26 mai 2008

Miné

Quand je parcours les archives de ces carnets, j’ai parfois l’impression de tourner en rond, de repasser mille fois par les mêmes histoires, les mêmes douleurs. Moi qui voudrais avancer, et liquider ici les vieilles blessures, on dirait que je n’en viendrais jamais à bout. Peut-être que raconter ne règle rien. Peut-être suis-je trop pressé.

Je suis un terrain miné. Je suis porteur de germes de tristesse et de colère qui n’attendent qu’une averse pour prendre d’assaut toute ma conscience. Je porte, fiché dans le cœur, une suite de petits malheurs silencieux que j’ai accumulés au fil des années. Il ne suffit que de quelques coups de la vie et la machine à noirceur s’emballe, toute ma vie se dérègle. Je perds le contrôle. Je suis submergé, envahi. Je réagis de manière disproportionnée. Je perds l’appétit ou je mange comme un défoncé. Mes nuits deviennent une lutte pour trouver le sommeil. Et mes matins, une lutte pour m’y arracher. La douleur prend racine dans mon corps, j’ai mal au dos, à la tête. Le corps grince et se rebiffe.

Cette fois-ci, c’est une suite de déceptions qui se répondent les unes aux autres. Ma sœur qui est arrivée seule à l’aéroport Charles de Gaulle, alors que je devais au départ l’accompagner. Le travail m’a empêché de la suivre. Cet emploi minable qui me gâche les semaines. Cette folle qui est payée le double de mon salaire, qui prend toutes les décisions sans aucune cohérence et qui me délègue tout le travail. Le mépris quotidien. Ziggy et sa foutue tendresse, sur lequel j’avais projeté, sans m’en rendre compte, tous me espoirs de vie à deux. Cette soirée dans un bar, juste avant le départ de ma sœur où j’avais eu la brillante idée d’inviter mon ex et son nouveau chum et où sa distance m’a fait comprendre qu’il ne reste rien de toutes ces années, que des malentendus et de l’indifférence.

Quand je réalise ce qui m’arrive, il ne reste plus qu’à ramasser les pots cassés et à me soigner pendant de longs jours pour arriver à me relever et à reprendre la route. Me concentrer sur les besoins de base. Manger, se laver, dormir et affronter la vie, une heure à la fois. Prendre le soleil, à petites doses et garder le cap en se disant que ça ira mieux demain.

Commentaires

Il est bien possible que la solution soit dans tes trois dernières phrases. C'est ce que j'ai fait ces six derniers mois, au moins pour stopper le recul, la descente. Un jour quelque chose se produit, pas forcément ce que l'on attendait, qui donne la petite poussée et le supplément d'énergie pour reprendre la route, poursuivre l'ascension.
Les voyageurs fatigués n'apprécient pas le voyage. Les haltes routières sont là pour permettre aux voyageurs de se détendre, se reposer, se restaurer, reprendre des forces.

Écrit par : Alcib | 26 mai 2008

Parfois, et les conseilleurs ne sont pas les payeurs, il est préférable de jeter les pots cassés une fois ramassés plutôt que de chercher à les recoller.

Écrit par : Olivier Autissier | 26 mai 2008

oui ça ira mieux demain
parce que parfois en descente, la descente s'arrète forcemment
et toi je sais que tu as le coup de talon pour remonter vers le soleil
à petite dose
tu gardes le cap
et je veux bien prendre un peu de ta tristesse ce matin
t'envoyer des fleurs d'olivier
et des bises soleil du sud
bon
là je t'embrasse
allez mon capitaine...

Écrit par : jeanne | 26 mai 2008

Pour avancer, je pense qu'il faut d'abord tourner en rond, ce qui permet de nous mieux comprendre dans et hors contexte, sinon on avance droit dans le mur. Courage :)

Écrit par : Querelle | 27 mai 2008

Quand on est très sensible il faut plus que force qu'à la moyenne pour rester debout..
Querelle a probablement raison.
En tout cas, prends soin de toi. (((PY)))

Écrit par : Lovedreamer | 27 mai 2008

@ Lovedreamer : Je suis fait fort.
@ Querelle : Tourner en rond pour mieux se diriger, pourquoi pas ?
@ jeanne : Ne prends pas trop de tristesse. Elle sèchera d'elle-même au soleil.
@ Olivier : Jeter les pots, je n'y avais pas pensé.
@ Alcib : Bon repos, alors.

Écrit par : Pierre-Yves | 27 mai 2008

Revoir un ex....
Ca fait toujours bizare surtout quand o se rend compte qu'on n'a pas tourné la page alors qu'on le croyait.
Que d'un seul coup; ona envied'appeler tout le temps à toutes les heurs du jour et de la nuit, on a aussi envie de savoir ce qu'ilfaitoù il est.
Puis on le croise avec quelqu'un. Il est avec ? Non ? Ouf ! Mais pourquoi ouf ?
Et un jour on rencontre LE gars. Celui trop bien celui qui vous aime, celui qui fait tout tourner autour et qi est là même quand il n'y est pas . Magicien ? Non, juste amoureux.
Suffit de se laisser porter par la vie...
J'ai rencontré Rufin 3 jours avant de partir à l'autre bout du monde, au Laos. Totalement imprévu, déjanté, mais totalement trop bien ! C'est la personne qui a changé ma vie alors que je n'espérais rien.
Rour ca pour dire qu'il suffit juste de se laisser porter par les événements et le bonheur débarque quand on ne l'atend pas (j'étais la rpemiere a dire que c'était des coneries ce genre de phrases, mais forcée de constatée que c'est vrai !)
courage !

Écrit par : Ju | 28 mai 2008

@ Ju : Merci. Mais je ne crois pas que la solution soit LE gars. J'essaierai de me laisser porter.

Écrit par : Pierre-Yves | 28 mai 2008

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