19 mars 2009

Cible émouvante

Je n’ai que quelques minutes pour coucher mes impressions sur papier, calé dans un interstice entre le soir et la nuit. Je sors de l’Agora de la danse. J’y ai vu un spectacle particulièrement lumineux et accessible. Cibler aborde avec sensibilité les thèmes de la fragilité de la vie et de l’impact que nous avons les uns sur les autres. Sous la direction de Karine Ledoyen, une jeune chorégraphe de Québec, trois danseuses et une comédienne ont livré un spectacle intense, chatoyant et coloré comme un feu d’artifice.

Je suis cependant resté sur mon appétit. Comme si la chorégraphe m'en avait mis plein la vue par pudeur, sans vouloir lever le voile sur l’essentiel. Je quitte la salle, la tête pleine d’images fugaces, mais étincelantes. J’ai été allumé par la symbolique des accessoires et du langage gestuel. Mais j’ai l’impression que l’œuvre gagnerait à être étoffée. Comme s'il s'agissait d'une esquisse. Il y a dans Cibler quelques scènes très fortes. Ces brefs moments d’intériorité sont éclipsés par la virtuosité de la chorégraphe et des interprètes et par l'ingéniosité de la scénographie.




Karine Ledoyen confie à trois danseuses et à une comédienne le soin de retracer le cours de l'existence. On naît, on vit, on meurt… Parfois on se donne la mort, pensant déjouer le destin. La cible est mouvante. Qui dira si jamais on l'atteint?

Cibler, de la Cie K par K, à l'Agora de la danse jusqu'au 21 mars.

Commentaires

Souvent j'ai cette impression que tout s'appauvrit : la religion, l'art, la mode, la cuisine, etc. Au point que seules mes promenades le long du chemin de halage arrive à me tranquilliser (ainsi que de sentir mon homme respirer contre moi sous la couette).

Ecrit par : Kab-Aod | 19 mars 2009

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