25 février 2007

Tout petit

Rien de grand, rien de grave. Juste qu’il fait froid depuis si longtemps. C’est peut-être les 30 mg de Citalopram que j’ai coupé cette semaine pour le sevrage. Ou le fait que je n’ai pas couru depuis deux jours. Je me suis dit que j’avais besoin de repos. J’ai une petite toux, presque rien, même pas un rhume. Je sais bien qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Je sais qu’il n’y a aucune raison de penser que le virus a trouvé ma faille et que la pneumonie va m’emporter. Je voudrais bien être frappé par un train, me noyer ou mourir dans un incendie. N’importe quoi, mais pas la pneumonie. Mais ce n’est rien, juste un petit inconfort dans la poitrine, juste une voix enrouée et ça ne fait même pas 48 heures. Hier soir, j'ai fumé de l'herbe à la pipe, rien pour arranger les choses.

Ce n’est pas de la complaisance ni de l’apitoiement. C’est là et c’est tout. L’impression d’un vide qui me submerge et qui doit être comblé. Rien de nouveau sous le soleil d’hiver. J’ai bu du vin rouge, un Shiraz australien. J’ai magasiné. On ne voit jamais personne se lamenter entre les étalages des magasins. J’ai acheté un agenda avec une couverture en cuir brun chocolat. Je croyais avoir une réduction, on est quand même à la fin de février. Il était plein prix. Au diable la dépense. J’ai aussi acheté un album de bande dessinée. Paul à la pêche de Paul Rabagliati. Cette série m’a réconcilié avec les genres de l’autofiction et de l’autobiographie. Ces histoires rendues par des dessins très simples sont époustouflantes de vérité et de sensibilité. C’est sûrement l’une des découvertes qui m’a amené vers l’écriture de ces carnets. Puis je me suis étendu sur le lit avec une couverture sur les pieds. La musique de Martha Wainwright pour couvrir le bruit des voisins, pour donner un peu de sens à mon silence, à mon immobilité. J’aurais envie de m’empiffrer, j’aurais envie de m’activer. Je déteste le repos. Je veux m’enfuir, me faire tout petit. Oublier toutes les incertitudes des mois à venir.



This life, Martha Wainwright (2005)

Commentaires

en pensée je suis avec toi.
je t'embrasse
jolie ta feuille de marronier.
c'est une feuille de marronier ?

Ecrit par : jeanne_01 | 25 février 2007

J'angoisse avec toi... et j'espere aussi que ce n'est absolument rien de grave. Qu'un mini chat dans la gorge... Je pense à toi, tiens-nous au courant! :)

Ecrit par : Claudine | 25 février 2007

@ Claudine : Je crois que c'est une laryngite. Hier soir j'avais la voix particulièrement virile. Ce matin, j'ai la voix de Janine Sutto. :-)
@ jeanne : C'est bien un marronnier. J'ai écrit plusieurs des billets qui se trouve ici sous un marronnier. (Aesculus hippocastanum)

Ecrit par : Pierre-Yves | 25 février 2007

N'était pas venu depuis quelques jours. Peur de prendre froid et mal à la gorge ? Mais ce dimanche soir te lire m'a fait du bien.

Ecrit par : Victor Lamb | 25 février 2007

J'aime la nouvelle image de ce blogue (et j'envie secrètement ton talent pour la changer quand tu veux - mais ne le répète à personne : c'est une envie secrète) ;o)

Ecrit par : Alcib | 25 février 2007

@ Alcib : Le truc c'est de ne pas dormir la nuit. ;-)
@ Victor : Pas de risque, ce site est garanti aseptique. Ici c’est la nuit donc, bon matin.

Ecrit par : Pierre-Yves | 25 février 2007

ahh.. Vive Janine Sutto! ;)

Ecrit par : Claudine | 26 février 2007

"C’est là et c’est tout" je connais cette impression que c'est là et qu'il faudra faire avec quelques heurs ou quelques jours.
J'aime beaucoup le nouveau visuel du site et l'ambiance musicale il y a pour ton visiteur un vrai plaisir des sens. A bientôt

Ecrit par : Marc | 26 février 2007

hello py, ça fait longtemps que je ne suis pas venue ; je retrouve ton blog, toujours aussi sensible, émouvant.

je te dirai bien que "toutes les incertitudes des mois à venir." sont celles de toute la vie à venir. et ça.... c'est pour tout le monde pareil... bon je m'arrête là, pour un retour ça ira bien!
soigne toi anyway... croque de l'ail et infuse du thym:c 'est excellent...je t'embrasse.
blue.

Ecrit par : bluevalentine | 26 février 2007

Hummmmmmmm, de l'ail et du thym, les ingrédients indispensables à la préparation de la soupe de thym que préparait ma grand-mère chaque hiver :-)
Je ne connaissais ni Martha Wainwright, ni Michel Rabagliati. C'est desormais chose faite. Je suis certain que j'aurais autant de plaisir à savourer cet album que j'en ai eu à la lecture du roman de Guillaume Vigneault, dans un autre genre. Merci encore.
Prends soin de toi cher Pierre-Yves. Je t'embrasse.

Ecrit par : Eric | 27 février 2007

@ Valentine : J’essaierai le thym et l’ail. Les incertitudes au niveau du travail sont celles qui me dérangent le plus. J’espère qu’elles seront derrière moi dans quelques mois. Bises
@ Éric : L’album de Rabagliati est bourré de références culturelles. J’y ai retrouvé une partie de mon enfance et de mon adolescence. (Quant à Martha, c’est la petite sœur de Rufus) Je t'embrasse.

Ecrit par : Pierre-Yves | 27 février 2007

Ecrire un commentaire