26 juin 2007
Paroles
Comme tous les Nouveaux Mondes, Internet est un Far West qu’aucune loi n’arrive vraiment à gouverner. On y trouve du pire et du meilleur. Et rien n’y distingue le vrai du faux. Il faut être solide pour encaisser les secousses de la navigation. Je survole assidûment tout ce qui s’écrit sur la réalité des personnes séropositives. Je suis tombé sur le blogue d'un américain. (Je ne donne pas le lien, c'est volontaire.) Selon la légende, il aurait 26 ans et vivrait à New York. Il serait scénariste pour une série américaine à succès. Sur son site, il raconte ses rencontres sexuelles qu’il déniche sur Internet. Son obsession : enculer des garçons plus jeunes, toujours sans condom, et éjaculer en eux. Trois fois sur quatre, il réussit à les convaincre qu’il n’y a pas de danger. Il va même jusqu'à présenter ses derniers résultats de tests négatifs. Et si son partenaire refuse, il use de stratégie pour déchirer le condom ou le retirer sans que l’autre ne s’en aperçoive. Comme son identité est soigneusement préservée, personne ne peut affirmer que ses récits sont réels. S'il est réellement scénariste, il manque cruellement d’imagination. Depuis le début de son blogue, toutes ses histoires se ressemblent. Hors de la sphère sexuelle, toutes les dimensions de sa vie sont complètement évacuées. La façon dont il nie l'humanité et l'individualité de ses partenaires donne froid dans le dos.
Selon les lois fédérales, au Canada, cet acte équivaut à une agression sexuelle. Le consentement étant nul. (La jurisprudence actuelle n'oblige pas une personne séropositive à révéler son statut si elle utilise un moyen de protection.) Jusqu’ici, les projets de loi qui rendraient la divulgation obligatoire, même dans le cas de relation protégée, ont été déboutés. Mais plusieurs procès tournant autour de cette question sont en cours actuellement. Reste à voir si l’utilisation du condom sera reconnue par les législateurs comme une protection efficace.
À l’autre bout du spectre, le point de vue des femmes et des jeunes apporte une lumière nouvelle sur les débats qui secouent la communauté gaie depuis des années. Voici l’adaptation du témoignage de Nina, une des porte-parole de la campagne Does HIV look like me



