutien sera offert à Montréal par le CLSC des Faubourgs. Responsables : Jacqueline Boudreau, Dany Leblond (514) 527-2361

      Un groupe de soutien en anglais est organisé par Aids Community Care Montreal (ACCM) (514) 527-0928

      Sida Info Service (France) 0 800 840 800
      Gai écoute (Québec) 1-888-505-1010


      Les trois premiers épisodes de la série Live with it

      00:00 Publié dans Carnets de révolte , Vidéo | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vih, sida, vivre, liens, support, deni, culpabilité

      13 mars 2007

      Démocratie TV

      Il y a plusieurs façons de léviter : la méditation, les voyages en navettes spatiales, les sauts en parachute, mais j’ignorais jusqu’à hier qu’il existait un moyen bien plus simple. Il suffit de faire une croix sur un bulletin de vote.

      La devise du Québec est « Je me souviens ». Personnellement, le 26 mars 2007, je me souviendrai que sous le règne de Patapouf Premier (aka, le premier ministre Jean Charest), le régime de prêts et bourses a été coupé, les frais de scolarité dégelés. Le prix des garderies est passé de 5 à 7 dollars par jour, le parc du Mont-Orford a été vendu à des promoteurs. Bien que Patapouf affirme sans relâche que la santé est sa priorité numéro un, la situation en santé s’est clairement détériorée au cours de son mandat. Les urgences sont débordées, les patients passent plusieurs jours sur des civières dans les couloirs, les infirmières sont sur le bord du burn-out. Les temps d’attente pour les examens et les chirurgies urgentes se sont allongés, la plupart des Québécois sont incapables de trouver un médecin de famille. Le coût de la franchise d'assurance-médicament a été augmenté en janvier et le coût des médicaments sera dégelé au printemps... (Et malgré la devise, je suis certain d’en oublier !)

      S’il suffit de faire une croix pour léviter. Et du même coup, pour l'éviter. Moi, Je veux bien.

      Le 26 mars, je vote !






      Environnement:
      17 questions de Greenpeace au partis politiques

      12:20 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, élection, publicité, souvenir, révolte, scolarité, santé

      05 mars 2007

      L'autre rive

      C’était un matin de novembre, autour d’une table et de deux cafés. Il m’a dit qu’il était séropositif, qu’il ne savait pas ce qui lui avait pris. Il ne comprenait pas ce qui c’était passé, il n’avait jamais fait ça auparavant. (Il parlait d’une relation non protégée ; à ce moment-là, j’ai eu un doute). Je ne le connaissais pas avant le soir du 11 novembre. C’était l’ami d’un ami, il n’était même pas mon genre.

      Après le choc est venue la colère. Une émotion hargneuse, violente. J’ai tremblé. Pendant les années qui ont suivi, des images se sont bousculées au seuil de ma conscience. Des images d’os brisés, de chairs lacérées, d’éclaboussures de sang et de cervelle sur les murs. La colère s’est ancrée dans mon corps. Mes poings se fermaient, mes dents se serraient, mes pieds étaient prêts à frapper, encore et encore.

      Mais cette rage en cachait une autre bien plus grande et plus terrible. Si colossale, que je n’ai pas les mots qu’il faudrait pour la décrire. La colère envers moi-même. Une violence plus lourde et solide que le béton armé, plus acérée qu’une lame de rasoir. Une colère qui m’aurait interdit de me tuer si j’y avais pensé. La mort par suicide aurait été trop facile et trop douce. M’enlever la vie n’aurait pas suffi pour l’apaiser.

      Il n’y avait pas de circonstances atténuantes. En 1997, le VIH et ses modes de transmissions étaient parfaitement connus. J’étais un privilégié, un universitaire choyé par la vie. J’avais des amis qui travaillaient dans le milieu communautaire, chez Séro-Zéro, au Cpavih. Un ami avait mis sur pied une fondation pour venir en aide aux personnes atteintes qui avaient des difficultés financières . Je me souviens qu’il m’avait dit un soir : « Toi. Arrive-moi jamais avec ça ! » Il me fixait de ces yeux bleus avec un air sérieux. Je l’avais trouvé ridicule et j’avais répondu : « Ben voyons, j’suis pas con quand même ! »

      Il a fallu accepter de voir mes gestes bien en face. Revoir mentalement la scène et envisager le pardon. Me pardonner ma naïveté, s’il s’agit de naïveté. Mon idéalisme et ma foi trop crédule en l’humanité. Je me souviens que je m’étais dit : S’il savait qu’il me faisait courir un risque, il ne ferait jamais ça. Parce que moi, je ne l’aurais jamais fait. J’avais alors la certitude que je ne lui faisais courir aucun risque. Je me trompais sur son compte. Me pardonner d’avoir abandonné ma vie au premier homme venu juste pour quelques minutes de chaleur. Me pardonner ma faiblesse et cet instant de vulnérabilité totale. Me pardonner la pensée magique. Mon refus de voir la réalité. Me pardonner le goût du danger, de l’autodestruction pour me sentir vivant, vibrant. Me pardonner mes dérives dans l’alcool et le monde des apparences. Quand il m’a trouvé, je vomissais rhum, bière et yagermeister. Il m’a passé une serviette humide sur la nuque. Je répétais : « T’es fin, t’es fin. »

      Quand j’ai ouvert les yeux sur cette colère envers moi-même, son image à lui s’est évanouie presque totalement. Peu m’importe qu’il soit vivant ou mort, ce qu’il est devenu. Il n’existe plus. Il n’est rien. J’ai oublié son visage. Indifférence totale.

      Je ne sais pas si le pardon est réellement possible. Je ne sais pas si j’arriverai à me pardonner. Mais ce que je sais, c’est que la vie c’est aujourd’hui. Et aujourd’hui, c’est un moment qui fuit trop vite. Porter jour après jour le poids des rancoeurs, des regrets, de la culpabilité est assez lourd pour me faire rater l’instant qui passe. J’ai vécu tant d’années sous le joug de cette condamnation, paralysé par cette violence toujours contenue.

      Quand on baisse les bras, que l’on dépose les armes, quand la colère se tait, même pour quelques instants, on découvre des champs de tristesse à perte de vue, des peurs d’enfants, mais aussi des désirs. Des montagnes de désirs qui n’attendent qu’un rayon de soleil printanier. L’hiver a duré ce qu’il fallait, les torrents de larmes ont irrigué la terre année après année. Une éclaircie, et les versants pourraient se couvrir de fleurs. Aujourd’hui existerait enfin.

      L’autre rive est ici même, pardonne et oublie, protège et rassure. [Jack Kerouac]


      J’ai trouvé cette citation sur le blogue de Khyungpo.

      00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, vih, sida, colère, prévention, culpabilité, désirs

      07 février 2007

      Saint-Latex

      Quelques images tournées à Rouen par la sympathique équipe de Lamosa TV :

      21:35 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, vih, sida, prévention, condom, préservatif, capote

      01 février 2007

      Saveurs

      Il y a encore, au Vatican, quelques vieux séniles qui font reculer l’Église catholique au sujet du condom. Ils croulent sous leur or et cachent sous leurs soutanes toutes les abominations que cette église a commises au cours des siècles. Une de plus, une de moins… Pourtant, l’usage du condom aurait pu changer la face du monde. Imaginez, si Georges Bush père était sorti couvert ! Ou s'il avait préféré l'amour oral à la position du missionnaire !

      En 2001, les panneaux colorés de la campagne « L’amour, c’est plein de saveurs » ornaient le haut des autobus de la région de Montréal. Ces publicités visaient les jeunes de 15 à 29 ans et présentaient de manière positive l’usage du préservatif lors des premières relations sexuelles. Les affiches ont été tellement populaires que tous les tirages sont épuisés.

      medium_amourssaveurs.jpg

      La fellation sans protection est à faible risque pour la transmission du VIH. J’ai tout de même fait l’essai de plusieurs de ces condoms. Personnellement, je préfère le melon d’eau ou les fruits de la passion. Je déconseille fortement la menthe ou le chocolat. Les couleurs ont une allure douteuse !

      10:30 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : saveurs, gay et lesbienne, prévention, publicité, VIH, IST, jeunes

      28 janvier 2007

      Femmes

      Je ne sais pas si c’est le piano, mais ces images me font pleurer...


      Les femmes hétérosexuelles de moins de 30 ans forment le segment de la population où l’augmentation des infections par le VIH est la plus importante. Exigez qu’il porte un condom.

      « …Actuellement, les femmes représentent presque 50 % de toutes les infections à travers le monde et, parmi les individus de moins de 24 ans infectés par le VIH, les deux-tiers sont des femmes. Pour des raisons biologiques, les femmes sont environ deux fois plus susceptibles que les hommes d’être infectées par le VIH durant des rapports sexuels… »
      Staying-alive.org

      00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : prévention, vih, sida, femme, condom, préservatif, jeunes

      23 janvier 2007

      Toujours prêt

      medium_scan.2.jpg


      Le pilulier est prêt pour la semaine… Plusieurs traitements sont utilisés actuellement pour contrôler le VIH. Le cocktail qui suit forme la base de ma trithérapie :

      med
      Sustiva : C'est le psychotrope du groupe des antirétroviraux. Mieux vaut le prendre avant de dormir.

      med
      Ziagen : J'avale ces cachets par paires. Ce sont les plus faciles à prendre. Mais au tout début, c'était assez stressant. Ce médicament provoque chez 3% de la population une réaction allergique qui peut être mortelle en quelques heures. Je sais maintenant que je fais partie des 97% qui le tolère bien.

      med
      Videx : Ces comprimés entérosolubles sont une bénédiction. Auparavant, je devais croquer de gros comprimés à saveur de moisi.

      Depuis un an, j’ai apprivoisé ce cocktail de médicaments qui me faisaient bien plus peur que le virus. Ils arrivent avec leurs lots de légendes urbaines. Comme ils exigent une fidélité presque absolue, ils m’obligent chaque jour à faire face. Je m’y suis adapté et je trimballe toujours avec moi quelques doses.

      S’ajoutent à ce trio de battants : des antibiotiques pour prévenir les infections, des hormones, des somnifères pour contrebalancer l’effet du Sustiva et le stress de tout ça. Ce sont des durs. Je dois les surveiller de près. Ils ne font pas dans la dentelle. Mais j’ai besoin d’eux. Ils me protègent.

      00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : VIH, SIDA, AIDS, médicaments, cocktail, condom, traitement

      10 janvier 2007

      En noir et black

      Quand j’ai un peu de temps libre, je maraude sur la Toile. Chaque jour, des masses d’informations y sont publiées au sujet de la recherche, des traitements, des stratégies de prévention du VIH/Sida. Il est parfois difficile de s’y retrouver. Par moments, il faut être solide pour tout recevoir sans être soufflé. Mais avec le temps, on s’endurcit et on s’habitue à relativiser.

      J’ai eu le coup de foudre pour cette campagne de publicité. Le noir est indémodable et il n’y a rien de mieux pour faire éclater la lumière. En trois épisodes, Live with it aborde avec doigté les thèmes du déni, de la colère et de la culpabilité. Des sujets sensibles et très chargés. Je fréquente un groupe de soutien comme celui où aboutissent les trois personnages. Il y fait plus clair, et l’ambiance y est souvent beaucoup plus légère. Mais la première fois que j’y ai mis les pieds, c’était un pas énorme à franchir. Mon truc a été de ne pas réfléchir avant d’y aller. J’ai vu quelquefois des individus y arriver sous l’influence de l’alcool ou de la drogue. Au fil du temps, les histoires se dévoilent. Derrière ce virus invisible se cachent souvent des amoncellements de blessures silencieuses. Ce qui est particulièrement bien rendu par ces clips.

      Live with it, episode 1



      Live with it (la synchro est meilleure sur le site)
      Pour plus d’informations au sujet du VIH/Sida, quelques sites assez complets composent la liste Liens positifs dans la colonne de gauche.

      Merci à poly pour le lien.

      00:00 Publié dans Carnets de révolte , Vidéo | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Sida, VIH, gay et lesbienne, drogue, prévention, publicité, noir

      02 janvier 2007

      Photo-roman

      medium_banniere_nous_tous.jpg

      Nous tous a d’abord été un photo-roman. Converti en format Flash, on y suit au cours de 30 épisodes d’une minute les mésaventures de Léo, Marc, Malek, Damien, Guillaume et Gaspard, à Paris. On y parle de sexualité, d’amour, de confiance et de fragilité. Un outil de prévention original et percutant qui fera jaser. Une façon vraiment très accrocheuse de traiter de sécurisexe et de la réalité des hommes gais en ce début de 21e siècle.

      Nous tous, épisode 1 et 2



      Les autres épisodes sont disponibles en ligne sur le site nous-tous.com. La campagne a été conçue par Catpeople production pour l’INPES (Institut National de Prévention et d'Éducation pour la Santé). Les épisodes sont diffusés sur Pink TV depuis novembre dernier. J'aime bien faire circuler ce genre d'initiative.

      10:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : nous tous, prévention, VIH, Sida, condom, gay et lesbienne, publicité

      22 novembre 2006

      Dialogue

      Dans la nuit de lundi à mardi, j’entends les mots de Bashung : «… Gaby, tu devrais pas m’laisser la nuit, J'peux pas dormir, j'fais qu'des conneries…» Je me perds dans la grande Toile une fois de plus. Je tombe sur une note écrite par deux filles où elles parlent des hommes rencontrés sur le site Meetic: Les pas de couilles. Je souris, ça fait du bien. Je traverse, en ce moment, une zone noire. Je suis cynique, désabusé. Undernet, site de rencontres : rien pour alléger la déprime. Au contraire même, la violence et la sécheresse des rapports virtuels me rendent agressif. J'essaie d'engager des conversations. Je frappe un mur à quelques reprises. *Cling* J'ouvre une boîte de dialogue, on échange quelques mots. Pendant que je cherche mes mots, il tape : « devant tant d’intérêt - dsl - bye *Cling* » Chercher ses mots ici, ça ne se fait pas.

      *Cling*, une boîte de dialogue s’est ouverte. Il se nomme hard25. Résumé du profil :
      Hard25 : gars 27 ans, cherche mec clean pour sexe bareback.
      (bareback : relation sexuelle volontairement non protégée)
      La moutarde, celle qui brûle, me monte au nez. Je me dis que celui-là, il va m’entendre.

      hard25> allo
      Py> Clean, ça existe pas. 1 homme séropositif sur 3 ne le sait pas...
      hard25> ok ok
      hard25> toi t es poz?
      Py> Oui, et puis je te l'aurais pas dit. Bareback, ça me fait débander...
      hard25> comment tu la pogné alors si t’aimes pas baiser bareback ?
      Py> bonne question, un accident

      (Je suis un peu déstabilisé par la question. C’est pas un sujet que j’ai l’habitude d’aborder. Mais je me suis lancé, aussi bien poursuivre…)

      hard25> dis-moi ça
      Py> complètement saoul, j'étais sûr d'être clean justement. Quand le gars a voulu faire ça sans condom., je me suis dit que s'il savait qu'il pouvait me mettre en danger, il ferait jamais ça. J'étais con.
      Py> j'avais 27 ans. (Et vlan dans les dents)
      hard25> ok
      hard25> et là, t’es rendu a quel âge
      Py> 37
      hard25> et quel âge avait le mec ?
      Py> le même âge, à peu près. C'était l'ami d'un ami. (Quelle importance ?)
      hard25> ok

      (Je prends une respiration. À mon tour de me poser la question qui me brûle.)

      Py> pourquoi bareback ?
      hard25> je trouve ça mieux
      hard25> mais c es vrai que c’est risqué
      Py> mieux comment ?
      hard25> + de sensation

      (Qu’est-ce que je peux répondre à ça ?)

      Py> Je me souviens pas, ç’a été la seule fois.
      hard25> ok
      Py> J'y crois pas trop, la sensation c une question d'habileté...
      hard25> ok
      hard25> t’es sur les médicaments ?
      hard25> comment ça se passe ?
      Py> T'en poses des questions !
      hard25> je m’informe.
      Py> oui et ça va. Les premiers mois ont été l'enfer.
      hard25> les effets secondaires sont durs ou ça t’a pris du temps à le savoir que t’étais poz?
      Py> Non, j'avais des doutes dès le lendemain, le gars voulait absolument me voir. Pour m’annoncer qu'il était séropositif. Il comprenait pas ce qui lui avait pris, qu’il disait.
      Py> Son médecin disait que j'avais pas grand chances de l'avoir parce que c'est moi qui l'avais pénétré.
      hard25> ok
      hard25> tu baises toujours avec capote ?
      Py> oui
      hard25> asteur
      hard25> pkoi ça été l’enfer ?
      hard25> si c’est pas trop demander
      Py> Nausées fièvres au début. Ensuite insomnies, cauchemars horribles, hallucinations pendant des jours. Des boutons partout sur le corps pendant des semaines
      Py> Plus de libido pendant des mois

      ( Tout ça résumé en trois lignes, je voulais que ça frappe.)

      hard25> les médicaments font ça ?
      Py> Ceux que je prends, oui, au début en tout cas. À long terme, ça détruit le foie. Les médecins pensent que le corps peut pas survivre aux traitements plus de 15 ou 20 ans, c trop fort.
      Py> Puis, y'a la peur, tout le temps, pis la honte aussi, le secret. Ça c'est dans la tête, mais c peut-être le pire...
      hard25> ok
      hard25> tu l’as dit a personne ?
      Py> pendant des années, j'ai eu un chum steady. Il était le seul à le savoir. C'était lourd à porter à 2, je pense. Là c plus ouvert. Et c plus facile à vivre comme ça

      ( Il ne dit rien, je me sens léger. Le stress est tombé. J’ai l’impression que j’ai réglé quelques comptes avec moi-même et avec le gars d’il y a dix ans…)

      Py> Cool que tu m'ait pas flushé tout de suite...
      hard25> ben là !
      hard25> je comprends ça.
      Py> … Ça vaut pas la peine. La sensation tu la trouveras bien d'une autre façon. La vie ça peut déjà être assez taugh comme ça !
      Py> bon, j'ai assez fait la morale
      hard25> ok merci
      Py> Fais attention à toi, ciao
      hard25> ok bonne nuit
      hard25> xxx
      [Tue Nov 21 01:27:49 EST 2006] hard25 a quitté la conversation privée.

      ( Je me suis endormi avec un demi-sourire dans l’oreiller. )

      18:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, web, rencontre, bareback, sexe, VIH, sida

      26 octobre 2006

      With me

      Dans les temps de froidure, les plats réchauffés sont souvent les meilleurs. Peu de loisirs d’écrire, je ne veux manquer aucune des dernières percées de soleil. Je veux goûter toutes les métamorphoses du ciel.

      À New York, au printemps dernier, j’ai vu une femme ou un homme, ou enfin quelqu’un sur une affiche. Il/elle (disons elle) souriait d’un air espiègle, un sourire solide, invincible. Elle était blonde. À côté de son visage, sa vie était résumée en 12 lignes et le texte se terminait par un slogan : « HIV stops with me. »

      Je n’avais jamais entendu quelqu’un affirmer publiquement qu’il était porteur du VIH. Au cours de ma vie, j’avais croisé quelques hommes séropositifs qui étaient des victimes enchaînées à leurs apitoiements. La plupart s’autodétruisaient lentement mais sûrement dans l’alcool ou la drogue. J’ai connu un homme, une aventure d’un soir, un avocat en congrès à Montréal. Il m’avait dit : « Avant d’aller plus loin, il faut que je te dise quelque chose… » Je m’en étais voulu pour la peur qui m’avait freiné à ce moment-là. Et, des années plus tard, quand j’ai connu mon diagnostic, je me suis souvenu de cet homme qui m'avait protégé et j’ai espéré avoir son courage et sa générosité.

      Dans plusieurs villes des États-Unis, des individus ont choisi d’être les porte-parole de cette campagne. Ils affirment leur séropositivité et racontent en terme très personnel leur bonheur de vivre. Ils parlent du choix qu’ils ont fait de jouer un rôle dans l’évolution de cette pandémie. Ils deviennent en quelque sorte des leaders dans leur communauté. On voit leur visage sur les murs, sur le côté des autobus, dans les magazines. Ils sortent de l’invisibilité, du placard, en souriant et en regardant le passant dans les yeux. Et en affirmant leur responsabilité, ces hommes et ces femmes interpellent celle de chacun d’entre nous et celle de toute la société.

      Je trouve qu’il y a une certaine fraîcheur dans ces publicités. Rien de révolutionnaire, juste des mots qu’il faut dire et qu’on n’entend pas souvent, un ton honnête et volontaire.

      La première pub télé :


      La troisième :


      HIV stops with me

      21:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, VIH, sida, publicité, paroles, affirmation

      23 octobre 2006

      Deux frères

      Cet été, pendant que la foule dansait sous le soleil au parc Émilie Gamelin pour célébrer la fierté gaie et lesbienne, une exposition d’affiches se déroulait sur la rue Berri, à l’ombre des bâtiments de l’Université du Québec à Montréal. On y présentait les campagnes de prévention du VIH-SIDA réalisées par différents organismes publics et communautaires, au cours des dix dernières années. Les publicitaires ont tenté plusieurs approches, utilisant tour à tour, la peur, l’humour, et la sensualité. Ils ont su voir large en s’attaquant dans certaines campagnes à l’intolérance et à l’homophobie.

      Voici l’affiche que je préfère. Elle faisait partie de la campagne de 1998 « Solidarité : moins on juge, mieux on aide » du Ministère québécois de la Santé et des Services sociaux.

      medium_2_freres.jpg

      00:00 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, VIH, SIDA, prévention, santé, publicité

      22 août 2006

      Positive (It’s the Buzz)

      « Et la terre tournoie
      pendant que les gens tombent.
      Le monde reste debout.
      Pas un bruit, pas un seul bruit.
      Il y a l’amour, il y a l’amour, à retrouver.
      De la pire façon, de la pire manière… »

      From a shell, Lisa Germano




      Brian Gonzales est originaire de San Antonio au Texas. Il a 19 ans, lorsqu’il réalise son premier film dans le cadre de ses études au SVA (School of Visual Arts) de New York. Le film a été réalisé en 16mm, à New York avec un budget d’environ 100 $. Plusieurs versions de ce court-métrage circulent sur la Toile. Il est possible de voir la version finale sur le site de FYI - Film Your Issue.

      Le patient : Michael Mittman
      L’amant : Riah Bourne
      Le médecin : Ryanne Hodson

      Scénario et réalisation : Brian Gonzales
      Directeur photo : Jake Roper
      Assistant réalisateur : Matthew Jimenez
      Assistant caméra : Eric Langlay
      Gaffer : David Guglielmo
      « From a shell » de l’album Lullaby For Liquid Pig, BMG, 2003
      Paroles et musique : Lisa Germano

      01:55 Publié dans Carnets de révolte , Vidéo | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, VIH, SIDA, cinéma, seros positifs, Gonzales, Lisa Germano

      12 août 2006

      Des chiffres noirs

      Selon les recherches les plus récentes, le virus de l’immunodéficience humaine aurait traversé la barrière entre les espèces animales et l’espèce humaine vers le milieu du 20e siècle, autour des années 30 ou 40. Quelque part au cœur de l’Afrique près du berceau de l’humanité. Il y a 25 ans, la science médicale révélait au monde les premiers cas de SIDA, une maladie qui avait tout pour enflammer les imaginations et déchaîner les passions. Un syndrome qui allait lier pour des décennies la mort et l’amour. L’épidémie a d’abord touché les marginaux ; homosexuels, toxicomanes. Puis, s’est étendu dans toutes les couches de la population. Elle fait aujourd’hui des ravages chez les plus pauvres. Depuis le début des années 80, la pandémie a fait plus de 25 millions de morts. Actuellement, sur la planète, 40 millions d’êtres humains sont porteurs du VIH

      Dimanche prochain débutera à Toronto, le XVIe congrès international sur le SIDA. Près de 20 000 délégués du monde entier se réuniront dans la ville reine pour faire le point sur la recherche scientifique et les enjeux éthiques, politiques et économiques liés à la pandémie. Des médecins, des chercheurs, des intervenants de tous les domaines, des journalistes et des militants participeront au congrès.

      Au Canada, plus du quart des nouvelles infections touchent les jeunes de moins de 25 ans. Le barebacking (rodéo sans selle) devient de plus en plus une pratique courante. Ces comportements vaguement suicidaires s’expliqueraient par la pensée magique. Un désir d’autodestruction lié au rejet social. Et la perception, de plus en plus répandue, selon laquelle le SIDA serait maintenant une maladie chronique que l’on peut aujourd'hui traiter. Dans les dernières années, les médias ont souvent évoqué l’imminence de la découverte d’un vaccin. Les légendes urbaines parlent de complots des compagnies pharmaceutiques, des gouvernements ou des autorités religieuses. Pendant ce temps, le virus évolue au rythme de la recherche, il mute pour résister aux médicaments. Les traitements ont des effets secondaires lourds et invalidants. Selon certains chercheurs, le corps humain ne pourrait survivre plus de 15 ans aux traitements chimiques utilisés actuellement.

      Une nouvelle tendance, est apparue dans les grandes villes nord-américaines, les conversion partys. Pour ne plus vivre dans le doute, dans la crainte, des adultes consentants participent à des parties de jambes en l’air dans le but de contaminer, et d’être contaminé. Une réalité blessante pour les survivants. Imaginer les sensations fortes, la sensation de liberté totale que vous pourriez ressentir en sautant d’un avion sans l’inconfort d’un parachute. En sautant d’un pont ou d’une falaise, sans s’embarrasser d’un bungee. Pour goûter quelques secondes les frissons de la chute. Les volontaires auraient au moins le mérite de n’entraîner personne avec eux dans la mort. Et les corps disloqués feraient le bonheur des corbeaux.


      XVIe Congrès international sur le SIDA, Toronto, 13-18 août 2006.

      Un reportage absolument fascinant sur l’histoire de la pandémie, par l’équipe de l’émission Sans Frontières (première chaîne, Radio-Canada) : Planète SIDA (90 min):

      Les journalistes de Sans Frontières suivront le congrès de jour en jour.

      Des militants d’Act-Up Paris participeront également au congrès.

      20:30 Publié dans Carnets de révolte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gay et lesbienne, journal intime, SIDA, VIH, séros positifs, Toronto

      04 août 2006

      Sugar baby love

      Pour tous ceux qui n’auraient pas eu la chance de le voir. Un clip sucré et acidulé, un plaisir estival qu’on ne peut pas bouder :



      « Vivez assez longtemps pour trouver le bon; protégez-vous! »
      Campagne 2006 de aides (Le VIH ne fait pas de discrimination sur la base de l’orientation sexuelle, il faut voir la version hétéro sur le même site: baby baby)

      Sugar baby love, The Rubettes, Polydor, 1974

      Sugar baby love, sugar baby love
      I didn't mean to make you blue
      Sugar baby love, sugar baby love
      I didn't mean to hurt you.

      All lovers make
      Make the same mistakes
      Yes they do
      Yes, all lovers make
      Make the same mistakes
      As me and you

      Sugar baby love, sugar baby love
      I didn't make to make you blue
      Sugar baby love, sugar baby love
      I didn't mean to hurt you.

      People take my advice
      If you love somebody
      Don't think twice.

      Love you baby love, sugar baby love
      Love her anyway, love her ev'ryday

      02:00 Publié dans Carnets de révolte , Vidéo | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, gay et lesbienne, séros positifs, SIDA

      02 août 2006

      Les chances

      La chaleur est étouffante. Dans le couloir du métro, une femme chante une berceuse en créole pour son enfant qui dort. Ça me rappelle une pub de médecins sans fr