13 avril 2007

Toutes petites choses

Ce billet est inspirée du premier extrait du prochain album de Jil Caplan, toutes petites choses et de la note qu’elle a inspirée chez Petit Lu.

Une chute, une maladresse et je me suis brisé. Désormais, je ne suis vendu qu’en pièce détachée. La clef Allen n’est pas incluse dans l’emballage. Il n’y a pas de manuel d’instruction, étrangement traduit du suédois. Rien n’y paraît, mais je suis en morceaux. Il me manquera toujours un éclat. Celui qui a glissé entre deux lattes du plancher.

Il existe des hommes modèles dans la littérature, au cinéma. Des hommes où le corps, le cœur, la tête et le sexe ont su garder une certaine cohésion, un équilibre dynamique, mais fonctionnel. J’ai toujours rêvé d’une ration complète, de prendre et de me donner en entier. À l’évocation de cette idée, ma tête s’emballe et part dans une direction, suivie par mon cœur qui fait des vrilles. Mais il y a eu une cassure entre mon corps et mon cœur. Un climat de mutinerie, de trahison s’est installé et tous les drapeaux sont en berne.

Suffit qu’un garçon soit le moindrement gentil, joli et tendre et le corps se détourne, comme pour le protéger. S’il me touche, s’il me fascine, si j’ai envie de m’approcher de lui. Je ne peux oublier le danger que je représente et je deviens un ange inatteignable, prisonnier du miroir

Suffit qu’un garçon soit le moindrement sensuel, sexy, séduisant et le cœur se ferme pour limiter les dégâts. Je deviens celui que l’on voudrait que je sois. Comme un animal au regard de zombie. S’il est distant ou méprisant, c’est encore plus facile. S’il est prétentieux, c’est encore mieux. Je ne peux que me donner en combattant, en me blessant, en agressant.

Alors, il y a des soirs où je préfère rester immobile. Posé sur un étalage, bien visible, mais inaccessible . Avec l’air étrange de celui qui a toujours vécu dans une bulle. J’ai le désir dans les yeux. je rêve d’un horloger, d’un bricoleur. Mais je resterai silencieux. Le ciel est couvert et je me cache sous les couvertures.

Commentaires

Comme toujours le mot juste et l'imagerie colorée. Tu n'es pas seul dans tes états....Si ça peut te rassuré.

Avec toi.

Ecrit par : brutus | 13 avril 2007

Ne sommes-nous pas tous un peu des boîtes de Pandore, attendant qu'on nous ouvre, laissant s'échapper nos morsures jusqu'à ce que quelqu'un se rapplique, attrape nos pièces et recolle notre moteur?

Ecrit par : ostreg | 14 avril 2007

je suis en vrac, aussi parfois
aucune pièce numétotées
mais bon ça marche quand même
même si ça grince
nous avançons
je te prends par la main ?
je t'embrasse

Ecrit par : jeanne | 14 avril 2007

Bien sûr aucun mot n'est assez juste, aucun mot ne peut consoler, soigner, aider pour cette souleur là, juste des pensées et un peu de chaleur impuissants mais sincères. Je t'embrasse c'est tout.

Ecrit par : la méli-mélo | 14 avril 2007

Laisser quelques mots inutiles mais sincères. Pensées. Je t'embrasse.

Ecrit par : la méli-mélo | 14 avril 2007

C'est très beau.

Ecrit par : Kitty78 | 14 avril 2007

Le ciel est couvert mais le soleil n'est pas loin.

Ecrit par : Eric | 15 avril 2007

Tellement de blogs si futiles, et là, je te découvre.
Là, où le temps s'arrête,
Là, où les mots résonnent comme une douce mélodie,
Une mélodie berçant le sens de la vie.
Je voudrais, dépasser demain, pour te lire encore et encore.
Certes, le ciel est peu clément, mais tu es le soleil, car ici, tout est beau.

Alors je m'incline et je te remercie....

Ecrit par : Mellow | 16 avril 2007

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