12 avril 2006
Rétroviseur
Brusque retour au présent. Je mets de côté les histoires du passé. De toute façon, celui-ci me rattrape constamment.
Un coup de téléphone. Le contrat de rédaction, qui devait me permettre de bien vivre pour l’année qui s’en vient, est remis à l’an prochain. Question de marketing. Malheureusement, je ne peux pas remettre les paiements du loyer et des factures. La saison est courte en horticulture au Québec. À ce moment-ci de l’année tout est déjà planifié. Toute l’industrie attend avec fébrilité le dernier gel pour se mettre en branle. Je me retrouve devant rien et je dois faire un blitz de tous mes contacts afin de trouver quelque chose avant que la saison ne débute. Tabler sur mes petites expériences et mes compétences.
Et je sens remonter une vieille angoisse qui n’était pas cachée très loin. Vais-je être capable de faire face à tout ça ? Vais-je y perdre la santé ? Mon médecin m’a dit que je serais en pleine forme au printemps. Je souhaite qu’il ait raison. Il le faut.
Pour me remettre à la recherche d’emploi, j’ai fouillé dans des boîtes que je n’avais pas encore osé ouvrir ; photos, lettres et papiers. Lorsque j’ai quitté l’appartement où j’habitais avec D., je m’acharnais à croire que j’allais revenir un jour. Je n’ai pas eu la force de faire le tri quand mes choses étaient intimement mêlées aux siennes. Trop souffrant. Les photos de voyage, les articles de camping, les décors de Noël. Je crois que j’ai laissé mes diplômes dans le haut du placard du bureau, dans une enveloppe, avec les siens. J’en aurai besoin aujourd’hui pour une demande d’emploi.
Je pense à ces papiers qui dorment là pendant qu’il vit un quotidien sans histoire avec un autre. Un quotidien tranquille, des projets pour l’avenir. L’autre qui respire doucement lorsque l’on s’éveille pendant la nuit. Que l’on retrouve à la fin de chaque longue journée. Que l’on rebaptise de mots doux .
Je vais rebondir, c’est ma spécialité. Ce revirement m’oblige à aller de l’avant, moi qui regarde sans relâche en arrière. Le désert, c’est long à traverser, ce n’est pas le moment de lâcher.
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Commentaires
Ce que c'est bon de se relire six ans plus tard. De voir ce qui a changé, ce qui reste. De se voir aussi fort avec le recul et de sourire.
Écrit par : Maxime | 06 février 2012
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