17 janvier 2009
Panse-coeur
Il m’a rappelé dans la soirée. Pour m'expliquer qu’il se sent mal à l’aise. Son ex lui a téléphoné. Pendant les premières secondes, il ne l’a pas reconnu. Demain, l’ex ira lui remettre du courrier à son travail. Il a coupé court à la conversation. Et il en est content. Yes, qu’il s’est dit à lui-même, c’est ce qu’il fallait faire. Mais la rencontre à venir le tiraille. Il a peur. Tu vas pas retourner avec cet imbécile ? a lancé sa mère qu’il a tout de suite appelée. Ça l’a fait sourire. Et il m’explique qu’il y a toujours une rivalité entre lui et son ex. Et il me raconte tout ça à moi. Pourquoi moi ?
Et toi, tu penses quoi de moi ? qu’il me demande. C’est agaçant cette manie qu’il a de ne parler sérieusement qu’au téléphone. Je n’aime pas le téléphone. La voix, c’est bien trop ténu. Mes mots maladroits tentent de toucher la cible sans trop faire de dommages collatéraux. Moi, j’essaie de vivre au présent. Je ne suis pas certain que l’on aura un avenir. Pour le moment, c’est bien, un jour à la fois. Tu me plais. Je vois bien que tu es blessé, malheureux même. Je pense que tu as besoin de moi. — Et toi de moi ? — Moi de toi, peut-être. Je ne sais pas. Peut-être, oui. On vit sur des planètes différentes...
Demain, je braverai les grands froids pour aller le rejoindre, en passant à la SAQ chercher une bouteille de rouge. Une autre soirée fondue chinoise, un DVD. Ne pas oublier la sauce Worcestershire. De la générosité, j’en ai plus qu’il n’en faut. Donner, c’est tout ce que je sais faire. Il faut croire que je suis riche et que j’ai des ressources insoupçonnées. Je ne sais pas où je prends tout ça. Ça me chatouille l’ego. Mais au bout du compte, ça me laisse un petit creux, quelque part. Je me sens plus seul que lorsque j’étais seul. C’est peut-être aussi la fatigue accumulée qui m’embrouille le cœur. Un jour, je partirai en vacances. Et je m’abandonnerai au soleil. Les minutes se succèdent sur l’écran du réveil, pendant qu’il me raconte au téléphone ses impasses du moment.
18:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, homme, célibat, solitude, vin




Commentaires
Sans doute parce que le téléphone est impersonnel, ça permet de mettre comme une distance : on est pas sous les yeux d'autrui, alors on peut dire plus. Ca engage moins, émotionnellement parlant. Personnellement, tout comme toi, je déteste le téléphone. Je suis pour la collision des astres :)
Passe une excellente semaine.
Ecrit par : Nicolas | 18 janvier 2009
@ Nicolas : La collision des astres, j'aime !
Ecrit par : Pierre-Yves | 18 janvier 2009
Ou, selon moi, tout simplement parce qu'ainsi il ne s'expose pas à ton regard. Le téléphone est un filtre protecteur très rassurant...
Ecrit par : Lovedreamer | 20 janvier 2009
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