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06 décembre 2006
180
180 petits CD4. Est-ce que ça vaut la peine de se battre pour 180 CD4 ? J’en ai plein le cul. Je m’attendais à 300 ou 400, la normale étant autour de 500 par microlitre de sang chez une personne en santé.
180 CD4, ça signifie 10 ml de mépron chaque matin, un liquide antibiotique dégoûtant à avaler parce je n’ai pas le système assez fort pour affronter la moindre pneumonie qui court le vaste monde. Sept mois de traitement, d’effets secondaires, l’entraînement, les tonnes de protéines, les vitamines et tous les efforts, tout ça pour 180 vulgaires CD4.
— Il me semble que c’est pas gros, 180.
— Quand on part d’où tu pars, moins de 50… Ça monte toujours très lentement.
Je sais, c’est rien que des chiffres. Je suis pas trop solide, suffit qu’on me balance des résultats et je m’écroule. Le virus, lui, reste indétectable. C’est quand même une bonne nouvelle. Il se cache, fait semblant de dormir, et cogite aux prochains dommages qu’il pourrait infliger à mon système. Au moins, il est prisonnier. Je ne lui permets pas de prendre l’air. Si je meurs, tant pis pour lui, je l’emporte dans la tombe. Nos destins sont liés.
J’ai besoin de musique. Il fallait que j’écrive ces chiffres et ces mots. Dans 5 minutes, ça ira mieux…
03:00 Publié dans Carnets de chiffres | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : SIDA, VIH, virus, sang, CD4, bilan, déception





Commentaires
7 mois... Encourages-toi! A la fin du traitement, on sera déjà rendu à l'été :)
Ne baisse surtout pas les bras!
Clo xxx
Ecrit par : Claudine | 06 décembre 2006
Une vie suspendue à des chiffres, la règle du hiv game... En tout cas, la bête est KO, c'est déjà ca. Je crois que quand on commence très bas comme c'est ton cas, ca prend plus de temps à remonter. Au niveau pourcentage/ratio, pas de changement positif ? Bises.
Ecrit par : poly | 06 décembre 2006
Si nous étions plus proches, je t'emmenerais manger une énorme glace chocolat-noix de coco avec de la Chantilly, et je te serrerais dans mes bras.
Ce ne sont que des chiffres, Pierre-Yves. Ils ne doivent en aucun cas déterminer ton ressenti.
Je t'embrasse.
Ecrit par : Almeria | 06 décembre 2006
@ Claudine : 7 mois, c'est ce que j'ai fait jusqu'à maintenant. Le traitement, c'est jusqu'à la fin de mes jours. À moins de nouvelles découvertes scientifiques qui ne sont pas pour demain. Mais, non, je ne baisse pas les bras. Je t'embrasse
@ Poly : Il y a eu une légère descente, les fluctuations normales selon le doc. Je n'ai même pas demandé pour les pourcentages. Je trouve ça déjà trop long mais bon... Bises.
@ Almeria : Merci pour la chantilly. Chocolat-noix de coco, mmm. Il fait un peu froid pour la glace (Ici, on est sous la neige) ; pour les bras c'est parfait. :-) Je t'embrasse aussi.
Ecrit par : Pierre-Yves | 06 décembre 2006
Quels chiffres nous fichent vraiment la paix, finalement, par les temps qui courent ?
Pourcentage de ceci, statistique de cela, taux de ci et teneur en ça, l'ensemble saupoudré de soins préventifs ou bénins, de traitements lourds, d'inquiétudes, de discours - cet interminable algèbre de la Santé Idéale, celle d'un patient, celle d'une politique, celle de la Terre. Pourtant, collaborer à l'élan du Mieux Être, individuel ou plus universel, quitte à partager nos fléchissements, me semble la meilleure des hygiènes devant le fait accompli (en l'occurrence ta séroposivité - Poly ajouterait "ou bien ma tabagie" ^^).
Nous sommes des chanteurs mississipiens, de ces Bluesmen qui continuent de gratter la guitare même si l'une des cordes a cassé.
Ecrit par : Jonas de Dieppe | 06 décembre 2006
*Cette... algèbre*
PS : Et ce post audio, alors ? Que tu nous apportes de vive voix un peu de neige québécoise dans cet hiver européen trop mou ! ;)
Ecrit par : Jonas de Dieppe | 06 décembre 2006
Puis-je te déclarer ici que je t'aime ?
Je vais peut être passer pour un fou, mais l'amour s'exprime de nombreuses manières. Je t'aime à travers tes écrits et nos échanges numériques et me réjouis en pensant au jour où nous partagerons une bière ou quelque autre alcool ensemble.
Eric
http://fr.wikipedia.org/wiki/Aimer
Ecrit par : Eric | 06 décembre 2006
Courage, c'est tout ce que je peux dire, courage, ça ira mieux demain.
Ecrit par : Patrick | 06 décembre 2006
@ Jonas :
J’aurais pensé qu’algèbre était masculin, question d’orientation sexuelle sûrement. :-)
Des bluesmen ? Si on pouvait s’approcher de ça… Quoique ce n’est pas très joyeux… mais si doux et si fort… (Soupir) Ces chiffres m’ont servi d’exutoire pour une accumulation de petites déceptions ; ennuis d’argent, perte d’emploi, fatigue… Ce ne sont que des chiffres.
Pour la note audio, j’ai trouvé quelqu’un qui avait un micro. Il me reste à trouver comment ça fonctionne, à trouver les bons mots et à oublier le trac… (Avancer doucement n'empêche pas d'arriver. — proverbe africain)
@ Éric : (d'abord, je rougis)
Il va falloir que je change d’humeur si je veux être de bonne compagnie à ce moment-là. J’ai bien hâte et je t’embrasse.
@ Patrick :
Le courage est fluctuant. Je me sentais mieux juste d’avoir laissé sortir ces mots. Merci de les recevoir.
Ecrit par : Pierre-Yves | 06 décembre 2006
A te lire, je reprends confiance en moi. C'est injuste. Jonas a raison, le chiffre est partout. Je ne sais pas si je suis un blues man mais je republie pour toi, ce matin, un texte musical que j'espère tu auras plaisir à lire. Courage pour la suite le geolier !
Ecrit par : Shaggoo | 07 décembre 2006
Merci pour la musique et la musique de tes mots. :-)
Ecrit par : Pierre-Yves | 07 décembre 2006
Je pense à toi énormément, Pierre-Yves...
Je ne trouve jamais les mots, mais maintenant que je vais mieux et que, moi, j'ai une santé de fou (Merci mon Dieu!!!) je peux me détacher de mon nombril...
Qu'est-ce qui te ferait du bien, là? Qu'est-ce qui te redonnerait espoir?
Un de mes frères est porteur comme toi. Il a contacté le virus au début des années 80. Ça va faire bientôt 25 ans qu'il est porteur... Et il est toujours en vie. Et il est en amour par dessus la tête avec un homme merveilleux qui l'adore depuis plus de 10 ans...
Je ne sais pas comment mon frère vit son "état", je ne suis pas proche de lui. Nous ne nous voyons que lors d'occasions "familiale", et nous n'en parlons pas. La distance entre nous est dû à autre chose. Deux personnalités complètement opposées qui se choquent plutôt que s'harmoniser... Mais c'est mon frère et je l'aime tel qu'il est... C'est aussi ça la vie possible... Je te souhaite le meilleur.
xxx
Ecrit par : Joss | 07 décembre 2006
je voudrais t'écrire quelques mots qui te feraient du bien. Qui répareraient . on est bien peu de choses.
more kisses pour toi
valentine
Ecrit par : bluevalentine | 07 décembre 2006
@ valentine : Les mots font beaucoup quand on les laisse aller. Merci, je t'embrasse.
@ joss : Les souffrances de chacun ne peuvent pas être comparées. Merci pour les souhaits, je t'embrasse aussi.
180 degrés, ça fait le tour de la question.
Ecrit par : Pierre-Yves | 07 décembre 2006
tes mots, ton mal, me touchent.
Alors moi aussi je te dis bon courage, même si l'on ne guerit pas il paraît que l'on peut vivre "bien". Une fois remis, tu arriveras de temps en temps , non pas à oublier cette cochonnerie, mais à la mettre un peu de côté, à l'apprivoiser...
Après avoir vécu 5 ans d'amour intense avec un diabétique qui a été terrassé il y a 4 ans par cette maladie, je suis avec un garçon qui est séropo depuis 20 ans et en pleine forme même si, évidemment, parfois il a ses moments de faiblesse. ll fait des projets à long terme, plus que moi ...
Encore plein de courage.
Ecrit par : carat | 12 décembre 2006
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