26 juin 2006
Confusion on a scenic railway
Vendredi dernier : blind date, gaspacho à l’aveugle. Je n’écoutais pas quand la voix grave de la serveuse nous présentait l’album de The Gathering.
Je me suis assis en me faisant un peu pousser. La barre de sécurité s’est abaissée. Tout le monde souriait comme dans un sitcom. Le cliquetis de la chaîne et le train s’est engagé dans la première montée. Montagne russe ? J’exige de descendre ! J’ai beau crier. Laissez-moi descendre ! Trop peu; trop tard.
Il ne me reste qu’à m’agripper et me laisser secouer, les yeux à demi fermés à cause du vent, mais surtout pour ne pas voir ce qui s’en vient. L’intensité de la chute. Lever les bras en hurlant ; je n’ai jamais su. Une mèche de barbe à papa vole au-dessus de ma tête…
Je grimace et divague comme un fiévreux : « redis-moi que le vert de tes yeux c’est un bonheur qui passe. Ce n’est pas toi qui me blesses, ce sont de vieilles blessures qui s’allument dans ton sillage. Pose un doigt sur ma bouche pour étouffer les questions. Fais glisser ta paume sur ma nuque en me disant que tout ira pour le mieux. Raconte-moi des histoires, je trouverai la force de retrouver mon cœur au-delà des frontières… » ridicule.
Une seconde mèche de barbe à papa vole au-dessus de ma tête. Il y a une épaule contre la mienne. C’est l’ancre qui retient mon sourire. Je souhaite ardemment que les secousses jettent dans le vide l’idiot que je suis, obsédé par l’amour. Que les virages fassent éclater les masques sous lesquels je me cache. Casanova infantile, Thésée torturé, Petit Poucet qui a mangé son pain bien avant de se perdre. Que nous nous retrouvions mis à nu, l’un devant l’autre, dans la lumière crue des jours. Étrangers.
(En langage décrypté : je voudrais le connaître un peu plus.)
18:35 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, gay et lesbienne




Commentaires
"l’idiot que je suis, obsédé par l’amour. Que les virages fassent éclater les masques sous lesquels je me cache. ..."
je pourrais bien écrire la même chose...et j'ai sacrifié tant de choses pour l'amour , ou pour son illusion...Combien de masques en sont tombés?
merci pour ce que tu écrit; c'est très beau.
blue valentine
Ecrit par : bluevalentine | 26 juin 2006
Magnifique
Ecrit par : la mouche aux mots et ces 1344 sacs de fringues | 27 juin 2006
Assurément nous pourrions marcher longuement en silence auprès des eaux du Saint-Laurent. L'italique n'a rien de ridicule. Les fêtes foraines, elles, me laissent plus perplexes (une histoire de foule qu'il me serait difficile de fendre juste pour l'amusement).
Ecrit par : Jonas de Dieppe | 28 juin 2006
@ Jonas: Assurément. Ça serait un très grand plaisir.
@ la mouche: C'est trop. (C quoi ça 1344 sacs de fringues?)
@ bluevalentine: Merci et bienvenue. Souvent quand les masques tombent ils en révèlent d'autres qui n'attendaient que leur tour. Tout un travail de se dénuder...
Ecrit par : Pierre-Yves | 28 juin 2006
Bon. Il me faut écouter encore le son de "The Gathering" avant de pouvoir commenter ici. Mais j'ai commencé en ce jeudi matin, tôt. En nouant une cravatte et un doigt sur le clavier.
Ecrit par : Victor Lamb | 29 juin 2006
La cravate, un de mes fantasme...(-;
Ecrit par : Pierre-Yves | 29 juin 2006
C'est un déménagement qui est proche de se terminer lol
Bises
Ecrit par : la mouche aux mots | 01 juillet 2006
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