26 juillet 2007
Les vagues
Quand je sors du bureau, je suis presque assommé par la cacophonie joyeuse des oiseaux. Le cardinal, les chardonnerets, le merle et les bruants semblent concourir pour savoir qui dominera l’espace sonore. Le soleil frôle la couronne des arbres qui frissonnent. L’été se décline en milles menus bonheurs, jusque dans la blogosphère…
Suivre des leçons de philosophie en pleine canicule données par une institutrice blonde, la cigarette au bec. Sentir une goutte de sueur qui dévale ma tempe. Entendre le vrombissement du ventilateur. Et me creuser les méninges pour comprendre pourquoi l’amour.
Flotter paresseusement dans l’eau fraîche. Être aveuglé par la lumière et la transparence bleutée de la piscine. Se retourner pour ne pas manquer le plongeon parfait d’un émule d’Alexandre Despaties. Parler à voix basse avec GP qui flotte juste à côté. Détailler les garçons qui passent. Ceux qui se font dorer en maillot. Puis étendre sa serviette et laisser son corps alourdi se gorger lentement de soleil
Se retrouver dans un bar devant deux pintes de bières irlandaises, Bass et Guiness, et entendre un joli garçon me dire qu’il faudrait vraiment que j’essaie d’être publié. Avoir le bar à nous tout seul. Être servi par une sympathique barmaid aux yeux clairs puis repartir en vélo et filer sur la piste dans l’air doux de la nuit.
Rigoler en voyant les petits copains de Creaminal tenter d’identifier les toilettes du Jardin botanique de Montréal : Turquie, Angleterre, Japon, Chichigneux les Oies Grasses ou alors Tataouine la Callaisse ? (Je peux en parler maintenant que Beur-boy a trouvé.)
Être invité à Paris en regardant le feu des lucioles au-dessus d’un champ virtuel. Imaginer le Boeing qui décolle, mon regard qui cherche la ville dans le hublot. Imaginer son visage…
Apercevoir une petite puce de trois ans qui s’approche de la terrasse. La voir se lever sur la pointe des pieds pour voir les frites et les tortillas dans mon assiette puis me gratifier d’un sourire timide mais radieux avant d’aller rejoindre, à petits pas, le papa qui lui tend la main sur le trottoir.
Lire les retrouvailles de deux amants, entre pudeur et passion dévorante, quelque part dans le Nord de la France.
Croquer dans un chocolat noir grand cru de Madagascar ou de l’Équateur à la pause de 15 heures. S’étonner des parfums subtils de fleurs et de fruits qui colorent l’ivresse du cacao.
J’ai beau chercher, je n’arrive pas à mettre en ordre tous les plaisirs qui se succèdent sur ma vie en ce moment. Pourtant, comme je le fais depuis l’enfance, je reste immobile, assis près des dunes, à regarder les vagues s’essouffler sur le sable. Je laisse mon regard se perdre dans la dentelle de l’écume. Et je souris de convoitise en fixant les cailloux colorés qui irradient sous l’eau claire.
05:00 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, gay et lesbienne, plaisirs, été, chocolat, lumière, beauté




Commentaires
Je me perds en plein plaisir en lisant la poésie de tes bonheurs. Comme toujours, tu m'émerveilles.
Ecrit par : Minnnie | 26 juillet 2007
(Samedi "retrouvailles bis", je file là-bas, vers lui, pour deux semaines, avant le grand saut de la fin octobre...)
(J'ai eu la puce à l'oreille quand j'ai découvert chez moi le com' d'Alcib ;)
(Et si les blogueurs se cotisaient pour t'offrir ce billet d'avion ?)
Ecrit par : Jonas | 26 juillet 2007
je suis partante jonas
Ecrit par : jeanne | 26 juillet 2007
@ Minnie : Compliment bien tourné. :-)
@ Jonas : Tu raconteras ! (oui, oui, oui !)
@ jeanne : ok, ok, en bas des commentaires récents... Visa, MasterCard, etc.
Ecrit par : Pierre-Yves | 26 juillet 2007
T'as oublié Paypal, Amex, Western Union... Si tu viens et que tu me préviens pas, je ferai tout pr te pourrir la vie et ton blog et tes amours... J'ai des amis Vaudou !!
Ecrit par : Dan | 28 juillet 2007
@ Dan : Je te préviendrai. Promis. En attendant, tu pourrais demander à tes amis Vaudou ce qu'il pourrait faire pour ça. Ça pourrait aider.
Ecrit par : Pierre-Yves | 28 juillet 2007
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