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22 mai 2007

Arme blanche

Et s'il n'y avait pas d'ordre des choses. Celui auquel on s'accroche, enfants, en réclamant des contes. Celui qui fait saliver les foules devant le tapis rouge. En suivant compulsivement l'ascension et la déchéance des stars. J'ai ce refrain qui me reste en tête: Je cherche l'ombre. Un nouvel album de Céline Dion, ça signifie qu’il sera pour un long moment impossible de s’en sauver. Il faut s’en accomoder et chanter avec elle, ou débrancher radios et téléviseurs. J'ai ri hier en visionnant l'imitation de la diva de Charlemagne par Florence Foresti. Ce qui est le plus drôle se rapproche beaucoup de ce qui est le plus triste. Rien de mieux dans le matin froid que les questions existencielles et le potinage. Dans le métro, entre Viau et Radisson, je crois que je me suis endormi.

Cette nuit, j'ai rêvé que j'étais prostitué dans un hôtel de luxe qui occupait la plus haute tour de la ville. Au rez-de chaussée, au fond du Hall, on pouvait voir la reconstitution d'un paysage nordique avec une meute de loup figée en pleine course. Les enfants s'arrêtaient, fascinés. Les touristes asiatiques faisaient cliquer leur caméra. En y regardant de près, on remarquait que les loups n'étaient pas empaillés mais vivants, maintenus immobiles par des tiges d'acier. J’ai le sommeil trouble. Il faut que je cesse de manger comme un ogre avant d’aller dormir.

Le soleil se lève sur le quai du terminus d'autobus. Il est aveuglant et il fait froid. Un haïtien, le visage carré sous des dreads, déambule sur le trottoir en gesticulant. Il se parle tout seul et il s'emporte. «Tout le monde il est suspect. des hypocrites, man ! Des jaloux ! Ils m'ont frappé la tête, mais j'ai pas craqué. Je suis conscient, t'sais, je suis dans la réalité, moi, man. Tous des hypocrites, même à cette heure ! Je sais, ils veulent tous ma tête. Ils ont des armes à feu, je sais. Tout s'achète, man. L'argent, l'argent, ça achète tout.» Je baisse les yeux. J'essaie de ne pas le regarder. Les passant font un détour pour l'éviter. Quelque chose brille dans sa main. Je n'arrive pas à voir si c'est un stylo ou un couteau. Je frissonne et ma plume glisse sur l'enveloppe d'un talon de paie.



( P.S. J’ai été très absent ces derniers temps parce que j’étais pris par un travail absurde et parce que j’étais à cet endroit dans l’espoir d’en dénicher un meilleur. Soyez indulgents, le site est en construction. Vos commentaires, avis, suggestions sont les bienvenus...)

Commentaires

On dirait que certains jours la réalité ressemble drôlement aux cauchemars.

Ecrit par : Alcib | 23 mai 2007

J'ai souvent été frappée par l'extrême clairvoyance des paroles des fous…

Bonne chance dans ta recherche d'un nouveau job.

Ecrit par : Kitty78 | 23 mai 2007

Enfin te revoilà! :)
C'est toujours aussi bon de te lire!
Clo xxx

Ecrit par : Claudine | 25 mai 2007

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