17 décembre 2008
Gym
C’est le manque de lumière, les jours qui raccourcissent, les heures de travail interminables pour arrondir les fins de mois, une équipe blasée, démotivée...
9 décembre. J’attendais depuis des semaines cette date. Réunion de réorganisation du travail. Je savais qu’il ne fallait pas avoir trop d’attentes. On ne peut pas régler en une journée les problèmes accumulés pendant des années. J’espérais simplement qu’on en nomme quelques-uns clairement et que l’on discute de quelques solutions concrètes. Je m’étais préparé, j’y avais pensé, j’avais fait des listes de problèmes et de propositions. La journée avait pourtant bien commencé, lentement mais sûrement. Rien. Huit heures de réunion pour strictement rien ! Tout l’après-midi à débattre du besoin d’un nouvel employé et du manque de ressources. Pour finalement accoucher d’une solution déjà proposée-et-adoptée deux mois auparavant et qui ne règle rien : une réunion supplémentaire. Des discussions creuses qui jouent sur les mots, des combats de coqs, du crêpage de chignon, quelques couteaux dans le dos. La prochaine rencontre est dans trois mois. 90 jours dans une ambiance pourrie, sans que rien ne change. Je ne sais toujours pas en quoi consiste mon travail. Je fais ma petite affaire, tout seul, du mieux que je peux. Je suis découragé.
J’ai eu une promotion. Un surcroît de travail doublé d’une augmentation de salaire minable. Par contre, je passe à un régime privé d’assurance médicament et l’augmentation des coûts est faramineuse. (379.00 $ ce mois-ci au lieu de 77.00 $, je ferais mieux d’oublier tous mes projets de voyage.) Le tout, accompagné d’un dédale de formulaires administratifs. La fatigue. L’absence de reconnaissance. Et puis ce matin, comme une sensation d’étouffement, un tiraillement dans la poitrine, le souffle court...
Le grand : Ça va pas, hein ?
Moi : Pas trop bien, non.
Au début, je me suis dit que c’était la fatigue. La perte d’appétit : une mauvaise passe. L’insomnie : une habitude. L’incapacité à sourire ? Ben, je sais pas. Avec tout ce que j’ai vécu ces derniers temps. Et puis j’ai perdu l’envie de m’habiller. J’ai passé deux jours sans prendre une douche. Et puis les pleurs pour un rien, trois fois par jour. Je crois bien que je me tape une petite, ou une grosse (mettons une moyenne) déprime...
Moi : J’pense que je commence une bronchite.
Le grand : T’es sûr que tu veux venir ? Tu serais peut-être mieux d’aller te coucher.
Moi : Non, je pense vraiment qu’il faut que j’y aille.
Je suis entré dans la chaleur du vestiaire. Une étincelle m’est passée dans l’œil quand j’ai aperçu le bas du dos d’un garçon dans la vingtaine devant les casiers. (Serait-ce que ma libido n’est pas complètement morte ?) Cette épaule fuselée qui plonge entre biceps et triceps. Ce que j’aimerais avoir une taille comme la sienne ! Il se retourne et le bas-ventre qui disparaît sous l’élastique des shorts me donne presque une crise d’apoplexie. Il faut que je me secoue pour regarder ailleurs. Je grimpe en trottinant l’escalier qui mène à la salle de musculation.
Celle-ci surplombe les piscines olympiques. Je m’étire les ischio-jambiers en m’appuyant à la barre. Le grand s’étire les triceps. Dans les couloirs du bassin principal, des nageurs filent, suivis de traînées d’écume. Près du second bassin, une équipe de nage synchronisée répète le début d’une chorégraphie. Hors de l’eau, elles ont l’air d’une troupe de manchots empereur.
Le grand : Du sel de mer à l’eucalyptus, tu vas voir, ça dégage.
Moi : J’ai du Vicks, ça va faire pareil.
Il sourit.
Le grand : Tu vas demander à ton voisin de te frotter le dos ?
Je ris.
Moi : On n’en est pas là...
Au dessus du dernier bassin, les plongeurs s’élancent de différentes hauteurs. Ces anges font des vrilles, momentanément libérés de la gravité, puis tombent comme des flèches. Des geysers de bulles les ramènent par intermittence à la surface. Sur le tapis roulant. Je me sens lourd, j’ai l’impression d’être chargé comme un soldat en Afghanistan. J’ai même peur de briser l’appareil. Les premières minutes sont pénibles. Et puis ça passe. À un moment donné, le corps court tout seul comme un cheval de trait bien dressé, une mécanique bien huilée. Je sens la chaleur qui brûle dans ma poitrine. Mon esprit, lui, est parti. Il s’est glissé dans l’eau fraîche entre deux nageurs. Je suis content d’être venu.
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Commentaires
J'ai pensé à toi aujourd'hui. Je devais aller au sport mais l'écriture du livre s'est montrée plus forte. Je mouche, je tousse, aussi. 379 dollars pour tes soins ? Moi, je ne pourrais pas assumer...
Ecrit par : Kab-Aod | 17 décembre 2008
@ Kab-Aod : À ma connaissance, la loi québécoise dit qu'une personne ne peut avoir à débourser plus de 927,00 $ par année. Les assureurs (privés ou publics) ont l'obligation d'assumer la différence. J'ai dépassé cette limite, à moi le fardeau de me faire rembourser. Pour l'instant, la Cie d'assurance et la pharmacienne se renvoient la balle. Je ne peux pas interrompre le traitement, j'ai mis ça sur la carte de crédit. Et je rage...
Tant mieux si l'écriture va bien, mais ménage toi. Il te faut la santé, pour aller jusqu'au bout.
Ecrit par : Pierre-Yves | 17 décembre 2008
L.R.Q., chapitre A-29.01
Loi sur l'assurance médicaments, Québec
(...)
11. La contribution maximale est le montant total assumé par une personne couverte, au delà duquel le coût des services pharmaceutiques et des médicaments est assumé entièrement par la Régie, l'assureur ou le régime d'avantages sociaux, selon le cas.
1996, c. 32, a. 11.
(...)
13. La contribution maximale pour une période de référence d'un an est d'au plus 822 $ par personne adulte; ce montant comprend les sommes que cette personne paie à titre de franchise et de coassurance, le cas échéant, pour son enfant ou pour une personne atteinte d'une déficience fonctionnelle qui est domiciliée chez elle.
1996, c. 32, a. 13; 2002, c. 27, a. 3.
À compter du 1 er juillet 2008, la contribution maximale pour une période de référence d'un an est portée à 927 $. (2008) 140 G.O. 1, 517.
(...)
Source : Éditeur officiel du Québec : http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/A_29_01/A29_01.html
Ecrit par : Pierre-Yves | 17 décembre 2008
D'abord, félicitations pour votre promotion et bonne chance pour la suite. :-)
Ensuite : habituellement, les assurances de groupes offrent de bons services à des coûts raisonnables et sont très profitables pour les bénéficiaires. Prenez le temps de lire comme il faut "le dédale de formulaires administratifs" et de vous faire expliquer, soit par votre employeur, soit par l'assureur, la gamme des services offerts. Je contribue aussi à une assurance privée et en suìs très satisfaite. En ce qui concerne plus spécifiquement les médicaments, vous n'aurez plus à payer la prime annuelle d'assurance médicaments du régime public de 570$ avec votre déclaration annuelle d'impôts, non plus que celle, à chaque mois, de 14,70$ perçue lors de la première facture de médicaments d'un mois spécifique. Dans mon cas, en plus de la prime annuelle que je paie à la compagnie d'assurance pour mon assurance privée, cette compagnie d'assurance ne déduit que 50$ de franchise lors de la production d'une première demande de remboursement dans une nouvelle année, et cela constitue la seule déduction qu'elle fera à ce chapitre pour toute l'année. De plus, habituellement, les régimes privés sont aussi plus généreux au niveau du pourcentage de remboursement des coûts des médicaments, ainsi, mon assurance privée me rembourse à 80% par rapport à 69% pour le régime public. Enfin, la liste des médicaments couverts par l'assurance privée est habituellement beaucoup plus longue que celle du régime public. J'imagine que votre assurance de groupe vous offre, en plus, toute une gamme de services divers reliés à la santé, comme une bonification du régime d'assurance hospitalisation, et le remboursement pour des traitements ou des consultations dans des domaines reliés à la santé, non couverts par les régimes publics, comme la physiothérapie, la psychologie, etc. dispensés pas des professionnels de la santé. Certaines assurances privées couvrent aussi les soins dentaires, peut-être est-ce le cas de la vôtre.
En ce qui me concerne, il y a une entente entre mon assurance groupe et les pharmacies, et si j'ai, comme vous, à payer sur le champ la totalité du montant de la facture, le pharmacien envoie automatiquement copie de cette facture à la compagnie, laquelle me rembourse normalement sa part à l'intérieur d'une dizaine de jours. Peut-être, dans votre cas, aurez-vous vous-même à faire parvenir cette facture à la compagnie d'assurance, si celle-ci n'a pas fait d'entente avec le réseau des pharmacies, mais je suis certaine que les choses se placeront d'elles-mêmes dès que la période d'implantation de votre dossier sera faite.
Je pense que vous pourrez bientôt repenser à vos projets de voyages. :-)
Ecrit par : Sylvia | 19 décembre 2008
@ Sylvia : Bien que je n'ai toujours pas reçu de chèques, je suis passé à travers les formalités et je devrais recevoir un remboursement. Mais je ne m'attendais pas à devoir payer un si gros montant. Avec le régime public, le 927.00 $ était réparti sur toute l'année. Désormais, je devrai le payer en début d'année. (le mois prochain, pour 2009.) La question des médicaments me stresse beaucoup et quand je me retrouve devant la pharmacienne il suffit d'une étincelle pour que j'explose.
C'est vrai que j'ai pour la première fois de ma vie une assurance dentaire (et un accès aux physiothérapeutes et psychologues.
Merci.
Ecrit par : Pierre-Yves | 19 décembre 2008
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