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10 mai 2008

Quatre heures



Il est quatre heure du matin et je suis éveillé. J'essaie de deviner dans le ciel une lueur qui annoncerait le matin. Ça m'arrivait souvent, quand j'étais petit, de m'éveiller ainsi après un cauchemar. Dès que j'étais certain que le jour revenait, je pouvais me rendormir tranquille. J’ai peur, mais j’avance. J’écoute toujours ce qu’on me dit. J’observe, je lis attentivement, je réfléchis et je questionne. J’ai le syndrome de l’imposteur et j’ai toujours l’impression que les autres détiennent une plus grande part de sagesse. Que leurs vies sont plus remplies, plus sereines, plus équilibrées. Longtemps, je me suis dit que je serais comme eux, quand je serai grand. J’ai parfois senti des regards condescendants ou réprobateurs. J’ai souvent entendu des soupirs d’exaspérations. Je reçois parfois des jugements à l’emporte-pièce. Il est facile de critiquer et de catégoriser les gens quand on est caché derrière un écran. Paraîtrait que mes billets sont bourrés de fautes : la boîte des commentaires est là pour recevoir les corrections. J’apprends à écrire en écrivant et je crois que je m’améliore avec le temps. Et puis personne n’a l’obligation de me lire

Quétaine ? Dur de comprenure ? Drama queen ? Borné ? Têtu ? Fataliste ? Exhibitionniste ? Complaisant ? Égocentrique ? Doté d’une imagination maladive ? Fleur bleue brainwashée à l'eau de rose ? Romantique fini ? Névrosé ? Angoissé ? Insécure ? Trop impulsif ? …

Ouains pis ?
Si moi j’aime ça de même ?
(Et puis l’exhibitionnisme sans voyeurisme, ça ne se tient pas !)

Un soir, j’ai entendu une interview que Pierre Bourgault a accordée peu de temps avant sa mort. Lui qui a été un grand communicateur, un acteur important de la vie politique, un orateur qui galvanisait les foules, il racontait d’une voix douce que s’il avait à revivre sa vie, il mettrait un peu de côté ses ambitions et les causes pour lesquelles il s’est battu pour accorder plus d’attention à ces sentiments et à ses histoires de cœur.

Je serai toujours le seul à marcher dans mes souliers. Et quand j’aurai 102 ans, je veux regarder derrière moi avec un sourire. Je les use ces souliers dans la poussière depuis plus de 38 ans. Ça en fait des levers et des couchers de soleil ! Et après toutes ces années, je sais aujourd’hui ce qui me fait vibrer, ce qui m’allume, ce qui me donne le goût de danser, ce qui me drive. Et c’est vers cela que je veux marcher. Parce que c’est là qu’est la vie, la mienne en tout cas. Et que je ne veux plus en perdre une miette. Même si je suis à contre-courant. Même si je suis dans le champ. S’il faut que je frappe un mur plus souvent qu’à mon tour. Je me ferai de la corne sur les joues. J’ai toujours eu la tête dure et du front tout le tour de la tête. S’il faut que je pleure à verse, je pleurerai de toutes mes forces, et des larmes et du sang. Et l’on verra la terre desséchée qui fleurira dans les traces que j'aurai laissées. J’aurai au moins servi à ça. J'aurai aimé. Ma vie n’aura pas été vaine. C'est ce que je me dis, à quatre heures du matin.

J’assume.
Advienne que pourra !
C'est drôle, ça me soulage d'avoir écrit cette note.

Musique kitsch et quétaine à souhait : Come what may, Nicole Kidman et Ewan McGregor, Moulin Rouge (Merci Zig)

Commentaires

On dirait qu'à 4h du matin les pensées sont plus pures, "sage" dans le bon sens !
Ça libère quand on écrit ce qu'on est, ça peut obliger aussi à assumer jusqu'au bout quand on est parfois tenté de revenir supprimer le billet, même des mois plus tard et qu'il faut résister.
Quoiqu'il en soit, j'adhère.
Bises,

une drama queen impulsive brainwashée à l'eau de rose

Ecrit par : Lovedrama | 10 mai 2008

ben dis donc
quatre heure du matin et c'est beau comme "l'aube de l'aurore"
comme un ciel qui se veut un peu bleu du coté où la lune se couche
oui vivre pour aimer
je crois qu'on est fait pour ça
et sans amour moi je m'étiole
et je pense et j'aime comme toi
allez.. je t'embrasse fort tiens !!!

Ecrit par : jeanne_01 | 10 mai 2008

lovedrama ?
je ne peux pas commenter sur ton blog ?
c'est exprès ?

Ecrit par : jeanne | 10 mai 2008

Tu suis ton cœur là où il t'emmène, souvent où ça fait mal. Tu prends ce risque quand beaucoup d'autres préfèrent suivre leur raison.
C'est sûr, ni toi ni moi ne supporterions de nous retrouver dans la peau d'un matérialiste raisonnable qui ricane de mépris lorsqu'on lui parle de sentiment. Je te comprend parce que je te ressemble. Notre faiblesse, en réalité, c'est notre force. De cela aussi je suis aujourd'hui certaine.
Biz :)

Ecrit par : Kitty78 | 10 mai 2008

Bonjour,
Ceux qui cachés derrière un écran en se permettant de toiser, de juger pfff, faut les ignorer. Quant à toi, continue, ta plume est une des plus sensibles dans mes liens et te lire a tjrs un effet zen sur moi. Et puis oui, autant se faire de la corne sur les joues que de réaliser plus tard que nous avons raté bien des choses.. La vie est belle, à toi d'en profiter.
Mwah

Ecrit par : Loula | 10 mai 2008

Jeanne, si si tu peux commenter. Le bouton est au dessus du texte, à côté du titre, c'est un peu destabilisant peut-être.

Ecrit par : Lovedrama | 10 mai 2008

Et le ''vieux'' jeunot, c'est la dinosaurette Nicole Kidman... Bonté divine que je deviens familière, je suis désolée je suis un ''bleuet'' et même si j'ai quitté le Saguenay il est toujours en moi ! Je poursuis... Tu es bien certain que des gens t'écrivent de telles stupidités ??? Je n'en reviens pas. Tu écris divinement bien et je ne vois aucune faute. Ils cherchent des poux et ce n'est pas dans tes textes qu'ils vont en trouver. Ce qui est important c'est ce que tu apportes aux autres, et si en plus écrire te fait du bien alors là, tu as gagné à la loterie ! Fiche-toi des critiques négatives car ils n'ont aucun goût ! La vie est trop belle pour s'attarder à ceux qui ne méritent pas notre attention (je suis bonne dans les conseils mais je suis comme toi...). Je t'envoie un gros câlin et un bisou et une grosse gifle aux épais qui t'écrivent des stupidités !

Ecrit par : nicole | 10 mai 2008

gros connard :D

Ecrit par : NOM | 11 mai 2008

@ NOM : J'suis même pas gros !!!
@ nicole : Si tu veux gifler celui-là, tu vas devoir aller loin. Il est à Marseille et il passe sa vie à laisser ce commentaire un peu partout. Au moins s'il avait un peu d'imagination, sa présence pourrait apporter un peu de piquant.
@ Loula : Un effet zen, ça ça m'étonne. Moi qui rêve d'être zen, qui suis tout le contraire de quelqu'un de zen... Aouoummmmmm...
@ Kitty : Je crois aussi que c'est une force qui dérange, mais c'est aussi une arme à deux tranchants.
@ jeanne : Je te révèle un gros secret : quatre heures du matin, c'était de la mise en scène. Je trouvais que c'était parlant comme image. C'était l'heure qui exprimait le mieux ce que je ressentais. Mais je crois que j'ai écrit ça à 19 heures... Je t'embrasse fort.
@ Lovedrama : Une fois exprimées et assumées, on s'en libère un peu. Et ça laisse de la place pour toutes nos autres facettes. On est multiple et c'est tant mieux.

Ecrit par : Pierre-Yves (même pas gros !) | 11 mai 2008

Je pars à Paris dimanche le 18 et je vais faire un détour à Marseille !!! C'est un grossier personnage ! Il est chiant à la fin ! Tiens, je vais lui apporter une tarte aux bleuets et ce n'est pas pour la manger ! bisous Nicole

Ecrit par : nicole | 11 mai 2008

pas la bonne heure ?
qu'importe l'heure pouvu qu'on ai l'ivresse ;o))))

Ecrit par : jeanne_01 | 12 mai 2008

Certains diraient : qu'importe le bonheur pourvu qu'on soit livresque.

Ecrit par : Alcib | 12 mai 2008

:-D

Ecrit par : Pierre-Yves | 12 mai 2008

Ah Pierre-Yves... des fautes, qui n'en fait jamais? De là à dire «bourré de fautes», cependant, il y a une cliss de marge!! Je te l'ai déjà dit, je t'envie ta plume. Et après ce billet encore davantage.

Sois qui tu es, ni plus ni moins. Je t'aime comme ça et je sais que beaucoup d'autres aussi!

Ecrit par : Nickiie | 15 mai 2008

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