04 octobre 2007

Le Sustiva

Ce blogue provoque des réactions. C’est une des raisons, pourquoi je poursuis l’exercice. Les statistiques me révèlent que parmi les nouveaux lecteurs, le deuxième mot le plus recherché sur les moteurs de recherche est le mot Sustiva. Je sais que plusieurs personnes sont en quête d’information au sujet de ce médicament dont les effets secondaires peuvent être inquiétants. Dans le billet du 11 mai 2006, j’avais raconté comment je vivais l’un de ces effets secondaires. Dans les commentaires, j’ai reçu le message suivant

« Bonjour. Comment vous trouvez vous après la prise du Sustiva ? Car je suis inquiète ; l'on a commencé le rajout de Sustiva à la tritérapie de ma petite fille et je me demande quel effet cela aura sur elle. Elle n'a que 10 ans. »


Voici ma réponse qui pourrait être utile à d’autres :


Je ne suis pas un spécialiste, mais voici comment je vis ce traitement actuellement, en tant que patient. J’avais terriblement peur du Sustiva et j’ai refusé de le prendre pendant des années. Mon médecin m’a fait changer d’avis en m’affirmant que c’était l’un des traitements les plus efficaces contre le VIH. En s’attaquant au cerveau, le virus peut parfois provoquer des démences irréversibles. Le Sustiva pénètre les barrières du système nerveux central et le protège contre les attaques du VIH. Il n’y a que quelques médicaments qui arrivent à franchir ces barrières. Les lignes directrices actuelles, établies par les scientifiques, recommandent que chaque trithérapie inclue un de ces médicaments.

Je prends le Sustiva en combinaison avec deux autres molécules : Videx et Ziagen. Lorsque j’ai entrepris le traitement, j’ai eu des rashs (éruptions cutanées) pendant quelques semaines et des cauchemars pendant quelques mois. Mais à ce moment-là dans ma vie, ça n’allait pas du tout. Je venais de me séparer après dix ans de vie commune, j’avais perdu mon emploi, je me retrouvais complètement isolé dans une grande ville et je commençais une pneumonie grave et possiblement mortelle. Tout ça aurait suffi à donner des cauchemars à n’importe qui. Il est difficile de dire quels étaient les effets du médicament et qu'est-ce qui était simplement normal dans ma situation.

Presque deux ans plus tard, je n’ai plus aucun effet secondaire. J’ai cessé il y a environ six mois de prendre des antidépresseurs et je me suis sevré des somnifères. Je dors bien et je ne fais plus de cauchemars. Dès le début du traitement, ma charge virale est devenue indétectable dans mon sang. Et mon compte de CD-4 est passé graduellement de 40 à 290. (Je me rapproche peu à peu de la normale.) Les horaires ne sont pas trop stricts et je n’ai aucun problème de digestion. Bref, j’ai confiance dans ce traitement et j’espère pouvoir le poursuivre très longtemps. Le Sustiva a des effets psychotropes, mais le corps s’y accoutume et les effets disparaissent complètement chez un grand nombre de personnes.

Je sais qu’aucun individu ne réagit de la même manière aux médicaments. Mais je pense qu’avec un suivi médical serré au cours des premiers mois, c’est un traitement fort recommandable. Même si c’est un poids immense à porter, il est essentiel de ne pas s’en remettre aveuglément aux médecins. Il faut se renseigner régulièrement, questionner les spécialistes, ne pas hésiter à demander un autre avis médical. Un suivi psychologique et nutritionnel peut également être très utile pour apprendre à bien vivre avec les traitements.

Cette maladie chez une enfant doit être une épreuve terrible pour une mère. Le VIH est encore très mal connu par les scientifiques. Le virus évolue rapidement, la réponse du système immunitaire de l’être humain semble aussi se modifier en réponse à ces attaques. La science fait des pas de géant, chaque année. L’espoir est donc à la fois possible et essentiel.

J’ai mis différents liens d’informations sur les médicaments à l’adresse suivante :
La médication, Vivre avec le vih : vivrevih.hautetfort.com

Bon courage. Je penserai à vous et à votre fille
PY

Commentaires

J'aime beaucoup votre image d'accueil. Je ne sais pas, je la trouve touchante ...

Ecrit par : maphto | 04 octobre 2007

Cette photo a un sens particulier pour moi. Elle a été prise dans un moment important de ma vie où j'avais particulièrement besoin de chlorophylle...

Ecrit par : Pierre-Yves | 04 octobre 2007

Et moi qui me plaignais à l'époque des effets secondaires de mes neuroleptiques... Ca m'aurai remis à ma place de lire ton billet.

Courage et pensées à la maman et la petiote :-)

Ecrit par : Dan | 05 octobre 2007

merci toi
dêtre
avec tes interrogations
tes souffrances
ton sourire
et toi quoi
toujours, souvent tu m'emeus
mais des fois fragile je me sens je t'embrasse

Ecrit par : jeanne | 05 octobre 2007

@ jeanne : On est tous fragile, parfois. Je t'embrasse.
@ Dan : La peur des effets a été pire que les effets. Bises

Ecrit par : Pierre-Yves | 05 octobre 2007

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